Graveyard Keeper (Nintendo Switch) – Le test

Développé par Lazy Bear Games, les créateurs entre autres de Punch Club, et ce n’est pas la carrière d’un combattant de rue que vous devrez gérer ici, non non, nous passons dans un terrain encore plus insolite. Si les simulateurs nous ont habitués à gérer des cafés, des zoos ou encore des restaurants, vous enfilerez cette fois les bottes d’un croque mort, d’où le nom de Graveyard Keeper qui est assez explicite.

Cadavres Tycoon

A l’instar de son homologue vous demandant de gérer une ferme, Graveyard Keeper dispose d’un scénario complet. Après un tragique accident de la route, vous êtes envoyé dans une autre dimension. Confus et ne comprenant pas ce qui se passe, vous êtes d’office assigné à l’entretien du cimetière du village. Un crâne flottant nommé Gerry vous tiendra compagnie et un âne qui parle viendra vous faire des livraisons de cadavres régulièrement. C’est ainsi qu’un tutoriel vous demandant de vous occuper de différentes tâches viendra vous familiariser avec les possibilités offertes par le jeu. Votre objectif sera bien sûr de faire grandir et prospérer votre cimetière mais surtout de trouver un moyen de retourner chez vous. Les différents habitants du village et personnages auront globalement une personnalité assez arrogante ou sarcastique, le jeu assumant pleinement son statut morbide où l’humour noir sera bien présent et utilisé à foison. Cependant, les options de dialogue et les réponses des NPC vont donner l’impression qu’ils se jouent du héros et ne semblent pas être enclins à vouloir l’aider à rentrer chez lui et ils serviront principalement de donneurs de quêtes pour vous assigner les différentes tâches que vous devrez accomplir.

La toute première grande mission consistera à faire monter la note de votre cimetière en nettoyant l’intérieur ou en réparant les tombes défectueuses.

Dans ce gameplay, vous pourrez donc explorer librement le monde avec pour seule limite votre jauge d’énergie quotidienne qui vous permettra d’effectuer un certain nombre d’actions avant de devoir retourner vous coucher pour récupérer. Tous les jours ont une particularité et ainsi un calendrier est établi avec les évènements liés au temps en jeu. Chaque jour vous serez livré en cadavres, ces derniers doivent être traîtés rapidement car l’état de décomposition avance en temps réel, ce qui impliquera donc de les amener dans votre atelier pour pouvoir en extraire de la chair, des os, du sang (qui serviront de composants pour de l’artisanat)… Ensuite, libre à vous de leur creuser une tombe dans votre cimetière et ainsi d’améliorer votre notation, ou alors de les balancer dans la rivière sans aucun scrupule pour économiser de l’espace (et de l’énergie). Au départ, vous serez assez inexpérimenté et devrez pratiquer pour obtenir des points de compétences. Il y en aura 3 types récupérables : les rouges pour les travaux manuels, les verts pour l’agriculture et enfin les bleus pour les tâches intellectuelles comme par exemple préparer proprement des cadavres. Ces points de sont à dépenser dans un arbre qui vous permettra d’obtenir de nouvelles technologies, que ce soit des outils ou des méthodes de traitement des cadavres (par exemple apprendre la crémation pour les réduire en cendres et économiser de l’espace).

Fort heureusement et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les mécaniques ne s’arrêtent pas simplement à la garde de votre cimetière. Vous pourrez gérer tout ce qui l’entoure et il sera ainsi possible de miner, de couper du bois, de gérer une ferme pour vous créer une source de nourriture et enfin d’aller explorer des cavernes ou la fôret pour vous battre contre des monstres. Cela veut dire au final qu’il y a toujours quelque chose à faire et le jeu saura vous occuper de longues heures.

Les suites de quêtes qui vous seront données par les différents NPC présents dans le village vous donneront une idée des possibilités que le jeu donne mais on pourra en revanche regretter le manque d’indications, ce qui vous laisse souvent dans une situation de découverte hazardeuse de certaines choses. Un exemple concret : des indices sont souvent donnés dans les dialogues mais si vous en loupez un par inattention, il sera impossible de le faire répéter. Il en sera de même chose si vous faîtes une pause et revenez plus tard sur le jeu, il faudra  avoir une bonne mémoire ! La map est également très grande et les déplacements entre le village et votre cimetière se retrouvent un peu longs (45 secondes montre en main). Il sera bien entendu possible à un certain moment d’obtenir une pierre de téléportation mais la progression est très lente. Vous évoluerez ainsi entre quêtes et gestion des différents aspects de chasse, d’agriculture et de votre cimetière pour débloquer de nouvelles technologies au fur et à mesure de votre avancée, ces dernières utilisant des ressources que vous devrez récolter au travers de vos diverses activités, le tout entrecoupé de quêtes narratives qui viendront apporter des réponses sur la situation de votre héros.

Visuellement le jeu est très beau, le style en pixel art est soigné et chaque personnage présent à l’écran, chaque élément est unique. La carte immense vous amène dans des environnements assez variés et le son rend le tout immersif car toutes les actions comme miner, couper du bois ou brûler des corps auront un retour réaliste. Par contre, le rythme global étant très lent en tant que simulateur et le fait que vous ne soyez jamais tenu par la main donnent à la fois un sentiment de liberté mais aussi de frustration puisqu’il faudra tout noter ou tout faire de suite si l’on veut progresser dans une histoire qui met une bonne cinquantaine d’heures en ligne droite à se résoudre.

Conclusion
Graveyard Keeper apporte un vent de fraîcheur dans le monde des jeux de simulation. Si l’on peut y voir de grande similarités avec Stardew Valley, notamment au niveau graphique, certaines différences de gameplay permettent au jeu de LazyBearGames de se démarquer avec tout d’abord l’aspect gestion de cadavres et de cimetière qui rend le monde plus sombre et décalé grâce à l’humour noir et aux références aux sciences occultes omniprésentes. De plus, la gestion de l’énergie ne coupant pas vos journées, le rythme de jeu est plus maléable et offre une plus grande liberté par conséquent. La pléthore d’activités et de quêtes vous donneront toujours une tâche à accomplir même si on peut être réticent à l’aspect grinding inévitable pour le genre ou encore le manque d’indications, en tout cas on ne peut que recommander ce jeu aux fans de simulateurs ou de jeux au rythme plus détendu.
Points positifs
  • - Le métier de croque mort sans les odeurs !
  • - Graphiquement très détaillé et soigné
  • - Une grande liberté accordée à vos activités
  • - De la diversité entre l’agriculture, l’exploration, la gestion de cimetière...
  • - Un système de progression poussant à faire beaucoup, ce qui permet de toujours s’occuper
  • - Des quêtes scénarisées
  • - Une durée de vie colossale
Points négatifs
  • - Une map un peu trop grande
  • - Un manque flagrant d’indications en permanence
  • - Les NPC qui ne répètent pas leurs dialogues sur les points importants
  • - Un peu moins accessible pour les néophytes du genre
7.5
Bon
Gameplay - 8
Graphismes - 9
Durée de Vie - 10
Accessibilité - 5
Clarté - 5
Immersion - 8
AntwnSan
Ecrit par
Rédacteur et testeur en manque de sommeil. Streameur a mes heures perdues Twitter/Twitch @AntwnSan

3 commentaires

  1. Ce jeu a une réputation de jeu non fini et buggé, notamment pour certaines quêtes impossible à terminer, et la présence de bugs “breaking game”,
    J’ai lu parmi les retours des joueurs (pc) que le jeu se mettait à ramer au bout d’un certains temps quand on est bien développé, avez vous des précisions là dessus ? Il parait également que le dlc apporte son lot de bug, Jusqu’ou avez vous poussé le jeu pour votre test? Il me fait très envie mais j’ai un peu peur de la finition globale.

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    • AntwnSan

      Pour ma part sur la base du test j’ai donc une partie avec 50 heures de jeu sur laquelle j’ai pu progresser jusqu’au “endgame”, je n’ai pas rencontré de problèmes techniques, il me semble que la plupart des problèmes ont été résolus au fil du temps au travers de patchs sur PC. Mais pour ce portage Switch en tout cas rien à signaler d’un point de vue technique

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  2. Ok merci beaucoup pour ce retour.

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