La série de RPG Atelier par le studio Gust chez Koei Tecmo fit ses débuts en 1997 avec Atelier Marie. Une progression dans les années qui aura permis à celle-ci de se faire une place dans le cœur des fans de RPG japonais et avoir une certaine notoriété sans pour autant atteindre des sommets comme certaines autres licences du genre. Puis en 2019, Atelier Ryza vient faire la différence en propulsant la série vers de nouveaux horizons avec même une traduction au-delà de l’anglais. Atelier Ryza se poursuivra en une trilogie qui représente certainement le meilleur succès de la série à ce jour. La pression est de mise pour Atelier Yumia, opus le plus récent à ce jour et succédant à la saga Ryza. Atelier Yumia est d’ailleurs déjà sorti l’année dernière sur plusieurs plateformes dont la Nintendo Switch et aux dernières nouvelles, celui-ci bat de nouveaux records pour la série. En 2026, Gust et Tecmo Koei ont décidé de nous proposer Atelier Yumia – Nintendo Switch 2 Edition et nous sommes bien présents pour vous faire part de cette nouvelle édition du jeu.
Un nouvel Atelier, une nouvelle aventure
La série Atelier fonctionne souvent par trilogie. Certaines semblent avoir des liens entre elles mais ce sont surtout des lectures tout droit sorties des théories de fans. Sur cette base, Atelier Yumia coupe ainsi les ponts avec la précédente trilogie Ryza, nous commençons avec la jeune Yumia Liessfeldt et ses alliés dans ce qui semble être un donjon en ruine assez instable. Lors d’une certaine manœuvre, Yumia se retrouve alors séparée de ses amis et ainsi démarre notre tutoriel nous expliquant les commandes de base du jeu. Une fois que nous rejoignons nos alliés, nous nous retrouvons au sommet du donjon avec une cinématique nous dépeignant un combat entre le groupe de Yumia et d’étranges individus, un combat qui semble en défaveur de Yumia qui se fait ainsi balayer. Nous comprenons que ce début semble représenter un événement futur à venir dans notre aventure puisque nous revenons très vite à une date ultérieure où Yumia est convoqué pour faire partie d’une expédition dont le but est d’explorer le continent Aladiss et faire la lumière sur ce qu’il renferme.
Dans Atelier Yumia, les alchimistes sont rares et redoutés de tous. Le comble étant que les différentes découvertes sur le continent d’Aladiss nous confirment l’existence d’une ancienne civilisation ayant prospéré grâce à l’alchimie avant de s’effondrer. De nombreux vestiges et des ruines renferment ainsi de nombreux secrets sur ces événements passés. Il nous faut ainsi explorer ce vaste monde avec Yumia, révéler la vérité sur les événements passés, leurs incidences sur le présent, les liens avec l’alchimie, l’effondrement puis les mystères autour de Yumia elle-même. Atelier est connu pour être une licence de RPG très « Feel good » donnant simplement le sourire et un petit sentiment chaleureux à suivre les aventures des différents protagonistes. Un scénario qui se suffit sans jamais aller sur des développements très lourds et surprenants. Atelier Yumia a été vendu comme plus mature et nous confirmons une intrigue plus riche et un développement plus dense des protagonistes, notamment Yumia à travers ses interrogations et découvertes sur l’alchimie, puis sa position d’héroïne discriminée dans le sens où l’alchimie est un sujet tabou dans son univers.
Pourtant, alors que c’est un très bon point pour Yumia, les autres personnages sont bien plus secondaires voire inexistants, ce qui est assez dommage pour cette aventure d’une belle cinquantaine d’heures de jeu. Un déséquilibre d’écriture qui se fait bien plus sentir que sur d’autres opus, puis au final nous parlons d’une intrigue plus mature mais il s’agit surtout de comparer avec les anciens jeux Atelier. Globalement, si nous comparons de manière plus générale avec d’autres récits du genre, Atelier Yumia reste relativement dans la lignée de la série, sans grande prise de tête, très sympathique et « Feel good ». Le déséquilibre d’écriture doit être couplé cette fois-ci au rythme relativement lent d’une progression en Open World avec une histoire diluée de part et d’autre du monde en plus d’un récit qui peine aussi à décoller pendant une bonne première partie. Il faut donc être plutôt concentré pour ne pas perdre le fil de ce que nous faisons entre quelques explorations de parties du monde qui n’étaient pas au programme de notre session de jeu.
Yumia tente de nouvelles approches alchimiques
Ceci étant dit, l’Open World reste plutôt bien introduit avec un monde vaste, des décors variés à explorer et une certaine verticalité. Nous traversons ainsi une grande carte sans transition majeure sauf en cas de voyage rapide d’un point de repère à l’autre de la carte. Encore une fois, il faut rester à l’échelle de la série, en comparant avec d’autres JRPG et Open Worlds, le continent d’Aladiss se traverse plutôt aisément à pied. Sur cette formule nouvelle pour la série, le challenge est encore de repousser les mécaniques de la série liées à l’alchimie mais aussi de l’adapter au côté Open World. Dans cette tentative de repousser les limites, il y a de bons et mauvais points. Dans Atelier Yumia, les possibilités d’alchimie surpassent certainement ce que la série nous autorise à ce jour. Nous pouvons ainsi créer des matériaux nécessaires à d’autres alchimies, des objets utiles à la progression du jeu, des objets à utiliser en combat ou en dehors, des armes mais aussi du simple mobilier de décoration.
La qualité de nos matériaux a plus ou moins une influence sur nos créations, mais c’est surtout la résonance des différents matériaux qui joue désormais un rôle majeur. Chaque ingrédient possède une affinité et une zone d’influence qu’il faut faire entrer en contact avec les différents cœurs de la recette afin d’en maximiser les effets. L’alchimie conserve ainsi son aspect de puzzle propre à la série, tout en se montrant plus lisible et plus accessible que dans certains opus précédents. Cette simplification ne plaira pas forcément aux vétérans à la recherche d’une optimisation très poussée, mais elle a le mérite de mieux s’intégrer à la structure ouverte d’Atelier Yumia, où l’exploration, la collecte et la synthèse s’enchaînent de manière beaucoup plus fluide. La décoration n’a pas qu’un rôle cosmétique, dans cette formule Open World, les allers-retours entre un point de la carte et notre atelier se doivent d’être limités. Les développeurs l’ont bien compris en nous laissant plusieurs endroits que nous pouvons définir comme bases et décorer avec juste des cosmétiques ou des installations pour récupérer de l’énergie ou encore faire de l’alchimie.
Il nous faut aussi parler des combats qui font partie de l’expérience d’un jeu Atelier et qui bénéficient aussi d’un grand changement dans Atelier Yumia, dans cette même volonté de simplification et de s’ouvrir à un nouveau public. Pendant longtemps, Atelier propose du tour par tour dans lequel les objets que nous avons créés avec notre alchimie sont une solution très efficace pour venir à bout des ennemis qui nous faisaient obstacle. Cela nous amène ainsi à planifier notre arsenal, à tenir compte de l’historique des tours pour ainsi optimiser nos offensives et s’en sortir sans trop de dommage. Dans Atelier Ryza, Gust tentait déjà de moderniser en proposant un genre de système ATB dynamisant ainsi les tours d’action, chose que des séries comme Final Fantasy ont initiée il y a déjà plus de 30 ans. Une tentative très tardive certes mais Atelier n’aura en revanche pas pris très longtemps pour décider de totalement se délaisser de cette identité pour passer complètement à du temps réel avec Atelier Yumia.
Nous ne sommes toutefois pas comme dans un Tales of ou dans un Final Fantasy moderne, il y a toujours une micro transition entre l’exploration et les combats lorsque nous entrons en contact avec un ennemi sur la carte. À partir de là, nous avons la possibilité de déplacer notre protagoniste autour de l’ennemi, se défendre ou tenter une esquive. Notons que comme beaucoup d’autres expériences, une esquive bien time permet de bénéficier d’un effet bullet time. Au niveau des offensives, nous sommes sur un système rappelant Xenoblade avec des compétences à saisir pour les exécuter en temps réel et devoir attendre qu’elles se rechargent pour être utilisées. La petite différence étant que chaque technique peut être déjà utilisée un certain nombre de fois en début de combat avant de ne plus pouvoir être utilisée et devoir ainsi attendre. Ou alors en optant pour utiliser quelques objets de notre arsenal dans cette attente.
Un système de combat bien plus dynamique qui parlera très certainement à la nouvelle génération et qui fera débat pour les quelques puristes. Toutefois, si une chose reste vraie et c’est finalement un constat permanent lors de ce genre de transition, la richesse stratégique menée par des années de perfectionnement du système au tour par tour s’envole d’un coup avec un système en temps réel qui rend les combats beaucoup plus simples et des ennemis qui se font juste rouer de coups et tombent en quelques secondes. Quelques boss échappent légèrement à la règle mais nous restons loin de ce que la série a pu nous proposer. Il s’agit désormais d’avoir suffisamment préparé son inventaire, connaître les ennemis pour esquiver au bon moment, switcher convenablement entre le front et l’arrière, étourdir l’ennemi puis le rouer de coups et d’objets.
Atelier Yumia en Nintendo Switch 2 Edition
Parlons désormais des changements concernant cette version Nintendo Switch 2 Edition. Déjà, pas de réel contenu supplémentaire si ce n’est quelques DLC pour aider à démarrer l’aventure. La bande sonore accompagne plutôt bien notre périple mais est bien plus discrète que ce que la série nous a habitué avec beaucoup plus de musiques d’ambiance pour coller au côté Open World. Atelier Yumia a ainsi une ambiance sonore propre à lui mais il est aussi vrai de dire que nous avons ainsi moins de musiques qui nous ont marqué. Puis cette version Nintendo Switch 2 ne propose pas non plus d’arrangements ou de nouvelles pistes à écouter non plus. Maintenant passons au gros morceau, la partie technique, celle qui vous intéresse certainement le plus. Nous ne pouvons que souhaiter que vous ne fassiez pas partie des fameux joueurs “Day One” et nous vous encourageons de jouer au jeu dans sa version 1.6.1. Ce patch permet ainsi à la version Switch 2 de proposer des optimisations plus poussées quant à la priorité d’affichage pour une orientation plus “qualité” ou plus “performance” et d’être enfin jouable.
Apparemment en 1080p et à plus de 40 fps selon certains experts, nous ne pouvons malheureusement pas vous confirmer cela avec nos yeux de mortel. Cela étant dit, contrairement à la monture initiale nous pouvons vous confirmer que le patch fait un bien fou et nous vous conseillons d’y jouer en optimisant tout vers la performance tant la différence de qualité d’image est peu perceptible contrairement à la différence de framerate qui est immense entre les modes Qualité et Performance. Pour résumer, le jeu est tout juste jouable en Qualité et bien plus agréable en mode Performance. Dans le même constat, le jeu est limite jouable en portable et bien plus confortable en mode TV. Et c’est finalement le changement majeur entre la version de l’année dernière sur Nintendo Switch et cette monture Nintendo Switch 2. En détaillant un peu, Atelier Yumia reste fidèle à la réalisation globale et moderne de la série, à savoir une réalisation 3D cel-shading colorée plutôt propre désormais sur Nintendo Switch 2 avec toujours du pop d’éléments par ci par là. Soulignons que Gust ne sont pas des experts techniques puisque la Nintendo Switch 2 et les autres plateformes bien plus puissantes sur lesquelles est sorti le jeu sont capables de bien mieux, que ce soit en texture, en modélisation, en détail et en optimisation globale. Le style est très différent mais en terme de cel-shading 3D, il suffit de voir ce que Tales of Arise nous propose même sur Nintendo Switch 2.
Toujours est-il que la version Nintendo Switch 2 que nous avons entre les mains aujourd’hui nous permet de profiter d’Atelier Yumia avec des performances bien plus dignes (surtout après patch) et des temps de chargement également amoindris. Il y a aussi un mode GameShare pour un genre de coop que nous n’avons pas réellement essayé en privilégiant surtout de profiter du jeu en solo. La tarification est similaire aux autres versions du jeu au prix fort, soulignons toutefois la possibilité de juste payer l’upgrade pour ceux ayant la version Nintendo Switch mais qui n’ont pas tant avancé dans l’aventure et possèdent une Nintendo Switch 2. Pour le reste, à moins d’être un très grand fan, vu les différences et changements proposés, il n’est peut-être pas pertinent de racheter et refaire tout le jeu sur Nintendo Switch 2.
Conclusion
Atelier Yumia : L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée est un nouveau départ pour la série Atelier après le succès retentissant de la trilogie Ryza. Un nouveau départ amenant plusieurs changements dans la structure globale de la progression bien plus libre en Open World : les mécaniques d’alchimie adaptées à ce changement puis un dynamisme jamais atteint par la série à ce jour et suffisamment bien exécuté pour parler à la nouvelle génération de joueurs. Tout n’est pas parfait mais suffisamment bien amené pour proposer une expérience globalement solide. Pour ceux ayant déjà retourné le jeu dans tous les sens, les arguments de cette ressortie sur Nintendo Switch 2 sont bien plus limités pour motiver un rachat. Ceci étant dit et malgré le faux départ d’Atelier Yumia : L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée – Nintendo Switch 2 Edition, la mise à jour technique permet ainsi au public Nintendo de profiter de cette expérience dans de meilleures conditions. À recommander si vous cherchez un JRPG sympathique à faire cet été et que vous ne connaissez pas Atelier Yumia.
LES PLUS
- Plutôt propre et coloré
- Techniquement jouable (Ver. 1.6.1) en TV comme portable
- Entrée de la série dans l'Open World bien exécutée
- Adaptation solide à la formule et bons ajouts à l'alchimie
- Un système de combat dynamique
- Une durée de vie très élevée
- Un scénario plus sombre et mature que d'habitude
- Ambiance sonore en raccord avec la formule
- En français
LES MOINS
- On a vu mieux en cel-shading sur Nintendo Switch 2
- Techniquement encore perfectible
- Un peu flou, du pop, des textures un peu datées entre autres
- Certains diront que l'alchimie a été trop simplifiée
- Et que les combats sont moins riches et plus faciles
- Une progression très lente par l'Open World
- Mature mais nous restons dans un ton très léger et générique
- Une bande-son en retrait et discrète










