Claybook (Nintendo Switch) – Le test

Qui ne s’est jamais amusé avec un pot de pâte à modeler, malaxant encore et encore cette drôle de matière jusqu’à lui donner une forme insolite et souvent peu reconnaissable par autrui, mélangeant au final toutes les couleurs, juste pour le plaisir de s’extasier devant la formation de cet arc en ciel fugace entre nos mains… et terminer avec une bouillasse marron et difforme, déçu du résultat mais heureux de l’instant partagé avec cette pâte célèbre ? C’est avec un sincère plaisir que nous découvrons aujourd’hui un nouveau jeu Switch au concept insolite et faisant la part belle à la pâte à modeler argileuse, lui laissant tout l’espace nécessaire afin d’en faire la star du soft. Mais le plaisir du moulage au creux de nos petites mimines peut-il véritablement se retrouver dans un jeu vidéo…? Pas si sûr…

Développé et édité par Second Order, Claybook (livre d’argile en français) est un ovni dans l’univers vidéoludique de la Switch. S’il est devenu plus courant de croiser des concepts novateurs de constructions et de déplacements dans des substances insolites, la pâte à modeler restait quant à elle bien sagement rangée dans ses petits pots (jaunes pour les plus célèbres…!). Mais alors, comment est-il possible de faire de cette pâte la star d’un jeu, la référente d’un concept nouveau, tout en espérant donner plaisir et satisfaction aux joueurs ? Un défi osé que tente de relever Claybook….

Le grand saut dans un bain de pâte à modeler :

L’ensemble du soft semble baigner dans un gloubi boulga à la guimauve, tout y est lent, limite langoureux. Les déplacements, les musiques et les bruitages, et les tons pastels des menus renforcent cette idée de douceur, comme si un chamallow venait se glisser à votre insu dans votre bouche pour y fondre lentement. Avec douceur et patience, nous nous délectons de cette tendresse sucrée, qui ne nous laisse aucunement choir néanmoins puisque les temps de chargement restent assez courts.

Différents modes de jeux sont proposés, et il vous faudra mener à bien toutes les missions afin d’accéder à l’ensemble des défis du soft. La présentation s’effectue sous forme de livres, laissant l’impression (un peu tordue…) que chaque chapitre est symbolisé par une poignée de missions sur la table de jeu. Nous recherchons encore le véritable intérêt de ce choix… mais s’il n’apporte pas grand-chose de fond dans le jeu, il ne lui retire rien pour autant. Les développeurs ont-ils une affection (louable) pour les bouquins ? Ou bien est-ce un choix réfléchi d’immersion dans une chambre d’enfant ? Libre à chaque joueur de se faire son avis sur la question.

La lecture des livres disponibles : le mode histoire

Premier plongeon dans l’univers de Claybook, première rencontre avec la pâte à modeler virtuelle. Joie, enthousiasme et impatience quand vous nous tenez…! Le grand saut se réalise à bord d’un tutoriel court, efficace bien qu’un peu perturbant les premières minutes (hein quoi ? Je fais quoi ? Où ? Qui ? Et c’est qui le gamin éberlué la bas ? C’est moi ?!). Les premières catastrophes arrivent déjà.

LE gros point noir de ce soft qu’il vous faudra prendre en main rapidement au risque de laisser choir Claybook au fin fond de votre bibliothèque de jeux en perdition : la caméra. Mamamïa quelle perte de contrôle. Si cette dernière peut se manier avec le joystick droit, vous allez très vite avoir le tournis dans ce manège tourbillonnant autour de votre pâte à modeler mobile, tentant tant bien que mal de garder le cap dans cet univers de guimauve ne l’oublions pas. Maux de crâne et arrachage de cheveux en prévision. Courage.

Alors que le tutoriel s’achève, vous comprenez les bases du soft : vous êtes au contrôle d’une des formes en pâte à modeler disponibles (4 formes de base, et bien d’autres par la suite dont certaines avec quelques pouvoirs) et passez de l’une à l’autre pour poursuivre sans encombre votre chemin (la boule dans les tunnels ronds, le carré sur les chemins escarpés, etc.). Vous disposez aussi de différents mécanismes importants pour mener à bien vos missions et clôturer les chapitres :

  • l’immersion dans la pâte : votre forme s’enfonce doucement dans la matière et crée ainsi un passage, une pente ou tout autre concept pour vous aider.
  • le changement de forme : transformez-vous, possédez les objets qui vous entourent… autant de possibilités pour déambuler dans tout cet univers de marshmallows.
  • le rembobinage lent, ou rapide : INDISPENSABLE pour espérer terminer certains chapitres. Ces rembobinages vous aideront aussi à garder la tête froide, remonter rapidement sur une plateforme qui vous aurait échappé ou encore sortir du trou que vous venez de creuser vous-même… Malheureusement, ces rembobinages ont leurs limites… nous verrons cela.

Voilà pour les bases, finalement plutôt courtes, mais qu’il vous faudra manipuler à la perfection. Et là, il y a du boulot… et quelques efforts à faire.

Chaque chapitre comportera des missions à achever, terminez celles-ci à moitié et vous obtiendrez 1 étoile, à 75% pour deux étoiles et à 100% pour décrocher les 3 étoiles tant convoitées. Bien entendu, plus vous gagnerez d’étoiles, plus vous pourrez débloquer de nouveaux défis… vous contentez du minimum se soldera donc vite par un échec !

Concrètement, qu’est-ce que ça donne tout ça ?

Eh bien, avec déception mais objectivité, reconnaissons que le soft détenait les clefs d’un petit chef d’œuvre, mais qu’il s’avère doté d’une prise en main (et de fait d’une jouabilité) quelque peu désagréable, la faute notamment à une caméra capricieuse. Prenons pour exemple un niveau du 1er livre : votre objectif est de récolter l’ensemble du chocolat présent sur la table de jeu. Premier étonnement : qu’entendent les développeurs par « récolter le chocolat » alors que nous sommes des balles et des carrés de pâtes à modeler ? Si la question peut prêter à sourire, elle est sincère et sans avoir décrypté l’aide, mis à part aller dévaliser notre frigo, nous ne savions pas trop ce qui était attendu de nous ! Et pour cause… l’objectif est en vérité de creuser au niveau du chocolat jusqu’à le faire disparaître. Imaginez une telle chose dans la réalité…

Soit. Vous voilà parti avec votre petite boule pour dévaliser tous les chocolats environnants. Si les premiers carrés et lapinous sont relativement simples à volatiliser dans les premiers défis, les choses se corsent très très vite dès qu’il s’agit de ponts en chocolat ou simplement de sujets chocolatés en hauteur… en effet, la pâte à modeler s’écrase petit à petit sur votre passage…. et le chemin finit par disparaître si vous n’y prenez pas garde…!

Seconde grosse difficulté du soft (assurément voulue par les développeurs pour vous creuser les méninges, mais pour le coup, la frustration va très vite s’installer). Alors que vous déambuler tranquillement dans votre petit univers coloré, vous comprenez rapidement que chaque passage sera marqué par votre sillon, tel un escargot dégoulinant de bave à son popotin. Chaque passage creusera un peu plus la pâte qui git sous vous… il devient alors très facile de démolir des ponts et autres plateformes, mais aussi de réaliser des structures volantes complètement aberrantes ! Démolissez la base d’une construction et son sommet continuera de voler dans les airs… imaginez donc qu’il y ait un carré de chocolat là-haut maintenant… vous l’avez ? Voilà la frustration du jeu.

Poussez le réalisme devrait normalement être de rigueur pour un tel jeu. Ainsi, le grignotage de structures aurait dû donner lieu à des éboulements plus ou moins violents, des scènes de dégoulinades plus ou moins visqueuses. Mais il n’en est rien.

Par chance, vous avez une solution de recours, une solution sur laquelle vous compterez encore et encore (et encore et encore). Le rembobinage. En effet, si ce dernier vous permet de retrouver une position antérieure, votre forme sera figée juste avant l’usage du « retour en arrière ». Imaginez plutôt : vous grimpez tranquillou bilou sur une plateforme un peu escarpée. Bien entendu, vous avez pris soin de sélectionner la balle pour vous déplacer avec aisance. La glissade reste suffisamment bien gérée et vous avancez sereinement… quand soudain PAF vous voilà qui commencez à dégringoler… point de panique. Rembobinage. Et votre balle qui était sur le point de s’effondrer comme un gros paquet sur le sol devient une plateforme parfaite pour vous aider à avancer davantage jusqu’à votre objectif en hauteur… vous pouvez dès lors réaliser un passage nettement plus confortable grâce à ce jeu de rembobinage astucieux et limitant quelque peu la frustration du joueur.

Le bac à sable : l’éditeur de niveaux

Sans détour, Claybook nous promet du rêve en offrant à ses joueurs un mode bac à sable accessible dès l’ouverture du jeu. Nous imaginions presque pouvoir malaxer la pâte dans nos mains, fermer les yeux et sentir cette odeur si caractéristique de notre pâte favorite… tandis que notre drôle de petit garçon censé nous symboliser au bord de la table avec son joystick en main, poursuit son badtrip dans son coin (son visage est vraiment… particulier !).

Malheureusement, Claybook a certainement voulu pousser le paramétrage un peu trop loin… si bien que la réalisation d’une table de jeu devient une véritable épreuve pour les plus rigoureux. Le maniement de la caméra reste un profond problème (et pour le coup, concevoir tout un cheptel en pâte à modeler avec la caméra qui refuse de nous écouter, c’est vraiment laborieux !) et viendra sans cesse vous rendre frappadingues. À côté de cela, vous êtes désormais libres de positionner des dizaines de plateformes, des artifices et des couleurs comme bon vous semble. La seule limite ? La table. Et la caméra ! Que ferez-vous de cette petite baballe qui ne demande qu’à parcourir de nouveaux décors bâtis par votre unique imagination ?

La communauté Claybook :

À l’heure de l’écriture de ce test, la communauté est d’ores et déjà disponible et nous y découvrons avec plaisir de nombreux niveaux créés par les joueurs. La durée de vie du soft peut dès lors devenir considérable… L’imagination des gamers est sans limite, laissons-lui l’espace qu’il lui faut pour s’y développer et s’épanouir… en outre, les développeurs peuvent parfaitement perfectionner leur soft et imaginer d’autres astuces pour améliorer le confort de jeu ou proposer de nouveaux concepts. Avec un tel potentiel, tout est encore possible. Seul l’avenir nous le dira… à chacun d’étoffer le contenu disponible afin de rendre cette communauté particulièrement riche et ludique.

Graphismes et textures :

Impossible de ne pas consacrer un paragraphe complet sur les graphismes de Claybook. Si le soft souffre de quelques défauts plus ou moins importants selon le jugement de chacun, difficile en revanche de ne pas apprécier les graphismes offerts tout au long du jeu…

Les textures sont tout simplement incroyables. À la fois tendres et suffisamment fermes pour donner cette impression de fragile solidité, votre passage laissera avec beaucoup de finesse la trace de sa venue. L’impression de se retrouver sur une véritable table de jeu en pâte à modeler est parfaitement réussie, les couleurs sont agréables et nous n’avons qu’une seule envie : saisir toute cette pâte à modeler et replonger avec plaisir dans nos plaisirs enfantins et innocents.

Par contre, le petit garçon autour de la table… il plane toujours lui !

Claybook est disponible depuis le 12 mars dernier sur l’eshop de la Nintendo Switch pour 15 euros environ.

Le connaissez-vous ?

Toute cette pâte à modeler ne vous rappellerait-elle pas un jeu récent sur Nintendo Switch ? Un jeu où vous prenez la forme d’un drôle de petit personnage tout rouge avec deux grandes jambes, prêt à vivre moult et moult aventures dans un univers en 2D très coloré…

Pikuniku bien entendu ! Son test est disponible ici et nous ne résistons pas à la tentation de vous (re)présenter une vidéo de ce jeu décalé :

https://m.youtube.com/watch?v=wjEC6_VEEs4

Conclusion
Claybook fait partie de ces jeux que l’on a d’envie d’adorer... mais qui malheureusement ne parviennent pas à nous combler. Avec une caméra qui rend « maboul », des missions assez redondantes et quelques frustrations offertes à chacune des parties, Claybook ne parvient pas à relever le défi de nous plonger dans une véritable aventure au cœur de la pâte à modeler argileuse. Néanmoins, doté d’atouts certains et notamment de graphismes accrocheurs, de textures incroyables et finalement d’une idée originelle formidable, il mérite tout de même l’intérêt des joueurs les plus adeptes de cette gamme de jeux, qui parviendront à laisser de côté les défauts du soft pour se consacrer exclusivement au plaisir de la pâte à modeler virtuelle. Doté d’un éditeur de niveaux avec un paramétrage poussé à son paroxysme, Claybook pourrait bien nous réserver de belles surprises grâce à une communauté qui devrait s’épaissir au fil des semaines.
Points positifs
  • LA bonne idée : concevoir un jeu autour d’un plateau en pâte à modeler.
  • Graphismes et textures incroyables
  • Communauté de joueurs avec de nombreux ajouts réguliers renforçant considérablement la durée de vie du soft
  • Présence d’un éditeur de niveaux...
Points négatifs
  • ...mais pas des plus intuitifs
  • Une caméra qui rend fou
  • Quelques incohérences gâchant le réalisme du jeu
6.5
Correct
Graphismes et textures - 8
Durée de vie - 7
Jouabilité - 5
Fun - 6
cooky
Ecrit par
Deux passions dans la vie : le monde animal et le monde du gaming ! Adepte des belles plumes, je "switch" entre les poils et les manettes =) .

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