Square Enix aime beaucoup ressortir ses anciennes gloires en leur donnant un petit coup de polish. Et parfois ce sont des jeux un peu méconnus ou qui n’avaient pas eu la chance d’être traduits chez nous qui ont le droit à ce genre de ressortie, on pense évidemment à Live A Live ou encore les Dragon Quest qui reviennent sur le devant de la scène avec leurs sorties HD-2D. Ici ce ne sera pas réellement ce traitement qui sera appliqué à Star Ocean, mais on s’en rapproche un peu. La ressortie sur Switch 2 du titre nous permet de vous reparler du titre et d’en remettre une couche. Alors préparez vos meilleurs sorts et coups d’épée, c’est parti pour Star Ocean: The Second Story R sur Switch 2 !
Deux protagonistes, une prophétie
Date spatiale 366. Claude C. Kenny, jeune officier de la Fédération Pangalactique, se retrouve involontairement propulsé sur une planète inconnue suite à un accident lors de l’exploration de ruines extraterrestres. Il atterrit dans la forêt sacrée du village d’Arlia, où il sauve une jeune fille appelée Rena d’une créature hostile. Rena, voyant un étranger tomber du ciel vêtu d’un équipement futuriste et armé d’une arme bizarre, décide aussitôt qu’il s’agit du légendaire Héros de la Lumière, une prophétie ancienne censée apporter le salut à sa planète. Claude proteste poliment, mais accepte quand même de rester pour enquêter sur une série de cataclysmes mystérieux qui ravagent Expel depuis quelques mois, des séismes et des hordes de monstres qui ont commencé après l’apparition d’un objet que les habitants appellent le Globe de Sorcellerie.
C’est à partir de là que le jeu commence son histoire à l’ascension progressive. Nous passons une première partie à nous balader dans tout Expel, à visiter tout un tas de villes, qui à chaque fois vont avoir une petite histoire globalement assez légère. On arrive même à trouver le jeu très classique et plan-plan, mais c’est sans compter le twist du milieu de l’histoire qui bouleverse réellement cette dernière et qui va radicalement changer le ton du jeu, qui va alors être un peu moins candide. Comme souvent dans les jeux des années 90, l’écriture n’est pas forcément très profonde, mais elle n’en reste pas moins efficace, tout en restant assez classique. Mais est-ce que nous ne trouvons pas ça classique, car depuis, beaucoup de jeux que nous avons faits s’en inspirent ?
La grande particularité de Star Ocean: The Second Story R, c’est justement ce système de double protagoniste : vous choisissez au lancement de la partie si vous incarnez Claude ou Rena, et ce choix a de véritables conséquences sur la façon dont vous expérimentez cette histoire. Certains personnages recrutables changent, certaines scènes sont exclusives à l’un ou l’autre (Leon n’est disponible que du côté de Claude, Dias que du côté de Rena, par exemple), et surtout le regard porté sur les révélations majeures n’est jamais tout à fait le même selon votre perspective. Jouer Claude, c’est vivre l’histoire d’un étranger qui découvre graduellement que rien n’est ce qu’il semble. Jouer Rena, c’est incarner quelqu’un dont l’identité et les certitudes vont être complètement remises en question. C’est loin d’être un simple gadget marketing, ça donne un vrai replay-value au titre, une aventure de plusieurs dizaines d’heures qui se redécouvre presque sous un jour différent la seconde fois.
L’écriture, elle, ne va pas révolutionner le genre. On est sur un mélange assez classique de fantaisie et de science-fiction, avec son lot de grandes révélations, ses méchants au mélodrame bien senti et son humour un peu simplet propre aux jeux de la fin des années 90. Mais l’alchimie entre les personnages fonctionne bien, et surtout le jeu prend le temps de nous les faire aimer grâce à un système qui a fait sa réputation : les Actions privées. En vous baladant dans les villes, une icône vous indique la présence d’une scène facultative où votre héros va pouvoir discuter en tête-à-tête avec un ou plusieurs compagnons, révélant leurs passés, leurs motivations, leurs insécurités et leurs joies. Ces petits moments, souvent drôles, parfois touchants, servent aussi bien à renforcer les liens qu’à influencer les affinités entre personnages, et donc les multiples fins disponibles en fonction des couples que vous aurez favorisés en chemin. Une trouvaille toujours aussi charmante presque 30 ans plus tard, d’autant que le jeu prend soin de vous signaler clairement où se trouvent ces Actions privées. Agréable dans ce remake, la possibilité de se téléporter d’une ville à l’autre facilement ; plus besoin de faire de grands allers-retours à pied.
Un système de combat dynamique
Ici, pas de héros solitaire : vous allez pouvoir recruter jusqu’à huit compagnons parmi une bonne quinzaine de personnages disponibles, chacun avec son passé, sa personnalité et son style de combat. Mais le jeu ne vous permettra jamais de tous les avoir en même temps. Recruter Ashton vous privera d’Opera, prendre Précis vous fermera la porte à Bowman, et ainsi de suite. Un système de choix cornéliens qui pousse naturellement à refaire l’aventure pour découvrir les personnages laissés de côté la première fois, un peu comme le double protagoniste. C’est d’ailleurs un des points qui fait tout le sel de la saga : on a vraiment le sentiment de composer sa propre équipe, avec ses regrets et ses coups de cœur.
Contrairement à ce que son ancienneté pourrait laisser penser, Star Ocean: The Second Story R ne propose pas de combat au tour par tour, mais un système d’action en temps réel où l’on contrôle directement un personnage sur le terrain de bataille, pendant que le reste de l’équipe se débrouille via une intelligence artificielle plutôt convaincante (et modulable dans le menu des directives, pour éviter que vos compagnons ne se contentent de mourir bêtement sans bouger). On alterne entre attaques normales, techniques spéciales propres à chaque personnage et sorts pour les mages, avec la possibilité de changer de cible ou de personnage contrôlé à la volée.
Le remake ajoute deux mécaniques qui changent vraiment la donne. La première, c’est le système de Break : chaque ennemi possède une jauge de bouclier qui, une fois vidée à coups d’attaques bien senties, le rend beaucoup plus vulnérable et ouvre la voie à de gros dégâts. Un chef d’un groupe qui se fait Break entraîne d’ailleurs ses sbires dans une réaction en chaîne, ce qui est particulièrement satisfaisant à voir se déclencher. La seconde, c’est l’Action d’Assaut, une jauge qui se remplit au fil du combat et qui, une fois pleine, permet d’appeler en renfort un personnage resté sur le banc pour une attaque signature dévastatrice, sans consommer le moindre point de magie et sans risquer la moindre égratignure pour lui. Le jeu va même plus loin en vous laissant débloquer des joyaux permettant d’invoquer des héros d’autres épisodes de la saga (Fayt de Till the End of Time, Laeticia de The Divine Force…) en simples caméos d’assaut. Un joli clin d’œil pour les fans de la première heure.
Malgré ce qui est proposé pour égayer les combats, on se retrouve quand même rapidement à spam la touche attaque un peu bêtement en laissant l’IA lancer de gros sorts de partout. On pestera même sur ce principe d’arène 3D ronde, alors que notre personnage lui attaque sur un plan 2D horizontal, on tapera donc assez régulièrement à côté de l’adversaire qui se déplacement lui comme une anguille dans l’arène.
En dehors des combats, le jeu propose un système qu’il appelle CO (Création d’objets) / Spécialité. Si le premier est explicite, le second mérite de se pencher dessus. Lors des combats, nos héros vont pouvoir gagner des PB et des PC, les premiers serviront à améliorer des passifs de combats et nos techniques/sorts, les PC eux seront à dépenser dans les CO/Spécialités. Nos personnages vont pouvoir apprendre tout un tas de spécialités, qui réunis font que l’on va apprendre des spécialités plus complexes. Par exemple la compétence d’objet Art, est en réalité Dessin et Sens esthétique, qui vont à l’unité améliorer des statistiques pour nos personnages, mais qui une fois les deux montés à un certain niveau, améliorent Art. Qui sera utile pour créer des objets. Il existe des spécialités comme Entrainement, qui est une combinaison d’Effort, Détermination et Résilience, mais il existe aussi au-dessus les super spécialités comme Sentinelle qui exige d’avoir plusieurs spécialités montées à un certain niveau sur un certain nombre de personnages. Assez complexe au départ, c’est ce qui rend le jeu complet et agréable.
Mais attention, elles peuvent aussi totalement casser le jeu. Par exemple, Entrainement vous permet de baisser vos statistiques d’attaques, pour augmenter vos gains d’expérience, de 50 % par exemple (jusqu’à 100 %). Si on rajoute à ça la formation qui permet de gagner plus d’expérience, qu’on rajoute à ça la possibilité de faire apparaitre plus d’ennemis d’un coup et on achève le tout avec les combats à la chaine qui, plus nous avons d’ennemis connectés sur la map, plus nous allons augmenter le multiplicateur d’expérience… Nous allons alors gagner énormément d’expérience et donc rouler sur le jeu assez tôt. En dehors des 2 premières heures de jeu, nous n’avons plus jamais croisé d’ennemis violets, qui sont les ennemis normalement à notre niveau. Uniquement ceux en vert, qui sont plus faibles et qui grâce à Sentinelle peuvent en plus être anéantis sans même lancer le combat.
Pour tout vous dire, avant le twist de milieu d’histoire, nous avons recruté une personne dans notre équipe. Cette dernière a logiquement le niveau adapté à ce qui est attendu à ce moment de l’histoire, le personnage était donc de niveau 45. Notre équipe quant à elle était au niveau… 80. Faites donc attention si vous souhaitez garder un peu de fun et de défi.
Une modernisation qui ne trahit jamais l’original
Le plus gros travail de ce remake reste évidemment sa direction artistique. Exit les polygones datés de la version PlayStation, place à un style 2.5D qui mélange sprites 2D façon pixel art pour les personnages et environnements entièrement modélisés en 3D. Le résultat est charmant, un joli compromis entre nostalgie assumée et modernité, porté par de nouveaux artworks du dessinateur historique de la série. On sent clairement que le travail est soigné grâce à ce choix visuel plutôt que d’opter pour la facilité d’un simple remaster. Le travail sur les artworks est aussi magnifique, la possibilité de passer sur les anciens est présente, mais on ne sait pas comment on pourrait en avoir envie.
Musicalement, difficile de trouver à redire : les compositions d’origine de Motoi Sakuraba ont été entièrement réarrangées, avec de véritables enregistrements en orchestre et en groupe live pour les thèmes d’exploration et les cinématiques. C’est un vrai plaisir pour les oreilles tout au long de l’aventure. Le doublage, disponible en japonais comme en anglais, couvre désormais l’intégralité des scènes d’événements.
Côté confort de jeu, les ajouts sont nombreux et bienvenus : déplacement rapide entre les zones déjà visitées, trois modes de difficulté (Terre pour une balade tranquille, Galaxie pour un vrai défi, Univers pour les plus téméraires), et surtout un système de repérage des Actions privées bien plus lisible qu’à l’époque, où il fallait errer un peu à l’aveugle en espérant tomber sur le bon événement au bon moment. Le jeu reste malgré tout un poil bavard sur la fin, avec son lot d’allers-retours entre les villes qui peuvent parfois donner une impression de remplissage, mais dans l’ensemble cette modernisation évite intelligemment l’écueil du remake qui trahit son matériau d’origine.
La version Switch 2 apporte peu, le jeu était déjà très beau et très propre sur Switch 1. Mais en tout cas, nous n’avons jamais eu de ralentissement, de chute de framerate, le jeu était propre en toute circonstance que ce soit en docké ou en portable. Cependant il faut noter quand même un agacement possible, pas de transfert de sauvegarde possible si vous avez le jeu sur Switch 1 et pas de possibilité de passer à la version Switch 2 gratuitement ou via un patch payant.
Conclusion
Star Ocean: The Second Story R est de ces remakes qui savent exactement pourquoi le jeu original a marqué son époque, et qui prennent soin de préserver cette identité tout en la rendant plus accessible. Le système de double protagoniste et les Actions privées donnent une vraie profondeur émotionnelle à une histoire pourtant assez classique sur le papier, tandis que le système de combat, enrichi par le Break et les Actions d'Assaut, se révèle toujours aussi grisant près de 30 ans après ses débuts. La direction artistique 2.5D et la bande-son réarrangée achèvent de faire de cette version la meilleure porte d'entrée possible dans cette aventure, aussi bien pour les nostalgiques que pour les néophytes curieux de découvrir un classique du genre. On regrettera simplement une richesse de systèmes qui peut dérouter au premier abord, et cette absence totale de mise à niveau pour la version Switch 2 qui sent un peu trop la stratégie commerciale. Mais pour qui n'a jamais posé les yeux sur cet épisode, c'est clairement l'occasion à ne pas manquer.
LES PLUS
- Le système de double protagoniste, une vraie replay-value
- Un casting généreux avec de vrais choix de recrutement
- Le système de combat enrichi par le Break et les Actions d'Assaut
- Une direction artistique 2.5D réussie
- La bande-son de Motoi Sakuraba réarrangée avec soin
- Doublage intégral japonais/anglais et entièrement traduit en français !
- Beaucoup de systèmes annexes pour les complétionnistes
- Une histoire qui est agréable à suivre
LES MOINS
- Aucune mise à niveau ni réduction pour les possesseurs de la version Switch
- Aucun transfert de sauvegarde entre les deux versions
- Mais systèmes annexes qui peuvent trop facilement casser le jeu
- Sans parler de la complexité et du manque d'explication de ces systèmes annexes
- Une carte tristement vide, signe d'un jeu des années 90
- Une histoire qui sera sûrement un peu trop classique pour la plupart d'entre nous en 2026












Square Enix franchement une entreprise pareil qui prend tout le monde pour des idiots. Entre ff x x2, les octopath 1 et 2 sur switch 2 pas de mise a jour obliger de racheter le jeu. octopath traveler 0 GKC + pas de vf sur switch 2. Maintenant au tour de star ocean ???? pas de maj non plus repassage a la caisse ! C est vraiment un scandale de faire cela, on est pas des vaches a lait, surtout que star ocean switch 1 est loin d être horrible sur switch 2 vu que c est du pixel art comme octopath aucun intérêt a le racheter.
Encore une fois, leurs but n’est pas tellement de nous faire racheter un titre, mais qu’il soit toujours présent en rayon quand on retireras de la ventes les jeux Switch 1 des rayons. Leurs but n’est pas vraiment de séduire ceux qui ont déjà ces jeux, notamment car les portages Switch 2 sont plutôt faible en contenu (voir aucun en dehors de ffx-2 pour l’instant), mais surtout n’apporte pas grand chose visuellement ou en terme de FPS. Certes c’est « mieux », mais ça ne justifie pas un rachat. Mais c’est aussi très psychologique, quand tu as une Switch 2, tu n’a pas envie de jouer à un jeu Switch 1.