Shin Megami Tensei : Devil Survivor Overclocked – Le test

L’année 2013 s’inscrit comme une belle année riche en jeux et surtout en RPG pour la 3DS. Certains inédits, d’autres sont des remakes voire des portages. Toujours est-il que pour préparer la sortie de Shin Megami Tensei IV exclusif à la 3DS, le studio a proposé deux jeux de la série sur la portable 3D de Nintendo. Le premier est un portage d’un opus Saturn localisé 15 ans après pour la première fois jusqu’en Europe sur 3DS. Le second est un portage 3DS d’un jeu de la branche Devil Survivor, de la série Shin Megami Tensei, sorti pour la première fois sur DS en 2009. Renommé pour l’occasion, Shin Megami Tensei : Devil Survivor Overclocked, ce portage est également l’occasion pour Atlus d’amener le jeu jusqu’en Europe. Portage sorti en 2011 au Japon et aux USA, c’est plus de 2 ans après que l’Europe touchera au jeu. La patience en vaut-elle le coût?

Une semaine pour choisir votre voie

Devil Survivor propose un scénario se déroulant dans un Tokyo moderne et donc un univers dont on pourrait très bien s’identifier dans le protagoniste que nous incarnons aux côtés des personnages d’Atsuro Kihara, votre ami d’enfance spécialiste en informatique, et Yuzu Tanikawa, votre amie d’enfance. Cependant, vous pouvez très bien imaginer le scénario du jeu se dérouler dans n’importe quelle ville développée de notre monde. Imaginez-vous donc aller voir votre cousin comme convenu, accompagné par vos meilleurs amis, celui-ci donne à chacun d’entre vous l’appareil électronique qui est la tendance du moment, nommé ici COMPs et qui ressemble ni plus ni moins à une console Nintendo DS. Celui-ci ajoute que vous en aurez besoin par la suite et disparait rapidement. Cependant, votre ami hacker trouve qu’il est différent de celui qu’il possède déjà chez lui. Après quelques heures d’investigations, vous vous découvrez la possibilité d’invoquer des démons avec la machine et de former des pactes avec ceux-ci en les battants. Puis à peine avez-vous le temps de souffler qu’une grosse coupure de courant a lieu dans tout un quartier de la ville, dans l’impossibilité de rentrer chez vous, vous convenez de dormir à la belle étoile avec vos amis dans un lieu où d’éventuels démons ne vous surprendront pas. Cependant, à votre réveil vous découvrez que pour une mystérieuse affaire de gaz toxique répandu dans la ville, le gouvernement a instauré une zone de quarantaine sur tout le quartier jusqu’à ce que la situation soit sous contrôle. L’armée ayant ainsi déployé des troupes et des barrages autour du quartier et ayant pour ordre de ne laisser personne sortir de la zone. Cerise sur le gâteau, votre appareil et celui de vos amis reçoivent un mystérieux mail semblant prédire les évènements occurrent dans la journée, des évènements pas forcément joyeux, prédisant même la mort de personnes. Ajoutons à cela, le fait que vous apercevez une espèce d’horloge numérique au-dessus de vous, de vos amis et des personnes bloqués dans la zone et que vous déduisez vite qu’elle indique le jour qu’il vous reste à vivre et que celui-ci semble inférieur à 7 jours pour toutes les personnes présentes à l’intérieur de la zone de quarantaine. C’est ainsi que commence votre aventure dans cette zone fermée de Tokyo à essayer de comprendre ce qui se passe, à tisser des liens avec certains personnages et à comprendre les véritables motivations derrière cette fermeture, une vérité qui dépasse le cadre seulement humain et politique, croisant ainsi le monde occulte comme sait si bien le faire la série Shin Megami Tensei. Une aventure où chaque heure compte pour sauver non seulement Tokyo mais également dans une certaine mesure le monde d’une catastrophe à la fois humaine, sociale et occulte. Une aventure où les nombreux choix qui s’offriront à vous auront une incidence sur certains évènements et dont la fin correspondra à ce que vous aurez choisis. Une fin qui ne sera pas forcément salvatrice. Quelle route choisirez-vous ?

Stratégiquement démoniaque

La branche Devil Survivor est l’occasion pour Atlus d’amener la série Shin Megami Tensei dans le genre du Tactical-RPG. Le gameplay et la progression globale peut donc être assimilé à un Tactical-RPG comme un Fire Emblem ou encore un Final Fantasy Tactics, c’est dans le détail que se reconnaitra la patte Shin Megami Tensei créant par la même occasion l’identité et l’originalité du titre. Dans la progression, vous êtes bloqués dans le cercle de Yamanote entourant la métropole de Tokyo. Il vous incombe donc de faire des allers-retours dans les différents quartiers de la capitale pour parler à différents personnages plus ou moins important du jeu, qui feront avancer le temps d’une bonne demi-heure voire d’une heure selon l’importance de la discussion. Des conversations pas forcément anodine et ponctué de nombreuses questions posées à votre protagoniste et qui influe sur le scénario. Il est également possible de faire des combats libres dans un quartier infesté de démons pour ainsi faire progresser vos personnages mais également les démons qui combattent à vos côtés. Ces combats libres n’ont aucunes incidences sur le temps, donc vous n’avez pas à vous préoccuper de ce détail lors d’une phase de levelling. Bien sûr, suivant la progression du scénario vous aurez des batailles importantes à mener et qui ne peuvent pas être évitées. Parlons maintenant des déroulements des batailles. C’est du tour par tour dans lequel l’ordre de jeu est défini par les statistiques de vos personnages. Tout se déroule dans une zone dessinée en une grille où l’on déplace ses personnages du nombre de case correspondant à sa mobilité. Il faudra donc amener ses protagonistes sur une case proche de celle d’un démon pour pouvoir l’attaquer mais vous pouvez également effectuer diverses actions comme ordonner à un de vos démons d’user d’une capacité de soin sur votre équipe ou bien évidemment passer votre tour.
Jusqu’à maintenant, nous vous parlons d’un jeu qui semble proposer des mécanismes classiques de Tactical-RPG. Voyons maintenant ce que donne Devil Survivor dans le détail. Les batailles vous permettent de placer jusqu’à quatre personnages humains incluant votre protagoniste. Cependant, chaque personnage humain peut être accompagné de deux démons avec la possibilité de les faire retourner dans votre COMP ou d’en invoquer d’autres en plein combat. Autrement dit, vous pouvez mener des batailles en manipulant jusqu’à quatre équipes de trois unités. Il s’agit là de constituer des équipes de démons qui complètent bien le meneur humain. Atlus confirme la possibilité de jouer avec pas moins de 150 démons différents, chacun aillant leurs propres capacités actives et passives qui sont des facteurs importants à la progression de vos combats. Au niveau du déroulement des combats, une fois la commande d’attaque sélectionnée à côté d’un groupe adverse, vous vous retrouvez alors sur un nouvel écran de combat où vous avez un spirit fixe des démons que vous affrontez en visuel. A partir de là, des commandes dignes d’un menu de RPG old-school au tour par tour apparaît. Vous sélectionnez alors les actions de chaque membre de votre équipe et les cibles de vos actions. Cela peut être une attaque physique, de la magie ou encore juste la garde. Les commandes disponibles en combat dépendent des capacités actives et/ou passives que vous avez sélectionnés pour vos personnages humains ou enseignés à vos démons. Vous pouvez par exemple, choisir de jouer offensif physique avec une équipe composée de démon aux statistiques physiques élevées mais sans soigneurs, misant ainsi sur une victoire rapide en essayant de prendre le moins de dégâts possibles. En effet point de stratégie crucial, que ce soit du côté ennemi ou du votre, il suffit de l’emporter sur le meneur d’une équipe pour l’emporter sur les trois membres de l’unité. Vous ne gagnerez éventuellement pas autant de bonus d’expérience et de macca (la monnaie du jeu) qu’en vous défaisant de l’équipe adverse entière mais mieux vaut cela que risquer de perdre non seulement le combat mais également la bataille globale. Pour ce qui est de la progression des personnages, nous sommes dans un RPG, vous gagnez des points d’expériences en gagnant des combats et des batailles. Cela fait monter vos protagonistes et vos démons de niveau et augmente un de leurs stats parmi : l’attaque physique, la magie, l’agilité et la vitesse. Si l’attribution du stat est plus ou moins aléatoire celle de votre protagoniste est personnalisée. A chaque niveau, vous êtes celui qui choisi le stat que vous souhaitez augmenter, cela demande donc une réflexion en plus de votre part. Pourtant que l’on soit démon ou humain change à un certain point cette notion de « progression ». Les humains n’apprennent pas de capacités actives ou passives, ils les hackent en usant de leur COMP et en gagnant sur les démons possédant la capacité recherché. En remplissant une certaine jauge en combat, les humains peuvent même enseigner une capacité hackée à un de leur démon. Cependant les capacités hackées sont rassemblées sous une liste commune pour les humains et deux personnages humains ne peuvent pas avoir deux fois la même capacité. Concernant les démons ; il faudra soit monter de niveau, soit dépendre des capacités hackées des humains. Attention, que ce soit démons ou humains, le nombre d’emplacement de capacités est forcément limité, il s’agit donc de bien réfléchir aux capacités que vous placez à chacune de vos unités. Cependant, n’est pas Shin Megami Tensei sans parler des possibilités de fusion des démons. En fait, votre COMP vous permet d’accéder à deux choses importantes : l’enchère au démon et la fusion des démons. La première vous permet d’accéder à un marché où vous pourrez miser votre macca dans une enchère afin d’obtenir un nouveau démon. C’est au plus haut montant que sera délivrée la créature. Enfin, vous pouvez fusionner deux démons entre eux pour créer un nouveau démon plus puissant et ainsi conserver quelques capacités que vous sélectionnez provenant des deux démons que vous usez à cette fusion. Pratique pour léguer une capacité à un démon qui ne devrait pas pouvoir obtenir celle-ci normalement.
Derrière ses mécaniques classiques de Tactical-RPG, Devil Survivor démontre à lui seul que la série Shin Megami Tensei peut très bien se prêter à ce genre. A vous de former, la meilleure équipe possible, acheter et fusionner vos meilleurs démons et attribuer les meilleures capacités à vos unités pour ainsi sortir victorieux de vos combats.

Survivre malgré ses défauts

Survivre, tel est le mot qui nous revient souvent dans le jeu. Celui-ci se lit même dans le sous-titre du jeu, Devil Survivor Overclocked. Le jeu a beau avoir l’air bourré de qualités, il n’en est pas exempt de défauts. Pour en citer un rapide, sa localisation Européenne uniquement anglaise. On rappelle que deux ans séparent les sorties Japonaises/US de la sortie Européenne. On aurait aimé savoir que ces deux ans aient servis à la traduction intégrale du jeu en langues Européennes et ceux malgré les problèmes que pouvaient traverser Atlus vis-à-vis de sa maison mère. Une traduction plus qu’indispensable dans le sens où le jeu propose beaucoup de dialogues et beaucoup de choix qui influent sur l’histoire. De ce fait, cela demande une bonne compréhension du scénario. Ensuite, portage DS oblige, il ne faudra pas vous attendre à une réalisation digne de la 3DS. Cela ne signifie pas que le jeu est moche, loin de là, pourtant le chara-design pourra peut-être ne pas plaire à tous. Cependant, bien que le jeu 3DS intègre un 8ème jour à son scénario expliquant ainsi le terme « Overclocked » du sous-titre, cela justifie-t-il un repassage à la caisse ? Certains auraient peut être demandés à retrouver le tout un peu plus retravaillé pour la 3DS. On parle surtout de ceux qui auraient déjà joué au jeu DS. D’ailleurs si l’on parle d’ajouts à cette version 3DS, ils sont assez limités et se résument à l’ajout de monstres jouables, d’un 8ème jour dans le scénario, d’un doublage anglais intégral du jeu plus ou moins appréciable et de deux cinématiques réalisées en 3D. On parle des cinématiques d’introduction du jeu puis de celle de fusion des monstres. Celle-ci sont d’ailleurs très belles et bien réalisées en 3D mais sinon, la majeur partie du jeu se déroulant sur l’écran tactile, la 3D n’est pas du tout utilisé même juste pour un petit effet de profondeur. Ne mentionnons même pas les fonctions de Street Pass et Spot Pass inexistantes. Enfin, mentionnons la possibilité de crash ou de bug du jeu, heureusement que l’éditeur a finalement sorti un patch corrigeant tout cela.

Etienne Masson
Ecrit par
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