RiME (Nintendo Switch) – Le test

 Annoncé en 2013 en tant qu’exclusivité PS4, le studio de développement indépendant espagnol Tequila Works a finalement récupéré les droits sur la licence RiME pour le sortir en mai dernier sur PC, PS4 et One. La version Nintendo Switch arrive six mois plus tard en raison des kits de développements qui n’étaient pas encore disponibles à l’époque et d’un portage qui ne répondait pas aux normes de qualités de l’équipe. C’est donc au studio Tantalus que l’on a confié ce portage, connu pour son travail sur Zelda : Twilight Princess en HD sur Wii U ou encore récemment Sonic Mania sur Nintendo Switch. Nous avons donc parcouru cette île mystérieuse en quête de réponse, voici notre test de RiME sur Nintendo Switch.

Un voyage émotionnel et sensoriel

Dans RiME, vous incarnez un jeune garçon qui se réveille sur une mystérieuse île après une tempête torrentielle. Echoué sur une plage, votre exploration commence ainsi au milieu d’animaux sauvages, de ruines depuis longtemps oubliées et d’une tour massive qui vous invite à vous rapprocher d’elle. Vos seules armes sont votre esprit de déduction et votre volonté de réussir. Mais pas uniquement car vous rencontrerez un renard qui vous donnera également des indications utiles pour l’exploration de cette île énigmatique où vous devrez tenter d’arriver au sommet de la tour pour dévoiler les secrets les mieux gardés. Les amateurs d’exploration, de plateformes et d’énigmes seront ravis, RiME parvient à combiner le tout efficacement. Le début du jeu fait beaucoup penser à un certain Link’s Awakening mais les inspirations ne s’arrêtent pas là, les productions de Fumito Ueda (ICO, The Last Guardian), celles de thatgamecompany (Journey) sont aussi présentes. Le titre se divise ainsi en quatre zones distinctes, une ouverte au milieu des ruines de l’île ou de nombreux mécanismes seront à activer pour progresser, un environnement plus désertique ou un oiseau géant vous attaquera sans relâche, un temple qui réservera de belles surprises et une ultime zone pour conclure en beauté. Côté prise en main, rien de plus simple, notre jeune garçon peut sauter, effectuer une roulade (jamais utilisée dans le jeu), nager ou encore crier pour activer des mécanismes. Le gameplay repose énormément sur l’escalade et la résolution d’énigmes. Vous ne trouverez pas de très grandes difficultés dans ces dernières, elles sont accessibles à tous mais pour le moins original. Certaines sont très basiques comme activer quatre lumières, déplacer des cubes mais d’autres reposent sur un cycle jour/nuit et sont assez intelligentes. On aime beaucoup ce jeu d’ombres et de lumières qui s’accentue de plus en plus au fil de l’aventure.

Une aventure sincère et touchante

Comme évoqué précédemment, notre héros sera accompagné d’un renard qui fera plus office de guide avec sa voix que de véritable compagnon. Il est dommage de ne pas avoir développé cette amitié, bien qu’une autre relation plus surprenante avec une créature antique se manifestera dans la seconde moitié du jeu. Hormis la première zone de jeu assez ouverte, la suite se voudra beaucoup plus dirigiste, c’est-à-dire que le chemin sera tout tracé, ce qui ne le cachons pas développe une certaine lassitude par moment. Outre l’escalade et les sauts entre plateformes, la nage sera bien présente avec des environnements et ruines aquatiques. Ce n’est pas non plus les meilleures séquences de jeu mais le titre gagne en variété. RiME mettra l’accent sur l’exploration pour sans doute gonfler sa faible durée de vie, entre 6 et 7 heures. En effet, des objets bien cachés seront à trouver un peu partout dans le monde pour compléter les bonus du jeu. Ce voyage se conclue certes rapidement mais la fin du jeu est très bonne, sincère et touchante. C’est un jeu simple à bien des niveaux mais ce n’est pas un reproche au contraire, aucune barre de santé ou autre élément à l’écran, c’est au joueur d’interagir avec l’environnement. Sa direction artistique est superbe, on pense aux épisodes The Wind Waker et Breath of the Wild de la saga Zelda, c’est incontestablement réussi surtout dans cette inspiration des décors méditerranéens. Sans oublier que le titre est porté par une très belle bande-son composée par David Garcia Diaz avec des sonorités très douces. Petit bémol sur certains passages ou la musique va s’emballer pour un rien mais on sera véritablement emporté dans ce monde. Les temps de chargement entre chaque monde ou parties seront eux aussi un poil longuets.

Un naufrage technique

A ce moment du test, vous devez vous dire que c’est bon, RiME offre un voyage assez court mais immersif, simple et visuellement charmant. Vous allez donc garder votre pré-commande de l’édition physique avec l’OST à 44,99 € ou prendre l’édition dématérialisée à 34,99 € sur l’eShop le 17 novembre prochain. Alors déjà question prix, le jeu est trop cher pour une si faible durée de vie, surtout qu’on le trouve à 29,99€ sur les autres supports. Et puis il est aussi question de la qualité de ce portage. Comme annoncé, 720p et 30 FPS aussi bien en mode nomade qu’en mode TV avec des vibrations HD très peu utilisées. Alors que Raúl Rubio Munárriz, CEO et Creative Director à Tequila Works déclarait récemment : « Nous sommes déterminés à offrir l’expérience de qualité que les joueurs méritent. » en parlant de la version Switch, vous vous demandez si ce retard a permis de peaufiner le jeu pour offrir la meilleure expérience. Clairement non, la version Nintendo Switch de RiME est techniquement catastrophique. En mode télévision, aucune optimisation, les chutes de framerate sont tellement énormes qu’on a du mal à y croire et donc le jeu rame constamment. Alors qu’il offre une belle direction artistique, le rendu visuel est très moyen. La première zone du jeu ouverte sur l’île est tout bonnement injouable, ça va beaucoup mieux par la suite grâce aux environnements plus fermés mais ça rame toujours. En mode portable, le jeu rame quasiment plus mais il devient graphiquement hideux. C’est flou, pixélisé et surtout la Switch chauffe énormément. C’est assez déroutant de voir un jeu aussi mal optimisé et surtout d’oser le sortir dans ces conditions. L’expérience est totalement flinguée, même un patch day one ne pourra pas régler tous ces problèmes.

A l’heure ou nous publions ce test, le jeu est en version 1.0.1. Voici nos premières minutes de jeu, vous constaterez de nombreux ralentissements, cela ne provient pas de la capture mais bel et bien du jeu qui tourne très mal sur Nintendo Switch. 

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