Crawl (Nintendo Switch) – Le test

Dans le monde des jeux indépendants, on peut trouver de tout, surtout dans la branche de ceux qui s’investissent dans un style pixel-art. Crawl nous propose une façon originale de jouer, en se différenciant des autres via son côté arcade et ses donjons, alliés à une ambiance Dark Fantasy, et tout cela appuyés par une dimension multijoueur en local. Plongeons-nous au cœur de ces ténèbres pixélisées ….

À la fin il n’en restera qu’un

Crawl nous propose ainsi de nous emprisonner dans des donjons dont le but est d’en sortir vivant. Sauf que vous n’êtes pas seul : il y a 4 humains coincés dans ces noirs dédales.

Dès que vous commencez, vous vous entretuez, et le survivant a le prestige de pouvoir parcourir les sombres couloirs qui jonchent le niveau, accompagné de musiques des plus donjonesques et pixélisées possible ! Mais alors, qu’advient-il des autres ? Ils se retrouvent à devenir des fantômes que l’humain en vie ne pas peut voir, et c’est à partir de là que la bataille pour retrouver son humanité et s’échapper commence : le premier spectre à tuer le joueur vivant le remplace en récupérant son corps. Et pour se faire, toute une multitude d’outils de meurtre sont mis à disposition des esprits errants : des cercles d’invocation de monstre, de multiples pièges ainsi que de l’ectoplasme pour invoquer des monstres de slime, objets qu’il faut faudra récupérer en parcourant les niveaux. D’ailleurs, le système d’attaque et de mouvement est très réactif : les pièges sont très rapidement faciles à comprendre et à prendre en main. Que l’on incarne un monstre ou notre corps humain, les patterns d’attaque sont très simples : une attaque principale avec des enchainements possibles, et une attaque secondaire. De plus cela répond plutôt bien, que cela soit sur un Joy-con ou les deux, le tout agrémenté des vibrations HD.

C’est alors ici que tout le gameplay de Crawl se joue : une perpétuelle bataille pour la survie ! Ainsi vous pouvez jouer jusqu’à quatre joueurs en local, mais aussi bien tout seul contre 3 IA. Une partie se déroule ainsi : il faut atteindre le niveau 10 pour pouvoir ouvrir le portail qui vous amènera au boss, et  défaire seul cette monstruosité vous permettra de sortir et ainsi, de remporter la partie !

Ce donjon se décompose en plusieurs niveaux, auxquels on accède via des escaliers. Une fois que l’on s’enfonce dans le niveau suivant, la possibilité est offerte aus joueurs d’améliorer ses monstres grâce à un système intéressant : plus les autres joueurs montent de niveaux, plus vous accumulez de la «colère», et plus vous en avez, plus vous pourrez améliorer vos monstres en échangeant cette dernière. Ceci est très mesquin car il sera de plus en plus difficile au joueur en vie de monopoliser sa place car il devra affronter les monstres lancés par ses adversaires qui seront de plus en plus puissants plus on s’enfonce dans le donjon. En revanche, c’est en tuant ces monstres que l’on accumule de l’expérience, pouvant nous aider à passer le pallier du 10em niveau ! Powerhoof a réussi à mettre en place un équilibre très intéressant dans leur jeu, qui permet aux joueurs d’ajuster leurs stratégies en fonction de la situation !

L’obscure plaisir multijoueur

Avant de commencer la partie, vous pouvez sélectionner la gamme de monstres que vous pourrez invoquer sur les pentagones, sélectionner votre nom, la difficulté de l’IA, les joueurs à ajouter dans la partie, etc.

Notons d’ailleurs que l’IA du jeu est très efficace, on remarque même certains moments d’hésitation de celle-ci de temps à autres, et sa volonté de vouloir elle aussi remporter la partie est présente. Mais il faut reconnaitre qu’il est plus amusant de jouer entre amis que tout seul face à des IA, car la redondance du gameplay peut apparaître plus vite, d’autant que que les OST ne sont pas non plus nombreuses. On se rend compte que Crawl n’est pas un jeu fait pour jouer des heures d’affilées, mais plutôt pour être joué quelques parties, ce qui s’accorde parfaitement avec son coté arcade ! En revanche, rendons à César ce qui est à César : ce jeu a un très bon potentiel multijoueur de par son principe qui met tout le monde en compétition, et permet de bien s’amuser en essayant de tuer son prochain. Le plaisir sadique que l’on retrouve est renforcé par la possibilité de pouvoir acheter des améliorations grâce à l’or remporté tout au long des péripéties : on peut acheter de nouvelles armes, des potions améliorant les stats, de nouvelles attaques secondaires et des artefacts aux effets uniques. Mais pour cela il vous faudra trouver l’armurerie (une pour chaque niveau), et être vivant ! Bien évidemment une fois acheté, l’objet ne se retrouve plus sur les présentoirs, ce qui pousse les joueurs à changer de niveau pour acheter d’autres objets d’amélioration. Chacun aura des armes différentes et une manière différente de jouer avec des limites et avantages divers !

Que vous jouiez le rôle de l’aventurier ou de l’esprit, vous ne pouvez pas vous ennuyer car vous avez toujours quelque chose à faire, et même lorsque l’autre fait ses emplettes, vous pouvez amasser de l’ectoplasme pour accumuler les monstres de slime à pouvoir invoquer (A 3 contre 1, l’autre ne peut pas trainer à marchander trop longtemps). Ajouté à cela le fait que les niveaux ne se ressemblent pas, grâce à un système de génération procédurale qui semble de plus en plus complexe et diversifié au fur à mesure que l’on se plonge dans le donjon, et vous aurez les ingrédients nécessaires pour des parties endiablées, où à tour de rôle, le chasseur devient le chassé. Cela donnera le sentiment grisant à chaque joueur de pouvoir influer sur la partie à tout moment, et ce jusqu’au bout puisque le dernier monstre peut également être incarné par un des joueurs afin de tenter d’empêcher la victoire.

Un bel esprit arcade

Que se passe -t-il lorsqu’une partie se finie ? Lorsque l’un de vous réussi à vaincre le boss, ou que vous ayez raté les 3 uniques tentatives pour le tuer, vous obtenez de nouveaux monstres (ou des améliorations), de nouveaux types d’armes, pièges et autres objets d’amélioration dispersés dans les donjons. Bref, plus vous jouerez et plus le gameplay risquera de se diversifier davantage. Pour les collectionneurs, le nombre de succès que vous aurez débloqué augmentera au fur et à mesure.

Pour ce qui est du scénario, il est basique et sert seulement de prétexte pour s’amuser et s’immiscer dans les couloirs de ces donjons. Cette simplicité peut être souvent trouvée dans les jeux d’arcade mais un scénario plus poussé aurait pu rendre l’expérience meilleure et plus enrichissante, même s’il ne faut pas oublier que ce n’est pas réellement le but de ce type de jeux.

C’est en regardant tout cela que l’on comprend tout l’intérêt de Crawl d’être sur switch. On peut y jouer où l’on veut, donner un Joy-con à son ami et vite faire une partie sur l’écran de la Switch en attendant le train. La dernière de Nintendo est faite pour accueillir ce type de jeux, même si la lisibilité est parfois rendue difficile par la taille de l’écran, nen particulier pour les textes.

A noter que le jeu n’est qu’en anglais, le studio indépendant Australien n’ayant pas trouvé de traducteur. Toutefois ceci peut rester compréhensible de la part d’un developpeur indépendant. Mais malgré ça, excepté le tuto obligatoire avant de pouvoir jouer entre amis, un anglais très basique est suffisant pour comprendre et le gameplay est très accessible. Donc pas de panique, il n’est pas nécessaire d’avoir une parfaite maîtrise de l’anglais pour réussir à s’amuser. Surtout que certains pourront largement retrouver cette sensation qu’ils avaient devant une borne d’arcade avec un ami, car la bande son du jeu assume cette proposition vidéoludique : rythmée et totalement en accord avec le thème. Même chose du côté du style graphique pixélisé un peu rétro jouant sur les lumières  et du design des monstres et des pièges. A l’époque non plus, il n’y avait pas de traduction !

Conclusion
Vous cherchez de quoi jouer de temps à autres avec des amis ? Alors foncez, car Crawl est une pépite dans son genre qui se veut unique ! Même si ce n’est pas votre style au premiers abords, il risque de vous plaire. On y trouve un gameplay riche et varié qui répond manette en main plutôt agréablement bien tout en proposant aux joueurs de ne pas s’ennuyer et de continuer à jouer grâce à une formule renouvelable et pouvant être parsemée de nouveautés. L’œuvre de Powerhoof, sans être exempte de défauts, fait preuve de beaucoup de qualités auxquelles on ne s’attend pas nécessairement pour un jeu de ce calibre. Finalement, On voit bien que Crawl sort du lot, dans cet océan de jeux indépendant qu’on parcourt à la nage.
Points positifs
  • Gameplay renouvelable
  • Un bel équilibre de la difficulté
  • Alchimie excellente en multijoueur
  • Superbe représentation de l’arcade sur switch
  • Dynamique
  • Ne laisse pas la place à l’ennui
  • Des Pixels dans la musique et le design !
Points négatifs
  • Pas fait pour de longues sessions
  • Meilleurs avec des amis qu’en solo
  • Risque de redondance malgré le contenu
  • Un potentiel scénaristique non exploité
  • De belles ost, mais peu nombreuses
8.4
Génial
Graphismes - 9
Bande-son - 8
Gameplay - 9
Durée de vie - 9
Scénario - 7
GénéralKaiminus
Ecrit par
Étudiant de 21 ans en informatique, je croque à pleines dents les jeux indépendants de toute sorte ! J'adore tout particulièrement les metroidvania.

2 commentaires

  1. Dans les “bad” je mettrais : le jeu tout en anglais “ce qui est un peu compliqué pour l’achat des items, armes et potions” car les bons choix peuvent vraiment faire la différence ^^

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    • et aussi pas de multi en ligne 🙂 dommage.

      Répondre

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