Horizon Chase Turbo (Nintendo Switch) – Le test

Développé et édité par le studio Aquiris, Horizon Chase Turbo est la version consoles du jeu de course Horizon Chase : World Tour, sorti en 2015 sur iOS et Androïd, avec un certain succès. Pensé comme une version plus moderne des jeux de type Outrun sortis à partir des années 80 sur bornes d’arcade puis sur consoles de salon, Horizon Chase en reprend tous les codes, tout en adoptant un style 3D “polygonal” (à tendance voxels), plus proche d’un Daytona USA, pas si typé années 80 que ça et assumant même des graphismes typiquement “mobile”, néanmoins très agréables à l’oeil et aux couleurs hyper saturées. Les plus vieux d’entre vous se rappelleront les réflexes que demandaient les premiers jeux de courses en “3D” (réalisés tout en sprites 2D mais avec le circuit arrivant vers vous pour donner au jeu une troisième dimension) et le feeling bien éloigné des Forza ou Gran Turismo des consoles actuelles, demandant aux pilotes en herbe de la concentration et des nerfs d’acier.

Repris directement des jeux dont il s’inspire, Horizon Chase Turbo vous met aux commandes de jolis bolides de compétition. Un large choix de véhicules imitant des grands classiques de l’histoire des jeux de courses, telles que les Cruiser, Infinity et Legend (entendez plutôt Ferrari F40/Lamborghini Diablo, Dodge Viper et Audi A6), pour un total de 32 véhicules aux compétences différentes, à débloquer en accumulant des points, ce que nous verrons plus loin. Au programme, une quarantaine de courses réparties dans douze pays du monde, tels que la Grèce, le Brésil, la Californie ou encore Haïti ; et autant de zones hétéroclites qui auront leur importance sur les ambiances, les éléments du décor (monuments typiques, climat, etc) ou même la météo, variant parfois pendant la course (et c’est plutôt réussi).

A la différence des jeux de course d’aujourd’hui, la conduite dans Horizon Chase Turbo consiste essentiellement à gérer des virages serrés et à doubler les nombreux adversaires, ce qui nécessitera un apprentissage en douceur pour dompter la vitesse folle du jeu. On peut heureusement compter sur une maniabilité parfaite et précise, ainsi qu’une difficulté très progressive, pensée pour les débutants, ce qui ne veut pas dire que le jeu manque de challenge pour les plus aguerris. Vous aurez d’ailleurs la possibilité d’affronter votre propre fantôme pour vous entraîner, ou même celui du champion d’un circuit.

Accessible depuis le menu principal, vous trouverez d’abord le mode Tournée mondiale (seul mode présent en début de jeu, le reste sera à débloquer au fil de votre progression). Débutant par la Californie, c’est le point de départ d’un tour du monde, dont chaque pays sera à débloquer à l’aide de points accumulés dans chaque course précédente. Au nombre de trois par pays, ces courses aux tracés variés sont complétées d’une étape bonus d’amélioration, qui si vous les gagnez, vous feront remporter une amélioration permanente pour tous vos véhicules. Pour accumuler un maximum de points, il faudra bien sur finir la course en pôle position, tout en ramassant à très haute vitesse des pièces bleues disséminées sur le circuit. C’est à ces deux conditions que vous débloquerez le trophée “platine” de chaque course. A ceci s’ajoute la gestion de votre essence, que vous pourrez recharger à l’aide de bidons disponibles sur le circuit, sans quoi votre voiture sera condamnée à s’arrêter lamentablement. Le seul power-up disponible en jeu est une recharge de nitro, souvent très difficile à récupérer, venant compléter votre stock de turbo, au nombre de 3 à chaque début de course.

Après avoir suffisamment progressé dans la tournée mondiale, vous débloquerez les modes tournoi (le mode le plus arcade, classique et immédiat du jeu, avec 3 niveaux de difficulté, mais dont les voitures et les compétences dépendent de celles que vous débloquerez en tournée mondiale), cour de récré (une sélection de courses temporaires), et le mode endurance (grisant mais qui mettra vos nerfs à rude épreuve). Cerise sur le gâteau, le multijoueur local, en écran splitté, est disponible dans tous les modes de jeu, jusqu’à 4 joueurs.

Au delà de la qualité de son gameplay, l’autre point fort du jeu est sa partie visuelle, très travaillée et tape-à-l’oeil. La modélisation des volumes 3D, la saturation des couleurs, le rendu général accrocheur, les quelques effets visuels, tout est fait pour flatter votre rétine sans faire perdre au jeu de sa rapidité (garanti sans flou de mouvement, qui moderniserait le jeu mais serait totalement superflu pour un gameplay aussi nerveux). Évidemment l’étiquette “jeu mobile” est évidente dès le premier coup d’oeil, mais on est vite happé par l’hommage que veut rendre le jeu à ses ancêtres des années 80, un style rétro que Horizon Chase a le bon goût de ne pas trop appuyer (ici pas d’effets de dégradés fluos ni de néons, je vous le garantis). Le plus gros clin d’oeil à ces jeux d’antan est la présence d’une bande son signée Barry Leitch, compositeur d’un tas de titres depuis les années 80, tout simplement excellente. Plus on avance dans le jeu, et plus les circuits s’enrichissent et gagnent en variété, en cassant par exemple le côté plat des premières courses avec davantage de relief, et des changements climatiques en cours de course ! Autre trouvaille visuelle intéressante, des bulles de bande dessinée s’affichent pendant la course, désactivables, ce qui donne de la vie et de l’humanité au jeu même si on a rarement le luxe de les lire. Elles n’ont d’ailleurs que peu d’intérêt, à l’image de cette phrase “nous approchons de la victoire” apparaissant parfois après une descente en 9e position.

D’un point de vue purement technique, il y a assez peu à dire tant la stabilité est bonne. Du 60 fps qu’on prendra rarement à défaut, en mode tablette comme sur TV. Les vibrations HD sont de la partie et remarquablement fines et précises. Les temps de chargement sont courts, bref le tableau pourrait être idyllique si la fête n’était pas gachée par un très vilain bug, un freeze pendant la sauvegarde d’après course, invalidant évidemment votre dernière victoire. Insupportable quand ça arrive mais heureusement relativement rare.

Conclusion
Avec ses graphismes colorés, son gameplay fun et maîtrisé et sa bande son inspirée, Horizon Chase Turbo a su s’affranchir de son étiquette “jeu mobile” et vient confirmer sur consoles sa position d’hommage quasi-ultime à un genre disparu, à l’heure des compilations arcade de jeux Sega, Neo Geo ou SNK. Que ce soit pour passer un après-midi à scorer avec des potes ou faire découvrir à votre neveu ce feeling si particulier des jeux de courses de vot’ jeunesse, ce nouveau Horizon Chase saura facilement trouver sa place dans votre ludothèque.
Points positifs
  • Feeling arcade
  • Décors et ambiances variés
  • Addictif
  • Bonne courbe de progression
  • Le compte à rebours en sortie de pause
  • Jeu entièrement en français
  • Bande son de qualité
Points négatifs
  • Un bug récurrent très pénalisant
  • Un peu répétitif
7.5
Bon
Graphismes - 7.5
Bande son - 7.5
Gameplay - 8
Durée de vie - 7
Difficulté - 7
Fun - 8
YnkRibbon
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro.

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