Rock of Ages 2: Bigger & Boulder (Nintendo Switch) – Le test

Succédant à Rock Of Ages, un OVNI vidéo-ludique sorti en 2011 sur PC, PS3 et Xbox 360, Rock Of Ages 2, toujours édité chez Atlus et développé par les chiliens de Ace Team, déboule huit ans plus tard pour notre plus grande surprise ! Les joueurs ayant eu l’audace de lancer un jour le premier épisode (sa gratuité sur le PSN de la PS3 avait bien aidé à l’époque), ont pu découvrir un interprétation très personnelle du Tower Defense, à l’univers en roue libre totale, et un humour décomplexé très inspiré des animations délirantes de Terry Gilliam et des Monty Python, Sacré Graal en tête…forcément.

Prenant place au milieu d’une guerre en Europe typique du Moyen-Age, Rock Of Ages 2 met en scène une succession de batailles entre des acteurs bien connus de l’Histoire du monde et de différentes époques. Leur seul lien, au delà du fait que tout le monde a déjà appris un jour leur nom à l’école, est qu’il existe pour chacun d’eux des représentations dans l’Histoire de l’Art, qu’elles soient sur des tableaux de maîtres, des fresques murales et statues antiques ou encore des hiéroglyphes. Des découpages de ces œuvres sont ainsi animées, à la manière des Monty Python donc, pour confronter des figures telles que Jeanne d’Arc, Ramsès, Napoléon ou encore…une girafe en feu, dans des saynètes absurdes boostées à la culture Geek (Adam et Eve + Pokemon + Zelda + Worms en même temps dans une animation, ça passe très très bien, je vous l’assure). Ces animations, très nombreuses sont une vraie réussite du point de vue technique et de l’écriture et constituent le vrai cœur de la campagne scénarisée de la série des Rock of Ages, avec un soin tout particulier dans ce dernier épisode.

Mais alors, ça se joue comment un Rock Of Ages ? C’est complètement tordu mais également très simple. Chaque bataille a deux facettes. La première consiste à lancer un gros boulet, que l’on manipule en temps réel le long d’une pente pleine d’obstacles naturels, aux design foufous encore une fois empruntés à l’Histoire des Arts, mais aussi remplie de pièges posés par l’ennemi, également en temps réel, tels que des balistes, vaches, moulins à vent, catapultes, taureaux géants et j’en passe. En bas de cette longue piste tortueuse se trouvent les portes du château ennemi que vous devrez défoncer le plus vite possible, à la vitesse d’un coup par descente. Heureusement, votre boulet aura la possibilité de sauter et ainsi réussir à gagner en vitesse,  à condition de bien connaître le tracé de la map, et de bien anticiper les pièges de votre adversaire. Ce dernier, bien caché dans sa forteresse en bas de piste, a exactement le même parcours à faire, mais pourra choisir des moyens de défense complètement différents et c’est là que tout l’aspect stratégie intervient. Après chaque descente, votre boulet devra être reconstruit, ce qui vous donne l’occasion de poser de nouveaux pièges, en vue aérienne, sur le parcours du joueur adverse, à la manière d’un tower defense. Un son de trompette retentit pour vous signaler que votre boulet est prêt, et c’est reparti pour une descente !

Avant chaque bataille, le choix de votre boulet doit être fait en connaissance des paramètres du terrain (virages serrés, distances à sauter, etc) et n’est pas un point à négliger avant de lancer une partie. L’écran de choix des boulets/armes permet même de choisir un deuxième boulet pour changer de stratégie en cours de partie, pour privilégier la résistance aux attaques adverses ou au contraire l’agilité pour la jouer plateformer, mais retire donc des emplacements pour votre arsenal à déployer. Vous pouvez augmenter ces emplacements au fil de l’aventure, entre deux batailles,en les récupérant sur la map et en combattant les boss du jeu (ce qui diversifie énormément le gameplay du jeu en accentuant l’aspect plateforme du titre, et constitue des moments vraiment farfelus). L’écran de la carte (reprenant les contours de l’Europe), vous paraîtra certainement assez terne et peu lisible au début. Elle n’est heureusement là que pour choisir son niveau, mais on se serait passé de devoir manipuler un boulet pour la sillonner. Chaque point de champs de bataille comporte différents mode de jeu ainsi que plusieurs niveaux de difficulté.

Ces modes de jeu, partiellement disponibles pour chaque bataille du scénario mais tous présents sur l’écran de menu du jeu, donnent une vraie variété au gameplay, en accentuant le côté Monkey Ball dans les parties de course contre la montre, les courses d’obstacles, et permettent bien sûr de vous entraîner sur les parcours de la campagne de ce Rock of Ages, seul mais également à plusieurs ! Des parties multi en ligne sont possible, en 1 contre 1 ou 2 contre 2, pour des parties endiablées et complètement barrées.

Visuellement accrocheur grâce au rendu de l’Unreal Engine 4, Rock of Ages met le paquet pour marquer sa personnalité, aussi étrange soit-elle, en noyant le jeu de détails. Des skins des boulets plus weirds les uns que les autres aux décors très fournis et impressionnants de détails, vous aurez souvent envie de les admirer, les observer, les analyser, ce que vous n’aurez que rarement l’occasion de faire tant le jeu va à 100 à l’heure.

Évidemment, qui dit Unreal Engine 4 sur Nintendo Switch dit concessions, et c’est bien sur l’aspect technique du titre que les choses se gâtent un peu. Le moteur est à la peine dès que la piste se remplit d’une multitude de pièges, et de personnages gesticulant de toutes parts, sans toutefois provoquer de gros ralentissements. Pour ne pas faire de vos parties un enfer pour les yeux, Ace Team a privilégié clairement la fluidité relative (30 fps mx) au détriment de la résolution et des effets. Sur TV, le jeu peine à atteindre un rendu PS3 (le précédent RoA était développé sur l’Unreal Engine 3…) même s’il s’en sort à peu près bien. Par contre, cela devient une vraie purée de pixels en mode tablette, surtout dans un titre qui met en avant des teintes de vieux tableaux, avec des teintes verdâtres et sombres la plupart du temps. Peu ragoûtant…

La partie sonore est aux petits oignons, avec des fonds de musique classique bien connus venant renforcer l’indice WTF du jeu, et tout un tas d’effets sonores de bons goûts, des cris quand on tombe dans le vide, des prouts quand on écrase l’ennemi, des bruits de foule pour ambiancer, et une ambiance médiévale assez bien retranscrite. A noter que le doublage est de qualité, la plupart du temps en anglais mais dont l’apparition de frenchies pourraient bien venir vous surprendre!

Bonus track : allez faire un tour du côté des crédits, même par là c’est du grand n’importe quoi…

Conclusion
C’est un vrai plaisir de retrouver Rock of Ages dans une suite toujours aussi inspirée et dépassant son aîné à tous les niveaux ! Même s'il ne plaira pas à tout le monde, dépendant en grande partie de votre sens de l’humour, Rock of Ages 2 excelle et confirme sa suprématie dans son genre, très marginal on ne va pas se mentir. Même s'il est difficile d’enchaîner les parties sans faire de pause, au moins pour sa santé mentale, on en ressort avec l’impression d’avoir passé un excellent moment, d’avoir assisté à un drôle de spectacle, réalisé par des mecs qui ont visiblement tout compris à l’Histoire, aux Arts, et à ce qui fait un bon jeu vidéo arcade.
Points positifs
  • De la folie douce du début à la fin
  • Un concept toujours aussi génial et hilarant
  • Pas mal de contenu
  • Des décors et ambiances variées
  • Meilleur en tout point au premier épisode
  • Une campagne assez longue et bien écrite
Points négatifs
  • Techniquement limite en mode tablette
  • Map du mode histoire pas très lisible
  • Des teintes pas très sexy
8.1
Génial
Graphismes - 7
Direction artistique - 9
Technique - 6
Bande son - 8
Gameplay - 8
Durée de vie - 9
Fun - 10
YnkRibbon
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro. Mon twitch : twitch.tv/ynkribbon

2 commentaires

  1. Les mecs qui ont conçu ce jeu, ils ont fumer un arbre ou quoi ? Même en regardant le trailer, j’en peux plus !!! ça me donne envie de le télécharger

    Répondre
    • YnkRibbon

      Et c’est aussi foutraque et génial du début à la fin de la campagne ! Un excellent jeu.

      Répondre

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