Yomawari: The Long Night Collection (Nintendo Switch) – Le test

Quand le planning le permet, Nippon Ichi Software se permet des projets plus atypiques et dans un tout autre genre que le JRPG. Yomawari fait partie de ces projets inédits, le développeur s’est même permis la folie d’en faire une nouvelle IP avec 2 jeux intitulés: Yomawari: Night Alone et Yomawari: Midnight Shadows. Yomawari n’aura pas forcément percé dans le monde et sa parution sur PSVita ne l’a certainement pas aidé à avoir une véritable visibilité aux yeux du monde. Du coup, il fait aussi partie de ces projets PSVita qui tentent de se faire un nom en profitant du succès récent de la Nintendo Switch. Comme le veut la récente tradition du portage/collection vers la Switch, Nippon Ichi Software décide d’envoyer la compilation Yomawari: The Long Night Collection aux joueurs Switch.

Une collection toute mignonne qui fera exploser votre cœur

Quand on regarde la boîte de Yomawari: The Long Night Collection, on se dit qu’on aura un petit jeu d’aventure mignon un peu sombre. On lance le jeu, les écrans titres sont simples, noirs et silencieux. On sélectionne le premier jeu de la collection, Yomawari: Night Alone. On commence une nouvelle partie et on constate que l’on est aux commandes d’une petite fille toute mignonne rentrant avec son chien. Le jeu ne tarde pas à nous laisser le contrôle et l’on peut alors bouger la petite fille avec le stick et s’apercevoir que l’on peut courir avec R. On court le long d’une route avec le chien, puis le jeu continue son tutoriel en nous disant que l’on peut ramasser des objets et les lancer. On ramasse une pierre par terre et on la lance sur la route. Notre chien s’élance et un poids lourd traverse la route sans prévenir, emportant la bête dans un grand bruit effrayant et sans que notre cerveau ait compris la scène sur le coup.

Et pour cause, notre cœur s’est arrêté de battre à l’apparition du poids lourd et notre cerveau n’était plus irrigué à l’impact bruyant avec le camion. Il ne reste que nos doigts qui appuient machinalement sur la manette pour passer les quelques dialogues du jeu et nos yeux qui nous rapportent le souvenir de la petite fille continuant son chemin laissant un flot de sang derrière sur la route. Notre cœur repart quelques instant plus tard et on reprend nos esprits avec la jeune fille dans une maison, on se retrouve rapidement seuls car la sœur de notre héroïne part à la recherche du chien Poro et ne semble plus revenir à la maison. Vient alors notre tour de partir à leur recherche, on sort de la maison pour se retrouver dans les rues sombres d’une petite ville japonaise à explorer afin de résoudre le mystère entourant la disparition de notre chien et de notre sœur, bien que le résultat final sera vite anticipé. Un mystère uniquement traduit en anglais pour ne pas changer quelques traditions des jeux niches japonais arrivant chez nous.

A la lecture de ses premières lignes, vous devinez ainsi le genre du jeu qui n’a de mignon que l’apparence. Une apparence qui est finalement très simple dans un cel-shading suffisamment coloré pour être mignon, mais une ambiance sombre pour nous rappeler que l’on est dans un survival-horror. Une vue d’ensemble qui est sur un angle semi-aérien un peu à la Yo-Kai Watch. Une réalisation qui ne demande que peu de ressources pour la Switch qui fait tourner les 2 jeux de la collection tranquillement en TV comme en portable sans accroc. Du coup, le rendu a un certain charme par son côté mignon, mais n’est pas plus surprenant que cela en termes techniques pour de la Switch. Yomawari: The Long Night Collection nous propose des histoires d’horreurs avec une trame et des créatures directement inspirées du folklore et des légendes urbaines japonaises.

Un univers intéressant empreint de poésie pour peu que vous soyez intéressé par ce folklore nippon. On préfère vous prévenir, son PEGI 16 n’est pas à prendre à la légère. Le jeu à l’air mignon comme ça et n’importe quel enfant pourrait se dire qu’il peut s’y essayer, mais dès la première scène son coeur lâchera à tel point qu’il pourrait finir à l’hôpital. Et s’il poursuivait la route, restez à ses côtés pour le ramasser au cas où, car Yomawari ne jouera que sur ce genre de “frayeurs surprises”. Pas forcément de gore ou de zombie dans un village, mais nous sommes aux commandes d’une petite fille avec uniquement une lampe torche et quelques cailloux à lancer. Sachant que les créatures de Yomawari sont surtout des spectres, nos cailloux ne servent que de diversion, ce qui signifie que notre héroïne n’a rien pour se défendre même pas “un appareil photo repoussant des fantômes” (si vous reconnaissez ici la référence).

Pas de jauge de points de vie ici, seulement une jauge d’endurance pour notre course et le pouls de notre héroïne qui est sa vie (et également la nôtre finalement). La bande sonore du jeu n’est que silence et bruitages de spectres effrayants avec quelques aboiements ou chants de criquets. Le tout ponctué par les battements de coeur bruyants de notre héroïne à l’approche d’un spectre. Lorsqu’un spectre vous repère, il vous poursuivra et vous ne pourrez alors que fuir en courant, ce qui augmente le rythme cardiaque de votre héroïne et votre jauge d’endurance se consomme 2 fois plus rapidement dans ces moments de frayeur intense. On explore un village infesté de ces spectres et notre seul espoir réside dans des buissons derrière lesquels on peut se cacher jusqu’à ce que le spectre qui nous poursuit finisse pas s’éloigner suffisamment pour que le rythme cardiaque de notre héroïne ne soit pas trop haut et que l’on puisse reprendre la route. Si par malheur, l’un d’entre eux finit par vous avoir, la petite fille est tellement en proie à la terreur et les battements de son coeur sont si forts qu’il finit par exploser, du sang brouille votre écran et vous retournez dans votre chambre à reprendre votre chapitre. Quelques petites statues jonchent votre exploration du village. Vous pouvez ainsi revenir dans votre chambre sauvegarder ou vous déplacer instantanément vers une autre statue.

Une expérience qui est quelque part similaire à un die & retry, ce qui peut rebuter ceux qui n’aiment pas ce genre de productions. Une expérience peut-être trop courte pour justifier un tel prix sur le marché malgré la compilation des 2 titres. Une expérience pas si surprenante pour ceux qui aiment les trames riches en surprises. Une expérience peut-être trop silencieuse et qui peut ne pas plaire à ceux qui n’aiment pas les ambiances sonores “naturelles”. Si les 2 Yomawari sont similaires sur chacun de ces points, il n’en reste pas moins que ce sont tous 2 des jeux proposant une expérience d’horreur simple et efficace, aussi courte qu’intense. Courte car vous ne jouerez que quelques heures pour finir 1 jeu, mais intense car vous serez constamment en vigilance maximale, une main posée sur votre poitrine pour savoir si votre coeur bat encore. Il vous appartient ensuite de donner sa chance à cette licence surprenante du studio Nippon Ichi Software.

Conclusion
A l’approche d'Halloween, peut-être cherchez-vous une expérience à vous faire sursauter. Nintendo souhaite marquer cette année avec Luigi’s Mansion, mais vous pourriez vouloir quelque chose de plus court, de plus mignon, de plus direct et de plus effrayant. Yomawari est certes disponible depuis une bonne année sur Switch, mais il n’est jamais trop tard pour s’essayer à ces 2 expériences regroupées en une cartouche. Yomawari vous proposera une aventure effrayante empreinte du folklore japonais que vous pourrez vivre avec quelqu’un sur un écran TV ou tout seul au fond de votre lit avec votre console en main. Combien de fois votre coeur cessera-t-il de battre dans cette expérience d’horreur onéreuse et difficile ?
Points positifs
  • Réalisation mignonne
  • L’univers et le folklore d’horreur japonais
  • Gameplay simple à prendre en main
  • Expérience du survival-horror efficace
  • Fuir pour sa survie !
  • Notre cœur cesse littéralement de battre
  • Les 2 Yomawari en 1 cartouche
  • Une expérience d’horreur efficace à vivre en TV et en portable
Points négatifs
  • Expérience extrêmement courte et qui reste chère
  • Un jeu pas si simple....
  • Le côté Die & Retry qui découragera certain
  • Du coup une expérience frustrante et répétitive
  • Un scénario sans surprises
  • La bande sonore silencieuse pour les amoureux de musique
  • Traduit uniquement en anglais
5.3
Moyen
Graphismes - 6
Jouabilité - 7
Bande sonore - 5
Durée de vie - 3
Kurosekai
Ecrit par
Rédacteur sympathique fans de JRPG et de jeu très japonais. Par ailleurs, possède de bonne notion de la langue japonaise. Twitter: 00memory

3 commentaires

  1. Manuto

    Je pensais qu’il aurai une note (et aussi une durée de vie) bien meilleure

    Répondre
  2. JulieSailing

    Dommage qu’il ne soit QUE en anglais…

    Répondre
  3. Orchidia01

    En point négatif , je retiens que l’anglais , (comme le prix n’est pas indiqué) même si en regardant l’extrait je le trouve archi simple ^^” Le reste tout me convient , en vous lisant il me donne très envie 🙂
    A l’approche d’Halloween, peut-être cherchez-vous une expérience à vous faire sursauter
    Exactement , bien vu ! 🙂

    Répondre

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