Valfaris (Nintendo Switch) – Le test

Bienvenue sur Valfaris, un monde né de l’esprit de Steel Mantis, les papas de Slain : Back From Hell. Cette fois-ci, pas de Dark Fantasy traditionnelle et médiévale, ce Run & Gun puise son inspiration dans l’esprit Heavy Metal, un magazine et une série de films SF des années 70-80, connus chez nous sous le nom Métal Hurlant (vous connaissez forcément l’affiche du premier film, emblématique de la science-fiction de cette époque). Au programme : du dépaysement intergalactique, du sang, de l’aventure et du hard. Et ça tombe bien, c’est à peu de choses près la proposition de ce Valfaris. Donc ne boudons pas notre plaisir, échauffons nos cervicales, et c’est parti pour un grand headbanging cosmique !

Nous incarnons Thérion, de retour à Valfaris, du nom de son père et de la forteresse familiale, qui vient de disparaître mystérieusement et de réapparaître dans un état préoccupant. Désormais, les monstres y grouillent de partout et vous devrez y faire le ménage de fond en comble. Un scénario qui tient sur un mini post-it, mais tout en français, prétexte à une grande fête sanguinolente. Ce qui frappe d’abord, ce sont les graphismes tout en pixel art signés Andrew Gilmour, dont le style et la palette de couleur colle à merveille avec l’ambiance cyberpunk de Valfaris. Ceux qui ont retourné le jeu Slain ne seront pas dépaysés tant les deux jeux partagent la même identité visuelle, à la différence de l’ambiance sombre et gothique du premier, remplacé par des gerbes de couleurs acidulées, totalement dans le ton de l’aventure cyberpunk qui vous fera parcourir des décors exotiques, naturels ou plus urbains. Un festival de violence que seule la technique du jeu entache très légèrement, par quelques ralentissements quand les monstres explosent dans tous les coins.

A la façon d’un Contra, pour ne citer que lui, le jeu consiste à avancer et détruire tout ce qui se présente à vous, ce qui fait jaillir des tonnes de particules dans tous les sens. Les ennemis arrivent rapidement et par palettes entières, au sol ou dans les airs. Il arrive régulièrement de se retrouver bloqué devant un mur à détruire méthodiquement, tout en supportant le flux d’ennemis, prétexte à vous envoyer dans une autre direction à la recherche d’un moyen de progresser. Même si les premières minutes sont douloureuses (vous mourez souvent, très souvent) et demandent un petit temps d’adaptation, la prise en main est plutôt rapide. Un bouton gère les tirs de votre arme principale, infinis, un second gère votre épée pour le combat au corps à corps, et un troisième gère l’arme secondaire, dépendant d’une jauge de mana. Le stick pour se déplacer vous aidera à viser en l’air et dans les diagonales, mais le mieux est de maintenir la touche de votre bouclier, qui stoppe le mouvement de Thérion pour viser de manière plus précise. Dommage que le nombre de directions soit aussi limité et nous oblige un peu trop à déplacer notre personnage, plutôt que de pouvoir viser précisément en restant fixe.

Une fois lancé dans la bataille, la barre de vie se réduit dangereusement vite, et vous n’aurez que rarement l’occasion de vous soigner, en faisant looter des coeurs aléatoirement sur les monstres. La moindre erreur peut vous être fatale et le jeu prend clairement des airs de Die & Retry quand on enchaîne en boucle le même segment, cherchant à éviter de refaire la même erreur (on notera d’ailleurs que les temps de chargement sont rapides et ne cassent pas la motivation, ce qui est plutôt cool). Chaque tronçon de niveau se termine par un autel activable en dépensant une relique verte, qui devient à la fois un checkpoint et un moyen de changer et améliorer les armes. Ce sur quoi nous reviendrons un peu plus tard. Ces reliques sont souvent proposées juste avant un checkpoint mais sont aussi très bien cachées dans les décors. Cette méthode de récupération de reliques vous donne le choix de sauvegarder ou non votre progression d’un checkpoint à l’autre, puisqu’elles peuvent également être échangées contre des items d’amélioration des armes, les minerais sanguins. Un système bien pensé même s’il faudra vraiment fouiller dans tous les recoins du jeu pour trouver tous ces objets, ce qui peut rallonger l’aventure sans trop casser son rythme endiablé.

Une campagne scénarisée, qui enchaîne les niveaux de manière naturelle et avec une bonne dose de mise en scène ! Par exemple, un mur bloquant en fin de niveau pourra se détruire avec un train de l’enfer lancé à vive allure, débouchant dans le décor bucolique, coloré et empoisonné de la zone suivante. Quelques lignes de dialogues apparaissent pour marquer le passage du niveau et c’est reparti. Cette progression fluide, naturelle et sans temps morts rend le jeu très accrocheur, addictif, et son univers crédible et agréable à arpenter. Chaque niveau, même s’il n’est pas toujours très bien délimité par un début et une fin, contient son propre bestiaire velu, des chiens robotiques aux soldats armés jusqu’aux dents, en passant par tout un tas d’horreurs hybrides, des oiseaux, des vers géants, des libellules, des araignées,… Autant de combats qui mettront en valeur le travail d’animation opéré dans ce jeu quand il s’agira de découper en deux ou d’exploser nombre d’entre eux dans des gerbes rouge pétantes ! Cette diversité de bestioles se retrouve encore plus dans les nombreux boss et mini boss, qui vont du chien cracheur de missiles autoguidés aux plantes géantes en passant par des oiseaux mutants qui vous lancent des morceaux de décor et autres trains de la mort. Pour venir à bout de certains d’entre eux, le jeu a pensé à varier le gameplay en vos offrant plusieurs véhicules et armes que nous préférons vous laisser découvrir par vous-même! L’arsenal de Valfaris est par ailleurs assez varié, ce qui en soi est une bonne chose mais vous frustrera énormément au moment de déterminer quelle arme méritera d’être upgradée, les minerais sanguins étant très rares. Une frustration qui, à elle seule, justifie une certaine rejouabilité, seul véritable moyen d’améliorer d’autres armes et redécouvrir le jeu avec un gameplay un peu différent.

Pour accompagner votre périple, les développeurs ont confié la bande son à une pointure, l’ex-guitariste de Celtic Frost, groupe de Metal extrême des années 80-90, Curt Victor Bryant. Inutile d’attendre une OST philharmonique ou intimiste, les morceaux sont métalliques, brutaux et sans le moindre temps mort. Si ça peut se révéler fatiguant à la longue, on ne peut pas nier que ça colle assez bien à l’ambiance, surtout quand notre héros headbangue comme un fifou à chaque nouvelle arme reçue! Les effets sonores sont également de très bonne qualité, si vous aimez sentir le sang jaillir rien qu’au son, vous ne devriez pas être déçu !

Conclusion
Vous qui aimez tant la violence, dans un monde où la contrariété se cache à chaque coin de rue, Valfaris sera très certainement un excellent moyen de vous défouler. A la fois brutal et concon, totalement dans cet esprit Heavy Metal délicieusement suranné, le dernier bébé de Seel Mantis saura séduire les amateurs de Run & Gun à la Contra mais aussi les curieux qui se seront laissés tenter par l’univers, et qui trouveront une petite dose de challenge, jamais insurmontable. Une formule qui n’innove jamais dans son gameplay mais qui se démarque par son style graphique et sa personnalité.
Points positifs
  • Un pixel art des plus travaillés
  • Une ambiance à la Métal Hurlant
  • Brutal et jouissif
  • Très belles animations
  • De nombreux boss et un bestiaire varié, mais toujours cohérent
  • Des niveaux qui s’enchainent à grands renfort de mise en scène!
  • Une bonne rejouabilité, notamment pour tester l’arsenal
  • Textes tout en français
Points négatifs
  • Frustrant de ne pas pouvoir améliorer davantage d’armes dans une même partie
  • Quelques chutes de framerate
  • Même en aimant la musique Metal, la bande son peut assommer un peu à la longue
7.4
Bon
Graphismes - 8
Direction Artistique - 8
Technique - 7
Bande-son - 7
Gameplay - 8
Durée de vie - 8
Contenu - 6
Difficulté - 7
YnkRibbon
Ecrit par
Nintendovore insatiable ayant prêté allégeance aux Métroïdvania, aux Soulsborne, aux Action-RPG japonais et aux jeux indés à tendance rétro. Mon twitch : twitch.tv/ynkribbon

1 commentaire

  1. G6r6e6g

    Un sacré defouloir, la difficulté parfois frustrante sera largement compensée par l’ambiance et la musique. On ne lâche plus la console.

    Répondre

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