Bloodstained: Ritual of the Night (Nintendo Switch) – Le test

En 2014, Koji Igarashi (producteur de nombreux Castlevania) quitte Konami pour rejoindre le studio Inti Creates. En 2015, il lance une campagne Kickstarter pour financer son nouveau jeu Bloodstained: Ritual of the Night. Cette dernière atteindra plus de 5,5 millions de dollars et c’est en juin 2019, après un développement qui laissait craindre le pire, que le jeu sort sur tous les supports dont la Nintendo Switch. Edité par 505 Games et développé par ArtPlay, le jeu est proposé au tarif de 39,99€ sur l’eShop et en boîte, voici notre test de la version Nintendo Switch.

Bloodstained: Ritual of the Night nous plonge au 18ème siècle en Angleterre. Une force paranormale a invoqué un château infesté de démons. On y incarne Miriam, une orpheline marquée par la malédiction d’un alchimiste et dont le corps se transforme peu à peu en cristal. Pour sauver l’humanité ainsi que sa propre vie, Miriam doit mener des combats dans le château tout en récoltant des éclats de cristal lorsqu’elle terrasse ses ennemis. Ces derniers lui confèrent ainsi de nouveaux pouvoirs. L’objectif du jeu est donc de vaincre l’invocateur Gebel et ses innombrables serviteurs infernaux. Le scénario n’est là que pour établir un contexte et on débute dans ce metroidvania avec le strict minimum. L’aventure commence dans un bateau dont les effets d’eau sont absolument immondes, puis l’avant ville, avant de rentrer dans le château. Vous allez gagner de l’expérience au cours de votre progression, trouver diverses armes et armures et récolter des fragments de cristaux très nombreux et utiles en combat. Tous les joueurs familiers avec l’univers Castlevania ne seront pas dépaysés. Au plus vous gagnez de pouvoirs, au plus vous progressez dans le château et ses salles.

Le château est immense et comporte plusieurs zones, des murs destructibles, des portes bloquées et d’autres secrets. Il ne faudra pas hésiter à sauvegarder à chaque salle prévue à cette occasion pour recharger sa vie, le jeu propose un challenge assez relevé avec trois modes de difficulté. D’autres types de salles vous permettront aussi de vous téléporter. Côté gameplay, hormis les déplacements classiques de votre personnage, vous pouvez reculer en arrière, attaquer, sauter. Ensuite, vous pouvez utiliser différents fragments récupérés en tuant divers ennemis mais cela consomme votre barre de magie qui remonte doucement. Les fragments de conjuration permettent par exemple d’envoyer des shuriken, hâches, rats, fantômes, insectes, tentacule… Avec le second stick pour viser, vous pouvez envoyer un fragment de direction comme du feu, un rayon, une flèche… Avec la gâchette, il y a également le fragment manipulateur permettant la guérison par exemple. Ce ne sont pas les seuls fragments mais il y en a énormément à récolter car le bestiaire est très varié. Spectre, fantôme, démon, gargouille, loup garou, dragon et pleins d’autres combinaisons.

Il existe d’autres techniques de combat en utilisant les flèches et le bouton d’attaque. On peut donc réaliser des coups spéciaux en l’air, des parades et autres moves appris dans les livres présents dans le château. Il faut disposer de l’arme en question et c’est parti pour matraquer des démons. Dans les armes, vous pourrez disposer d’épées en tout genre, de lances, de katanas et même d’armes à feu. Il est tout à fait possible d’en crafter de nouvelles, de les acheter ou de les débloquer en jeu dans des coffres ou lors de quêtes. Armures et accessoires sont aussi disponibles pour notre personnage. Malgré le fait que le jeu se déroule dans un très grand château, il parvient à renouveler ses décors avec au programme cathédrales, jardins, grottes, désert souterrain ou encore tours. Et il ne sera pas rare de rencontrer des boss coriaces et imposants, d’où l’intérêt de bien se préparer en allant faire un tour chez la vendeuse et l’alchimiste, car même la nourriture est importante. Il faut dire que le jeu est porté par son level design vraiment réussi et les boss sont donc repérables aisément. Le jeu est tellement généreux en contenu de toute part que, malgré les nombreux allers-retours, on ne se lasse pas des différentes salles et ambiances.

Avant d’évoquer en détail la qualité du portage Nintendo Switch, attardons-nous aux éléments communs à toutes les versions. Commençons par aborder la direction artistique du titre assez inégale. Le principal souci vient de la dimension 2,5D que les développeurs ont voulu donner au jeu. Si on était resté sur un pur jeu en 2D, on n’aurait sans doute pas eu cette impression d’inégalité. Il y a des lieux travaillés et des ambiances gothiques plaisantes mais par moment, on est face à des ennemis qui ne sont pas en cohérence avec l’univers. La bande-son est excellente, composée par les légendaires Michiru Yamane et Ippo Yamada. Pour en venir à bout, comptez une quinzaine d’heures et au moins le double pour atteindre le 100%. Le jeu comporte différentes fins, une bonne et deux mauvaises mais on n’en dira pas plus. Le jeu nous gratifie d’un certains nombres de bugs notamment sur certains boss. Concernant la traduction, le jeu est doublé correctement en anglais mais les textes en français comportent certaines erreurs et surtout de gros espaces entre certains mots, pas très agréable à lire.

L’avis de YnkRibbon (Second Testeur) sur la qualité du portage :

Allons droit au but, puisqu’on le sentait venir depuis la démo montrée à la PAX East 2019.La version Switch de Bloodstained Ritual Of The Night est très nettement inférieure graphiquement et techniquement aux autres versions consoles et PC. Déjà sujet à débats durant son développement, l’aspect visuel du jeu avait été retravaillé pour offrir un meilleur rendu général, améliorant surtout la direction artistique du jeu, la plupart des textures et ajoutant bon nombres d’effets visuels. Mais notre version Switch semble se référer à l’ancienne version du jeu, celle que nous espérions ne jamais voir, une sorte de version alpha à l’optimisation désastreuse, et bloquée évidemment à 30 fps. Il suffit de comparer deux captures d’écran pour se rendre compte du désastre, et ce dans n’importe quel environnement du jeu. Là où les versions concurrentes peuvent se targuer d’offrir des graphismes assez fins, quelques textures soignées et inventives, des ambiances bien retranscrites, la version Switch transforme en bouillie la plupart des textures.

Elle n’inclut pas la plupart des effets tels que les reflets et autres brumes, et quand elle le fait, le framerate en pâtit violemment, causant des chutes à 10 fps dans les moments les plus critiques. Le peu de charisme et de majesté des boss et PNJ disparaissent ici, la lisibilité des combats devient chaotique, surtout en mode portable (les modes TV et portable sont de toutes façons quasi identiques, ce qui est déjà une aberration). En conclusion, Bloodstained sur Switch est un jeu souvent cheap et ridicule, qui même s’il est rarement injouable, demandera un effort de concentration au joueur pour voir en lui le retour en grande pompes d’un Igavania pur jus. Son seul, mais sérieux, avantage reste le monopole de la version portable. Assez pour passer à la caisse ? Ce sera aux joueurs de trancher, en attendant un patch miraculeux qui ne promet finalement que le minimum (stabilité du framerate, performances globales, mais rien de promis sur les effets graphiques ou la résolution). Si vous le pouvez, patientez le plus possible, jusqu’à que le prix de cette version descende à la hauteur du peu d’effort fourni par les développeurs.

A lire également : L’éditeur de Bloodstained promet des mises à jour pour améliorer la version Nintendo Switch

En plus de l’expérience solo avec des fins alternatives, plus d’une douzaine de DLC gratuits sortiront après le lancement, notamment la coopération en ligne et locale et le mode VS, le mode Roguelike, Boss Rush, le mode Chaos et la difficulté Nightmare. Les personnages secrets jouables seront aussi révélés plus tard.

Conclusion
Oui, on est rassuré car Bloodstained: Ritual of the Night est un bon jeu. C’est clairement le successeur spirituel de Symphony of the Night. On n’y croyait pas vraiment mais c’est un bon Metroidvania de par son ambiance, son level design, sa bande-son et par ce système de progression très intéressant. Le gameplay est suffisamment varié et le jeu dispose d’un contenu étoffé avec de nombreux secrets à découvrir. Malheureusement, sortir une version Nintendo Switch, certes jouable du début à la fin, dans cet état là, ce n’est clairement pas acceptable et on a bien du mal à vous le recommander tant que le jeu n’aura pas été suivi.
Points positifs
  • Le level design du château
  • Bonne durée de vie
  • Une foule de contenu à débloquer
  • De nombreux boss imposants
  • Excellente bande-son
Points négatifs
  • Direction artistique inégale
  • La lisibilité des textes
  • Des erreurs dans la traduction française
  • Des bugs
  • Une version Switch honteuse
7
Bon
Scénario - 7
Graphismes - 7
Gameplay - 8
Bande-son - 8
Durée de vie - 9
Optimisation - 3
juju05 B
Ecrit par
23 ans - Webmaster Adjoint - Combo 3DS/Switch/One

2 commentaires

  1. Manuto

    Le jeu m’intéresse énormément, et depuis longtemps. Mais j’attends le passage de quelques patchs avant de me decider

    Répondre
  2. Karad0c

    J’ai le jeu mais vu les critiques v attendre les MAJ

    Répondre

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