Fin 1995, Tales of Phantasia sort sur SNES et devient le premier jeu d’une nouvelle série de RPG majeurs pour Namco. La série devient même à une époque l’un des trois piliers du genre au Japon. Elle enchaîne les jeux principaux nommés Mothership Titles mais également différentes autres déclinaisons de spin-offs sur des plateformes diverses et variées bien que la série soit longtemps associée tout de même à PlayStation. Depuis l’année dernière après 17 opus Mothership Titles, la série fête ses 30 ans en proposant plusieurs jeux de la série en version remastered sur les machines actuelles dont la Nintendo Switch. Après Tales of Graces f et Tales of Xillia en 2025, Tales of Berseria Remastered poursuit les festivités en 2026 sur Nintendo Switch. Nous avons également eu la chance de refaire cet opus avec nos Joy-Con.
Découvrir sa propre raison de vivre sur Switch
Telle est la thématique du récit proposé par Tales of Berseria. Pour resituer, nous évoluons sur le monde simplement nommé Desolation dont l’Empire de Midgand contrôle une bonne partie. Nous incarnons Velvet Crowe, jeune femme incarcérée dans un genre de prison souterraine et dont la raison s’explique par un prologue directement jouable. Après la mort de Celica lors d’une nuit écarlate, Velvet, son jeune frère Laphicet et son beau-frère Artorius Collbrande coulent de nouveaux jours paisibles au village d’Aball. Nous vivons un jour de plus où Velvet sort chasser afin de cuisiner pour la famille tout en tentant d’avoir de l’argent pour acheter des médicaments pour Laphicet.
Une chasse qui se termine par une petite intervention d’Artorius et une petite leçon philosophique pour Velvet avant de disparaître. Le lendemain, Velvet constate que son jeune frère Laphicet est malade et a disparu de son lit. En interrogeant les villageois, Laphicet semble s’être aventuré seul dans la forêt. Nous retrouvons celui-ci durant une pause en plein milieu, son intention étant d’aller chercher des fleurs à offrir sur la tombe de Celica puis un cadeau pour Velvet et pourquoi pas voir la mer en même temps. Au bout de leur petite aventure, un monstre les attaque et Velvet fait de son mieux pour défendre son petit frère bien que ses attaques semblent sans effet. Dans un moment critique pour nos deux personnages, Velvet entrevoit Artorius arrivant pour les sauver et constate aussi que Laphicet lui avait acheté un peigne. En se réveillant chez elle, Velvet constate le ciel brillant d’une lueur sous une lune écarlate.
Bien que des monstres similaires à celui qui l’a attaquée semblent avoir envahi le village, la préoccupation de notre héroïne est son jeune frère Laphicet. Nous retraversons la forêt pour revenir proche du gouffre près de la mer où nous voyons Artorius et Laphicet au bord du grand trou. Artorius dans l’intention de sauver le monde du fléau démoniaque transformant les humains en monstres, entreprend un rituel en sacrifiant Laphicet sous les yeux de Velvet. Notre héroïne saute afin de rattraper le corps de son frère en exigeant des explications, ce à quoi Artorius répond en lui sectionnant son bras gauche pour les laisser tomber dans le gouffre. C’est à ce moment qu’une entité dévore Laphicet, confère un genre de pouvoir en réponse aux fortes émotions de Velvet et la recrache du gouffre.
Les monstres sont de plus en plus nombreux autour de Velvet qui, en pleine rage, les dévore tous de sa nouvelle main gauche démoniaque en constatant ensuite que chacun était une personne du village. Artorius neutralise alors Velvet grâce au pouvoir de Cérès, sa malak (un esprit), qui ne peut que constater impuissante la descente sur terre de nombreux Malakhim et le début de l’événement que chacun connaîtra comme étant l’Avènement. Nous reprenons alors 3 ans après alors que la face du monde a totalement changé puisque Artorius est connu et respecté en tant que l’Exorciste à la tête de l’Abbaye, luttant toujours plus efficacement à exterminer les démons.
Les Malakhim sont notamment les esprits sous le contrôle d’un exorciste et leur permettant de lutter. Ils ont toujours existé mais sont soudainement devenus visibles aux yeux des humains depuis l’Avènement. Après 3 ans, le monde et Artorius ont tant changé que certains positionnements changent, notamment Cérès qui décide d’aider Velvet à s’évader de son île-prison. Notre héroïne y croise la route de Magilou et Rokurou avec qui elle parvient à s’évader grâce aussi au sacrifice de Cérès. Velvet lance également un avertissement clair parmi les exorcistes ayant tenté de l’arrêter, qu’ils se trouvent en face d’un très dangereux Therion, qu’elle cherche la vengeance et que c’est elle qui mettra un terme à la vie d’Artorius. Voici ainsi le début de notre quête de raison de vivre d’une bonne quarantaine d’heures, de plus, dépendamment de notre implication.
Tales of Berseria est connu comme ayant l’un des récits les plus sombres, matures et l’un des groupes de personnages les plus charismatiques, cohérents, attachants et bien écrits de la série. Rare pour la série mais nous n’avons pas forcément un groupe de héros mais plutôt tout un groupe d’anti-héros qui ne sont pas nécessairement en quête de sauver le monde et c’est un des points qui font la différence. Aucun récit bonus n’est proposé sur ce remastered mais le jeu est vraiment satisfaisant à vivre ou revivre avec toujours plein de saynètes pour développer les personnages entre les moments clés du jeu (saynètes les mieux réalisées de la série). Par ailleurs, Berseria est un prequel à Tales of Zestiria se déroulant un bon millier d’années avant et enrichit le lore de leur monde sans forcément qu’il soit indispensable de faire l’un pour comprendre l’autre. Notons que Zestiria n’a pas encore droit à son remastered, mais qui sait, peut-être un jour ?
Un remastered vraiment nécessaire ?
La question est légitime dans le sens où, bien qu’ayant aujourd’hui 10 ans, Tales of Berseria est l’un des jeux les plus récents de la série et n’a pas nécessairement beaucoup vieilli dans la proposition. La progression est globalement classique et linéaire du genre avec exploration de villes, gestion de ses personnages, poursuite de l’objectif principal parsemé par quelques annexes ici et là, puis exploration d’environnements et donjons plus hostiles avec enchaînement de combats jusqu’au boss pour avancer dans l’histoire. La gestion de vos personnages fait la différence, notamment contre les boss. Il est important de faire le plein d’objets mais aussi d’optimiser son équipement, la gestion des titres et les compétences d’armes apprises pour les passifs, puis la cuisine pour quelques apports secondaires bienvenus.
Autrement, il est possible de juste toucher au niveau de difficulté du jeu même si le jeu reste relativement faisable par un joueur moyen en mode normal. Le système de combat de Tales of Berseria s’intitule le Liberation Linear Motion Battle System (Liberation-LMBS). C’est un système reprenant des bases de Tales of Graces mais étant surtout une évolution du système de Tales of Zestiria avec notamment la liberté totale de déplacement et de gestion caméra, qui furent de gros défauts de Zestiria. C’est ça aussi qui déstabilise avec Berseria lors des premiers combats. Comme les deux premiers cités et chose pas si commune dans la série, la caméra se situe derrière notre personnage et nous pouvons nous déplacer librement sur l’arène de combat sans aucune manipulation spéciale à effectuer, contrairement à beaucoup d’opus.
La libération se ressent également sur les techniques de combat que nous pouvons désormais attribuer sur chacune des touches A, B, Y et X. La gestion des techniques dépend de tout plein d’embranchements d’artes à gérer sur le menu dédié. Nous pouvons ainsi définir jusqu’à 16 techniques pour des combos très variés en avançant dans le jeu. À cela s’ajoutent les mécaniques de brise-âme variant d’un personnage à l’autre mais permettant de varier efficacement le gameplay pour que chacun soit intéressant à jouer. N’oublions pas les nombreux Artes Mystiques puissants à utiliser, toujours stylés et satisfaisants à regarder en combat. Par ailleurs, le système de combat est aussi régi par le système de Jauge d’âme où nous utilisons plus ou moins d’âmes pour enchaîner nos attaques et non pas des attaques normales et artes à consommation de PM comme nous en avons l’habitude dans la série ou le RPG.
Le Liberation-LMBS est un très bon système de combat qui, une fois maîtrisé, permet des enchaînements et des combats ultra dynamiques. C’est également une très bonne proposition à la série depuis le système dynamique de Tales of Graces et toujours très solide à notre époque. D’ailleurs pour vous témoigner de la qualité du système de Tales of Berseria, cette version remastered permet au jeu de revenir avec de nombreuses options de confort, mais aucune ne concerne le système de combat qui n’a pas besoin d’être remanié. Soyons honnêtes, en consultant la liste des améliorations, Tales of Berseria Remastered propose une liste plutôt courte par rapport aux précédents remastered. Nous avons surtout des options de confort améliorant la lisibilité des menus ou de nos objectifs sur la carte du monde.
Les indications sur les quêtes annexes sont plus claires, la vitesse de déplacement est légèrement plus élevée, une option pour ajuster la luminosité, une option de retry des combats perdus ou encore de skip de cinématiques. Tout ça parmi quelques autres options plus dans l’ère du temps pour une expérience légèrement plus confortable qu’il y a 10 ans sans être véritablement de “game changer”, comme on pourrait dire en anglais. Dans les nouveautés majeures finalement, c’est la présence du Grade shop dès le début de jeu pour commencer une partie comme sur un “New Game +” avec différents bonus et boosters d’expérience. Puis aussi une résolution plus grande et un framerate bien plus stable sur d’autres plateformes mais certainement pas la version Nintendo Switch qui fera au moins aussi bien que le jeu original en 30 FPS et ayant surtout l’avantage de permettre de faire Tales of Berseria n’importe où. Soulignons l’incompréhensible absence de version Nintendo Switch 2.
Mention spéciale aux superbes cinématiques en animation par le studio Ufotable qui n’ont pris aucune ride après 10 ans. Notamment la cinématique d’introduction avec la chanson “Burn” par le groupe japonais FLOW qui est aisément l’une des meilleures intros de la série. Pas de version anglaise de la chanson mais la possibilité encore de choisir le doublage japonais ou anglais. Puis enfin toujours sur l’ambiance sonore, Motoi Sakuraba qui semble avoir fait légèrement plus d’efforts de composition en constatant le script du récit bien plus émouvant que le script habituel très heroic fantasy et classique de la série. Attention, un léger effort, nous restons globalement sur des compositions assez génériques de celui-ci qui font plutôt bien le travail bien que beaucoup de sonorités semblent familières avec quelques thèmes oubliables.
Conclusion
Les célébrations du 30e anniversaire de la série Tales of se poursuivent en ce début 2026 avec Tales of Berseria Remastered. Nous avons ainsi le retour d’un des opus les plus récents mais aussi appréciés de la série par les fans. Nous restons songeurs quant à la pertinence du choix et dans la décision de le sortir après le remaster de Xillia et avant un éventuel remaster de Xillia 2. Puis en constatant les apports, Tales of Berseria Remastered est à deux doigts de n’avoir de remaster que le nom. Ceci étant dit, le ressortir permet éventuellement à ceux ayant loupé le coche 10 ans auparavant de connaître cette extraordinaire quête pour découvrir la raison de vivre de Velvet et son groupe partout en TV et portable en attendant de poursuivre les célébrations anniversaire avec l’arrivée de Tales of Arise à venir prochainement enfin sur Nintendo Switch 2 et à faire également partout.
LES PLUS
- Une réalisation colorée en cel-shading 3D plutôt bonne
- Chara-design de qualité et très bon casting
- Les cinématiques d’Ufotable toujours sublimes
- Les saynètes agréables à suivre
- Le gameplay de Berseria toujours très solide
- Les quelques options de confort du remastered
- Un des récits les plus sombres, matures et entraînants de la série
- Une durée de vie immense
- Les compositions de Motoi Sakuraba
- Doublage en anglais et japonais au choix
- Un très bon opus à faire partout sur Nintendo Switch
LES MOINS
- Quelques textures au sol datées et du popping
- Quelques mises en scène statiques et vieillottes
- On ne sent pas beaucoup le côté remaster technique sur Switch
- L’absence d’optimisation spécifique à la Switch 2
- Quelques petites facilités scénaristiques et annexes anecdotiques
- Un peu pauvre en options justifiant le “Remastered”
- Quelques musiques génériques et oubliables





