Resident Evil (Nintendo Switch) – Le test

Qui en 2019 ne connaît pas Resident Evil? Licence phare de Capcom, née entre autres de l’esprit de Shinji Mikami en 1996, et grande représentante du genre horrifique dans le jeu vidéo avec une série prolifique marquée par les changements de gameplay, introduisant avec succès le style TPS dès son quatrième épisode numéroté sur Gamecube, et agrémentant l’aventure de scènes d’action de plus en plus spectaculaires. Depuis la sortie de Resident Evil 7, nous assistons à un retour du style Survival Horror, à la plus grande surprise des puristes, offrant de nouvelles perspectives à notre cher Biohazard (son petit nom jap’), dont Capcom compte bien nous rappeler les bases à grands coups de remasters. Une grande campagne de re-re-sorties qui débuta avec celui par qui le massacre a commencé : Resident Evil, remaster HD de Resident Evil sur Gamecube, remake de Resident Evil sur Playstation (vous suivez?). Sorti sur consoles de 7e génération et sur PC en 2016, ce remaster nous fait le plaisir de visiter la Switch cette année et l’annonce faite dans la foulée de la sortie du remake à succès de Resident Evil 2 n’aura pas surpris grand monde. Maintenant que vous avez un chef d’oeuvre du Survival Horror dans la poche, voyons voir ce qu’il en retourne…

Il y a quelque chose de pourri du côté de la ville de Racoon City. Des événements inquiétants ont lieu dans les forêts environnantes, des animaux agressifs, des cadavres retrouvés et des traces de cannibalisme. L’équipe Bravo des S.T.A.R.S., une unité d’élite qui est allée inspecter les lieux ne donne plus signe de vie et l’équipe Alpha, emmenée par le capitaine Albert Wesker, est chargée d’enquêter sur cette disparition et d’en apprendre davantage sur les événements dramatiques qui touchent la ville. Après une introduction montrant l’arrivée du commando en pleine forêt de Racoon City et l’attaque d’horribles chiens sanguinolents les menant à se réfugier dans un manoir, voici la fière équipée divisée, partant chacun de son côté inspecter la sombre demeure. Ce n’est que le début d’une aventure horrifique de très haute volée, aux très très nombreux rebondissements et moments de bravoure comme on n’en fait plus. Une histoire souvent comparée aux films de série B, voire Z, avec de très grosses ficelles et des clichés en veux-tu en voilà. Si ceci fait (légitimement) débat en ce qui concerne les films de la franchise, on pourra néanmoins y trouver ici un certain charme, une touche vintage un peu nanardesque qui n’enlève rien à l’atmosphère pesante du jeu.

A l’instar de beaucoup de jeux estampillés Resident Evil, vous avez le choix entre deux personnages, sélectionnables lors d’une nouvelle partie. Nous découvrons Jill Valentine et Chris Redfield, tous deux vétérans de l’équipe alpha du S.T.A.R.S., ici jouables avec leur apparence d’origine ou celle des épisodes suivants (dans Resident Evil 5 pour Chris, et Resident Evil Revelations pour Jill). Chaque personnage a ses propres cheminements dans l’aventure, des fins différentes définies par les choix du joueur, ses propres armes, et des capacités différentes (les deux slots d’inventaire supplémentaires de Jill font clairement la différence par rapport à son acolyte Chris). La plupart du temps, votre personnage sera seul et intéragira avec d’autres membres du S.T.A.R.S. selon un scénario bien établi, entrecoupé de phases d’exploration du manoir, de mémorisation et recherche d’objets, et de rencontres avec des zombies, et autres créatures qui valent clairement le coup de vous en garder la surprise ; à noter que le bestiaire a été entièrement revisité pour ce remake, l’ensemble ayant largement gagné en allure et en dangerosité, tels que ces nouveaux zombies capables de courir, et d’ouvrir les portes. Une toute nouvelle trame, des personnages, et de nouveaux lieux ont été ajoutés par rapport à l’opus sur PSOne, et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est très très réussi (coucou Lisa).

Un peu à la manière d’un Metroïdvania, vous vous confronterez un nombre incalculable de fois à des portes fermées, dont les serrures aux motifs de cartes à jouer demandent que vous trouviez au préalable dans la demeure labyrinthique la clé correspondante. Cette dernière prendra place dans une des 6 à 8 places de votre inventaire, mais vous pourrez compter sur des coffres qui serviront de réserve, indispensables, et généralement proches des machines à écrire, les points de sauvegarde du jeu, disséminées dans des pièces sécurisées à travers le jeu. Chaque sauvegarde demandera un ruban encreur de votre inventaire, limitant donc le nombre de sauvegardes dans votre partie. Pour venir à bout des nombreuses créatures du jeu, vous pouvez compter sur un arsenal de plus en plus puissant (pistolet, fusil à pompe, lance grenade, magnum,…), mais dont vous devrez économiser les différentes munitions qui prennent elles aussi une place dans l’inventaire. Nouveauté du remake, les armes défensives telles que les tazers et les couteaux font leur apparition, et vous permettent de stopper une agression. Assez inhabituel dans le genre mais grande tradition de la série, le jeu attribuera en fin de partie un rang, de C à S en se basant entre autres sur votre rapidité à finir l’aventure. De quoi réaliser que les nombreuses heures de jeu peuvent défiler très vite lors d’une deuxième partie en mode speedrun, ce qui peut valoir le coup étant donné les quelques bonus que ça rapporte, essentiellement de nouveaux costumes pour Jill et Chris. Un petit point sur les commandes, qui proposent à la fois celles d’origine, peu intuitives, mais surtout une version modernisée, plus souple et logique qui répond au stick analogique. Très pratique 95% du temps, cette nouvelle façon de jouer peut parfois faire rager, notamment dans les changements d’écran, où votre personnage fera des retours arrières assez pénibles, et dangereux pendant un affrontement ou une fuite.

Si vous n’avez jamais lancé un seul jeu Resident Evil d’ancienne génération, vous risquez d’abord d’être surpris par l’aspect graphique du jeu, dont la totalité des décors est en 3D précalculée, ce qui plombe d’emblée toute tentative de dynamisme lors de scènes d’action. Autant vous le dire tout de suite, l’action n’est pas la priorité de ce jeu qui se sert de ses vieilles contraintes graphiques pour nous servir une ambiance de terreur aux petits oignons, basée sur le hors-champ. Chaque endroit du jeu possède plusieurs angles de caméra fixes, et pour voir quel monstre difforme râle à l’autre bout d’une pièce, vous n’aurez pas d’autre choix que d’avancer dans sa direction jusqu’à ce que l’angle change. Dans Resident Evil, la peur vient de ce que vous ne voyez pas. Les portes du jeu, modélisées en 3D sur fond noir pour déguiser les temps de chargement entre les pièce du manoir, sont toujours de la partie et contribuent à l’ambiance de peur de l’inconnu. Si toutes les scènes du jeu ont plutôt bien supporté le passage à la HD (et au format 16/9e), on regrettera que quelques écrans tels que les panneaux de sauvegarde soient restés en 4/3, le format du jeu d’origine.

Resident Evil en HD avait permis en 2016 de découvrir le jeu en 60fps. Ce n’est malheureusement plus le cas sur Nintendo Switch où le jeu retourne à ses 30fps, que ce soit en portable ou en dock. Evidemment, ce framerate n’a d’incidence que sur les modèles 3D, à savoir les personnages à l’écran, les monstres et les objets, ce qui atténue clairement l’impression d’une version au ralenti. Le jeu est parfaitement jouable, beau et lisible, même en mode tablette. Le seul souci gênant revient finalement aux temps de chargement, bien plus longs que sur les autres plateformes, ce qui se voit surtout pendant les écrans montrant des portes s’ouvrir, prolongés d’un écran noir pendant quelques instants. Ces écrans appartiennent à une époque où on pouvait supporter que l’action soit entrecoupée de chargements mais sont un peu plus agaçants aujourd’hui.

Conclusion
Sérieux prétendant depuis plus de 15 ans au titre de roi des remakes, Resident Evil Remake (et pas Rebirth par pitié) finit en grande forme son tour de piste par la Nintendo Switch. Si on peut regretter quelques petits écueils techniques, le plaisir de découvrir ou redécouvrir ce monument du survival horror sur console portable vaut tous les sacrifices. Un chef d’oeuvre à ne surtout pas manquer, idéal pour une soirée pétoche avec des amis.
Points positifs
  • le remake parfait d’un monument du jeu vidéo horrifique
  • de l’horreur à l’ancienne comme on l’aime
  • l’ambiance
  • l’aspect scoring appréciable
  • Le bestiaire le plus animalier de la série
  • le level design inventif
  • Lisa Trevor
Points négatifs
  • framerate inférieur aux autres versions
  • temps de chargement un peu longuets
8.9
Génial
Graphismes - 8
DIRECTION ARTISTIQUE - 10
Technique - 7
Bande-son - 9
Gameplay - 9
Durée de vie - 9
Difficulté - 10
YnkRibbon
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro. Mon twitch : twitch.tv/ynkribbon

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