Minit (Nintendo Switch) – Le test

On a beau savoir qu’en matière de graphismes il faut s’attendre à tout quand il s’agit de jeux indés, on se retrouve toujours un peu mal préparé à un moment ou à un autre. Le jeu Minit est un de ces exemples. Un jeu jouant la carte du monochrome, d’abord agréable à l’oeil sur ses artworks mais relativement rebutant une fois en jeu, avec un rendu très proche de celui d’une Game Boy, à la différence qu’il s’agit ici de pixels blancs sur fond noir et non d’un vert clair sur vert foncé. Un jeu qui devra vous prouver sa profondeur en dépit de son minimalisme apparent…

Développé par JW, Kitty, Jukio, and Dom pour Devolver Digital, Minit vous met aux commandes d’un drôle de personnage, aux allures de canard, se réveillant sur une île inconnue. Partant à l’aventure à la manière d’un Zelda : A Link’s Awakening auquel il fait clairement référence, avec son gameplay ou encore sa progression par tableaux fixes, vous découvrez une épée, très pratique pour venir à bout de certains obstacles de début de jeu. Le problème, c’est que cette arme providentielle vous assènera une terrible malédiction, qui réduira votre espérance de vie à 60 secondes, vous forçant à repartir du dernier point de départ après chaque décès. Le concept de Mini tient dans cette seule mécanique de gameplay, c’est simple, clair et diablement efficace !

Vous découvrirez à chaque nouvelle tentative d’exploration les environnements qui vous entourent, des bâtiments en activité, et toute une série de personnages étranges ou loufoques, à l’image d’un poisson revendiquant sa préférence pour la terre ferme, ou encore un gardien de phare à l’élocution si lente que vous mourrez avant de savoir où il veut en venir (pour ne pas trop spoiler, ces personnages se situent en tout début d’aventure). Chaque protagoniste vous déroulera une ou deux phrases de dialogue qu’il faudra écouter attentivement pour comprendre sur quelle quête il vous emmène. Un patron de bar vous expliquera par exemple avoir perdu sa clientèle depuis qu’un groupe de crabes a envahit la région, vous comprenez immédiatement qu’il vous faudra les retrouver et vous débarrasser d’eux, mais les dernière secondes de votre vie résonnent et vous mourrez brutalement. Une fois revenu à votre point de départ, bien heureusement en possession des objets trouvés lors de vos premières parties, vous repartez sans perdre une seconde à la recherche du patron de bar, déclencheur de la quête, puis vers les crabes à exterminer, avant de terminer la quête face au patron de bar, en moins d’une minute, et vous voilà en possession d’un nouvel objet vous débloquant une autre partie de l’île, et ainsi de suite.

Le jeu se divise donc entre des parties de balades et de rencontres, et des phases de rush intense pour mener à bien une mission en particulier, afin d’avancer dans le jeu. En cas d’erreur au milieu d’une mission délicate, les développeurs ont eu la bonne idée de prévoir un bouton de suicide, pour revenir plus rapidement au point de départ. A mesure que vous avancez dans l’aventure, vous déclencherez des événements qui ouvriront des raccourcis inattendus vous permettant d’aller plus loin dans l’île sans devoir traverser l’intégralité d’une zone terminée. La gestion du timing étant au coeur du gameplay, percer petit à petit les secrets de l’île vous donnera un sentiment d’accomplissement très agréable. Au bout de quelques dizaines de minutes de jeu, il peut cependant devenir compliqué de se repérer sur cette île à l’architecture parfois un peu tordue. Retrouver par exemple l’emplacement d’un personnage pour prévoir le bon trajet reliant les éléments qui mettront un terme à une quête. Les quêtes du jeu, qu’elles soient des énigmes, puzzles ou affrontements sont assez nombreuses et dessinent pour la plupart la trame principale de l’histoire, là où d’autres sont totalement optionnelles, et s’adressent aux adeptes du 100%.

Avec ses deux ou trois boutons d’action à tout casser, Minit propose une prise en main immédiate en simplifiant le jeu au maximum. Les interactions avec les PNJ sont automatiques et s’activent dès que vous passez près d’eux, vous n’avez donc besoin que d’un bouton d’action pour utiliser votre objet actif tel que l’épée. Sachez que le bouton de suicide se situe juste à côté du bouton action, vous risquez donc de mourir bêtement plus d’une fois! Côté son, la musique chiptune vous accompagnera dans votre aventure et participent à l’ambiance mystérieuse, les effets sonores sont de bonne qualité et l’ensemble est correctement mixé.

Conclusion
Si Minit est un de ces plaisirs indés qui nous marquent et qu’on recommandera facilement à ses amis, il reste une expérience relativement courte. Une fois passée la petite poignée d’heures à parcourir l’île de Minit en courant jusqu’au générique de fin, il ne restera aux plus motivés qu’une exploration beaucoup plus poussée pour atteindre les 100%, ou encore le plaisir du speedrun pour d’autres. Avec son prix mini d’un côté et sa forte personnalité de l’autre, Minit a plus d’un argument pour convaincre les amateurs de trip oldschool en quête d’une aventure originale et rafraîchissante.
Points positifs
  • Mécanique die & retry originale
  • Un univers à part et des rencontres mémorables
  • Un humour rafraîchissant
  • Une VF de qualité
  • Le mode végétarien
Points négatifs
  • Un style graphique qui ne plaira pas à tout le monde
  • Pas bien long...
7
Bon
Graphismes - 7
Bande son - 6.5
Gameplay - 7.5
Difficulté - 7
Durée de vie - 6
Originalité - 8
YnkRibbon
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro. Mon twitch : twitch.tv/ynkribbon

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