Les autoclickers sont-ils réellement des jeux ? Voilà une question des plus clivantes, et si chacun saura argumenter à sa manière, Alexandre Declos décide de répondre par sa propre proposition avec le curieux Horripilant, disponible depuis peu sur Nintendo Switch. Porte t-il bien son nom ?
Cliquer ou ne pas cliquer ?
Horripilant, tout comme Berry Bury Berry que nous avions testé ici, est un autoclicker : la progression se fait en cliquant automatiquement sur des éléments pour provoquer des gains investissables afin d’en gagner de nouveau plus rapidement. L’intérêt de ce genre de jeu réside principalement dans le plaisir de voir de petits nombres grandir avec le temps. Horripilant propose un enrobage plutôt original puisqu’il s’agit d’un dungeon crawler narratif, et l’ensemble est très cohérent : accumuler du bois (et plus tard de la pierre et du fer) permettra de renforcer ses équipements pour aller toujours plus loin dans le donjon dans lequel chaque ennemi vaincu donne de la viande, vitale car elle permet d’augmenter les limites de stockages. Une dernière ressource est à dépenser chez un personnage particulier – auprès de qui l’intrigue progressera petit à petit – et permet de provoquer des renaissances : toute la progression est remise à zéro et en contrepartie, des boosts d’accumulation peuvent être achetés. Ainsi, chaque renaissance permet de progresser de plus en plus vite, et donc atteindre les plus bas étages du donjon. La boucle de jeu fonctionne vraiment très bien : l’intrigue est axée autour de la soif de gain et d’accumulation, ce qui amène une touche meta assez amusante qui contraste avec le ton pourtant très sombre du jeu et ses visuels pixellisés semblant avoir été dessinés sous Paint qui dégagent vraiment quelque chose.
Un jeu pas pertinent sur Switch
Mais comme tout autoclicker, le jeu se joue « tout seul » et il s’agira pour le joueur de jeter un œil de temps en temps pour acheter les améliorations dès qu’elles sont disponibles, ou faire attention à ne pas mourir dans le donjon. Et si cette passivité peut être pertinente sur PC car le jeu peut tourner en arrière-plan, c’est bien différent sur Switch puisqu’il n’est pas possible de jouer à deux titres en même temps. Et laisser la console tourner dans un coin est un peu étrange. Pour palier à ça, il est possible de simplement quitter le jeu et le relancer plus tard : au redémarrage, les ressources accumulées en fonction du temps passé depuis la dernière sauvegarde seront recalculées. Attention alors à ne pas simplement mettre la console en veille, auquel cas aucune ressource ne sera accumulée… Le jeu n’a en fait pas sa place sur Switch, l’usage normal de la console étant incohérent avec la manière dont un autoclicker se joue. Regarder l’écran fixement alors que tout se déroule seul provoquera un terrible sentiment de solitude et d’oubli. Ce qui dans le fond est cohérent avec l’intrigue…
Conclusion
Il faut se rendre à l'évidence : malgré toutes les qualités du jeu, sa présence sur Switch est une anomalie. Alors qu'il a toute sa place sur PC, là où il peut tourner en arrière-plan, l'usage de la console force le jeu à prendre toute la place et on ne peut que s'ennuyer à regarder les petites animations se répéter à rythme régulier. C'est fort dommage car malgré tout, le jeu à un certain cachet.
LES PLUS
- La boucle de gameplay fonctionne bien
- L'enrobage dungeon-crawler est bien pensé et se marie bien avec l'autoclicker
- Le style visuel assez frappant
LES MOINS
- La taxe Switch (2€ plus cher que sur PC)
- Ce genre de jeu n'est vraiment pas adapté à la console








