The Legend of Zelda: Ocarina of Time s’offre une seconde jeunesse sur Nintendo Switch 2 (en précommande ici). Attendu pour le 5 novembre prochain, ce remake était entouré d’un immense espoir depuis sa révélation en septembre. On a pu y jouer pendant près de deux heures. Voici ce qu’on en retient.
Un monde familier, transfiguré
Dès les premières minutes dans la forêt Kokiri, le choc est visuel. Nintendo ne s’est pas contenté de lisser les textures d’origine. Chaque élément du décor a été retravaillé : les écorces noueuses, la mousse sur les pierres, les coutures de la tunique de Link. Les jeux de lumière transforment chaque zone en tableau vivant. Des rayons percent la canopée, la brume enveloppe le temple de la forêt, et les éclats lumineux accompagnent les coups d’épée. On surprend à manipuler la caméra pour contempler les paysages, ce qui n’arrivait jamais dans la version Nintendo 64.
La plaine d’Hyrule profite elle aussi de cette refonte. L’endroit paraît plus vaste qu’avant, plus accidenté, avec des ruines et des reliefs qui donnent une vraie profondeur au royaume. On note toutefois quelques limites : au loin, l’affichage accuse le coup avec un peu d’aliasing et de végétation qui apparaît brusquement. Rien de rédhibitoire, mais on espère des ajustements d’ici la sortie.
Une prise en main qui mélange les époques
Le plus grand changement vient des contrôles. Link peut désormais sauter librement, sprinter et profiter d’une caméra entièrement contrôlable au stick droit. Ces ajouts modernes ne trahissent pas l’original : ils le rendent simplement plus agréable à parcourir aujourd’hui. Les vétérans devront toutefois réapprendre certains réflexes. La touche de saut est mappée sur X, ce qui déroute au début. Et si vous arrivez directement de Breath of the Wild, vous allez instinctivement chercher un parapente qui n’existe pas.
Le système de ciblage Z reste fidèle à lui-même. Les combats conservent cette chorégraphie particulière où Link verrouille un ennemi à la fois, pendant que les autres tournent autour en attendant leur tour. On aurait aimé un coup de modernisation à ce niveau, car les affrontements restent simples, parfois trop. Mais les animations donnent du poids à chaque attaque, et les bruitages claquent avec satisfaction.
Des ajustements discrets mais bienvenus
Nintendo a glissé plusieurs améliorations ici et là. Les menus rapides facilitent l’accès aux objets sans passer par l’écran de pause. On peut maintenant acheter des provisions en pleine donjon grâce à une graine invoquant un Business Scrub. La tapisserie d’Hyrule, sorte de journal de progression artistique, permet de revoir son parcours sans lire une simple liste.
Le level design a lui aussi été retouché par endroits. Dans la forêt Kokiri, le coffre contenant l’épée se trouve désormais sur une plateforme surélevée. Ce changement anodin force le joueur à utiliser le nouveau bouton de saut, remplaçant une ancienne leçon de caméra devenue obsolète. Dans le temple de la forêt, un trou dangereux est devenu une flaque d’acide, ce qui rend le combat contre les Stalfos plus logique et plus tendu.
Un son qui respecte les souvenirs
La bande originale reste extrêmement fidèle. Les thèmes sont repris avec de vrais instruments, mais sans réinterprétation hasardeuse. Le morceau du temple de la forêt, par exemple, pourrait presque passer pour la version d’origine. Les bruitages profitent d’une spatialisation surprenante au début, mais qui renforce l’immersion.
Le doublage est disponible dans de nombreuses langues, dont le français et le japonais. Mention spéciale au microphone de la Switch 2 : on peut jouer de l’ocarina en fredonnant les mélodies ou en utilisant un véritable instrument. Un détail qui ravira les passionnés.
Une mise en scène théâtrale assumée
Ce qui frappe le plus, c’est la cohérence de la direction artistique. Les développeurs semblent avoir traité Hyrule comme une scène de théâtre. Les éclairages se concentrent sur Link lors des combats, comme un projecteur de scène. Les brumes au sol évoquent une machine à fumée. Les costumes sont détaillés comme ceux d’une fiction historique. Même les écrans de chargement entre les zones prennent un sens : ce sont les changements de décor entre les actes.
Cette approche donne une identité forte au remake. On ne cherche pas à faire plus grand, mais à donner plus de profondeur à ce qui existe déjà.
Premières impressions
Ce remake d’Ocarina of Time ne cherche pas à réinventer le classique. Il le modernise avec soin, en préservant ce qui a fait sa légende. Les contrôles sont plus agréables, les graphismes somptueux, et l’atmosphère reste intacte. Pour les anciens comme pour les nouveaux venus, ce voyage à Hyrule s’annonce difficile à oublier.












