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Kalanoro (Nintendo Switch) – Le test

Ash par Ash
27 septembre 2026
dans Tests Nintendo Switch
Temps de lecture: 11 mins
0
Kalanoro
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Développé par le studio Red Raketa situé à Madagascar et édité par New Tales, Kalanoro débarque sur Nintendo Switch avec la ferme intention de faire découvrir le folklore malgache en mêlant combat et plateforme. Combinant un univers coloré, un ton enfantin voire décalé et une bande-son rythmée, ce titre rappelle d’autres aventures de l’ère PS1 et PS2. Mais que vaut réellement cette aventure musicale une fois la Nintendo Switch entre les mains ?

Kalanoro est disponible en français depuis le 24 septembre 2026 sur l’eShop au prix de 19.99 euros.

Tous en scène !

KalanoroL’histoire de cette production remonte à environ six ans, lorsque le rappeur Orelsan rencontre Dina et Steevie, deux développeurs originaires de Madagascar. Pour concrétiser leur idée de créer un jeu vidéo centré sur la culture malgache, l’artiste leur a apporté un soutien, permettant ainsi la naissance du studio Red Raketa en 2021.

Créer un studio c’est bien, mais cela ne suffit pas dans l’industrie vidéoludique. Afin d’obtenir un soutien éditorial, Orelsan s’est alors tourné vers le vidéaste Squeezie, qui a mis le studio en relation avec l’éditeur français New Tales, qui a notamment travaillé avec Ankama.

Maintenant que les bases sont posées, entrons dans le vif du sujet ! Dans Kalanoro, nous incarnons Kalakely, une Kalanoro (petite créature issue du folklore malgache), qui a la particularité d’avoir une pilosité pour le moins abondante ! Notre héroïne vit sur la petite île de Lémuria, autrefois paradisiaque mais aujourd’hui contrôlée et dévastée par la très cruelle sorcière Raneny.

Après avoir exploité l’île et ses habitants et dans un élan d’égocentrisme, cette dernière a décidé d’organiser un gigantesque concert à sa propre gloire. Pour lui faire obstacle, Kalakely, apparemment choisie par une pseudo prophétie, va devoir parcourir les régions qui composent l’île afin d’unir les plus grands talents de la scène locale et affronter la tyrannique Raneny.

Vous avez l’impression que le scénario a été écrit sur un timbre-poste ? Effectivement, on ne peut pas dire que l’intrigue soit particulièrement inventive ou recherchée. Mais n’est-ce pas aussi le cas de Crash Bandicoot, Spyro, ou même la plupart des films Disney ?! Pourquoi choisir ces références ? Tout simplement parce que Kalanoro possède beaucoup de choses en commun avec ces dernières.

La narration se veut simple, accessible pour les plus jeunes, centrée sur une héroïne avec une particularité (ici, sa pilosité), et surtout un enrobage et un environnement propres pour y développer un univers : le folklore malgache. Nous y trouvons aussi la scission entre la nature, la tradition, et l’écrasante modernité amenée par la sorcière. Les thèmes de la déforestation et la dépossession de la culture ne seront pas passé inaperçus, même dans de petits détails.

La trame narrative reste classique et manichéenne du début à la fin — le bien contre le mal —, l’écriture est légère, mais permet de glisser par moments quelques dialogues piquants. Les personnages secondaires, des lémuriens virtuoses aux esprits grognons, apportent une touche de fraîcheur et d’humour. Le tout est très accessible et nous retrouverons quelques clins d’oeil dans l’aventure, comme des lémuriens à l’effigie d’Orelsan et de ses potes, Skread et Ablaye.

Kalanoro est entièrement en français mais nous regrettons l’absence de doublage dans le jeu, surtout que les personnages possèdent bien des “voix”. Nous reconnaissons d’ailleurs assez facilement celle d’Orelsan qui balance quelques mots, tandis que les autres s’expriment plus par onomatopées ou dans un langage semblable à celui des Sims. Cette différence de traitement entre les protagonistes est un peu curieuse mais s’explique certainement en un seul mot : le budget.

Une base solide ruinée par une partie technique imprécise

Kalanoro est un jeu qui s’articule autour de trois piliers principaux qui s’imbriquent et se complètent tout au long de l’aventure. Tout d’abord, l’exploration et les phases de plateformes. Kalakely répond au doigt et à l’œil avec une palette de mouvements classique : saut, esquive, dash aérien, activation de leviers et collecte d’objets. Le level design exploite habilement le relief de Lemuria, proposant des phases en vue de dessus isométrique, des passages en verticalité et horizontalité complexes, des passages secrets à débloquer et des obstacles environnementaux.

Le second pilier réside dans le système de combat : Kalakely peut frapper les adversaires directement à l’aide de ses poings, mais également se saisir d’armes de fortune disséminées au sol comme des poêles, des marteaux, des planches ou même des tongs ! A la manière de Shantae, elle pourra également utiliser sa chevelure démesurée pour frapper les ennemis, voire même les saisir et enchaîner une série de claques.

A mesure que vous avancez dans l’aventure, des pouvoirs seront obtenus en achetant des shampooings à un vendeur, octroyant des pouvoirs à votre coiffe pour électrocuter les ennemis ou même enclencher des mécanismes. Cela permet d’apporter la touche de renouvellement dans le gameplay dont le titre a bien besoin.

Puis, dernier pilier, le « Tour Bus » et la gestion du groupe. Entre deux niveaux, le jeu se transforme en véritable road trip. Vous gérez le véhicule de tournée de l’équipe au travers de petits mini-jeux interactifs. Cuisine, création d’affiches pour votre groupe, culture de plantes, modifications esthétique du bus… Ces intermèdes apportent un sentiment d’attachement à votre équipage et permettent de personnaliser l’expérience avant de repartir à l’aventure. Mention spéciale et appréciable pour la cuisine qui reprend des mets typiques malgaches.

Kalanoro réussit à proposer des bases solides avec des phases différentes, de l’exploration, de la plateforme, du combat et des mini-jeux rythmés. Mais le titre n’arrive pas à pousser son concept jusqu’au bout, notamment à cause d’un manque de technicité dans le gameplay. Aussi, les transitions peuvent être un peu brutales, que ce soit entre les différentes phases comme pour les menus.

L’univers est sympathique mais relativement générique, avec des phases de plateforme qui ne surprennent jamais. Plutôt simple, le titre s’enchaîne facilement avec une permissivité bienvenue pour les plus jeunes mais lassante pour les plus expérimentés.

Pour la partie combat, les armes n’apportent pas de réelle plus-value. Les dégâts, avec ou sans leur utilisation, ne changent pas de manière remarquable les blessures infligées aux adversaires. Aussi, les affrontements contre les ennemis de bases se résolvent pratiquement toujours de la même manière : attraper un ennemi avec ses cheveux pour l’enchainer à coup de poings. D’ailleurs, nous en profitons pour le préciser, mais OUI, le truc maronnasse en forme de bâton rigide qui sort de votre personnage, c’est bel et bien ses cheveux.

Seuls les combats de boss sortent du lot en proposant des tactiques réfléchies pour en venir à bout mais leur difficulté est à l’opposée de celle des combats classiques, plus relevée à cause de leur durée. Ils ne sont jamais épiques mais juste beaucoup trop longs.

De manière générale, si les sauts du personnage sont bien calibrés avec un marqueur au sol pour indiquer où va atterrir Kalakely, et les esquives d’une rapidité fulgurante, il n’est pas rare de voir votre personnage se coincer dans le décor ou traverser parfois quelques parois de manière inadéquate.

Un univers qui manque d’affirmation et de maîtrise

KalanoroD’un point de vue visuel, Kalanoro a une bonne base esthétique. La direction artistique fait la part belle aux couleurs vives, s’inspirant directement de la faune, de la flore et de l’architecture traditionnelle de l’océan Indien. Les environnements (jungle luxuriante, villages, ruines d’anciens temples…) regorgent de détails et bénéficient d’animations travaillées. Mais les décors tournent tout de même rapidement en rond au sein des biomes, avec une architecture assez fade pour un jeu de plateforme-aventure.

Les personnages, quant à eux, seront le point fort de cette expérience. Plutôt attachants et avec une direction artistique qui fonctionne parfaitement, nous les voyons tout à fait dans une production Dreamworks ou Pixar ! Et encore une fois, la clé est peut-être là. Nous abordions cela en début de test, mais Kalanoro possède toutes les composantes pour faire un bon film d’animation, tant il en reprend les codes. Mais ici, c’est un jeu vidéo… Pour ce qui est des ennemis, le bestiaire n’est pas aussi remarquable et tourne rapidement en rond avec du swap color (changement de couleur d’un même modèle).

Sur la Nintendo Switch, le jeu s’en sort difficilement. La fluidité n’est pas toujours au rendez-vous dans des affrontements à plus de 5 ennemis, avec des chutes de framerate importantes. De plus, le format portable n’aide pas du tout le titre, devenant instantanément catastrophique dans sa résolution à l’écran pour une image pixélisée et floue.

Là où le titre brille le plus est dans ce qui le lie à sa trame, à savoir l’univers musical. La bande-son est d’une richesse exceptionnelle. Mêlant sonorités traditionnelles malgaches (valiha, marovany), afrobeats, rock et pop, chaque zone possède sa propre identité sonore qui évolue à mesure que vous rassemblez votre groupe.

Côté durée de vie, il faut compter environ 5 heures pour venir à bout de la trame principale en ligne droite. Cependant, pour les complétistes, la durée de vie gagne quelques heures supplémentaires, notamment avec l’ensemble des collectibles à ramasser, comme des musiques, des éléments de lore et plus amusant, de petits proverbes disséminés ça et là.

Comme indiqué plus haut dans ce test, en dehors des boss plus exigeants, le jeu est assez simple mais la mort peut rimer avec punition, puisqu’il laisse le choix entre recommencer le niveau complet ou une perte de 20 cristaux pour revenir à la vie. Ces derniers étant des collectibles limités à récolter dans les niveaux, c’est un problème pour les joueurs les moins expérimentés.

Conclusion

5.3 /10

Kalanoro est une proposition qui a du cœur mais qui pêche malheureusement dans sa partie technique non maîtrisée. L'association des genres plateforme-action-aventure à un univers musical fonctionne sur le papier, mais Red Raketa signe un premier jeu plein de promesses inachevées. Nul doute qu’avec un peu de temps et de perfectionnement, le studio pourra revenir avec un autre titre bien plus solide. Toutefois, Kalanoro propose un univers avec du charme, notamment sur sa partie musicale. L’effort produit pour nous faire découvrir un maximum de références à la culture et au folklore malgache jusque dans les moindre détails est remarqué mais ne suffit malheureusement pas à en faire une bonne expérience, surtout lorsque cette dernière est gâchée par des problèmes de collisions, des baisses de framerate et une résolution catastrophique en mode portable.

LES PLUS

  • Une direction artistique inspirée du folklore malgache
  • L'intégration intelligente de la musique dans le gameplay
  • Un mélange plateforme, combats et gestion de tournée plutôt réussi
  • Kalakely a du charisme
  • Le ton humoristique
  • Une bonne maniabilité...
  • Les personnages sont attachants
  • Une bande-son exceptionnelle
  • Ce titre pourrait être une bonne base pour un film d'animation Dreamworks ou Pixar...

LES MOINS

  • ... mais le gameplay souffre de quelques imprécisions
  • Des soucis de collisions
  • Des chutes de framerate
  • En mode portable, c'est flou et pixélisé à outrance
  • Un univers pas assez poussé et malheureusement un peu fade
  • Des redondances dans les décors et ennemis
  • L'animation du coup avec la chevelure qui n'est clairement pas bon
  • Un doublage peu attractif
  • Un peu court
  • Des boss trop longs
  • Une difficulté mal équilibrée.
  • Des transitions un peu brutales
  • ... mais ça n'en fait pas un bon jeu

Détail de la note

  • Histoire 0
  • Direction Artistique 0
  • Gameplay 0
  • Bande-son 0
  • Graphismes 0
  • Durée de vie 0
  • Contenu / Prix 0
  • Performance 0

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5.3
Kalanoro
Date de sortie : 27/08/2026

Note finale

5.3
  • Histoire 0
  • Direction Artistique 0
  • Gameplay 0
  • Bande-son 0
  • Graphismes 0
  • Durée de vie 0
  • Contenu / Prix 0
  • Performance 0

LES PLUS

  • Une direction artistique inspirée du folklore malgache
  • L'intégration intelligente de la musique dans le gameplay
  • Un mélange plateforme, combats et gestion de tournée plutôt réussi
  • Kalakely a du charisme
  • Le ton humoristique
  • Une bonne maniabilité...
  • Les personnages sont attachants
  • Une bande-son exceptionnelle
  • Ce titre pourrait être une bonne base pour un film d'animation Dreamworks ou Pixar...

LES MOINS

  • ... mais le gameplay souffre de quelques imprécisions
  • Des soucis de collisions
  • Des chutes de framerate
  • En mode portable, c'est flou et pixélisé à outrance
  • Un univers pas assez poussé et malheureusement un peu fade
  • Des redondances dans les décors et ennemis
  • L'animation du coup avec la chevelure qui n'est clairement pas bon
  • Un doublage peu attractif
  • Un peu court
  • Des boss trop longs
  • Une difficulté mal équilibrée.
  • Des transitions un peu brutales
  • ... mais ça n'en fait pas un bon jeu

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