Semblance (Nintendo Switch) – Le test

Depuis l’E3 2018, Semblance nous faisait de l’œil. Et puis nous rapidement appris que le titre sortait, déjà le 24 juillet sur Nintendo Switch en même temps que sur les autres plateformes. Développé et édité par Good Shepherd et Nyamakop le jeu nous promet une aventure pleine de rebondissements, allons donc voir ce que ça donne.

Au démarrage du jeu, pas de menu, juste l’instruction d’appuyer sur un bouton pour commencer, après avoir choisi la langue, Français inclus. Nous nous exécutons et l’histoire (sans paroles) peut commencer. Une cinématique montre un arbre pourvu d’une sorte de noyau-portail en bas du tronc. Nous voyons immédiatement quelque chose pénétrer dans ce portail, ce qui a pour effet de créer une sorte de cristallisation complète de l’arbre et de tout ce qui l’entoure, allant même jusqu’à boucher un accès unique , un couloir, à l’aide de portes faites de racines, que nous pouvons comptabiliser au nombre de trois. Ensuite, nous découvrons que la forêt se fige elle aussi par endroits, bloquant certains passages et prenant même au piège ses habitants. Et puis, nous apparaissons, telle une petite boule de slime, mauve et moelleuse comme le sol que nous foulons et à partir de là, nous sommes en immersion totale. Un petit tuto nous accompagnera dans nos premiers pas et ce sera à nous de faire le reste. Le joystick analogique ou la croix permet de se déplacer, le bouton « B » pour sauter, le bouton « Y » pour se propulser et enfin le bouton « A » pour tout remettre dans l’ordre (nous vous expliquons cela juste après).

Semblance est un jeu de plateforme-puzzle, où vous devrez résoudre bon nombre d’énigmes dans l’ordre qu’il vous plaira afin de libérer la forêt du mal qui la ronge de l’intérieur.

Le principe du jeu repose sur la déformation, du décor ou de votre propre apparence. Il y a plusieurs types de plateformes et chacune réagira différemment à un impact, lorsque vous vous propulserez dedans. Il y a celles où il ne se passera rien car trop robustes, les roses qui vous permettrons de vous déformer et les autres, molles comme de la pâte à modeler et que vous pourrez moduler pour créer des bosses ou des creux, suivant vos besoins pour résoudre les puzzles.

Trois gros arbres symbolisent les mondes du jeu, et à l’intérieur, de plus petits feuillus représentent les niveaux avec au bout de leurs branches, de petites sphères pour le nombre d’énigmes à résoudre. Lorsque toutes les énigmes d’un petit arbre sont résolues, il est libéré de son emprise. Lorsque tous les petits arbres sont libérés, l’arbre principal est lui aussi sauvé et enfin quand les trois mondes seront complètement terminés vous accéderez à l’arbre originel, puisque les trois racines auront disparu.

Du côté des énigmes, vous n’aurez pas besoin d’en résoudre une pour passer à la suivante. Elles sont toutes accessibles et vous pouvez vous balader librement dans les niveaux. Pour résoudre un puzzle, c’est assez basique.  Vous devez atteindre une sorte de luciole souvent trop haute perchée pour l’attraper d’un simple saut. Pour l’atteindre il faudra user de la déformation en tout genre grâce au bouton turbo. Ainsi vous pourrez surélever une plateforme en la tapant par-dessous, la déplacer en la frappant sur un côté ou même la bosseler sur un coté en fonçant dedans de l’autre. Ainsi vous modélisez le monde qui vous entoure afin de gravir les hauteurs ou encore de passer par-dessus des pics. Jusque-là cela n’a pas l’air compliqué, seulement voilà, quelques subtilités apparaîtront au fur et à mesure que vous progresserez dans les arbres-mondes. Certaines zones vous empêchent d’user du turbo, des rayons lasers vous désintégreront au moindre contact, et d’autres projecteurs rendront sa forme initiale à tout ce qui aura été modifié, s’ils se touchent (y compris vous). Ah oui, vous, tiens… vous pouvez aussi vous déformer et cela apporte un avantage différent en fonction de la forme que vous prendrez. Si vous tapez la tête sur une plateforme rose, vous serez aplati tel un disque, ce qui vous permettra d’avoir une propulsion turbo à l’horizontale d’une vitesse et une distance défiant toute concurrence. Lorsque vous vous propulsez de front, votre slime devient tout allongé et vous pouvez tout à coup sauter plus haut. Pratique pour aller récupérer vos lucioles. Pour en finir avec le gameplay, deux dernières choses. Tout d’abord, si une déformation ne vous convient plus, vous pouvez l’annuler en vous plaçant près de la plateforme en question et en appuyant sur le bouton « A ». Enfin, le jeu se veut Die & Retry puisque lorsque vous mourrez, vous réapparaissez tout de suite au même endroit en gardant la même apparence qu’avant votre mort, sans remise à zéro et la musique ne s’interrompt pas.

Graphiquement le jeu est une petite merveille. L’image scroll sur trois plans avec des décors en macro flouté vraiment très sympathiques. Les couleurs sont belles, tout est bien lissé et vous évoluez dans une forêt aux palettes de mauve, vert amande, rose vif, bleu électrique, le tout marié à des ombres chinoises. Le style de dessin étant largement emprunté à l’art aborigène.

Sur le papier donc, Semblance apparaît comme une belle friandise pour tous les fans de jeux du type End is Nigh et autres plateformes tordues aux morts infinies. Seulement voilà, il y a un cheveu dans la soupe appelé ma-nia-bi-li-té ! Réaliser un très beau jeu, où enchaîner des centaines de morts ou même encore cinquante fois le même saut est un délice quand la maniabilité est affinée au pixel près. C’est seulement à ce moment-là que vous ne pouvez en vouloir qu’à vous-même lorsque vous ne réussissez pas et qu’apprendre de ses erreurs prend tout son sens.

Seulement voilà, dans Semblance, la maniabilité laisse donc pas mal à désirer et il n’y a rien de plus frustrant que de débarquer dans un tableau, trouver la solution de l’énigme mais recommencer des tas de fois pour atteindre votre luciole tout simplement parce que le jeu laisse a désirer dans sa précision. C’est vraiment dommage, car cela vient vraiment tout gâcher et il faut s’armer d’une réelle patience pour ne pas tout envoyer valser ou encore, tout laisser tomber pour un autre jeu. Pour réaliser ce test nous avons joué jusqu’à la version 1.0.1 et nous espérons vraiment que par la suite un patch vienne régler ce problème.

En ce qui concerne la bande son, là encore, la direction artistique frappe fort. Vous aurez droit à une musique d’ambiance à la fois tribale, mystique et envoûtante. Rien de tel pour s’immerger toujours un peu plus dans le jeu, surtout quand votre matière grise est doublement sollicitée par le puzzle + l’aspect plateforme. C’est très, très bon mais cela manque parfois de mélodies.

Côté difficulté, le jeu n’est pas très compliqué à part quelques énigmes et la durée de vie pourra s’étendre pour les plus novices à trois paires d’heures, grand maximum.

Conclusion
Semblance est très séduisant sur le papier. Gameplay original, direction artistique soignée aux petits oignons, mélange de styles (puzzle + plateforme), bref tout ce qu’il faut pour réaliser un teaser alléchant façon jeu indé, à balancer dans un E3. Même si dans l’ensemble les promesses sont tenues, une petite douche froide calme les ardeurs une fois le jeu en main puisque la petite boule de slime ne se manie pas complètement comme nous le souhaiterions. Dans l’ensemble les puzzles ne sont pas d’une extrême complexité et le jeu est un tantinet trop court.
Points positifs
  • Gameplay différent
  • Graphiquement soigné, un genre de Kawaï Aborigène
  • Immersion garantie par la bande son
  • Son prix raisonnable
Points négatifs
  • Maniabilité peu soignée
  • Durée de vie très courte
  • Difficulté trop légère pour le côté puzzle
6.3
Correct
Gameplay - 8
Maniabilité - 4
Difficulté - 6
Durée de vie - 5
Graphismes - 8
Bande sonore - 7
kabuki76
Ecrit par
Joueur depuis la Nintendo Entertainement System, je n'ai jamais laché les manettes de la Firme Japonaise.

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