Chameleon Run Deluxe Edition (Nintendo Switch) – Le test

Développé par Hyberbolic Magnetism et sorti sur Android et iOS en 2016, avec un certain succès, Chameleon Run est depuis le 14 juin dernier disponible sur Switch dans une nouvelle édition Deluxe. Le jeu original est agrémenté de six niveaux supplémentaires et d’un objectif supplémentaire à remporter, occasionnant une petite hausse de prix par rapport aux versions mobiles.

Chameleon Run est un runner en 3D dans lequel vous manipulez un avatar sans grande personnalité, dans la lignée des personnages de type à-la-cool (comprenez qu’il a un casque audio, une casquette, et il aura même l’occasion de faire un peu de planche dans le jeu) au teint livide, modélisé assez grossièrement façon Rayman, et dont la particularité est de pouvoir changer de couleur. Ce switch chromatique, c’est LE cœur du jeu, LA mécanique qui fera la différence. Là où les autorunners classiques vous demanderont simplement d’appuyer sur le bouton saut au bon moment, le jeu révolutionne le genre en vous demandant de gérer un second bouton pour changer instantanément la couleur de votre avatar, passant du jaune au rose, et inversement.

Vous l’avez deviné, vous devrez aligner votre couleur sur celle des blocs que vous foulerez du pied, sans quoi ce sera le retour immédiat au début du niveau.

Avec ses deux seuls boutons à gérer, le jeu est très simple à prendre en main et vous découvrirez sa finesse petit à petit. Vous pourrez vous lancer à l’assaut des tous premiers niveaux avec confiance, accompagné par un tuto introduisant les mécaniques principales du jeu, mais rapidement vous comprendrez qu’il faudra reprendre les niveaux déjà parcourus un peu plus en profondeur pour débloquer la suite, ce en validant trois défis dans chaque course. Chaque défi remporté vous donne un caméléon, servant de monnaie pour débloquer les parcours suivants. Classique dans ce type de jeu, mais efficace.

Le premier défi vous demande de ramasser des orbes (en un seul passage, ça va de soi), le deuxième vous demande de récupérer un certain nombre de diamants fumants, plus difficiles à ramasser car situés sur des routes plus alternatives et demandant un peu plus de skill et de double-sauts, et le troisième vous met au défi de terminer le niveau sans changer de couleur ! Si ça peut effrayer au début, j’ai pu remporter ce défi du premier coup à chaque fois, rien que par le fait de ne pouvoir me concentrer que sur le bouton saut.

C’est également en validant les défis que vous pourrez prétendre à battre des records de vitesse puisqu’à chaque objectif rempli, le niveau est modifié pour accueillir des boosts à des endroits clés de la course, mais aussi une planche à récupérer qui vous permettra de planer, en maintenant la touche de saut, et parvenir à la ligne d’arrivée en touchant plus rarement le sol. A noter que plus on avance dans le jeu et plus les niveaux s’étoffent, gagnent en verticalité, en pièges retors, et se garnissent de nouvelles mécaniques, telles que les hélices qui vous propulsent à différents degrés, toujours selon le dosage de votre touche saut. Concernant le switch de couleur, sachez que changer de couleur juste avant de toucher le sol vous accordera un petit boost très utile pour atteindre le haut des classements. On vous l’avait dit, ce jeu est plein de finesse.

Plus tard, la difficulté viendra d’une part du level design, avec des passages vraiment corsés mais qui ne vous sembleront jamais insurmontables (les runs sont courts et on garde le sentiment de toucher au but à chaque échec), et d’autre part l’ajout de nouvelles mécaniques de jeu étonnantes et bien pensées, mais je ne vous en dis pas plus.

Après chaque course, vous pourrez tenter de décrocher une étoile supplémentaire et retrouver votre classement dans le tableau des scores. Malheureusement, pas de bonus à remporter pour les plus valeureux, il n’y a que les meilleurs chronos qui vous pousseront à vous améliorer et à chercher les meilleurs chemins de chaque niveau. Le jeu est malheureusement assez court, et une fois tous les objectifs demandés validés, grimper dans les classements sera votre seul intérêt d’y retourner, au-delà du simple plaisir de jouer.

Graphiquement, Chameleon Run peut dire merci à ses deux couleurs principales, qui flattent la rétine suffisamment pour faire oublier le peu de variété visuelle du jeu. On appréciera néanmoins l’ambiance crépusculaire des 4 mondes proposés, ainsi que les blocs géants dans les arrière-plans flous, les reflets bien réalisés, et le tout dans une grande lisibilité.

C’est évidemment moins enchanteur visuellement qu’un Runner 2 et 3, mais on peut comprendre qu’on cherche ici à focaliser votre attention sur l’enchaînement de blocs de couleurs, qui doivent se détacher du reste de l’écran.

Techniquement, le jeu tourne comme un charme aussi bien en portable qu’en mode TV, mais force est de constater qu’il n’y a eu aucun upgrade visuel depuis le mobile. Dommage aussi que quelques petits temps de chargement viennent ralentir l’action, notamment en sortant d’une pause, mais je chipote.

La bande son est tristement générique et c’est cette partie qui vous rappellera le mieux les origines sur mobile de ce titre. Quelques sons et des musiques de remplissage sans la moindre personnalité… Dommage, une petite ambiance à la Jet Set Radio aurait pu faire l’affaire. De toute façon, si les développeurs avaient un peu plus de goût, ils auraient sûrement modélisé un caméléon à la place de notre étrange avatar. Non?

Conclusion
Chameleon Run Deluxe Edition offre donc ce qu’on peut attendre d’un bon runner en terme de gameplay, que ce soit à destination des joueurs en quête de challenge ou plutôt de détente, pour des petites sessions. Dommage qu’il se boucle aussi rapidement et que le studio n’ait pas investi dans un directeur artistique digne de ce nom. En bref, un bon petit jeu sans grande prétention, qui méritera votre argent, même hors période de soldes.
Points positifs
  • le prix, qui reste honnête
  • du challenge
  • addictif
  • une prise en main immédiate et pleine de finesse
  • difficulté bien dosée
  • bon jeu de toilettes
Points négatifs
  • assez court, y compris pour le 100%
  • pas foufou visuellement
  • coupez la musique et écoutez votre propre playlist Spotify
6.2
Correct
Graphismes - 6.5
Bande-son - 4
Gameplay - 7.5
Difficulté - 7
Durée de vie - 6
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro.

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