We. The Revolution (Nintendo Switch) – Le test

Quelle belle idée que voilà ! Originale et totalement improbable, que diriez vous de vous plonger au cœur de la révolution française, sous la robe prestigieuse d’un juge, tandis que les plus grands bandits de l’époque défilent dans votre tribunal animé. L’expérience vous tente ? Par ici…

Développé par Polyslash et édité par Klabater, We. The revolution propose aux joueurs un concept atypique qui a particulièrement attisé notre curiosité. Comment faire de cette période si mouvementée de notre histoire française un jeu intéressant qui saura faire mouche auprès de tout le monde, sans ne prendre à parti que les férus des cours d’histoire ? Mais d’ailleurs, au delà des promesses, ce pari est-il véritable relevé ?

« Un événement de l’ampleur de la révolution française n’est jamais terminé. » (Max Gallo)

Avec un démarrage pour le moins abrupt, vous voilà plongé au cœur du chaos parisien, en plein cœur d’une foule qui ne parvient plus à retenir sa colère, en plein cœur d’une ville prête à bouillir de feu et de sang. Avec ses formes géométriques et ses polygones par dizaines, We. The revolution est doté d’une identité graphique intéressante et originale, totalement adaptée à la situation : à la fois incisive lorsqu’il est question de guillotine et de prisonnier mais un peu plus douce lorsqu’il s’agit des liens familiaux plus ou moins tendres. Qu’importe, vous voilà colporté dans la peau d’un juge prêt à relever chacune de ses fonctions, et vous allez avoir de quoi vous occuper pendant un sacré bout de temps. Au fait, la lecture ne vous pose pas de problème j’espère ?

« C’est une révolte ? – Non sire, c’est une révolution. » (Louis XVI)

Avec virulence, vous voilà déjà dans les murs (qui ont des oreilles…) d’un tribunal. Si l’affaire peut vous sembler légère (une querelle entre jeunes garçons dans laquelle votre fils est impliqué), elle est ici pour vous présenter un peu le fonctionnement du jeu. Enfin, c’est ce que nous imaginions puisqu’au final, vous ne recevez que très peu d’aide et devez chercher tant bien que mal ce qu’il convient de faire. Lire les documents sur la table, jeter un coup d’œil sur les livres qui sont à proximité et finalement vous résoudre à interroger votre fils avec une impartialité qui n’appartient qu’à vous.

Assurément, cette première mise en situation pourrait bien faire naître un certain agacement chez plus d’un joueur, totalement esseulé dans un jeu qui se veut complet mais qui refuse de donner toutes les clefs pour une parfaite et rapide prise en main. En prenant votre temps, vous parviendrez à prendre quelques réflexes pour régler les différentes affaires qui vous sont confiées, qui suivent globalement les mêmes mécanismes (avec fort heureusement quelques rebondissements tout de même).

« Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom ! » (Manon Roland)

Les nombreuses affaires qu’il vous faudra juger suivent globalement ce schéma. Tout d’abord, la découverte de « l’intrigue ». Si une petite séquence introductive peut relater les faits, ces derniers se retrouvent quoiqu’il arrivent énoncés dans un papier nonchalamment laissé sur votre bureau. Notons dès à présent que certaines pages nous semblaient inaccessibles : le document stipulait en effet la mention 1 sur 2, avec donc la présence d’une deuxième page qu’il paraissait impossible d’atteindre. Après moult tentatives, nous parvenons finalement à atteindre la seconde page… Il faut en fait maintenir ZR pour déplacer la première page et atteindre enfin la seconde ! Fichtre, il y avait assurément plus simple…

Ensuite, vient l’interrogatoire de l’accusé. Afin de poser les bonnes questions, il vous faut relier ensemble des sujets de l’intrigue avec des thèmes d’accusation, par exemple une profession avec la personnalité de l’accusé ou encore des documents avec les pièces à conviction. Afin de corser un peu votre tâche, il existe des pièges, et vous n’avez le droit qu’à un certain nombre d’erreurs, sinon, il vous faudra dépenser des points d’influence pour avoir des conseils de votre mentor, mais ces points se gagnent au fil de votre aventure et selon vos choix. Ils sont donc à dépenser avec parcimonie.

L’accusé est enfin questionné. C’est le moment pour vous d’en apprendre véritablement davantage sur l’affaire en question. Chacune des questions (que vous avez débloquées grâce à votre petit jeu précédent) est dotée d’un icône vous permettant de juger des conséquences de la réponse attendue par le prévenu. Ainsi, il vous est possible de manipuler votre assistance pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre : l’accusé sera t-il relâché ? Emprisonné ? Ou guillotiné ?! Vos choix auront de lourdes conséquences, et il vous faudra régulièrement suivre les opinions diverses (le peuple, les révolutionnaires, le jury…) pour garder la tête haute… et sur vos épaules ! Des témoins supplémentaires sont régulièrement appelés à la barre afin de compléter les informations disponibles.

Une fois tous ces bavardages terminés, un rapport est à rendre, telle une copie du brillant élève que vous êtes. Le rapport comporte plusieurs questions, dont les réponses ont été énoncées au cours de l’interrogatoire (qu’il vous est possible de relire). Mais dans le cas où toutes les questions n’ont pas été découvertes, ce rapport pourrait bien vous poser quelques difficultés. Il faudra alors y aller au bluff ! Bien entendu, comme toute bonne copie, votre rapport sera jugé par le procureur !

Enfin, c’est l’heure du jugement. Vous être le maître de cérémonie et décidez la sentence finale en fonction de votre impression d’une part, mais aussi (et surtout) de l’avis des autres d’autre part. Ce serait bête qu’un prévenu acquitté vous coûte votre propre vie n’est ce pas ?

« Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine. » (Georges Jacques Danton)

Si vous passerez une grande partie de votre temps dans la salle d’audience, We. The revolution a l’intelligence de vous faire prendre l’air de temps à autres afin de ne pas rendre l’ensemble terriblement pénible et ennuyeux. Vos jugements vous conduiront au plus près de la guillotine où il vous faudra à nouveau choisir entre le silence ou la prise de parole face au peuple plus ou moins disponible à vous écouter. Ce peuple sera clairement le nerf de la guerre (et pour cause !) et il vous faudra inlassablement faire avec, parfois avec audace (notamment lorsqu’il commence à s’énerver dans la salle d’audience et risque de créer une émeute), parfois avec diplomatie lors de vos grands discours d’orateurs face à eux.

La vie de famille tient aussi son rôle tout au long de l’aventure. Vos journées se clôturent d’ailleurs par un repas de famille plus ou moins animé, chacun partageant ses états d’âme avec plus ou moins de subtilité. Quoiqu’il en soit, quand sonne la fin du dîner, il vous faudra choisir votre dernière occupation de la journée et ses répercussions sur les membres de votre famille. Parfois, vous aurez tout de même l’impression que la terre entière vous en veut !

Enfin, plus vous avancerez dans votre aventure, plus vous serez amené à prendre de décisions importantes sur les enjeux politiques qui se jouent à l’extérieur. Le soft est en effet découpé en plusieurs actes et rapidement, il vous faudra prendre les commandes d’une véritable stratégie pour étendre votre influence dans la ville. Sans vous dévoiler l’intégralité des possibilités offertes au sein de ce nouvel aspect du jeu (qui risquerait de vous gâcher l’effet de surprise), soulignons simplement qu’il offre de nouvelles perspectives aux joueurs plutôt que de ressasser indéniablement des affaires dans la salle d’audience. Une bien belle idée des développeurs qui ont su donner de la profondeur à leur titre.

« Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? » (Maximilien de Robespierre)

Vous l’aurez compris, tout n’est pas rose dans votre vie de magistrat ! En revanche, sachez tout de même que vous aurez l’occasion de croiser de grandes figures de la révolution française, et ça, tout de même, c’est assez jouissif dans un jeu vidéo, même si ce n’est pas le premier soft à nous offrir l’opportunité de nous plonger au cœur de notre propre histoire.

En revanche, au delà de ces rencontres improbables et installé dans votre canapé au 21ème siècle, d’autres caractéristiques du jeu pourraient bien vous faire haïr cette période de notre passé.

L’ensemble de textes s’avère être plutôt bien écrit, mais les rapports sont particulièrement minuscules, écrits en patte de mouche comme disait notre prof de français ! En mode portable, accrochez vous aussi… Les textes ne sont pas si longs (un juge qui ne lit pas, quelle ineptie !), mais leur petite taille peut agacer.

Aussi, la jouabilité est parfois défaillante, les textes se chevauchant de temps à autres et l’histoire part parfois dans des phases qui nous échappent, nous retrouvant malheureusement un peu perdus dans ce manque d’explications contextuelles malgré la présence de tutoriels.

Enfin, la musique est très peu présente au sein du jeu. Les séquences animées disposent bel et bien d’un rythme musical, mais votre travail de juge sera majoritairement dans le quasi silence, si ce n’est quelques petits bruitages avec le volume de votre téléviseur un peu élevé. Quelques mélodies d’époque auraient pu parfaire l’idée générale du soft, parfaire notre immersion dans notre histoire nationale.

We. The revolution est disponible sur l’eshop de la Nintendo Switch au prix de 20 euros environ.

Le connaissez vous ?

Pour celles et ceux qui souhaitent poursuivre dans cet univers sanglant, sachez qu’il existe un jeu de cartes , au doux nom de « Guillotine », dont l’objectif est de devenir… le bourreau le plus célèbre de l’histoire de France ! De 2 à 5 joueurs, le jeu se joue en 3 manches et repose sur un classique principe de points. Soulignons tout de même que ce jeu a connu quelques opposants, dans la mesure où il n’est pas forcément bien vu de s’amuser avec ce genre de sujets épineux !

Conclusion
We. The revolution assume pleinement ses choix : faire de vous le juge des grandes affaires de la révolution française, avec tous les paramètres qui devaient bel et bien exister à l’époque, avec la nécessité de rester soi même en vie, les multiples procès dont certains particulièrement marquants, les nombreuses opinions à suivre malgré une conscience qui cogne l’esprit, et cette guillotine qui trône sur la place publique... Bref, toute la difficulté d’être un juge au cours de cette époque cruciale de l’histoire de France. Enfin la capacité des développeurs à enrichir le soft au fil des différents actes du jeu permettent aux joueurs de ne pas plonger dans la redondance ennuyeuse des jugements qui s’amoncellent et cela s’avère être particulièrement appréciable. Néanmoins, une certaine attirance pour cette période de l’histoire reste une valeur sûre pour l’acquisition de ce soft hors du commun.
Points positifs
  • Graphismes originaux
  • Bonne durée de vie
  • Totalement en français
  • Prendre part à la révolution française, ce n’est pas rien tout de même !
  • Vie de famille non oubliée
  • Un jeu qui s’étoffe au fil des heures.
  • C’est vous qui détenez le pouvoir...
Points négatifs
  • ... mais il vous faudra tenir compte avant tout de l’opinion des autres pour ne pas perdre votre tête !
  • Manque de lisibilité de certains textes
  • Jouabilité quelque fois peu intuitive
  • Une certaine redondance malgré les nombreuses surprises
  • Peu de musiques
6.4
Correct
Graphismes - 7
Jouabilité - 6
Musiques et bruitages - 3
Durée de vie / Tarif - 7.5
Originalité du concept - 7
Historique - 8
cooky
Ecrit par
Deux passions dans la vie : le monde animal et le monde du gaming ! Adepte des belles plumes, je "switch" entre les poils et les manettes =) .

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