Dans l’univers impitoyable des party-games, la cuisine s’est taillé la part du lion, avec des titres comme Overcooked, PlateUp! ou One-armed cook. Cependant, dans ces jeux, nous luttons contre le destin, les clients, la physique, mais nous restons main dans la main face au chaos. Kitchen Wars débarque dans ce milieu en nous proposant de survivre au même chaos… en s’entretuant avec nos amis. Que nous donne ce titre, disponible sur l’eShop depuis le 23 avril 2026 au petit prix de six euros ?
Un concept intéressant…
Kitchen Wars est un party-game au concept très simple : nous incarnons le serveur d’un restaurant qui doit survivre le plus longtemps possible au chaos ambiant pour remporter la partie. Le problème, c’est que le chaos, il ne vient pas des clients, mais des serveurs du restaurant voisin (et donc de nos amis sur notre canapé).
Dès que nous servons un client, nous gagnons de l’argent. Avec cette monnaie sonnante et trébuchante, nous pouvons acheter des malus à lancer sur l’autre restaurant pour saper leur travail. Au menu, nous pouvons récupérer des cocktails Molotov, de l’acide, une glacière (pour geler l’adversaire), une boîte à œufs (pour le ralentir) mais aussi un mouton qui va renverser les chaises des clients !
Nous avons une barre de vie : quand nous ne servons pas un client ou que ce dernier ne peut pas s’assoir faute de chaise, nous perdons un point de vie. Quand nous n’avons plus de vie, la partie est terminée !
Cependant, ce n’est pas forcément celui qui a servi le plus de clients qui a gagné. Nous gagnons des points en fonction des coups bas réalisés : servir un client ne vaut qu’un point, alors qu’une chaise dérobée chez notre adversaire en vaut cinq !
Si le gameplay est simple d’accès, la prise en main est un peu plus ardue : malgré le tutoriel, la maniabilité n’est pas au rendez-vous et il faut bien quelques parties pour comprendre les manipulations demandées.
Globalement, nous servons automatiquement la nourriture en la récupérant sur le comptoir et en l’amenant au client. Nous pouvons attraper les objets et les serveurs adverses. Les objets peuvent être lancés, et si nous visons bien, nous pouvons facilement envoyer des malus au restaurant adverse… mais aussi renvoyer les serveurs ennemis qui se permettent de venir chez nous pour voler nos chaises.
Plus la partie avance, plus nous recevons une « aide ». À vrai dire, le terme d’aide est trompeur, car le robot qui sert automatiquement les commandes est une IA peu intelligente ; il ne sert pas les clients les plus mécontents, mais les plus proches de lui, et il peut partir avec une pizza dans les mains et nous bloquer pendant le petit temps (très précieux) où les plats réapparaissent sur le comptoir.
… Mais une prise en main délicate et un contenu chiche
Il y a deux modes de jeux : le principal, en ligne comme en local, où deux équipes d’un à quatre joueurs peuvent s’entretuer dans des parties de dix à vingt minutes, et un mode survie où nous devons résister le plus longtemps face à des vagues de « punks » qui vandalisent notre restaurant.
Kitchen Wars est un jeu avec un concept intéressant, un prix attractif, mais il « vaut » aussi malheureusement son prix. Les vidéos de gameplay disponibles sur Internet ne trompent pas : au bout d’une vingtaine de minutes, nous nous lassons du jeu, la faute à une répétitivité très lourde et un manque de contenu général.
Il faut trente minutes pour comprendre comment fonctionne le jeu… mais nous faisons le tour complet du gameplay bien avant. Les objets comme les difficultés se répètent très rapidement. Les parties se ressemblent et Kitchen Wars devient le jeu d’une soirée, d’une heure (ou moins) que nous lâchons pour des jeux mieux conçus. Le jeu est jouable uniquement à plusieurs, il n’y a ni mode histoire, ni bots qui pourraient nous permettre de nous amuser en solo.
Le prix de cinq euros est certes attractif, cependant, nous préférons un jeu plus cher comme PlateUp! (vingt euros), qui peut offrir de nombreuses dizaines d’heures de plaisir là où Kitchen Wars fait partie des jeux « fond de tiroir » qui risquent de traîner dans votre catalogue.
Les graphismes sont moyens. Si la patte graphique est colorée, le jeu donne un côté « brut » qui nécessite encore d’être poli. Il est par ailleurs souvent difficile de lire à l’écran ce qui se passe, chose pourtant nécessaire quand nous sommes en plein chaos. Nous pouvons perdre un temps fou à retrouver nos chaises, là où le jeu pourrait nous indiquer plus clairement les urgences les plus importantes pour gérer au mieux notre restaurant.
La bande-son s’oublie. Comme nous parlons avec nos amis, elle passe totalement à côté. Cependant, après une écoute plus attentive, les musiques sont dynamiques mais peu inspirées, et elles finissent par nous lasser rapidement. Le sound design est au niveau des cinq euros : nous sentons le côté « peu cher » du titre, avec des sons importés au jeu sans le moindre effort de postproduction pour bien les implémenter.
En plus de la maniabilité compliquée, le jeu souffre de commandes parfois peu réactives et peu intuitives. Par exemple, pour servir un client, il ne faut pas déposer l’assiette sur la table, mais sur le client. Les distances pour servir ou attraper un objet semblent aléatoires (même si nous savons qu’elles ne le sont pas) : parfois, nous avons l’impression d’être devant un client mais ce dernier ne récupère pas l’assiette ; à d’autres moments, la distance pour attraper nos ennemis semble beaucoup trop lointaine.
Conclusion
Kitchen Wars est un party-game au concept intéressant… qui n’est malheureusement pas exploité. Avec un contenu très maigre, des parties qui se ressemblent, et une maniabilité peu intuitive, nous avons un jeu qui nous amuse pendant vingt minutes et s’oublie très rapidement après. L’absence de variété dans le gameplay ou le level design nous amène à changer très rapidement de jeu en soirée. Dommage, avec un peu plus de travail, ce Kitchen Wars aurait pu être une belle surprise.
LES PLUS
- Un concept intéressant
- Dans les faits, ça aurait pu être un bon jeu
- Un petit prix
LES MOINS
- Un contenu vide
- Nous faisons le tour très rapidement
- Une prise en main complexe pour pas grand-chose
- Une partie suffit pour voir l’entièreté du jeu
- Une bande-son oubliable
- Une sensation désagréable à la manette







