The Red Strings Club (Nintendo Switch) – Le test

Devolver Digital frappe de nouveau sur Nintendo Switch en nous proposant cette fois ci un titre développé par Deconstructeam, le studio espagnol. Il s’agit d’un point and clic en pixel-art se déroulant dans une ambiance 100% cyberpunk. Alors, ça vous dit un petit verre au Red Strings Club ?

Tout commence dans ce piano bar, le Red String Club, tenu par Donovan que vous incarnez et qui discute avec le pianiste, Brandeis qui est aussi un hacktivist. Ce dernier vous raconte ces derniers déboires avec une certaine Vega, pendant que vous lui préparez un cocktail dont vous seul avez le secret. Effectivement, les plus avisés de la ville connaissent votre bar clandestin grâce à votre talent pour canaliser les émotions de chacun (même les plus refoulées) afin de les exacerber et créer cette sensation si particulière, tout cela en servant un de vos breuvages. Préparer ce premier cocktail sera donc pour vous l’occasion de suivre le tutoriel d’apprentissage pour concocter vos boissons mais nous y reviendrons plus tard lorsque nous aborderons le gameplay.

Pendant que Brandeis vous fait part de ses états d’âme, une androïde du nom d’Akara-184 débarque en vrac dans votre troquet. Vous remarquez très vite qu’il s’agit d’un modèle créé et distribué par la société Supercontinent mais qui n’est pas encore sorti sur le marché. Mieux encore, il s’agirait du premier androïde capable de prendre des décision morales après examen de son sujet, bref une véritable IA. Pour en savoir plus, Brandeis décide de se connecter cérébralement via son implant avec l’androïde, afin de visualiser ce qui s’est passé avant quelle ne débarque dans cet état.

The Red Strings Club étant un jeu avant tout narratif, nous vous laisserons découvrir la suite du scénario par vous même. Sachez tout de même qu’il s’agira de découvrir si le conglomérat, qui porte le nom de Supercontinent et qui a déjà commercialisé bon nombre d’implants permettant le transhumanisme de masse, souhaite le bien de l’humanité en diffusant ce qu’ils appellent humblement le Bien-être psychique généralisé, un système censé éliminer la dépression, la colère et la peur ou bien, s’il s’agit tout bonnement de lobotomiser la population pour mieux la contrôler.

Le jeu se déroule en deux types de phases qui sont liées. La première, met en valeur votre job de barman qui vous sert de couverture pour exercer une autre activité, celle de vendeur d’informations. Comme le dit si bien Donovan, « il s’agit de distiller gratuitement les petites informations pour revendre les plus importantes ». Ainsi, lorsqu’un employé de supercontinent vient se relaxer dans votre bistrot, il vous suffit de mettre la lumière sur l’émotion qui va bien afin de délier les langues et obtenir les renseignements voulus. C’est ainsi que, petit à petit, vous accumulerez les infos sur le projet du conglomérat. Mais attention, en fonction de l’état mental de votre client, vous obtiendrez des réponses et des réactions différentes et il en sera de même pour le choix des questions que vous poserez ainsi que les réponses que vous choisirez d’apporter, car il ne s’agit pas d’un interrogatoire mais bel et bien d’une conversation.

La deuxième phase consiste à incarner d’autres personnages dans différentes situations, pour comprendre d’autres aspects du scénario ou bien faire avancer la contre-attaque face à Supercontinent. Ainsi vous serez amené à faire de la poterie pour créer des implants ou encore à passer tout un tas de coups de fil en imitant la voix de différents personnages du jeu pour en gruger d’autres afin d’obtenir des éléments clés. Enfin, entre deux interviews, l’androïde qui a échouée chez vous et qui vous sert désormais d’hôtesse d’accueil ne pourra pas s’empêcher de débriefer avec vous au travers d’un petit questionnaire. Si vous parvenez à y répondre avec le bon pourcentage de bonnes réponses, elle vous offrira un petit bonus pour préparer vos boissons.

Intéressons-nous maintenant de plus près à la façon de mitonner vos cocktails. Au départ, quatre bouteilles d’alcool sont à votre disposition, rappelant fortement des classiques comme par exemple, la vodka. Sur chacune d’elles, l’étiquette et le logo représentent une des quatre directions. Lorsque vous vous apprêtez à préparer une mixture à l’un de vos clients, des cercles représentant leurs émotions à mettre en lumière seront affichés. Ainsi, suivant la dose de chaque alcool et en fonction de la direction qu’il représente, un mélange habile vous permettra de diriger un cercle principal vers l’émotion que vous aurez choisie de faire ressortir.

Pour corser un petit peu plus les choses, les cercles peuvent être de taille plus ou moins grande que celui que vous dirigez et pour faire rétrécir ce dernier, vous aurez des glaçons à disposition. Une fois votre anneau parfaitement superposé, vous pourrez servir son verre à votre client et commencer à l’interroger. Au fur et à mesure de vos conversation et du sens que vous choisirez de leur faire prendre, vous prendrez des chemins différents à travers un fil rouge qui pourra modifier certains aspects du scénario. Si au départ le fonctionnement d’un point ans clic pourra déstabiliser les joueurs qui n’y sont pas habitués, la prise en main viendra au bout d’un moment et votre maîtrise vous évitera d ‘en mettre partout. Pour la poterie, heureusement, la tâche sera plus aisée.

Côté graphismes, le pixel art est à l’honneur et rend un bel hommage au style : c’est propre, c’est beau. Deconstructeam a fait du très bon travail et ça fait plaisir. Il en va de même pour la bande son. De l’ambiance piano bar, jusqu’à l’électro en passant par une sorte de metal lancinant, mais surtout avec un thème principal mélo-dramatique qui restera en toile de fond et dans un coin de votre tête, il faut saluer le travail de Fingerspint qui contribue grandement à vous plonger profondément dans l’histoire et dans les complexités psychosociales qui y sont abordées.

Conclusion
The Red Strings Club vous fera passer quelques bons moments et vous pourrez rejouer avec plaisir en modifiant vos choix pour évoluer différemment dans l'aventure, même si la fin restera la même. La direction artistique est bien menée à condition d'aimer le genre, surtout sur le plan graphique. Le scénario respecte les codes du cyberpunk, avec son côté noir et futuriste, tout en y apportant de la profondeur à la fois dans les différents personnages rencontrés mais aussi dans les thèmes abordés. La seule ombre au tableau, malheureusement récurrente dans les point and clic narratifs, s'inscrit dans la durée pour en venir à bout. En effet, quatre heures au maximum suffiront pour terminer le jeu une première fois et la frustration est bien là, on aurait aimé que cela dure encore plus longtemps, d'autant que le jeu n'est pas assez appuyé par les phases de jeu, qui même si elles sont originales, ne sont pas en assez grand nombre.
Points positifs
  • Le scénario prenant
  • L'immersion à travers la bande son bien choisie
  • Le charisme des différents personnages
  • Des dialogues très bien construits
Points négatifs
  • Durée de vie trop courte
  • Pas assez de phases de jeu (poterie, cocktails..).
7.8
Bon
Scénario - 8
Graphismes - 8
Bande-son - 9
Durée de vie - 6
Maniabilité - 7
Immersion - 9
kabuki76
Ecrit par
Joueur depuis la Nintendo Entertainement System, je n'ai jamais laché les manettes de la Firme Japonaise.

2 commentaires

  1. juju05 B

    Merci pour ce test agréable à lire. Il m’intrigue beaucoup mais j’attendrais une promo !

    Répondre
  2. Orchidia01

    Hummm pour le coup je choisis l’autre cyberpunk ^^”

    Répondre

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