Hyper Light Drifter – Édition spéciale (Nintendo Switch) – Le test

Sorti sur PS4 et Xbox One en 2016 après avoir nonchalamment explosé son Kickstarter, le fameux Action-RPG à l’ancienne de Heart Machine s’offre une sortie sur Switch, agrémenté de bonus exclusifs à cette dernière, ainsi que la promesse d’un 60fps très appréciable, surtout quand on vient de s’avaler la fluidité quasi sans faille de Hollow Knight tout l’été. Il est temps de plonger à corps perdu dans un autre monument du jeu indépendant récent et voir si Hyper Light Drifter mérite son guest premium dans le jeu Brawlout. Faites chauffer vos joy-con, let’s DASH !

Au travers d’une cinématique d’intro absolument sublime vous posant le décor au travers de visions terrifiantes, réalisées et montées comme un film d’animation tout en posant la patte inimitable du jeu, son pixel très fin, sa palette cyberpunk (mais pas trop), vous découvrez votre avatar au milieu d’un monde qui visiblement touche à sa fin, en proie à une maladie que vous seul pourrez combattre. En quelques instants vous êtes happé dans cet univers halluciné et découvrez d’emblée une bande son fascinante lorgnant très clairement du côté de Vangelis ou encore le Toto de Dune. Blade Runner et Akira ont dû tourner en boucle pendant le développement, j’en veux pour preuve le superbe clin d’oeil récurrent à l’explosion circulaire de ce dernier, allant même jusqu’à copier les quelques flashs présents dans l’anime, bravo.

Après une séquence tuto assez bien amenée dans le scénario, puis être sorti de chez vous, vous découvrez la ville qui servira de hub au centre d’une map bien détaillée, clairement dévoilée dès le début du jeu, et qui desservira trois zones accessibles dès le début, au Nord, Est et Ouest, et explorables dans l’ordre que vous souhaiterez. Cette ville est en ruine et accueille les différents marchands du jeu, nous y reviendront. Les quelques PNJ que vous croiserez seront soit peu loquaces soit disposés à vous narrer leur propre histoire au travers d’illustrations en pixel art, et qui vous permettront de vous faire une idée plus précise de ce qui arrive aux animaux personnifiés habitant ce monde apocalyptique. Après quelques minutes à vadrouiller çà et là, une évidence s’impose: le jeu fait le pari d’une narration sans texte (hors quelques exceptions concernant les commandes du jeu), uniquement via ces illustrations en guise de dialogues, ou des arrière plans dantesques vous donnant un aperçu de ce que ce monde a traversé avant de s’écrouler (mention spéciale aux nombreuses carcasses de géants, dont certaines apparitions vous laisseront bouche bée) . Si on aime le fait que l’histoire ne vient jamais vous forcer à s’y intéresser, certains regretteront peut être le manque de clarté de l’ensemble une fois le jeu terminé. Beaucoup d’images, beaucoup de symboles sans explications claires qui reviendront sans doute se rappeler à vous une fois le jeu retourné dans sa “boîte”. Qu’on apprécie ou pas, vous serez libre d’aller chercher le lore du jeu où il est, il ne s’imposera jamais à vous.

Une fois lancé vers une des trois directions proposées en début de jeu, vous découvrez les ruines du monde de HLD, baignant dans des couleurs très saturées et mettant en valeur une nature qui a repris ses droits. Le jeu promet des environnements extérieurs grouillant de vie qui flatteront régulièrement votre rétine pour mieux vous perdre plus tard dans les dédales de ses donjons souterrains. Dès la première grande zone pénétrée, vous découvrirez la richesse de la carte, conçue plus ou moins comme celle d’un Zelda : A Link To The Past, et regorgeant de petites zones dérobées, de passages secrets, qu’on se laissera tenter d’explorer au fil des medikits et des points d’upgrades, jusqu’à tomber nez à nez avec un groupe d’ennemis. Bien souvent, il s’agit de créatures bien sales ayant muté à partir d’animaux, des guerriers et autres magiciens, qui vous attaqueront et lanceront le combat sur des zones bien délimitées et permettant un peu de tactique quand certains viendront en nombre. Les premiers ne sont pas difficiles à vaincre, quelques coups d’épée et c’en est fini d’eux, mais c’est face aux plus robustes que vous découvrirez les joies de l’attaque à distance, équipé d’un pistolet, que vous pourrez troquer contre d’autres armes à feu, et surtout…votre dash !

Le dash de HLD, vous l’utiliserez tellement que vous en oublierez l’animation de course standard de votre personnage. S’il est nécessaire en combat pour passer au travers des attaques ennemies, il se révèlera très pratique pour parcourir ce monde plutôt vaste, aux points de téléportation très limités. Les combats, donc, se révèlent précis et nerveux, et on se lancera dans la baston avec assurance, en alternant habilement quelques coups d’épée, un dash pour éviter la riposte, suivi de quelques balles à distance, rappelant bien souvent le feeling d’un certain Hotline Miami. Concernant la difficulté, le jeu a pu rebuter des joueurs potentiels à cause de l’étiquette hardcore qu’on lui colle facilement sur le dos, mais HLD est loin d’être un jeu difficile. La progression se fait sans heurts, les points de respawn restent proches de la mort, les checkpoints sont très régulier et ici on ne vous impose pas de repos stratégiques aux feux de camps. Si la difficulté moyenne est trop ardue pour vous, le jeu propose un mode débutant bien équilibré, au prix de quelques éléments du jeu en moins.

Pour progresser dans le jeu, c’est très simple. Vous devrez trouver dans chaque zone les quatre fragments déverrouillant l’accès vers le boss de la zone, qui une fois battu activera un monolithe ainsi qu’un signal au centre de votre carte, c’est à dire au centre de la ville de départ.
Ces fragments sont généralement cachés au bout des “donjons” du jeu, sortes de labyrinthes accessibles via des ascenseurs, et dont vous connaîtrez le vague emplacement en allant parler à un PNJ situé quelque part dans la zone. Contrairement à un bon vieux Zelda, Hyper Light Drifter ne va pas jusqu’à proposer de réelles énigmes à résoudre pour déverrouiller des passages et mise tout sur votre sens de l’exploration. Si vous apercevez un rebord suspect, un dash pour l’atteindre vous révélera sans doute une zone cachée et un objet à la clé, mais peut-être même le chemin voulu par les développeurs pour progresser dans l’histoire. Voilà de quelle manière HLD veut que vous vous creusiez la tête, non pas en résolvant des énigmes, mais bien en fouinant absolument partout, puisque vous n’aurez jamais d’indicateurs visuels pour progresser.

Les quelques boss du jeu sont le meilleur moyen de tester vos différentes compétences : le choix de vos armes (vous pouvez switcher entre vos armes à feu d’une simple pression sur le bouton A), vos réflexes en matière de déplacement et la précision de vos tirs. En cas d’échec, vous réapparaissez simplement à quelques mètres de l’arène et avez le choix entre retourner au combat ou repartir à la recherche de points d’upgrades cachés dans le monde. Une fois le boss vaincu, vous pourrez vous téléporter au hub central pour dépenser chez les marchands du coin les points accumulés durant votre aventure. Certains améliorent vos attaques à l’épée, d’autres vendent de nouvelles armes, améliorent vos points de vie et j’en passe. Les écrans vous permettant les transactions peuvent vous sembler assez peu compréhensibles au début, même avec des possibilités d’évolution de votre personnage assez limitées, on ne va pas se mentir.

Si la complétion à 100% n’est pas votre priorité, vous pourrez trouver le jeu assez court, autour de 10 heures, de par sa structure très classique et un challenge que certains trouveront très relatif. Dans le cas contraire, l’exploration complète du monde pourra facilement doubler cette durée de vie, d’autant plus qu’à l’instar d’un Hollow Knight, Heart Machine à la bonne idée d’implanter son propre système de trophées, qui se débloquent sur le menu principal après avoir réalisés certains évènements. Ajoutez à ça une bonne re-jouabilité, puisqu’une fois l’aventure terminée, vous débloquez un mode de difficulté bien plus ardu, ainsi qu’une partie alternative jouable avec un nouveau personnage dont je ne dirai RIEN (si ce n’est qu’il est diablement cool à jouer, au prix d’une plus grande difficulté).

Conclusion
Hyper Light Drifter est un de ces jeux dont la profondeur vous marque, forgé avec passion et amour pour des références aujourd’hui connues de tous, tout en s’acharnant à proposer du neuf, un univers propre qui inspirera sûrement de futures générations de créateurs. Cette version switch est d’ailleurs suffisamment stable pour qu’on privilégie celle-ci aux précédentes, mais surtout pour ses bonus et modes exclusifs, rallongeant considérablement la durée de vie du jeu.
Points positifs
  • une direction artistique éblouissante, souvent impressionnante
  • un grand souci du détail dans l’univers proposé
  • 60 fps la plupart du temps
  • animation des ennemis
  • bonne courbe de progression
  • bestiaire intéressant
  • bande son superbe, cohérente et inspirée
Points négatifs
  • assez court en ligne droite
  • plus Action que RPG au final
  • quelques chutes de framerate malgré tout
  • pas toujours très lisible dans les combats en mêlée
7.8
Bon
Scénario - 7
Graphismes - 9
Bande-son - 8.5
Prise en main - 8
Difficulté - 7.5
Durée de vie - 7
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro.

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