Mario + The Lapins Crétins Kingdom Battle (Nintendo Switch) – Le test

Mario et les Lapins Crétins, un jeu au titre aux allures trollesques et qui pourtant existe bien. A lui seul, ce titre offre un mélange d’univers et de genres pouvant laisser perplexe ceux qui essayent de s’imaginer un aperçu avant même d’y avoir joué. Mais il ne faut pas jamais juger un livre à sa couverture, surtout ici, car vous pourriez être surpris.

Scénario et Univers

Un jeune prodige a inventé un nouvel appareil électronique pouvant révolutionner le monde : un appareil permettant la fusion d’objets. La supervision de cet invention est gérée par une IA du nom de Beep-0. Cependant, son utilisation doit être contrôlée car l’appareil reste encore instable. Alors que notre prodige prend une pause pour réfléchir, nos joyeux lapins crétins débarquent dans la salle d’invention avec leur machine à laver à voyager dans le temps. Comme tout bons lapins qu’ils sont, ils mettent la pièce sens dessus dessous et activent malencontreusement l’appareil de fusion sur divers choses tels que des objets et des lapins. Avec toute cette agitation, la machine à laver se réactive pour un nouveau voyage temporel et aspire au passage une affiche du royaume Champignon, programmant alors la destination des lapins là-bas. Pendant ce temps, au royaume Champignon se déroule l’inauguration de la nouvelle statue de Peach à son château. Mais un énorme trou noir apparaît dans le ciel, provoquant un énorme cyclone qui balaie le château et ses environs, projetant également nos lapins un peu partout dans le royaume. L’appareil de contrôle est aux mains (ou plutôt aux yeux) d’un lapin paniqué qui fusionne alors tout ce qu’il voit, fusionnant les lapins avec les éléments du royaume Champignon. L’IA devenue réelle en arrivant dans le royaume Champignon se fait sauver par Mario et lui explique qu’il faut récupérer l’appareil au plus vite. En effet, tous les lapins qui ont reçu les effets de la fusion sont devenus agressifs et saccagent le royaume Champignon. Vous devez les neutraliser pour qu’il reprennent leurs esprits et redeviennent de bons lapins crétins. L’aventure commence alors avec pour alliés lapin Peach et lapin Luigi et vous partez à la recherche de vos compagnons tout en neutralisant les lapins fusionnés sur votre route.

Dès les premières minutes du jeu, l’histoire est présentée de façon rapide et efficace. Cette rapidité est d’ailleurs très immersive et l’objectif est clair. La prise en main devient de ce fait intuitive et nous fait avancer sans se poser plus de questions. Le scénario est adapté à la fois à l’univers des lapins crétins mais aussi à celui de Mario, de manière complètement réussie. C’est même bluffant de voir que tout s’intègre parfaitement, tel un puzzle, ce qu’on avait encore du mal à s’imaginer avant l’introduction. Vous arpentez donc l’univers de Mario (avec de nombreuses références aux franchises annexes telles que Donkey Kong ou Luigi’s Mansion) chamboulé par l’arrivée des lapins. Les environnements sont drôles et déjantés à souhait, parodiant avec succès ceux de Mario. Le jeu est découpé en mondes et chapitres : 4 mondes de 9 chapitres chacun. A la fin de chaque monde, vous retournerez automatiquement au château de Peach. Tous les lapins qui vous neutraliserez dans le premier monde viendront construire et agrémenter les alentours du château.

Gameplay

Mario et les lapins crétins offre plusieurs phases de gameplay qui s’alternent de façon efficace pour ne laisser aucune place à la routine, ni à l’ennui. Tout d’abord, parlons de la phase aventure. Vous déplacez Beep-0 avec votre petite équipe à sa suite. Des pièces sont éparpillées un peu partout au sol et vous pouvez les récupérer en passant dessus. Ces pièces vous servent de monnaie dans le jeu pour acheter vos armes. Vous pouvez trouver également à divers endroits des éléments d’interactions qui activeront, désactiveront ou déplaceront des dalles, des objets ou d’autres éléments du décor. Ces interactions seront souvent l’objet d’énigmes plus ou moins difficiles avec un coffre en récompense. Il y a aussi des éléments qui sont propres à l’univers de Mario tels que la récupération de pièces rouges ou les niveaux bonus de récupération de pièces bleues à toutes collecter dans le temps imparti. Ces deux éléments vous récompenseront d’un coffre spécial contenant un plan d’arme. La gestion de la caméra est un facteur important pour dénicher tous les coffres qui se cachent dans les recoins du décor, un peu à la manière d’un Cap’tain Toad. Deux autres éléments interactifs seront énormément utilisés : les tuyaux et les canons. Certains seront visibles, d’autres cachés, d’autres encore seront bloqués mais tous vous emmèneront à destination, que ce soit un coffre, des pièces ou la suite de l’aventure. Pour finir, parlons des coffres : le petit point triste du jeu. En effet, ouvrir des coffres consistera dans 60% du temps à récupérer des collectionnables pour le jeu tels que des artworks, des musiques, des modèles 3D et des cartes de tarot. Ces éléments seront plutôt pour les acharnés du 100% qui veulent tout récupérer mais pour un joueur lambda, ils ne servent pas à grand chose. Les 40 autres pourcents seront répartis entre des orbes de compétences et des plans d’armes. Mais il faudra les mériter après la résolution d’énigmes. Lorsque vous trouvez un plan d’arme, celle-ci devient disponible à l’achat pour le personnage concerné.

Parlons maintenant du cœur du jeu, les combats. Mario et les lapins crétins est un tactical RPG plutôt bien pensé avec une difficulté croissante et plutôt poussée dans les derniers niveaux. Mais le jeu reste accessible à tous grâce à son mode facile proposé au début de chaque combat, remettant vos personnages au plus haut de leur santé et augmentant leur santé maximale à hauteur d’un bonus de 50% de leurs points de vie. Lorsqu’un de vos personnages perd tous ses points de vie, il tombe inconscient et n’est plus jouable en combat jusqu’à ce qu’il récupère de la vie ou que le chapitre se termine. Un chapitre peut comporter une ou plusieurs phases de combats, donc un personnage inconscient peut être pénalisant (d’où l’intérêt du mode facile lorsque les choses ont été un peu trop compliquées pour vous). Chaque combat est régi par un objectif. Il existe 5 types d’objectifs différents : vaincre tous les ennemis, vaincre le boss/mini-boss, vaincre un nombre d’ennemis défini, atteindre une (ou plusieurs) zone(s) et escorter un personnage précis dans une zone. En fonction de l’objectif du combat, votre approche et positionnement ne seront pas les mêmes.

Vous contrôlez trois personnages aux armes et pouvoirs différents. Chaque personnage bénéficie de 3 actions par tour dans l’ordre de votre choix : tirer, se déplacer et utiliser son pouvoir. Le terrain de combat est décomposé en cases et chaque action est limitée par un nombre de cases variable. En avançant dans le jeu, chaque personnage pourra utiliser 2 armes (dont une avec un tour de repos à chaque utilisation) et 2 pouvoirs (avec des tours de récupération qui varient). Vous ne pouvez utiliser qu’une arme et qu’un pouvoir à chaque tour. Lors de votre déplacement, chaque personnage peut tacler un adversaire à portée, lui infligeant alors des dégâts et/ou sauter sur un allié pour se déplacer plus loin. Il vous faudra donc faire preuve d’observation et de réflexion pour savoir quelle action utiliser en premier pour infliger un maximum de dégâts lors de vos tours. Plus vous accomplissez un objectif rapidement et sans personnage inconscient, plus vous obtiendrez de bonus de pièces à la fin du combat.

Pour éviter la perte de santé, votre principal atout est de placer vos personnages à couvert. Les éléments du décor seront vos alliés temporaires car ceux-ci pourront être détruits après avoir encaissés un certain montant de dégâts. Il faudra donc être vigilant à leur état visuel pour ne pas se retrouver à la merci des tirs ennemis suite à une destruction imprévue. De plus, certains éléments seront à double tranchant : les blocs explosifs. Des couleurs variées, ils sont utiles lorsque vos ennemis se cachent derrière, mais potentiellement mortels lorsque vos personnages s’y trouvent à proximité. Il s’agit de blocs colorés avec différents effets lorsque ceux-ci sont détruits. Il leur faut en général un simple coup pour être détruits et explosent dans un rayon d’une case autour d’eux. Les effets existants sont les suivants : incinération, congélation, rebond, repoussage, miel, vampirisme, encrage et pétrification. Il est donc judicieux de s’en servir lorsqu’un ennemi est à proximité pour lui infliger des malus. Cependant, un second point négatif pointe le bout de son nez ici, vos personnages ne peuvent tirer que sur un ennemi et non sur une case ou zone au choix du joueur. Cela offre une certaine rigueur au gameplay et pousse à opter pour la meilleure stratégie en exploitant le terrain et le positionnement des ennemis. Mais il est frustrant de ne pas pouvoir tirer directement sur un bloc explosif car l’angle n’est pas adéquat ou de ne pas pouvoir toucher plusieurs ennemis avec une attaque groupée parce que la zone d’effet est mal centrée.

Juste avant de démarrer un combat, vous avez la possibilité d’établir une stratégie en observant le placement des ennemis ainsi que leurs portées de tir et déplacement. Il existe différents types d’ennemis qui ont chacun un comportement particulier. En fonction de votre façon de jouer, de l’objectif et des ennemis, la mode stratégique vous propose aussi la possibilité de modifier votre équipe. Les personnages jouables se débloqueront au fur et à mesure de votre progression, vous offrant de nouvelles opportunités et de nouveaux types de gameplay. Nous avons ainsi les choix d’armes suivants : Mario au blaster et marteau, Luigi au sniper et mine mobile, Peach au fusil à pompe et bombe rebondissante, Yoshi à la sulfateuse et bazooka, lapin Mario au fusil à pompe et marteau, lapin Luigi au bworb et bazooka, lapin Peach au blaster et à la mine mobile et enfin lapin Yoshi à la sulfateuse et bombe rebondissante. De même que pour les blocs explosifs, chaque arme peut bénéficier d’un effet qui aura un pourcentage de chance de s’activer contre les ennemis touchés. Libre à vous de composer l’équipe de trois membres de votre choix en fonction des effets que chacun peut activer sur ses armes. Attention cependant à un léger détail, votre équipe doit comporter obligatoirement un lapin pour être valide. Cela paraît logique pour être raccord avec le titre du jeu. Ce n’est pas un Mario contre les lapins crétins.

Pour finir la partie combat, à la fin de chaque chapitre 5, vous affronterez un mini-boss. Ces combats seront particuliers car ils mettront vos nerfs à rude épreuve. En plus de devoir gérer le mini-boss qui vous fera beaucoup de dégâts, il sera bien entouré par des nombreux lapins prêts à tout pour vous déstabiliser. La difficulté est présente, même dans les premiers mondes. Il faudra être fin stratège si vous voulez obtenir les bonus de fin de chapitre. Et ensuite, chaque chapitre 9 (final) vous met face au Boss du monde. Chaque Boss a ses propres attaques, pouvoirs et résistances qu’il vous faudra comprendre si vous voulez en venir à bout. Mais ce n’est pas tout puisque les combats de Boss se déroulent en trois phases. Vous devez en venir à bout trois fois de suite pour le terrasser. Cependant, certains boss seront moins conciliants lors de leurs deuxièmes et troisièmes phases. Faites attention à vos actions et positionnements pour ne pas succomber à leurs attaques spéciales ou aux lapins ennemis qu’ils auraient pu renforcer.

Passons maintenant aux compétences. Assez tôt dans la progression du jeu, vous débloquerez l’arbre de compétences des personnages. Grâce aux coffres et aux chapitres terminés, vous obtiendrez des orbes à dépenser pour apprendre et améliorer vos compétences. Par exemple, l’arme secondaire et le second pouvoir de chaque personnage devront être débloqués via l’achat de ceux-ci avec le nombre de points suffisants. Chaque personnage dispose de ses propres points de compétences. Si vous obtenez 20 points, ce sont 20 points pour chaque personnage et non 20 points pour le groupe. Il existe deux options dans l’arbre : réinitialiser les points et remplir automatiquement. Vous pouvez donc opter pour un remplissage par vos soins, avec possibilité de reset à tout moment sans aucun malus au cas où vous voudriez changer ou vous êtes trompé. Ou plutôt opter pour un remplissage par défaut si vous ne voulez pas vous embêter avec l’attribution des points pour tous vos personnages.

Dernier petit point au niveau du gameplay, les environs du château. A chaque fois que vous terminez un monde, vous revenez au château et recevez une nouvelle action d’interaction avec les décors. Cette action vous permet de refaire les mondes terminés et d’y trouver tous les recoins cachés. C’est à partir du château que vous pourrez accéder à pied aux différents mondes. Cependant, cette zone de paix vous permet d’autres actions telles que consulter l’équipe et son arsenal, visionner les bonus collectables récupérés via les coffres, vous téléporter pour refaire un chapitre précis, débloquer les bonus amiibo ou partir en Co-op. Refaire un chapitre d’un monde se débloque lorsque vous terminez ce monde. Cela permettra aux acharnés de terminer tous les chapitres à 100%. Mais en retournant dans un monde terminé, vous aurez à la place des zones de combat un lapin coiffé d’un chapeau champignon vous proposant des défis. Ces défis seront plus ou moins difficiles et vous récompenseront d’orbes de compétences si vous les réussissez. Les bonus amiibo seront à utiliser dès le début de votre partie si vous souhaitez le faire car les armes obtenues par ce biais seront très vite remplacées par celles proposées par le jeu. Et enfin, le mode co-op permet à deux joueurs de jouer ensemble pour accomplir des missions, chacun contrôlant 2 personnages. Cependant, ce mode de jeu est très simple. Vous jouez vos tours l’un après l’autre, et comme il n’existe pas de limite de temps pour effectuer vos tours de combat, il est facilement faisable en solo.

Graphismes, bande-son et humour

Mario et les lapins crétins est bluffant graphiquement. Comme dit plus haut, les nombreuses références aux différents univers annexes de Mario ainsi que le mélange déjanté avec celui des lapins font de ce jeu quelque chose d’exceptionnel, tant dans le degré de débilité des lapins que dans la qualité proposée par le jeu. Dans les phases d’aventure, vous avez de temps à autre la possibilité d’interagir avec un élément du décor, symbolisé par une petite loupe. Beep-0 fera alors un commentaire (le plus souvent déconcertant) à propos du décor ou des lapins faisant une de leurs nombreuses pitreries. Côté graphismes, la caméra proposera souvent des slow-motions très bien cadrés lors de combats, ce qui ajoute un côté spectaculaire des plus réussis au jeu. Mais quelques rares fois, la caméra se placera derrière un décor, vous offrant une magnifique vue sur un mur ou un écran gris, le temps de l’action.

Le jeu nous offre également une bande-son extrêmement bien travaillée. Avec un bon nombre de pistes toutes collectionnables, les musiques sont toutes adaptées à chaque situation et sont suffisamment variées et sympathiques pour ne pas hanter vos oreilles la nuit ni au travail. Enorme coup de coeur sur la musique du Boss du troisième monde ! Un vrai régal !

Mais Mario et les lapins crétins, c’est avant tout de l’humour décalé. Cependant, on est dans une démesure calculée. Ce n’est pas de l’humour juste pour faire de l’humour grotesque avec les lapins. Les scènes et décors sont travaillés, le dosage est juste parfait car le jeu reste tout de même sérieux avec un scénario vraiment inattendu et excellent au final. Que ce soit les noms et les descriptions des armes, les réactions de Beep-0 ou encore les réactions ou animations d’attaque des lapins alliés, le jeu est blindé d’humour à petite dose partout. Le jeu n’en pâtit pas, l’univers de Mario non plus, c’est un coup double réussi de la part d’Ubisoft.

 

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  1. Mr Tea 8 septembre 2017 Reply

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