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Frostpunk (Nintendo Switch) – Le test

LarryL par LarryL
19 octobre 2026
dans Tests Nintendo Switch
Temps de lecture: 10 mins
0
Frostpunk
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En 2014, This War of Mine avait bouleversé les standards du jeu de survie, de gestion et de guerre. Les Polonais de 11 bit studios avaient proposé une expérience réaliste, basée sur l’intime et les choix cornéliens dans laquelle la guerre montrait un visage encore jamais vu dans l’industrie vidéoludique, un visage dur, terrible, qui était là pour nous faire réfléchir aux horreurs de la guerre. Quelques années plus tard, en 2018, le studio avait remis le couvert avec Frostpunk, un city-builder tout aussi sombre dans lequel construire une ville n’était pas une question de capitalisme et de prospérité mais bel et bien de survie. Six ans plus tard, le jeu arrive enfin sur Nintendo Switch. Est-ce que le titre, disponible le 19 octobre 2026 sur l’eShop au prix de trente euros, fait toujours son effet après autant d’années ?

Un city-builder sombre et exigeant

Frostpunk Frostpunk est un city-builder mélangé à un jeu de survie. Dans un monde gelé où les températures sont extrêmes, nous incarnons un petit groupe de survivants qui tente de survivre. Nous sommes dans une expérience dure où chaque décision, même la plus minime, peut grandement impacter notre colonie.

Le gameplay est assez « classique » dans les faits. Nous avons une ville, des habitants, et de nombreuses ressources à récolter, certaines plus importantes que d’autres. Comme les températures sont extrêmes, nous vivons autour d’un générateur qui fournit de la chaleur aux bâtiments alentour.

Le générateur consomme du charbon et ne fournit de la chaleur que dans une petite zone. Le placement des bâtiments est alors essentiel. Nous pouvons récolter du bois, de l’acier mais aussi de la nourriture que les cantines transformeront en repas.

Dans Frostpunk, si les besoins de nos habitants ne sont pas comblés, ces derniers tomberont malades avant de mourir au bout d’un certain temps. Il faut donc en permanence veiller à chacune des ressources pour ne pas se retrouver dans des situations critiques qui vont augmenter le mécontentement ou diminuer l’espoir de la population.

Le charbon et la nourriture sont des ressources « prioritaires ». Sans charbon, le générateur s’arrête, pouvant très rapidement causer des engelures et d’autres maladies graves aux habitants. Même si le bois et l’acier paraissent à première vue moins importants, c’est un leurre : ce sont des ressources indispensables à la fois pour construire des bâtiments (et avec des températures pareilles, les habitants ont terriblement besoin d’un logis) mais aussi pour débloquer les technologies.

Le jeu propose un arbre technologique où chaque option paraît primordiale pour la survie de notre colonie, ce qui nous amène à essayer tant bien que mal d’anticiper les futurs besoins de nos habitants. Allons-nous déverrouiller des radiateurs, capables de créer des îlots de chaleur à des lieux éloignés du générateur ou allons-nous débloquer un bâtiment capable de produire beaucoup plus de charbon ?

Il faut aussi gérer le livre des lois. En tant que responsables de la colonie, nous devons prendre des décisions cornéliennes qui impacteront notre société. Allons-nous faire travailler nos enfants pour compenser l’absence de main-d’œuvre ? Allons-nous euthanasier les malades graves au lieu de les amputer afin de ne pas consommer trop de nourriture « inutile » ? Écrit comme ça, le choix de l’éthique paraît évident, cependant, manette en main, les décisions sont bien plus compliquées : les idéaux ne valent rien quand les décisions éthiques déciment une frange de la population.

Un gameplay classique avec des mécaniques qui fonctionnent

Frostpunk fonctionne aussi sur la gestion de notre main-d’œuvre. Notre population est limitée, et nous devrons placer intelligemment notre population sur leurs postes de travail. Contrairement à d’autres city-builders où il suffit de créer des habitations à tire-larigot pour attirer de la main-d’œuvre, Frostpunk nous oblige en permanence à adapter nos capacités de production en fonction de nos besoins mais aussi en fonction de l’état de notre population. Un employé malade ne pourra pas travailler et certains lieux clés pourront se dépeupler en cas d’inattention.

Pour compliquer ce tableau pour le moins sombre, nous aurons de nombreuses décisions à prendre, souvent horribles, qui auront un impact majeur sur le moral des habitants. Faut-il accepter de tuer l’homme qui préfère mourir que d’être amputé ? Faut-il accepter cette centaine de réfugiés qui à la fois cherchent un asile mais qui peuvent mettre en péril notre équilibre alimentaire déjà précaire ? D’autres évènements narratifs scriptés viendront corser l’aventure, comme une révolte qui, en plus de voler les réserves de nourriture, cherche à convaincre la population de braver le froid pour repartir dans notre ville d’origine.

Finalement, et presque pour « compenser » la difficulté du jeu, nous débloquerons des éclaireurs capables de trouver population et ressources dans différents points d’intérêt du jeu. Ils peuvent radicalement changer le cours de la partie et nous sauver de situations désespérées.

Frostpunk est toujours ce city-builder exigeant presque impossible à terminer en une fois. La moindre erreur est fatale, la moindre décision peut radicalement changer la partie, et les joueurs qui s’aventurent dessus sans connaitre l’expérience doivent avoir le cœur solide. Même nous, qui avons pourtant terminé le jeu sur PC à l’époque, nous avons dû recommencer notre partie plusieurs fois à cause de légères erreurs aux conséquences désastreuses.

Les développeurs réussissent parfaitement à exploiter les mécaniques très reconnaissables et accessibles du city-builder pour créer une expérience sombre et sans pitié, loin des carcans capitalistes du genre. C’est un jeu si dur, si dense dans sa noirceur qu’il ne peut se jouer d’une traite. Il faut prendre des pauses pour digérer les décisions parfois cornéliennes que nous devons prendre.

L’expérience a le mérite d’être « plus jouable » que This War of Mine qui a rebuté une grande partie du public par sa difficulté. Frostpunk a une approche terre-à-terre, réaliste mais qui reste accessible et agréable. Il y a quelques moments avec une impression (certes illusoire) de maîtrise qui permet tout de même de s’amuser.

C’est toujours aussi dur qu’en 2018 mais toujours aussi sympa

Frostpunk Le classicisme des mécaniques couplé à un concept bien exécuté permet une expérience aussi agréable en 2018 qu’aujourd’hui. Même après avoir déjà fait le jeu une fois et en connaissant les évènements scriptés, nous avons pris du plaisir à arpenter l’aridité du titre et à souffrir pour tenter tant bien que mal de faire survivre notre colonie.

Nous pourrions chipoter et trouver le gameplay presque « trop classique ». Après tout, Frostpunk ne fait que répéter une recette qui fonctionne avec sa patte sombre et réaliste. Nous préférons, à titre personnel, un gameplay qui n’est certes pas innovant mais qui maîtrise ses bases.

Le contenu est intéressant en fonction du joueur que vous êtes. Pour trente euros, comptez une quinzaine d’heures pour voir le bout de l’histoire principale, ce qui est finalement intéressant sur le papier mais léger pour un city-builder. Les quelques scénarios pourront égayer votre soirée mais nous regrettons surtout la présence d’un énorme pack DLC à vingt-cinq euros. Le jeu est maintenant sorti depuis huit ans, et nous estimons qu’une édition ultime aurait été plus adaptée (même si tous les DLC ensemble sont moins chers que séparément sur Steam).

Niveau portage, rien à signaler en termes de performance. La Nintendo Switch (première du nom) se débrouille parfaitement bien et nous n’avons connu aucun ralentissement notable. La prise en main est en revanche un peu ardue au début, et l’absence de tactile se ressent à chaque instant du jeu. L’absence d’une version Nintendo Switch 2 avec le mode souris est un véritable moins pour un city-builder aussi exigeant.

Les graphismes sont comme la version PC : c’est sobre, sombre, triste, mais ça correspond exactement à l’effet recherché. Les grandes étendues de neige dépriment et les menus noirs nous ramènent à notre avenir (très) proche. Les nombreux dialogues qui s’affichent régulièrement nous rappellent à quel point la situation est désespérée. La bande-son est du même acabit : les pistes musicales avec des instruments à cordes soulignent l’omniprésence de la mort alors que le sound design se veut volontairement minimaliste pour renforcer cette étouffante atmosphère.

Nous vous joignons une « fausse » vidéo découverte de cinquante minutes. Nous parlons de fausse dans le sens où même si elle présente le début de l’histoire principale, c’est déjà notre deuxième partie sur Nintendo Switch (car la première fut un échec total).

Conclusion

7.5 /10

Frostpunk est le même city-builder sombre et exigeant sorti en 2018 sur PC. Nous avons d’un côté les mécaniques classiques des city-builders, rendant l’expérience simple à prendre en main ; et de l’autre, nous avons la complexité propre aux jeux de survie et la noirceur de 11 bit studios (This War of Mine). Si vous avez le cœur solide, que vous êtes prêts à affronter une expérience où les choix sont cornéliens, cruels, où la mort et le danger sont omniprésents, alors n’hésitez pas : Frostpunk est un bon titre. Si vous cherchez un city-builder cosy ou une expérience dans laquelle construction de villes rime avec capitalisme et expansion effrénés, nous vous conseillons de chercher ailleurs. Niveau portage, le titre s’en tire convenablement même si l’absence d’options (comme le tactile) et d’une édition ultime avec les DLC fait un peu grincer des dents.

LES PLUS

  • Un city-builder exigeant
  • Des dilemmes cornéliens en permanence
  • Un jeu qui force à réfléchir à chacune de nos actions
  • C’est sombre, réaliste et dur
  • Des mécaniques, malgré l’exigence, qui restent facilement assimilables
  • Une ambiance (positivement) déprimante

LES MOINS

  • C’est sombre, dur, peut-être trop dur pour beaucoup
  • La difficulté peut rebuter
  • Ça reste très classique dans les mécaniques
  • Un portage sans option pensée pour les joueurs (tactile)
  • Ça reste assez court pour le genre avec des DLC assez chers

Détail de la note

  • Gameplay 0
  • Contenu / Prix 0
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0

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7.5
Frostpunk
Date de sortie : 19/10/2026
eShop

Note finale

7.5
  • Gameplay 0
  • Contenu / Prix 0
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0

LES PLUS

  • Un city-builder exigeant
  • Des dilemmes cornéliens en permanence
  • Un jeu qui force à réfléchir à chacune de nos actions
  • C’est sombre, réaliste et dur
  • Des mécaniques, malgré l’exigence, qui restent facilement assimilables
  • Une ambiance (positivement) déprimante

LES MOINS

  • C’est sombre, dur, peut-être trop dur pour beaucoup
  • La difficulté peut rebuter
  • Ça reste très classique dans les mécaniques
  • Un portage sans option pensée pour les joueurs (tactile)
  • Ça reste assez court pour le genre avec des DLC assez chers

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