Cursed Castilla (Nintendo Switch) – Le test

Cursed Castilla ou Maldita Castilla (nom original espagnol) est un jeu d’arcade rétro développé initialement en freeware sur PC par Locomalito, développeur indépendant. Cette version EX en est la version augmentée (et payante) disponible sur la plupart des plateformes existantes. Véritable hommage aux jeux des années 80 et plus particulièrement à la fameuse série des Ghosts’n Goblins (Capcom), Cursed Castilla évite-t’il l’écueil dans lequel de nombreux jeux de type « néo-rétro » tombent, à savoir proposer une copie sans saveur de son ainé ? La réponse dans ce test.

Mais d’abord c’est qui ce Locomalito ?

Pour les connaisseurs de jeu amateur et qui plus est, de jeu au style rétro, Locomalito vous dit certainement quelque chose, pour les autres, arrêtons nous quelques lignes sur ce développeur chevronné. Locomalito se définit,  sur son site comme un développeur un peu fou créant lui même sa collection de jeu rétro. Travaillant avec le logiciel Gamemaker, il propose, depuis 2007 des jeux gratuits à tous les amateurs du genre. La première mouture de Maldita Castilla datée de 2012 en faisait donc parti.

D’accord, c’est très bien tout ça mais quand est ce qu’on parle du jeu en lui même ? Nous y voilà.

Ghosts’n Goblins à la castillane !

A l’instar de son ainé et comme de nombreux jeux d’arcade de la grande époque, le scénario n’est pas des plus détaillé. Nous sommes en 1081 et vous êtes Don Ramiro, chevalier espagnol envoyé par le roi pour sauver la Castille. En effet, le royaume est en péril, le mal ayant pris possession des lieux à la suite d’un pacte conclu entre une jeune femme éplorée souhaitant ressusciter son grand amour et le diable en personne. Résultat : Zombies et autres créatures démoniaques hantent les terres castillanes. Vous êtes donc chargés, avec 3 autres chevaliers de faire le ménage.

Exit le Sir Arthur de Ghosts’n Goblins, Locomalito nous propose une histoire originale basée essentiellement sur le roman espagnol Amadis de Gaule écrit par Garci Rodríguez de Montalvo et paru au 16éme siècle.

Même si il s’agit davantage d’une toile de fond, le choix scénaristique est plutôt malin et permet au joueur de s’engouffrer dans un univers différent du jeu dont le soft s’inspire fortement.

Vous devrez donc parcourir 8 phases de jeu différentes et affronter un bestiaire varié avant de délivrer le royaume du mal qui l’habite.

Soufflez un bon coup avant de vous lancer car la tâche va être ardue, vous allez littéralement en suer et vous savez quoi ? Vous allez probablement aimer ça.

Pixels, musique 8bits, Difficulté !

Pas de doutes  dès le  premier chapitre, vous êtes bien dans un jeu d’arcade à l’ancienne. La première bonne surprise, le pixel art est de toute beauté, les animations du chevalier comme des ennemis que vous rencontrez sont soignées et variées. L’ambiance y est sanglante et morbide (admirez les morts qui jonchent le sol ou les cadavres sans têtes qui vous courent après) et la palette de couleurs  est très chaude et sombre. Là encore, Locomalito est malin et se démarque de Ghosts’n Goblins et de ses couleurs très pastelles typiques des jeux Capcom. Pour accentuer le côté old school, le soft propose de changer les options d’affichage vous permettant notamment d’obtenir une image façon borne d’arcade ou tube cathodique des vieilles TV.

Côté gameplay, âmes sensibles s’abstenir, le jeu est difficile et les novices en la matière pourraient bien être désarçonnés dès le départ. Votre petit chevalier est armé d’une épée (arme de base) qu’il peut lancer à foison sur ses ennemis et de 3 cœurs de vie.  A mesure que vous avancez dans un niveau, des coffres refermant des collectables qui viendront augmenter vos points (argent, trésors), des clefs permettant de débloquer des secrets mais aussi de nouvelles armes (4 au total) remplaçant alors votre épée avec des caractéristiques différentes. Notez ici que vous avez le choix de l’arme qui remplacera votre épée de base, l’item étant dynamique et changeant d’icône toute les secondes. Par ailleurs, les coffres renferment également des items soutien, comme un bouclier ou encore  une fée qui lancera des sorts en même que vous.  On regrettera l’absence d’armure alternatives offrant des pouvoirs supplémentaires.

Vous découvrirez bien vite que ces items disparaissent comme par enchantement lorsque vous perdez, votre chevalier se retrouvera alors avec son épée de départ quand vous recommencez. Et vous allez beaucoup recommencer, la mécanique de jeu étant basée sur une connaissance parfaite des ennemis et des niveaux pour avancer.

Vous avez compris comment cet ennemi attaque, par contre vous n’aviez pas anticipé que le prochain vous couperait dans votre élan pour atteindre une plateforme, recommencez et apprenez de votre erreur. Voilà le parcours d’un joueur de cursed castilla, vous jouez, vous mourrez, vous apprenez et ainsi de suite. La maniabilité est très arcade à l’ancienne et donc assez rigide, impossible par exemple de réajuster votre trajectoire lors d’une chute, les phases de plateformes peuvent s’avérer extrêmement énervantes.

Le jeu est moins punitif cela dit que son modèle Ghosts’n Goblins puisque, lorsque vous perdez, vous ne recommencez pas au début du niveau mais au dernier check point (assez nombreux). Par ailleurs, si le jeu vous annonce que vous n’avez que 4 continus pour finir le jeu, vous vous rendrez compte qu’il « suffit » de vendre son âme pour en obtenir à l’infini. Bien entendu, ce pacte avec le diable aura une incidence et vous ne pourrez pas découvrir la véritable fin du jeu. Le soft propose plusieurs épilogues d’ailleurs ainsi qu’un niveau bonus qui dépendront des items collectés durant votre périple ainsi que du nombre de crédits utilisés.

Le jeu offre donc une rejouabilité intéressante puisque après l’avoir bouclé sans trop s’attarder sur les secrets (comptez 3 bonnes heures, peut être plus pour les novices), vous aurez certainement envie d’y retourner afin d’en découvrir davantage. Le jeu offre d’ailleurs la possibilité d’afficher un chrono qui vous permettra de comparer vos performances et fera la joie des adeptes du speedrunning.

Enfin, côté musique, Cursed Castilla n’est pas en reste et compte sur les partitions 8bits de gryzor87, acolyte de Locomalito. Ses sonorités rétro et ses mélodies collent parfaitement à l’ambiance morbide du jeu. Néanmoins, aucun thème musical ne se démarque véritablement et l’on oublie un peu  vite l’identité sonore du jeu après l’avoir quitté, n’est pas Koji Kondo qui veut…

Conclusion
Cursed Castilla est plus qu’un hommage à Ghosts'n Goblins, il est une véritable déclaration d’amour aux jeux type arcade des années 80. Pixel art, musique rétro, difficulté corsée mais surmontable après quelques cheveux arrachés, tout le cocktail de ces jeux d’antan est là. Même si il n’est pas exempt de défauts propres à son style daté, le jeu nous permet de nous replonger dans l’âge d’or des salles d’arcade. Pour les gamers déjà âgés, ce jeu sera comme une petite madeleine de Proust qui vous donnera peut être envie de ressortir la Super Nes du grenier ou de lancer une partie de Ghosts'n Goblins au boulot sur émulateur. Pour les plus jeunes ou novices, Cursed Castilla vous permettra de découvrir un type de jeu et de difficulté qui ne se fait plus ou presque et pourquoi pas, faire naitre chez vous une passion pour les jeux rétro, qui sait ?
Points positifs
  • Un design rétro au poil
  • Des animations réussies
  • Une maniabilité et un level design qu’il faut maitriser sur le bout des doigts
  • Pleins de secrets à découvrir et des fins alternatives
  • Un jeu qui donne envie de ressortir nos vieilles consoles
Points négatifs
  • Une maniabilité à l’ancienne qui pourra en décourager certains
  • « C’est duuur ! » diront certains
  • Pas de thèmes musicaux inoubliables
  • Pas d’armures alternatives pour notre petit chevalier
  • On ne se retrouve pas en slip comme dans Ghosts'n Goblins !
7
Bon
Graphismes - 6
Bande son - 6
Gameplay - 6
Rejouabilité - 8
Challenge - 9

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