Yooka-Laylee and The Impossible Lair (Nintendo Switch) – Le test

La vie est parsemée de rencontres plus ou moins fortuites, plus ou moins agréables et pérennes. Certaines vont rapidement se mourir, noyées dans les méandres d’un quotidien surchargé, tandis que d’autres vont donner naissances à de belles amitiés fusionnelles. C’est justement d’une de ces amitiés improbables dont nous allons vous faire part aujourd’hui. La vie a mis sur le chemin d’un charmant caméléon bipède, une drôle de petite chauve-souris violette avec un gros nez rouge (rien que ça !). Le duo fait la paire, le tandem fait la force. L’aventure peut commencer.

Développé par Playtonic Games (composé notamment d’anciens de chez Rare) et édité par Team17 Digital, Yooka et Laylee remontent sur le devant de la scène pour une aventure riche en rebondissements et en couleurs !

Une aventure rocambolesque

Monnaie courante dans les jeux de plateformes, l’histoire n’a rien de fanfaron et n’est qu’un prétexte pour nous faire avancer sur des dizaines de niveaux. Le vilain Capital B (nous adorons son nom !) est de retour, plus machiavélique que jamais. Il est parvenu à mettre au point une machine effrayante : le dompteur d’essaims. Ce dernier est capable de contrôler l’esprit des abeilles, libre à lui alors d’assouvir toute la communauté et de conquérir le « domiel royal » ! Vite, il faut faire quelque chose…

Tandis que l’introduction s’avère être d’une durée adéquate, ni trop longue, ni trop courte, d’une qualité graphique discutable (nous y reviendrons), vous voilà rapidement projeté dans le vif du sujet, sous les griffes d’un Capital B bien remonté. Tellement remonté que vous succomberez rapidement jusqu’à votre prochaine tentative, au préalable bien mieux préparé…

Le tandem Caméléon / Chauve souris

Contre toute attente, le tandem fonctionne à la perfection. À la toute première prise en main du jeu, une certaine crainte sur la jouabilité nous a habités (« mais il glisse le machin vert là, non ? »). Une peur rapidement estompée qui laisse place à une jouabilité très correcte et une prise en main intuitive.

Vos déplacement se réalisent avec aisance, vous êtes libre de sauter, de planer furtivement avec l’aide de Laylee (la chauve-souris), mais aussi de donner quelques coups de queue de caméléon (Yooka), sans oublier quelques rapides roulades, parfaites pour dégommer les ennemis. Une petite secousse vers le sol est aussi possible, à condition que nos deux compères soient ensemble.

Laylee est un peu comme votre petit ange gardien, toujours prête à vous filer un coup de pouce. Au moindre impact impromptu avec un ennemi, elle s’envole aussitôt mais Yooka, vous restez en vie. Telle une seconde chance, Laylee est une sorte de vie que vous baladez nonchalamment sur votre tête ! Pour la faire revenir, il vous suffit de trouver une clochette (disponibles en grand nombre dans chaque niveau). Il vous est aussi possible de récupérer votre amie chauve-souris quelques secondes après l’impact avec l’ennemi : en effet, cette dernière gravite plus ou moins autour de vous pendant quelques instants. Sautez sur elle, et elle reviendra se loger contre vous afin de vous assurer une nouvelle protection. Le tandem est aussi capable de nager et la jouabilité reste bonne, même sous l’eau.

Une évolution non linéaire

Majoritairement, les jeux de plateformes se découpent en niveaux qui s’enchaînent sans grande surprise, tableau par tableau, regroupés sur un plateau central le plus souvent sans grand intérêt.

Les développeurs ont considérablement passé un coup de balai dans ce concept afin de rendre les interactions sur le plateau général intéressantes avec des conséquences sur votre partie. Votre objectif est de libérer un maximum de soldabeilles (attention, détecteur de jeux de mots activé !) afin d’être à même de vous frotter à nouveau au Capital B sans perdre la face. Libre à vous de (re)tenter le coup rapidement pour le fun ! Chaque soldabeille libéré sera d’une aide précieuse pour le combat final…

Le plateau de jeu est un véritable niveau à lui tout seul : comportant à la fois des passages secrets, des personnages soucieux de vous faire partager leurs problèmes, des interrupteurs, des ponts et des grottes, il ne s’agit donc pas de passer strictement d’un niveau à un autre. Un personnage se fera un malin plaisir de vous faire payer l’accès à certaines zones, d’autres vous réclameront divers ingrédients, tandis que les derniers vous donneront accès à des défis : il s’agit de la spécialité des parchemins du jeu. Ces dernier vous lancent un défi, de plus en plus compliqué au fil de votre aventure. Remplissez votre objectif et le monde principal subira quelques changements cruciaux qui vous permettront de rallonger toujours plus votre épopée. Une mention spéciale est attribuée à la musique utilisée lors du lifting du monde : amis des années 80 bonjour ! Pagieee Power est dans la place !

Redevenons à nos moutons ou autres bestiolles, l’heure est grave tout de même. Comme énoncé précédemment, les soldabeilles sont éparpillés dans les multiples niveaux du jeu (symbolisés par des chapitres). Mais pas que…

Des bonus à foison :

Tout comme tous bon jeu de plateformes qui se respecte, les fidèles checkpoints, mais aussi et surtout, les bonus sont nombreux et variés, à commencer par les plumes. De multiples couleurs, elles agrémentent avec légèreté votre parcours. Certaines se récupèrent avec une facilité déconcertante, d’autres requièrent plus de jugeote pour être atteintes ou découvertes. Ces jolies plumes seront indispensables pour débloquer certains recoins du monde principal, mais aussi pour vous donner plus de puissance grâce à l’achat de tonifiants.

En effet, l’aventure pourrait bien s’avérer de plus en plus difficile. Pour vous aider, des tonifiants (sous forme de fioles magiques) se camouflent dans les parages. Moyennant quelques plumes, ces bonus vous permettent de libérer certaines compétences, parfois utiles (la première permet par exemple de faire voleter Laylee plus longtemps à proximité de vous alors qu’elle s’apprête à partir), parfois futiles (parcourir les tableaux désormais en noir et blanc). Ces « petits plus » sont une aide précieuse, mais ils ne sont utilisables que dans les différents chapitres : l’ultime niveau du repaire de Capital B ne permet pas leur utilisation. Une utilisation par ailleurs limitée à trois tonifiants par chapitre. À vous de faire les bons choix avant de partir à l’assaut d’un nouveau niveau.

Chaque niveau comporte des pièces (appelées T.W.I.T. COINS) à récupérer. Disséminées dans des passages secrets ou dans des espaces escarpés, ces pièces sont les petits challenges à relever au fil de votre parcours. Grâce à elles, vous pourrez débloquer certaines zones du monde principal, avant de rejoindre de nouveaux niveaux.

L’heure du bilan graphique et musical :

Concernant les musiques, le soft s’en sort honorablement. La justesse est telle que le son sera modifié lorsque vous emprunterez des chemins sous l’eau. Clairement, nous ne pouvons y rester insensibles… En revanche, pour les graphismes, il est important de souligner que le jeu est tout de même pas mal aliasé. Impossible de ne pas s’en apercevoir à l’arrivé de Capital B lors des premières minutes dans le jeu. Cela étant dit, malgré ces intrusions un peu scintillantes des personnages, le restant du jeu est particulièrement propre et soigné. Les couleurs y sont vives, le fond de certains niveaux particulièrement travaillé. L’ensemble reste donc agréable à l’œil et les univers de jeu sont suffisamment variés pour ne pas être victimes d’une redondance graphique.

Ça déménage sur le canap’ ?

Difficile de rester de marbre devant le charme de ce soft. Alors que nous entamions le tout premier niveau, l’impression de se retrouver dans un Donkey Kong Country sur SNES 20 ans plus tard nous a envahis (d’ailleurs, une petite cabane est aussi située sur le côté gauche, comme dans le jeu de notre jeunesse !). La touche des développeurs de Rare est lourdement perceptible…

La bonne humeur générale du jeu lui confère une certaine douceur et  l’envie d’aller toujours plus loin dans l’aventure est belle et bien présente. Si certains passages peuvent s’avérer un peu trop coriaces, le jeu nous tient par la main et nous propose de nous projeter directement au prochain Check point. Elle n’est pas belle la vie ? Bien entendu, cette proposition reste facultative, libre à vous de recommencer encore et encore jusqu’à atteindre la fin du niveau capricieux.

La multitude de bonus, les nombreux niveaux qui se bouleversent avec nos actions sur le monde principal, les requêtes des personnages, les défis sont autant de raisons d’attribuer à Yooka et Laylee toute notre attention. Le fun fait clairement partie intégrante du jeu, et nul doute que toute la famille prendra plaisir à partager les aventures de ces drôles de phénomènes que sont nos acolytes animaliers.

Yooka Laylee est disponible dans une version boite mais aussi sur l’eshop de la Nintendo Switch au prix de 30 euros environ.

Le saviez vous ?

Si nous vous avons partagé notre travail mémoire pour DK Country SNES en parcourant les aventures de Yooka et de Laylee (connues aussi sous le nom de « Projet Ukelele »), cet univers ne vous rappelle-t-il rien d’autre ? En effet, il est coutume de dire que ces deux personnages sont les successeurs spirituels de Banjo et de Kazooie. C’est vrai qu’il y a un sacré air de ressemblance…

Points positifs
  • Richesse du contenu
  • Un vaste monde principal similaire à un véritable niveau à lui seul
  • Bonne durée de vie
  • Du challenge pour ceux qui le souhaitent
  • De l’aide pour ceux qui le souhaitent
  • Univers propre et soigné
  • Traduction française disponible (quelques rares coquilles)
Points négatifs
  • Quelques séquences aliasées
  • Pas de mode multijoueur
  • Quelques temps de chargement un peu longs
7.7
Bon
Graphismes (dommage pour l’aliasing !) - 6.5
Contenu - 9
Jouabilité - 7.5
Durée de vie - 8
Fun - 7.5
cooky
Ecrit par
Deux passions dans la vie : le monde animal et le monde du gaming ! Adepte des belles plumes, je "switch" entre les poils et les manettes =) .

4 commentaires

  1. Manuto

    un bon jeu de plateforme en plus pour notre console adorée

    Répondre
  2. EWO

    Je pense à DK à chaque ND…

    Sorry YL, je n’arrive pas à savourer la DA et les mécaniques de gameplay me rappellent une époque marquante…

    …et que je veux un nouveau jeu DK, hum, et pas un jeu qui le singe…

    Blague à part, le jeu à l’air sympa. C’est moi qui suis trop nostalgique pour me dire “à défaut de…”

    Quelqu’un pour modérer ma nostalgie ? C’est sans doute honteux de bouder un jeu de plateforme pareil avec autant de qualités provenant d’une équipe douée.

    Répondre
  3. JulieSailing

    Il me plait beaucoup ce jeu !
    Je compte le prendre un jour 🙂

    Répondre
    • Une belle surprise pour moi, je l’ai depuis Samedi et je ne le lâche plus.
      J’aime beaucoup le mix plate-forme + monde à explorer avec tous les personnages du 1er qu’on retrouve.
      En tout cas il est assez long à platiner.

      Répondre

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