Dead in Vinland – True Viking edition (Nintendo Switch) – Le test

Oooooh un jeu avec tout plein de vikings ! Ça doit sentir bon la chair fraîche, la massue de guerre et la peau de bête ! Allons donc fracasser le crâne de quelques réfractaires à l’ordre de la tribu ! CoooOoOooomment ? De l’action, point trop n’en faut dans ce jeu de survie où les chiffres et les probabilités seront davantage vos alliés que la hargne et le goût du sang. Quand les vikings font du zèle avec le hasard et les statistiques, c’est par ici…

Développé par CCCP et édité par Playdius, « Dead in Vinland – True Viking Edition  » n’est ni plus ni moins un jeu de stratégie dans un contexte de survie. La stratégie est telle que nous imaginons parfaitement ce jeu adapté en plateau, avec quelques joueurs acharnés autour d’une table, prêts à recueillir le record du nombre de jours survécus sur une île d’apparence bien peu accueillante. Et pourtant, c’est bel et bien sur Switch que le soft s’invite, tandis que nous allumons dès à présent nos méninges pour être à même de comprendre toutes les ficelles de ce jeu précis et exigeant.

Exigences et précisions :

La survie, ce n’est pas pour les mauviettes ! Il va falloir prouver chaque jour durant votre valeur et assurer la survie des membres du camp coûte que coûte. L’aventure débute par une famille déchue de son territoire, une famille de vikings (ah ! Les voilà tout de même !). Perdue et esseulée, les membres de la famille arrivent sur une île mystérieuse, prétendument déserte, avec pour seuls outils leurs petites mimines prêtes à travailler toute la journée. Et du travail, vous n’en manquerez pas : construire de multiples améliorations pour votre camp, recueillir de l’eau, effectuer diverses récoltes ou partir en exploration, le tout en gardant un œil avisé sur votre feu et votre réserve d’eau. Cette dernière nécessite en effet d’être bouillie afin d’être potable : votre feu sera donc fort utile, tout autant que les nombreuses bûches nécessaires à son bon maintien.

Le soft repose sur un système de tour par tour, la journée se découpant en 3 phases : le matin, l’après midi et la nuit. Tout débute au petit matin, tandis que tout le monde est à peu près frais et disposé après une nuit plus ou moins reposante. Chacun des occupants de l’île initiale (soit dans une partie traditionnelle le papa, la maman et sa sœur, et la fille, comme c’est charmant !) peut réaliser une tâche au cours de la matinée. Pour ce faire, il vous suffit de sélectionner le personnage et de le placer sur la zone de travail en question. Par exemple, pour recueillir de l’eau, placez l’un des personnages à côté de la réserve d’eau. Faites de même avec toute la petite famille et lancez la journée. Sans votre lancement, la temps reste figé, vous laissant libre de toutes les réflexions pour mener à bien votre progression dans l’aventure.

Alors que l’après midi se profile déjà à l’horizon, le résultat des divers labeurs matinaux se fait connaître : les récoltes glanées de-ci de-là, les diverses concoctions réalisées, ou encore les différentes découvertes liées à l’exploration. Tout serait fort simple si nous nous arrêtions là. En effet, chaque tâche donnera lieu à de nouvelles aptitudes et émotions des habitants de l’île. Ainsi, cette même personne partie chercher de l’eau va accroître ses compétences dans le domaine, mais pourrait bien aussi être de plus en plus déprimée à réaliser cette tâche, tandis que la personne en charge de l’exploration vous réserve bien des surprises, mais nous y reviendrons.

L’après midi pourrait se résumer à un « bis repetita » de la matinée, si ce n’est que l’évolution des aptitudes de vos personnages pourrait bien chambouler votre quotidien. Un blessé mériterait peut être quelques soins plutôt que de repartir travailler, autrui pourrait bien aussi nécessiter du repos, ou simplement votre aide en urgence via quelques médicaments et autres remèdes dans votre inventaire disponible instantanément pour votre équipe. Ainsi vous revient à nouveau la lourde responsabilité de confier à chaque résident de l’île une nouvelle tâche.

Alors que la nuit tombe, les conséquences de vos actes de l’après midi tombe enfin. Ô joie, vous terminez peut être enfin un long chantier de construction, ou bien votre chère fille est peut être enfin soulagée d’une terrible maladie qui la rongeait depuis plusieurs jours… Qu’importe, il vous faut désormais songer à préparer la nuit qui s’annonce : avez-vous suffisamment d’eau pour tous ? Votre feu ne s’est t-il pas éteint ? Sera-t-il suffisamment alimenté pour la nuit ?

Une fois ces dernier paramètres réglés, tout le monde est invité à se réunir sous la tente, dans un abri spartiate, afin de discuter des péripéties de la journée. Sachez d’ailleurs que votre petite famille est particulièrement pipelette, voir même un peu trop ! Mais les dialogues, eux aussi, ne sont pas exempts d’intérêts puisqu’ils seront à l’origine de diverses préférences entre vos résidents. À vous d’avoir la bonne répartie pour une parfaite harmonie au sein de votre communauté.

Vient enfin le moment (délicat !) du partage de l’eau et de la nourriture. La rigueur est de mise, et tout le monde ne mangera pas tous les jours à sa faim et ne pourra guère étancher sa soif comme bon lui semble. Le partage vous revient, tout autant que le choix des denrées alimentaires (fonction bien entendu de vos récoltes) : qui mangera de la viande crue avec un risque de développer une maladie inconnue ? Qui grignotera ce légume avec le risque d’avoir une importante diarrhée pendant quelques jours ? Si toutes les denrées périssables ne sont pas consommées le jour même, une partie sera dégradée pendant la nuit. Mais peut être trouverez vous un moyen de régler ce problème important…

La nuit arrive enfin, et avec elle, le repos pour votre équipe de survivants. La fatigue va enfin pouvoir décroître quand d’autres paramètres pourraient bien croître sensiblement. La déprime sera monnaie courante sur votre camps, à moins que vous ne trouviez, une fois encore, une stratégie pour redonner sourire et joie de vivre à vos résidents !

Un nouveau jour se lève, il amène avec lui tous ses espoirs de constructions et de réussites, mais aussi toutes ses nouvelles difficultés. La météo viendra également jouer les trouble-fêtes. La pluie notamment sera une aubaine pour votre réserve d’eau, mais un calvaire pour le moral de vos habitants. Nous vous avions prévenu : rien n’est simple !

Explorations et rebellions :

Forcément. Vous vous en doutiez. Qui dit île « déserte » dit forcément exploration en quête de… tout ce qu’on peut trouver ! Dead in Vinland ne déroge pas à la règle, pour notre plus grand plaisir. Ainsi, chaque exploration sera synonyme d’une trouvaille plus ou moins fofolle. Dans un premier temps, il vous faut, comme d’habitude, sélectionner un résidant pour s’y coller (idéalement une personne qui présente de bonnes aptitudes dans le domaine). Choisissez ensuite si votre exploration doit être totalement ouverte, ou bien plus furtive. En d’autres termes, si vous préférez flâner sans crainte ou bien évitez le contact… Libre à vous aussi de choisir d’aller chercher des noises au moindre ennemi dans les parages !

Chaque demi journée passée à l’exploration permettra de découvrir peu à peu de nouvelles parcelles de territoire. Chacune y comporte un intérêt, parfois de la nourriture, parfois des accessoires pour l’artisanat, mais dans tous les cas, il vous faudra sélectionner l’action à mener, et y conduire le bon résident pour la tâche sélectionnée. Par exemple, si vous tombez nez à nez avec une zone de chasse évidente, choisissez votre meilleur chasseur pour maximiser vos chances de captures ! Maximiser en effet, puisque nombreuses de vos tentatives se solderont par un échec. Sous quelle critère ? Le hasard. Avant chaque technique, vos chances de réussites sont énoncées. Il va de soit que vos chances sont minces avec 25% de taux de réussite mais sachez que 80% ne signifie pas pour autant un gain gagné d’avance. Loin de là… Le doliprane commence à vous faire de l’œil ? Il va pourtant falloir continuer à s’accrocher car votre survie ne s’arrête pas là !

Comme énoncé précédemment, l’exploration est aussi l’occasion de faire de nouvelles rencontres… Si certaines pourraient s’avérer intéressante pour l’avenir du camp (faites comme bon vous semble, du moment que votre famille initiale survie !), d’autres en revanche ne vous souhaitent pas franchement bonheur et santé au quotidien, et le conflit sera inévitable. À nouveau, le combat sera l’occasion de fricoter avec le hasard et les probabilités : choisissez quelle attaque (en dépensant des points d’action) vous désirez réaliser, et sur quel ennemi puis croisez les doigts pour qu’elle soit à l’origine de gros dégâts. Des améliorations sont aussi possibles afin de renforcer les caractéristiques de vos personnages. L’ennemi ne se gênera pas pour en faire de même… Le combat est rythmé au tour par tour, laissant à nouveau le joueur prendre le temps de choisir ses attaques. Enfin, la lutte se réalise via une ligne frontale, face à l’ennemi (ligne de mêlée) et une seconde plus en retrait. Certaines attaques ne sont bien entendu possibles qu’à partir d’une certaine ligne, elle même disponible en dépensant des points d’action (aaaaah doliprane !). S’ils ne manquent pas de stratégie, les combats sont globalement assez lents et répétitifs. Il est frustrant de passer des journées entières à soigner ses personnages pour les faire repartir aussitôt en combat et les voir revenir, quelques minutes plus tard, amochés de partout…

Rassurez vous, plusieurs modes de jeu sont disponibles et permettent une flexibilité de la difficulté (ouf !). Ainsi, si les premières heures sur le soft seront accompagnées d’un imposant (mais nécessaire) tutoriel, au cœur d’une survie familiale, sachez qu’il est possible de paramétrer totalement la partie, jusqu’à la rendre même injouable (si cela vous amuse !). Les développeurs ne manquent d’ailleurs pas d’humour pour vous le souligner, et de multiples conseils sont disséminés dans les divers menus du jeu. Les dialogues peuvent aussi être supprimés, ou bien lourdement accélérés selon vos préférences.

Dead in Vinland nous rappelle, du début à la fin, les jeux de rôles traditionnels autour d’une table, chacun disposant de divers attributs et de multiples paramètres qui se bouleversent au fil du temps. La charte graphique du soft s’avère être soignée sans être extrêmement poussée. L’ensemble ressemble à une bande dessinée, avec des personnages aux traits aiguisés et des décors colorés juste comme il faut. Le rendu reste agréable, et les musiques qui accompagnent chacun de vos choix cohérentes.

Addictif ou prise de tête ? :

La première session de jeu pourrait bien vous sembler quelque peu rébarbative, voir pénible tant le jeu est poussé et semble complexe à son premier lancement. Pourtant, l’aide du précieux tutoriel devrait vous permettre de rapidement comprendre les mécanismes du jeu et si vos premières journées ressemblent à des tests, tout deviendra rapidement clair et limpide. Si votre première tribu succombe au bout de quelques jours, ce ne sera que pour mieux repartir à l’assaut d’une nouvelle partie, avec une famille fraîche et en forme, qui devrait cette fois ci combler votre soif d’organisation militaire sur le camps. Dead in Vinland se bonifie ainsi au fil des parties, une fois l’ensemble des compétences disponibles acquises. En revanche, une légère routine peut s’installer, notamment au démarrage des multiples parties réalisées. Néanmoins, le soft offre la possibilité de reprendre la sauvegarde à n’importe quel jour de la survie, de quoi profiter pleinement d’un soft copieux et complet tout en minimisant les pertes de doliprane au passage !

Dead in Vinland est disponible sur l’eshop de la Nintendo Switch au prix de 28 euros environ.

Le saviez vous ?

Impossible de parler jeu de survie sans évoquer le célèbre « Don’t starve » sorti en avril 2018 sur Nintendo Switch dans lequel le joueur incarne Wilson dans une contrée mystérieuse et pleine de dangers. Totalement axé sur la survie en temps réel cette fois ci, la rigueur et la stratégie sont à nouveau à l’honneur… mais sans la cascade de chiffres !

Add Good Point

Conclusion
D’apparence combattive et hyper active avec un nom particulièrement évocateur, Dead in Vinland s’avère être en réalité un jeu de survie poussé et exigeant où chaque décision apporte son flot de conséquences immédiates. Stratégie et persévérance sont de rigueur pour profiter pleinement de ce soft dont les capacités sont nombreuses et multiples. Les moins persévérants risquent en revanche d’être rebutés par un apprentissage indispensable des mécaniques du jeu, tandis que les plus stratèges passeront des heures à tester toutes les combinaisons possibles pour la survie de tous les résidents de l’île.
Points positifs
  • nombreuses et multiples mécaniques de la survie
  • nombreux paramètres modifiables par le joueur afin de vivre la survie comme il le souhaite !
  • bonne durée de vie pour les joueurs les plus stratèges
  • univers graphique et musical cohérent
  • bonne jouabilité, avec un système de tour par tout qui laisse le joueur réfléchir à sa stratégie
  • totalement en français
Points négatifs
  • petit apprentissage des mécaniques du jeu indispensable
  • manque de lisibilité des compétences une fois les dialogues accélérés
  • événements du jeu répétitifs au fil des parties
  • tarif assez élevé
7.4
Bon
Graphismes/Musiques - 7
Jouabilité - 8
Durée de vie - 8
Fun - 6.5
cooky
Ecrit par
Deux passions dans la vie : le monde animal et le monde du gaming ! Adepte des belles plumes, je "switch" entre les poils et les manettes =) .

1 Comment

  1. Man Uto

    j suis pas trop convaincu.
    Le jeu semble avoir de belles qualités, mais elles ne sont pas pour moi.
    J’aime la stratégie, mais là, j’ai regardé des gameplay en ligne, j’ai trouvé que c’était un peu mou.

    Répondre

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