Monster Boy et le Royaume Maudit (Nintendo Switch) – Le test

Alors que certains anciens joueurs le considèrent déjà comme Monster World V, le jeu Monster Boy et le Royaume Maudit est enfin sorti sur Nintendo Switch. En réalisant leur projet, nos petits Parisiens de Game Atelier ont voulu rendre hommage à la license Wonderboy, pour le plus grand plaisir des fans qui ont fini de croquer dans le magnifique remake sorti chez Nicalis, l’année dernière. Cette fois-ci c’est FDG Entertainment qui publie et c’est toujours estampillé SEGA. Allez enfiler le costume animal de votre choix et suivez-nous donc dans l’exploration de Monster Boy et le Royaume Maudit, sur Nintendo Switch.

Avant même d’avoir accès au menu principal, un générique façon anime des années 80, de très bonne facture, est lancé. Sachez que vous avez la possibilité de le zapper, pour aller directement dans les options et choisir la langue de l’intro en japonais (il n’y a plus qu’a rebooter le jeu et… ah ! c’est bien mieux comme ça !).

Alors ça raconte quoi ?

L’histoire commence avec Jin, notre héros. Alors qu’il est tranquillement en train de pêcher, un drôle d’évènement se produit. Son oncle Nabu, à califourchon sur un tonneau volant et équipé de ce qui semble être une baguette magique, titube dans les airs, ce qui n’est vraiment pas habituel. Sans se poser trop de questions, Jin ayant vite compris que quelque chose ne tourne pas rond, part s’équiper de son épée pour partir à la recherche de son oncle. A peine parti, il rencontre un petit dragon qui se trouve être son petit frère et qui lui explique que Oncle Nabu est responsable non seulement de cette transformation, mais également de celle de tous les habitants du village, en animaux et autres monstres. Jin, reprend la route et fait la rencontre d’un drôle d’oiseau, un Pepelogoo, qui est à la recherche d’une fille aux cheveux verts et qui vous demandera un petit service. Nous n’en diront pas plus sur le scénario si ce n’est que vous serez à votre tour, très rapidement transformé en cochon par votre oncle qui semble être devenu complétement fou et que, le responsable de tout cela étant de votre famille, vous vous sentirez naturellement obligé de réparer les dégâts en trouvant un moyen de redonner leur forme initiale à tous les habitants du village (et par la même occasion sauver tonton de l’embarras).

Comment ça marche ?

Contrairement à ses ainés, Monster Boy, qui reste un jeu d’action aventure malgré tout, est beaucoup plus axé sur un mode puzzle. Au-delà d’un simple jeu de plateforme action, il faudra déplacer des blocs, activer des leviers pour faire baisser le niveau de l’eau ou ouvrir un passage, acheminer de grosses boules de pierre jusqu’à un interrupteur sans se faire écraser, allumer toutes les torches d’un tableau pour ouvrir une porte, déplacer un trampoline pour accéder à une plateforme trop haute, jouer avec le décor en lui faisant faire des rotations pour sortir d’un labyrinthe et bien d’autres choses tordues qui mettrons souvent vos nerfs à l’épreuve. Au fur et à mesure que vous progresserez dans l’histoire, vous ajouterez à vos capacités la possibilité de vous transformer en divers formes (6 au total) ayant chacune leur spécialité. Par exemple, la grenouille se sert de sa langue comme grappin tandis que le cochon, au flair imparable (pas étonnant vu son groin), permettra de découvrir des zones cachées. Pour cela, il sera très simple de switcher d’une transformation à l’autre en utilisant les boutons ZL/ZR et, petit à petit, très progressivement même, vous jouerez de plus en plus de la gâchette pour arriver au bout des puzzles qui vous permettront de de progresser dans l’aventure en combinant plusieurs talents les uns à la suite des autres. En fin de compte, Monster Boy peut être qualifié de Metroid-vania.

La carte du monde est vaste, il faudra revenir dans les tableaux avec vos nouvelles transformations et/ou nouveaux équipements, pour accéder à des endroits qu’il n’était pas possible d’atteindre auparavant, ou pour reconstituer une armure légendaire en retrouvant ses différentes parties dispersées dans le Monster world. En parlant de ce vaste monde, tous les ingrédients, certes classiques mais tellement jouissifs, ont étés réunis ; Vous retrouverez donc des parties sous-marines, aériennes, volcaniques, hantées, forestières, glacées, etc… où vous pourrez jouer de vos armes pour influer sur le décor. Par exemple il sera possible de créer des ponts de glace sur l’eau ou dans la lave avec l’épée qui va bien.

Du côté des armes et objets, le jeu est très fourni (épée de feu, de glace, bottes planantes, bâton ouvrant des portails, bracelets magiques, pièces d’armures etc..) et il est doté d’un système d’upgrade de votre stuff grâce à des gemmes débusquées lors de vos escapades. Différents fragments d’armures (armes y compris) sont à retrouver également afin qu’un forgeron puisse leur redonner leur superbe d’antan afin que vous puissiez en profiter. Les forges ne seront pas les seules boutiques où vous pourrez dépenser vos pièces d’or difficilement amassée sur votre route. Vous pourrez également acheter des armes et armures chez l’armurier, des potions de soins ou d’antipoison et il y a même des hôtels pour se reposer et recharger ses batteries.

Ça donne quoi, manette en main ?

Que ce soit sur Joy con ou manette pro, le jeu est fluide et très maniable, ce qui est très appréciable pour un jeu d’action plateforme. Les personnages répondent au doigt et à l’œil, la configuration des boutons est bien réfléchie et les développeurs ont su user (et abuser) comme il se doit des vibrations HD, jusqu’à ressentir les battements du cœur de votre personnage lorsque votre niveau de vie est au plus bas.

C’est difficile ?

Comme évoqué plus haut, la difficulté du jeu augmente progressivement, et le jeu ne sera que rarement punitif (sauf dans certains tableaux que nous qualifierons de « die & retry malgré eux » à cause du level design). Pour bien aider le joueur, une multitude de boutiques se trouveront sur votre chemin pour être toujours équipé comme il faut (à condition d’avoir l’argent nécessaire) et ce, même tout juste avant de rencontrer un boss. Et si cela n’est pas suffisant, une distribution de cœurs qui redonnent de l’énergie (et autres objets) est prévue si vous mourrez trop de fois face à un boss. Il faudra environs 20-25h (suivant votre niveau) pour terminer le jeu (avec quelques heures en plus pour le 100%).

Une Direction artistique de haut niveau !

L’ambiance kawaï de la saga oblige, vous aurez l’impression de jouer à un dessin animé. Les graphismes très colorés, l’animation et l’expression des personnages, l’intégralité des dessins réalisés à la main, la lumière, tout est réalisé avec extrêmement de soin. Chaque monde à son thème, la chromatique est parfaitement adaptée, ça scroll sur plusieurs plans, le souci du détail est là, c’est beau, c’est fluide et soigné. Les rencontres de Boss sont à chaque fois mémorables avec des ennemis qui prennent souvent 75% de l’écran. Enfin, le dessin animé en fin de jeu conclue l’aventure en beauté.

Pour la bande son, Game Atelier a mis le paquet. Tout d’abord, produire l’ensemble des titres a duré deux ans et plus de quarante morceaux ont été créés pour le jeu. Ensuite, c’est une grosse équipe qui a mis tout son talent au service du jeu. Commençons par la chanson de l’introduction façon générique de manga animée chantée par Haruka Shimotsuki (Rozen Maiden, Atelier Iris, Ar Tonelico, Kukui, Lost Child, Etrian Odyssey 4 et beaucoup d’autres) en version japonaise. Elle interprète également la chanson sur les crédits. Pour les autres pistes, des pointures du genre ont étés conviées : Yuzo Koshiro, qui compose depuis l’époque du MSX et ayant travaillé sur des jeux, comme entre autres, Actraiser 1 et 2, Super Adventure Island, street of rage 2, Shenmue 1 et 2, Kid Icarus Uprising. Motoi Sakuraba qui a œuvré par exemple sur Shining Force 3, Final Zone, Arcus Odyssey, Super Smash Bros Ultimate, Mario Tenis Aces. Michiru Yamane qui nous a régalés sur Nemesis 3, Goemon 2, quelques Castlevania, Suikoden III et IV et dernièrement sur Bloodstained Curse of The Moon. Keiki Kobayashi connu surtout pour son travail sur la license Ace Combat mais aussi sur Tekken, Soulcalibur, Ridge Racer. Takeshi Yanagawa pour Armored Core, 7th Dragon, Culdcept DS, Shenmue

Bref, vous l’aurez compris, les compositeurs n’en sont pas à leur premier coup d’essai et leurs styles sont très variés. Vous retrouverez donc des morceaux bien remaniés mais surtout, beaucoup d’œuvres originales. Sans cet accompagnement sonore, le jeu aurait clairement perdu de sa superbe. Les musiques sont belles, entrainantes, épiques… Certainement une des bande sons les plus poussées de 2018, à se procurer de toute urgence.

Enfin, il est important de noter que Ryuichi Nishizawa, le père de Wonder Boy, a participé à l’ensemble du projet.

Conclusion
Ce n’est pas pour rien qu’il aura fallu quatre ans à Game Atelier pour nous pondre cette petite pépite. Outre l’excellente aventure qu’offre le jeu, les graphismes et la bande son sont de pures merveilles. Même si le jeu n’est pas trop long ou difficile, il pourra s’avérer légèrement répétitif dans son concept de gameplay basé sur les puzzles, ce qui pourrait frustrer certains joueurs. Néanmoins, il est bourré de clins d’œil à ses ancêtres et propose quelques challenges. Avec Monster Boy, la license est redorée pour les nouvelles générations avec le souhait secret que d’autres opus viennent s’ajouter à cette merveille vidéo ludique dans les années à venir.
Points positifs
  • - C’est un jeu ou un dessin animé ?
  • - La bande son fait déjà partie des classiques du genre
  • - C’est fluide et maniable
  • - Les boutiques et points de sauvegardes fréquents
Points négatifs
  • - Trop de puzzles tuent les puzzles
  • - La sauvegarde avec la même barre d’énergie
  • - Certains tableaux rendus hardcore suite à un level design maladroit
8.7
Génial
Graphismes - 10
Bande-son - 10
Gameplay - 8
Maniabilité - 9
Difficulté - 8
Durée de vie - 7
kabuki76
Ecrit par
Joueur depuis la Nintendo Entertainement System, je n'ai jamais laché les manettes de la Firme Japonaise.

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