The Elder Scrolls V: Skyrim (Nintendo Switch) – Le test

 C’est le tout premier jeu éditeur tiers dévoilé lors de l’annonce de la Nintendo Switch en 2016, The Elder Scrolls V: Skyrim jouable aussi bien dans l’avion que chez soi sur grand écran. Une annonce forte, le soutien de Bethesda envers une console Nintendo remonte à bien trop longtemps, plus de 20 ans. Alors que Doom vient tout juste de sortir (notre test disponible à cette adresse) et après la confirmation de Wolfenstein II : The New Colossus pour 2018, c’est le désormais culte The Elder Scrolls V: Skyrim qui arrive sur Nintendo Switch dans une version adaptée à la console. Paru initialement en 2011 et après des centaines de récompenses et distinctions, plusieurs extensions, une édition spéciale en HD et en réalité virtuelle, nous avons pu poser nos mains sur cet open world fantastique. Plusieurs questions importantes se posent, faut-il craquer si on n’a jamais joué au jeu ? Les fans doivent-ils s’y intéresser à nouveau ? Que vaut ce portage sur Nintendo Switch ?

Le retour des dragons 

Pour les joueurs qui ne connaissent pas The Elder Scrolls V: Skyrim, nous allons prendre le temps de revenir sur cet opus, pour les autres rendez-vous un peu plus bas dans le paragraphe « Un portage qui tient la route ? ». Succès critique et commercial, la saga des Elder Scrolls est devenue une référence dans le monde des RPG, chaque jeu a réussi à marquer les fans. Cet épisode est considéré comme l’aboutissement, le genre de jeu ou vous pouvez dire adieu à votre vie sociale pendant quelques mois. Il en va de même pour ce test, vous imaginez bien que la grandeur de Skyrim doit se découvrir par soi même, il serait très difficile de tout présenter ici tant le jeu est extrêmement riche en contenu et promet au minimum 100h sans compter les trois extensions. Côté scénario, on se trouve 200 ans après les évènements d’Oblivion, l’Empire de Tamriel va bientôt sombrer. Le Haut-Roi de Bordeciel a été assassiné. Les alliances se forment selon les prétendants au trône. Ce conflit a malheureusement réveillé un mal bien plus grand et plus dangereux. Les Dragons, depuis longtemps oubliés des Elder Scrolls, reviennent à Tamriel. Le futur de Bordeciel et de l’Empire tout entier repose sur une prophétie évoquant le retour d’un fils de dragon : un héros possédant le pouvoir de la Voix, le seul et unique à être capable d’affronter les dragons. Mais au départ, vous n’êtes qu’un simple prisonnier, votre première mission sera déjà de vous créer un personnage de la tête au pied parmi une dizaine de races allant de Nordique, Elfe, Impérial, Argonien, Orque… et de lui trouver un nom. Vous êtes ensuite sur le point d’être décapité mais c’est un dragon qui viendra perturber la faction impériale dans le fort d’Helgen. Après une séquence de fuite dans une grotte souterraine, le monde s’ouvre à vous. Le dragon précédemment croisé ne vous laissera que peu de répit et attaquera une cité, votre aide est fortement demandée. Pour faire simple, une fois vaincu, le joueur absorbe son âme et devient capable de maîtriser son cri, vous devenez ainsi un « enfant de dragon ». Inutile d’aller plus loin dans l’histoire, les bases sont posées et le joueur s’aventure ainsi dans sa propre quête, prêt à monter en niveau et à découvrir cet univers très riche.

Entrez dans la légende

Skyrim ne vous imposera pas un style de jeu précis, chaque race est déjà différente. Nous avons choisi les Nordiques car ils sont puissants en combat et résistent au froid mais les Khajiit seront plus discrets et peuvent voir dans le noir, les Elfes des bois sont de très bons archers, les Argoniens peuvent respirer sous l’eau… C’est un choix important, à vous de voir quelle race vous conviendra le mieux et de regarder également du côté de leur compétence spéciale. Le gameplay sera différent selon la race de votre personnage, certains seront plus doués en magie, d’autres pour le combat au corps à corps ou à distance avec un arc, la discrétion est aussi primordiale pour appréhender les ennemis. L’expression « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » prend tout son sens dans ce jeu car le fait de répéter une action va vous permettre de passer des niveaux. On améliore ensuite sa santé, sa magie ou son endurance et nos compétences pour se spécialiser en crochetage de serrures, en alchimie, en magie de destruction… ce qui permet de progresser dans le jeu et lors des combats. C’est un open world donc vous êtes libre de faire ce que vous voulez, il y a la quête principale à suivre certes mais il ne faut pas non plus mettre de côté les missions secondaires en faisant diverses rencontres, l’objectif étant d’améliorer son équipement ou simplement de découvrir le monde. Notre équipement au départ sera ridicule, une simple épée, une hache ou encore une masse mais on récupérera très vite de meilleures armes pour progresser. Le système de combat fonctionne bien avec une vue à la première ou troisième personne, une arme dans chaque main en choisissant la configuration que l’on veut, bouclier + arme, arme + sort… Pas d’esquive possible mais on peut parer les attaques, la difficulté est cependant bien dosée. Un compagnon pourra se joindre à nous, un guerrier, un membre de votre faction ou quelqu’un de redevable. Ils ne seront pas uniquement bénéfiques en combat, on peut s’en servir comme coffre si votre personnage est déjà plein.

Un monde ouvert envoûtant

Véritable monde vivant, la contrée de Bordeciel regorge de paysages magnifiques, de villes, villages, grottes et donjons. Le cycle jour/nuit impactera le comportement des créatures et les conditions météo sont toujours aussi réussies, offrant une totale immersion. On retrouve forcément les défauts originels à savoir des animations rigides et un personnage qui glisse sur le sol sans réelle sensation de marche, les décors gênent souvent notre progression, ce qui s’avère frustrant. On ne reviendra pas sur les voix françaises, un pack sera disponible le jour de la sortie du jeu. Qui dit monde ouvert dit nombreux bugs, il nous est arrivé d’arpenter certaines montagnes et de se retrouver bloquer entre les rochers. On va dire que l’escalade n’est pas le meilleur choix mais les open world qui vont sortir après Zelda BOTW vont devoir complètement repenser leur progression dans les montagnes. On se demande également si Bethesda n’a pas d’abord pensé quantité que qualité avec des quêtes qui prennent trop souvent la même tournure. Entre temps The Witcher 3 est passé par là et a montré la marche à suivre en termes de quêtes secondaires. Alors oui, c’est un peu trop facile de citer des jeux sortis après Skyrim mais c’est tout simplement pour montrer qu’aujourd’hui c’est un peu plus difficile de se remettre à jouer au jeu tant le genre a su évoluer par la suite. Ce n’est en aucun cas des reproches mais plutôt le fait que le jeu a vieilli malgré les améliorations dont nous allons causer dans la partie suivante.  Coté bande-son, les compositions de Jeremy Soule sont exceptionnelles, et celle-ci est considérée comme l’une des meilleures OST encore aujourd’hui. Les musiques collent parfaitement à l’ambiance et renforcent l’immersion. Un côté épique qui vous accompagnera même une fois le jeu terminé. Globalement, le titre est une grande réussite c’est indéniable, même en 2017 on prend un pied monumental mais que vaut vraiment cette version Nintendo Switch ?

Un portage qui tient la route ? 

Attaquons-nous à cette version Nintendo Switch en commençant par préciser que non, ce n’est pas le remaster HD sorti sur One et PS4 en fin d’année dernière. Clairement, le jeu sera moins joli en termes de rendu visuel. C’est une version qui s’adapte à la puissance de la Nintendo Switch et le premier constat étant que c’est très correct. Bethesda n’a pas revu les animations et on sent bien que le jeu à vieilli mais il n’est pas moche pour autant. C’est-à-dire que les personnages et les décors commencent à dater mais les textures ont été rehaussées graphiquement. En ce qui concerne les effets de lumière, d’eau, de feu, c’est très réussi sans être saisissant mais le titre conserve son ambiance sombre. Il y a une certaine profondeur de champs mais pas mal de clipping avec des éléments qui s’affichent en progressant. Cependant, quasiment pas d’aliasing et cela rend le jeu d’autant plus propre. En ce qui concerne les temps de chargement, la version Nintendo Switch va certainement avoir ce petit avantage par rapport aux autres car lors d’une mort, d’une entrée dans un lieu ou même en lançant sa partie, quelques secondes suffisent pour atterrir en jeu, c’est quasiment immédiat. Ce qui nous amène au rendu en mode TV et portable. Digital Foundry nous précisera la résolution TV/portable mais on est sur du 30fps constant, aucune chute de framerate notable, c’est impeccable manette en main, l’expérience est au rendez-vous. C’est fluide, le seul bémol en mode portable sera les textes un peu petits mais c’est aussi le format de l’écran qui veut ça. Aucune crainte à avoir sur l’optimisation, encore heureux pour un jeu qui date de 2011 mais ça reste un open world et le travail est tout à fait remarquable.

Des ajouts mais aussi des manques

Le seul contenu majeur manquant dans cette version étant l’ajout des mods, une composante chère aux joueurs PC qui était apparue dans le remaster One/PS4. Ce n’est pas la fonctionnalité la plus importante quand on sait que Bethesda faisait déjà sa sélection sur consoles. Le seul regret étant que cela aurait pu offrir une durée de vie encore plus solide avec les quêtes de la communauté mais on a déjà de quoi faire. The Elder Scrolls V: Skyrim sur Nintendo Switch comprend également les trois extensions Dawnguard, Hearthfire et Dragonborn accessibles depuis le menu principal. Dans les autres informations à prendre en compte, le jeu pèse pas moins de 14 Go sur l’eShop et sera vendu au prix fort. Alors que les jeux Bethesda actuel ne dépassent plus la vingtaine d’euros sur les autres supports, ce tarif aura un peu de mal à passer pour un si vieux jeu. Enfin, si vous avez déjà retourné le jeu dans les précédentes éditions, faut-il repasser à la caisse ? On entend déjà certains fans râler depuis plusieurs semaines sur cette énième version de Skyrim, pour eux la question est vite balayée mais pour les autres qui souhaitent le refaire, c’est oui. Dans la mesure où vous pourrez emmener votre jeu partout et même si c’est la fonctionnalité de base de la Switch qui s’applique à tous les jeux, elle devient encore plus importante avec Skyrim, un jeu d’aventure exceptionnel. Cet argument de la probabilité est également valable pour les nouveaux venus, si vous n’avez jamais fait Skyrim c’est le moment, il s’agit tout de même de l’un des meilleurs RPG occidental de ces dernières années, les graphismes ont été revus et le portage est d’excellente qualité. L’expérience proposée par Skyrim est à vivre au moins une fois dans sa vie de joueur tant le titre est un chef d’œuvre incontournable.

Une nouvelle façon de jouer

Ajoutez à cela une nouvelle façon de jouer grâce aux commandes des Joy-Con qui permettent de nouveaux mouvements. Cela s’appliquera aux combats, pour crocheter des serrures, mais également pour utiliser des armes au corps à corps ou viser des cibles avec l’arc. Même si les commandes répondent plutôt bien, les joueurs ne l’utiliseront sans doute pas tout au long de l’aventure mais on salue l’effort de Bethesda de tirer parti des fonctionnalités de la console. Il reste encore une fonctionnalité qui apporte du contenu exclusif, il s’agit bien évidemment des amiibo. En scanant Link, vous pourrez récupérer des tenues et de l’équipement inspirés par la série à savoir la Master Sword, le bouclier d’Hyrule et la tunique des Champions. Vous pouvez récupérer encore plus d’équipement en utilisant les autres amiibo compatibles, issus des séries The Legend of Zelda: Breath of the Wild, The Legend of Zelda – 30e anniversaire, Super Smash Bros et The Legend of Zelda. Les amiibo Zelda offrent 20% de chance de récupérer un des trois items propres à l’univers de Zelda, tandis que tous les amiibo permettent de récupérer des récompenses comme de la nourriture, des pierres précieuses, de l’or, des armes et des pièces d’armure. Ce que vous serez amené à récupérer dépendra de l’amiibo que vous utiliserez. Pour ceux qui préfèrent jouer sans les amiibo Zelda, l’équipement spécifique de l’univers The Legend of Zelda est caché dans un coffre au sommet de la Gorge du Monde.

Voici notre première heure de jeu en vidéo :

Conclusion
The Elder Scrolls V: Skyrim sur Nintendo Switch aura mis du temps à sortir mais cela en valait la peine. En effet, hormis son statut de jeu cultissime et incontournable dans le monde du RPG occidental, ce portage tient toutes ses promesses. Techniquement impeccable, encore heureux pour un jeu sorti en 2011, cela reste tout de même impressionnant de jouer à Skyrim dans le creux de la main. Si on oublie l’absence des mods dont les joueurs console se fichent un peu (beaucoup), Bethesda nous livre son titre accompagné des trois extensions et de petits bonus exclusifs. Les nouveaux contrôles sont séduisants et le fan service avec les amiibo fera plaisir aux joueurs. Si nous ne sommes pas au même niveau que le remaster One/PS4, l’expérience reste très bonne, seul le prix pourra en rebuter certains.
9
Excellent
Graphismes - 9
Jouabilite - 8.5
Scénario - 8.5
Durée de vie - 9.5
Bande-Son - 9
Qualité du portage - 9.5
Ecrit par
22 ans - Rédacteur/Testeur sur Nintendo-Town - 3DS/Switch/One - Mes licences préférées : Animal Crossing, Layton, Zelda, Pikmin...

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