On ne présente plus Final Fantasy X, ce monument du J-RPG qui a marqué toute une génération de joueurs à l’aube des années 2000. Aujourd’hui, c’est au tour de la Nintendo Switch 2 d’accueillir ce double opus mythique, dans une version HD Remastered qui entend redonner leurs lettres de noblesse à ces deux titres cultes. Entre nostalgie et découverte, on s’est plongé dans les mondes de Spira pour vous livrer un test aussi complet que possible de cette compilation qui promet plus de 100 heures d’aventure.
Deux épopées, deux ambiances
Le développement original de Final Fantasy X remonte à l’ère PlayStation 2, avec une équipe dirigée par Yoshinori Kitase et un scénario signé Kazushige Nojima. Pour cette version HD Remastered, c’est Virtuos Games qui a été chargé du lifting technique, un studio chinois spécialisé dans les portages et remasters, qui a déjà fait ses preuves sur de nombreuses productions multiplateformes. On souligne d’ailleurs la qualité du travail accompli, même si quelques choix discutables viennent ternir le tableau.
Final Fantasy X : Le pèlerinage de Yuna
On débute notre aventure aux côtés de Tidus, star du blitzball – ce sport aquatique qui n’a rien à envier au water-polo – et joueur vedette des Zanarkand Abes. Alors qu’il dispute un match décisif, une créature colossale répondant au nom de Sin sème la destruction dans la ville, pulvérisant le stade et une bonne partie de Zanarkand. Tidus survit miraculeusement à cette catastrophe, se retrouvant propulsé dans un monde qui lui est totalement inconnu : Spira.
Seul et perdu, il fera rapidement la rencontre de Yuna, une jeune invocatrice qui s’apprête à entreprendre un pèlerinage pour débarrasser Spira de Sin, ce fléau qui terrorise les populations. Dans ce monde dominé par la puissante religion Yevonite, les invocateurs sont les seuls à pouvoir espérer vaincre le monstre au prix d’un voyage semé d’embûches à travers les temples de Yevon pour acquérir les chimères, invocations qui leur permettront d’atteindre l’Ultime Chimère, seule capable de défaire Sin.
Le récit aborde des thèmes profonds comme la mort, le deuil, la fatalité et les sacrifices nécessaires pour protéger ceux qu’on aime. La relation entre Tidus et Yuna constitue le cœur émotionnel de cette histoire, et on ne peut qu’être touché par la destinée de ces personnages qui doivent affronter bien plus que de simples monstres.
Final Fantasy X-2 : La renaissance de Spira
Deux ans après les événements du premier opus, Spira a changé. L’Éternelle Félicité a débuté, et le monde respire enfin sans la menace constante de Sin. Yuna, désormais chasseuse de sphères, mène une vie bien différente aux côtés de Rikku et d’une nouvelle venue, Paine, formant le trio des Gullwings.
Tout bascule lorsqu’elle visionne une sphère mystérieuse montrant l’image d’un homme qui ressemble étrangement à Tidus. Débute alors une quête à travers Spira pour percer les secrets de cette vision. Là où Final Fantasy X proposait un récit sombre et mélancolique, sa suite adopte une tonalité résolument plus légère et festive. On passe des drames existentiels aux chansons pop et danses endiablées, un virage qui avait dérouté à l’époque et qui continue de diviser les fans aujourd’hui.
Final Fantasy X : La stratégie avant tout
Le système de combat de Final Fantasy X délaisse l’Active Time Battle (ATB) utilisé dans la plupart des épisodes précédents au profit du Conditional Turn-Based Battle (CTB). Concrètement, on se retrouve face à un tour par tour pur et dur, où une fenêtre affiche l’ordre des actions à venir. Cette approche permet une planification minutieuse des stratégies, chaque action pouvant influencer le déroulement des tours.
La grande force de ce système réside dans la possibilité de changer de personnages en plein combat sans perdre son tour. Vos trois combattants sur le front peuvent être remplacés par ceux qui attendent en réserve, permettant de s’adapter aux faiblesses des ennemis. Chaque personnage possède en effet ses spécialités : Wakka excelle contre les ennemis volants, Lulu maîtrise la magie noire, Kimahri est un hybride versatile…
Le système d’évolution, le fameux Sphérier, constitue une autre innovation majeure. Cette immense grille parsemée de cases représentant des statistiques, des capacités et des sorts doit être parcourue grâce aux points de compétence gagnés en combat. Chaque personnage débute à un endroit spécifique, mais il est possible de les faire diverger vers d’autres chemins, créant des builds uniques. Le Sphérier Expert, inclus dans cette version internationale, offre encore plus de liberté, au risque de commettre des erreurs de progression.
Les invocations, appelées chimères, méritent une mention spéciale. Contrairement aux épisodes précédents où elles apparaissaient brièvement, elles deviennent ici des personnages à part entière, avec leurs propres statistiques et points de vie. Yuna les contrôle durant les combats, et elles s’avèrent souvent décisives face aux boss les plus coriaces.
Final Fantasy X-2 : La vitesse et la liberté
Le changement de ton se ressent jusque dans le système de combat. Final Fantasy X-2 renoue avec l’ATB, mais dans une version revue et accélérée. Les combats gagnent en dynamisme, les actions peuvent s’enchaîner simultanément, créant une atmosphère bien plus frénétique que dans le premier volet.
L’autre grande innovation vient des Vêtisphères, qui remplacent le Sphérier. Ce système de classes évoque les jobs des anciens Final Fantasy, mais avec une flexibilité inédite. En combat, on peut changer de classe instantanément via la Grille de Vêtements, transformant par exemple son mage noir en mage blanc pour prodiguer des soins avant de repasser à l’offensive. Chaque Vêtisphère possède ses propres compétences qui se débloquent au fil de l’utilisation, offrant une personnalisation poussée du trio principal.
La structure du jeu diffère radicalement de son prédécesseur. Là où Final Fantasy X était linéaire, avec une progression imposée jusqu’à la fin du jeu, X-2 adopte un système de missions en cinq chapitres. Dès le début, on peut explorer librement Spira, avec des missions principales et secondaires clairement indiquées sur la carte. Une liberté bienvenue qui permet de s’immerger pleinement dans ce monde en pleine renaissance.
Entre fluidité et frustrations
Sur Nintendo Switch 2, les deux jeux s’avèrent parfaitement jouables, que ce soit en mode portable ou sur téléviseur. Les commandes répondent avec précision, et on n’a relevé aucun ralentissement notable durant nos longues sessions de jeu.
Un petit défaut pour ceux qui connaissent déjà le jeu, il concerne l’impossibilité de passer les cinématiques dans Final Fantasy X. Certaines scènes peuvent durer plus de dix minutes, et elles précèdent parfois des combats de boss particulièrement difficiles. Perdre face à un tel adversaire signifie revoir toute la cinématique depuis le début. Une frustration immense qui, en 2026, confine à l’inexcusable.
Un lifting musical bienvenu mais inégal
Square Enix a confié la remastérisation de la bande-son à des arrangements modernes, tout en laissant la possibilité de revenir à la version originale à tout moment via les options. Un choix judicieux qui ravira autant les puristes que les joueurs désireux de découvrir ces compositions sous un nouveau jour.
Les morceaux de Final Fantasy X, composés par le légendaire Nobuo Uematsu, restent des références absolues dans le monde du jeu vidéo. « To Zanarkand », « Someday the Dream Will End » ou encore l’Hymne de la Foi sont des mélodies qui ont marqué toute une génération de joueurs. Les réarrangements apportent une profondeur supplémentaire à ces classiques, avec des orchestrations plus modernes et des sonorités enrichies.
Pour Final Fantasy X-2, la bande-son signée Noriko Matsueda adopte un style plus pop et jazzy, en parfaite adéquation avec le ton léger du jeu. Là encore, le contraste avec le premier opus est saisissant, mais chaque musique sert parfaitement l’atmosphère de son aventure respective.
L’aspect le plus contestable reste le doublage. Les voix anglaises, conservées telles quelles depuis la version originale, n’ont pas toujours bien vieilli. Certaines interprétations sonnent parfois étrangement, avec des inflexions maladroites et des émotions qui semblent forcées. Yuna, en particulier, souffre d’un doublage qui peut donner l’impression d’une voix plaquée sur des répliques. Dommage que les voix japonaises ne soient pas incluses dans cette version, une occasion manquée d’offrir une alternative aux puristes.
Un lifting bienvenu mais inégal
Le travail effectué sur l’aspect visuel est globalement réussi. Les textures ont été retravaillées, les modèles des personnages principaux ont bénéficié d’une attention particulière, et le passage au 16:9 s’opère sans heurts. Les cinématiques, même si elles montrent parfois leur âge, conservent une qualité impressionnante qui rappelle à quel point Square Enix maîtrisait l’art de la mise en scène à l’époque.
Les environnements regorgent de détails et bénéficient d’une direction artistique toujours aussi inspirée. Le monde de Spira, avec ses influences asiatiques du sud-est, ses temples majestueux et ses paysages variés, reste un régal pour les yeux. On passe des plages paradisiaques de Besaid aux forêts cristallines de Macalania, en traversant les ruines de Zanarkand, et chaque lieu possède son identité propre.
Mais le vernis cache parfois quelques imperfections. Certains PNJ semblent avoir été négligés, affichant des visages figés et des textures grossières qui contrastent avec le soin apporté aux personnages principaux. Les bijoux peints directement sur les modèles, les cheveux parfois statiques, les mains qui traversent les objets… Ces petits défauts rappellent inévitablement que ces jeux ont plus de vingt ans. Rien de rédhibitoire, mais il faut accepter de voir les limites techniques de l’époque.
Une montagne de contenu
Avec plus de 100 heures de jeu annoncées, cette compilation ne vous laissera pas sur votre faim. Chaque opus pris séparément offre déjà une aventure conséquente, mais c’est l’ensemble des contenus additionnels qui transforme cette compilation en véritable monstre de longévité.
Pour Final Fantasy X, cette version internationale inclut le Sphérier Expert, des boss supplémentaires redoutables, et la possibilité d’affronter des super-monstres en fin de partie. Le blitzball, ce mini-jeu qui fait office de sport national à Spira, peut à lui seul vous occuper des dizaines d’heures si vous vous prenez au jeu.
Final Fantasy X-2 propose, quant à lui, le système Creature Creator, qui permet de capturer et d’entraîner plus de 150 types de monstres pour les utiliser en combat. La Last Mission, un mode rogue-like en vue de dessus où l’on doit gravir une tour de 80 étages, ajoute encore quelques heures de jeu. Sans oublier le scénario bonus « Eternal Calm » qui fait la transition entre les deux opus. Au total, si vous êtes un joueur completiste, vous pouvez aisément dépasser les 150 heures de jeu. Une durée de vie exceptionnelle qui justifie amplement l’investissement.
Cette version Switch 2 de Final Fantasy X/X-2 HD Remastered reprend fidèlement le contenu de la version PS3/Vita de 2014. On retrouve donc tous les ajouts des versions internationales japonaises, ce qui est une excellente chose. Les puristes apprécieront la possibilité de basculer entre les musiques originales et réarrangées en plein jeu. Les cinématiques ont été conservées dans leur intégralité, et les quelques scènes bonus comme « Eternal Calm » sont bien présentes.
Conclusion
Final Fantasy X/X-2 HD Remastered sur Nintendo Switch 2 est une compilation qui fera le bonheur des nostalgiques comme des nouveaux venus. Les deux titres ont incroyablement bien vieilli, portés par des systèmes de jeu toujours aussi pertinents, des histoires marquantes et une direction artistique intemporelle.Le travail de remasterisation, bien qu'inégal par endroits, rend hommage à ces classiques avec le respect qu'ils méritent. Les graphismes améliorés, les musiques réarrangées et l'intégration des contenus internationaux transforment cette compilation en édition définitive de référence. On regrette cependant que Square Enix n'ait pas poussé le confort plus loin. Les boosters de vitesse ou de puissance, devenus quasi-standard dans les remasters modernes, manquent cruellement pour ceux qui souhaiteraient revisiter ces jeux à leur rythme.Mais ces défauts n'entachent pas fondamentalement la qualité de l'ensemble. Final Fantasy X reste un chef-d'œuvre absolu, une expérience narrative et ludique qui mérite d'être vécue par chaque amateur de J-RPG. Final Fantasy X-2, bien que plus contestable dans son approche, offre une alternative rafraîchissante et bien plus divertissante qu'on ne veut bien le dire.Pour les possesseurs de Nintendo Switch 2, cette compilation s'impose comme un indispensable. Elle incarne l'un des meilleurs du J-RPG classique, revisité avec soin pour une nouvelle génération de joueurs. Que vous soyez un ancien fan souhaitant revivre l'aventure ou un néophyte curieux de découvrir ces monuments du jeu vidéo, ce double opus vous offrira des heures de bonheur, d'émotion et de réflexion. Final Fantasy X/X-2 HD Remastered n'est peut-être pas un remaster parfait, mais il préserve l'âme de deux jeux exceptionnels. Et dans un monde vidéoludique où les remakes et remasters se multiplient, préserver l'essence d'un classique reste la plus belle des réussites.
LES PLUS
- Une compilation généreuse avec plus de 100 heures de jeu
- Des systèmes de combat toujours aussi pertinents et plaisants
- Le Sphérier, une évolution ingénieuse
- La bande-son magistrale de Nobuo Uematsu
- La possibilité de choisir entre musique originale ou réarrangée
- Les boosts XP, enfin
LES MOINS
- L'impossibilité de passer les cinématiques dans Final Fantasy X
- Le doublage anglais qui a mal vieilli
- Quelques textures et animations datées
















Test très intéressant merci.
Comme cette compilation existait déjà sur Switch, on pouvait déjà y jouer sur Switch 2. J’aurais aimé savoir si cette version Switch 2 vaut vraiment le coup vs. la version Switch 1 jouée sur Switch 2 ? Si on possède déjà la deuxième, y a-t-il un intérêt de repasser à la caisse pour cette version ? Quelles sont les différences majeures ?
Merci !
Aucun intérêt si vous avez déjà le jeu sur Switch 1
Merci !
Quelle est la date de sortie ?
demain
Oui, c’est une honte qu’il n’y ait pas d’upgrade possible, que la save Switch 1 soit incompatible et que ces features ne soient pas sur Switch 1 (ça pourrait); mais étant donné qu’il s’agit des seules améliorations notables, et pas négligeables pour le coup, ça aurait été préférable de les mentionner dans le test.
Donc si, il y a un intérêt par rapport à la version Switch 1 malgré les pratiques commerciales très discutables de Square Enix.