Shift Quantum (Nintendo Switch) – Le test

Shift Quantum est un jeu créé par Fishing Cactus puis édité sur Nintendo Switch par Red Panda Interactive, un petit studio basé à Mons (Belgique) qui créé des jeux dans le but de nous aider à comprendre la réalité dans laquelle nous vivons du point de vue de la science et de l’art. Equipons-nous donc de lunettes noires et d’un manteau long pour traverser les tableaux de ce jeu de plateforme aux allures cyberpunk, avec une pointe de Matrix.

Dès le lancement du jeu, nous sommes accueillis par un intro sympathique, de sorte  à entrer directement dans le scénario. Une IA nommée Mary, de la société Axion Vertigo, nous accueille au sein d’un programme virtuel appelé Shift Quantum. Elle nous explique que la vocation de sa boite est de répandre le bonheur sur le monde entier sans rien attendre en retour (et nous nous inquiétons déjà). Axion Vertigo est une société qui a pour but d’améliorer la qualité de vie à travers des programmes de satisfaction cérébrale.  Mary est donc fière de nous recevoir dans la toute dernière application que l’on appelle Shift Quantum, une expérience qui doit faire passer notre cerveau en « mode ludique » afin de résoudre des problèmes qui le stimuleront (ce qui, au passage, génèrera de l’énergie qui permettra au processus de durer aussi longtemps que possible). Après avoir signé en acceptant les modalités que nous n’avons pas trouvées sur le contrat, le programme peut commencer. Pour faire notre bonheur, Axion Vertigo doit tout d’abord nous poser trois questions auxquelles nous devons répondre parmi un choix de réponses. Libre à nous d’accepter ou non. Si nous sommes d’accord, nous devrons donc indiquer le titre du film qui pourrait représenter  notre vie, dire ce que nous aimons dans un jeu et enfin expliquer comment Axion Vertigo peut nous aider. Une fois le questionnaire passé, nous sommes inscrits et pouvons maintenant nous connecter au programme Shit Quantum.

Nous arrivons à un écran représentant une map en noir et blanc, sous forme de connexion synaptique faisant office de constellation. Plusieurs choix s’offrent à nous : se connecter à la Communauté afin de jouer à des niveaux édités par les joueurs, éditer ses propres niveaux pour ensuite les soumettre aux autres, et farfouiller dans les options où nous pouvons voir les boutons de commandes, régler les différents niveaux audio, changer la langue et même modifier les niveaux de Gamma. Lançons une partie.

Le premier niveau donne tout de suite le ton graphiquement. Arrière-plan d’une ville futuriste hyper développée aux voitures volantes que nous avons l’impression de regarder à travers un tube cathodique à la réception un petit peu brouillée, voir « enneigée ». En parlant de vieille télévision, il y en a une en lévitation, que nous pouvons voir en middle plan, mais qui ne vous gênera pas pour vos déplacements.  En premier plan ce sera des plateformes classiques que vous devrez rejoindre/escalader. Notre protagoniste est habillé en costume noir et lorsqu’il se déplace, nous pouvons remarquer qu’il porte un manteau long façon Néo et ses potes. Enfin, et ce détail a toute son importance, tout est en noir et blanc.

Les premiers tableaux feront office de tutoriel : il s’agira d’apprendre à vous déplacer et à sauter mais surtout  de comprendre la mécanique du jeu. A chaque niveau, nous démarrons d’un portail d’entrée et le but est d’atteindre la porte de sortie. Pour y parvenir, il faut gravir des plateformes, éviter les pièges et faire fonctionner son cerveau, comme Mary nous l’avait précédemment indiqué. Avec le bouton B vous pourrez donc sauter, le joystick (ou le D-pad) vous permettra de vous déplacer, il sera possible de saisir des objets avec le bouton Y et enfin le bouton A (ou L/R) vous permettra de « basculer ». La grande mécanique de Shift Quantum est axée sur la bascule. Lorsque vous activez cette fonction, deux choses importantes se passent : tout d’abord, tout ce qui était noir devient blanc, comme si vous étiez sur le négatif d’une pellicule photo et dans un  même temps,  le niveau fait une rotation à 180° sur l’axe horizontal, comme si vous vous retrouviez la tête en bas. Voici un exemple : si vous vous trouviez en haut d’un escalier (en noir) qui descendait sur votre droite, en basculant, vous vous retrouverez en bas de ce même escalier (en blanc) mais cette fois-ci  montant sur votre gauche. Cela permet, le cas échéant, d’escalader un mur top haut puisqu’il vous suffit de basculer une première fois puis, de vous déplacer puis de basculer une deuxième fois afin de se retrouver de l’autre côté. Tout un art que vous devrez maitriser pour arriver à bout de chaque stage. Bien entendu, outre la mécanique de bascule, il faudra déplacer des blocs aux bons endroits pour qu’ils vous permettent d’atteindre des hauteurs inaccessibles en mode négatif, éviter les pics au fond des précipices. Vous rencontrez également des plateformes immuables qu’il ne sera pas possible de faire switcher et bien d’autres idées sadiques que nous vous laisserons découvrir.

Si le jeu s’avère assez simple dans les premiers niveaux, la difficulté se corsera très vite et il faudra se creuser les méninges pour arriver au terme de la centaine de niveaux proposés en mode campagne. Comme dans nombreux jeux du genre, vous userez certainement de la réinitialisation du tableau, car si vous ne suivez pas  la mécanique adéquate dans le déplacement de vos blocs par exemple, vous vous retrouverez coincés. Vous remarquerez également dans chaque tableau un objet lumineux, souvent placé à des endroits qu’il ne sera pas nécessaire de visiter, et que vous pourrez récupérer si vous souhaitez finir le jeu à 100%.

Une fois que vous aurez retourné le jeu dans tous les sens ou même si vous souhaitez faire une pause entre deux séances d’arrachage capillaire, vous pourrez éditer vos propres niveaux dont vous choisirez la taille (petit, moyen ou grand). Vous pourrez y intégrer tout ce qui est disponible dans le jeu et créer les plateformes comme bon vous semble. Ensuite, il sera bien évidemment possible de le tester puis de l’envoyer sur la toile une fois que vous l’aurez sauvegardé et terminé une fois, pour que d’autres joueurs se mesurent à votre création. A l’image de Super Mario Maker, la durée de vie de Shift Quantum est poussée à l’extrême et il sera possible de jouer à de nombreux puzzles tant que la communauté fera vivre le titre.

Enfin, au sujet de la maniabilité, il n’y a pas grand-chose à dire et ce n’est pas un mal. Le personnage répond parfaitement aux commandes et il est possible de jouer avec la manette pro. Sur la partie graphique, comme nous le disions plus haut, l’ambiance est bien marquée par les décors de fond et l’aspect noir et blanc du jeu, mais malheureusement cela devient très vite répétitif voir lassant. Sur la partie bande son en revanche, Shift Quantum fait très bien le job. Nous avons droit à de beaux morceaux électro parfois bien industriels et d’autres fois remplis de nappes sonores aux allures trance qui nous plongent directement dans l’ambiance cyberpunk qu’on voulut faire ressortir les développeurs.

Conclusion
La série Shift fait un retour remarqué depuis l’époque du Flash en 2000. Côté scénario il ne faudra pas vous attendre à une grande narration et nous pourrions même penser que les développeurs ont laissé une énorme part de mystère laissant le joueur se faire sa propre histoire. En d’autre terme c’est assez pauvre mis à part l’intro. Les graphismes en noir et blanc avec un arrière-plan digne du 5e élément sont très plaisants au départ mais malheureusement très peu renouvelés. La bande son qui vous accompagnera tout au long des 100 niveaux est à la fois entrainante, apaisante et colle parfaitement à l’ambiance. La difficulté croissante est au rendez-vous et il vous faudra quelques heures pour arriver au bout de Shift Quantum, surtout si vous visez le 100%. L’éditeur de niveau et le partage en ligne est un gros plus pour augmenter la durée de vie du jeu. En conclusion, un très bon titre pour les joueurs qui aiment la plateforme corsée alliée à toute la réflexion que peut apporter un puzzle-game.
Points positifs
  • Direction artistique soignée graphiquement et musicalement
  • Maniabilité au rendez-vous
  • Editer et partager ses propres niveaux
  • Jouer aux niveaux des autres
  • Difficulté présente mais bien dosée
Points négatifs
  • Level design répétitif
  • Absence de réel scénario
7.5
Bon
Graphismes - 6
Gameplay - 7
Durée de vie - 8
Bande son - 8
Maniabilité - 8
kabuki76
Ecrit par
Joueur depuis la Nintendo Entertainement System, je n'ai jamais laché les manettes de la Firme Japonaise.

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