Dusk Diver (Nintendo Switch) – Le test

Dusk Diver nous fait voyager en plein Taiwan, plus précisément sa capitale Taipei et encore plus précisément son quartier jeune et dynamique Ximending, un équivalent aux célèbres quartiers d’Akihabara ou d’Harajuku au japon. Nous avons affaire à un Action RPG plutôt efficace mais un poil trop classique. Disponible depuis mars sur PC en accès anticipé, le voici à présent sur notre switch adoré. Mais était-ce le bon moment ?

Une histoire pas banale (ou bien c’est l’inverse ?)

Nous contrôlons Yuno, une jeune Taiwanaise qui aime bien se balader à Ximending avec son ami Yusha. Lors d’une promenade anodine, le ciel devient sombre et Yuno bascule dans une version parallèle de Ximending : Youshanding. Dans cette dernière, des monstres sont présent et commencent à l’attaquer jusqu’à l’arrivé (comme par hasard) de Léo. Yuno réveille alors son potentiel et se bat contre les différentes créatures. Grâce à Boss (la chef d’une supérette, mais aussi un ancien dieu puissant, maintenant sous la forme d’un ours en porcelaine) qui lui donne un collier, Yuno est capable de passer d’un monde à l’autre (ce qu’elle fera principalement via des Fissures qui donnent vers Youshanding). Dans Ximending, Léo et les futurs compagnons de Yuno, d’anciens dieux, ont une forme humaine, mais dans Youshanding, leurs pouvoirs est fortement affaiblis et sont alors réduits à de petits animaux forts mignons (un petit lion de feu pour Léo).

C’est donc un scénario que l’on a déjà vu plusieurs fois, une jeune fille (assez rare pour le coup) qui devient l’élue, seule capable de sauver et protéger le monde (ici réduit à la ville de Ximending) des attaques de monstres méchants.

Une DA inspirée

Autant commencer tout de suite par ce qui est séduisant chez Dusk Diver : sa direction artistique ! Dès le début du jeu, l’inspiration de Persona saute aux yeux, que ce soit dans la forme des icônes ou bien même dans l’inspiration des personnages. C’est tout à l’honneur du jeu tant Persona est une référence en la matière et qu’ici, le travail n’a pas été fait au rabais. Par contre, le reste fait grincer des dents. Le jeu utilise l’Unreal Engine, qu’on ne présente plus tellement il a fait ses preuves, mais le rendu « manga » est clairement décevant : le jeu est flou, en proie à des ralentissements comme pas possible lorsque l’on se balade en ville (moins flagrants en combat), mais surtout, est aliasé avec des textures baveuses à profusion. Cette effet est sûrement lier à une grosse compression ou une résolution trop faible. Lors des combats les graphismes ne sont pas extraordinaires mais c’est beaucoup moins présent (surtout en mouvement), mais nous sommes loins des screens propres présents sur le site de Nintendo (sûrement des screens à partir de la version PC/PS4, ceux du test ont été faits avec la capture photo de la Switch).

Un léger dépaysement

Le jeu mise beaucoup sur son quartier, celui de Ximending. L’univers est bien retranscrit (si on se réfère à cette actualité ), les magasins sont bien reproduits, les différents restaurants qui ont accepté d’apparaître sont vraiment bien réalisés, mais le tout est massacré par la technique, il devient vraiment désagréable de se balader dans Ximending. Youshanding n’est au final qu’un monde parallèle avec exactement les mêmes rues mais dont les bâtiments ont été remplacés par des formes rectangulaires pas fameuses,ce qui doit aider au fait que Youshanding est plus fluide que Ximending.

Outre ses textures douteuses, la modélisation des passants de la ville est très fournie, sauf que les passants n’apparaissent que quand on arrive sur eux. Autrement, ils ne sont qu’une ombre colorée. C’est un effet qui aurait pu être sympa (et qui l’est les 2 premières minutes) mais qui fait d’autant plus ralentir le jeu à chaque fois.

Cela nous rappelle donc des jeux comme Akihabara’s Trip ou encore Yakuza qui font la part belle à un quartier fort bien modélisé (avec moins de culottes pour l’un et moins d’honneur et de violence pour l’autre) ou bien même Tokyo pour Persona. De plus la ville de Taipei laissait espérer un dépaysement, mais non, on ne nous aurait pas préciser que c’était Taipei, on aurait pu croire que c’était une ville asiatique quelconque comme on se l’imagine dans les mangas/jeux vidéo, sans se distinguer vraiment de celles d’autre jeux vidéo. Peut-être une meilleure connaissance du pays pourrait modifier cette impression. Il n’empêche que la ville est minuscule avec plus ou moins 10 rues, c’est quand même très léger.

Simpliste mais efficace

Parlons maintenant des combats qui représentent la moitié du jeu. Ils se déroulent après avoir été dans une fissure, dans une petite partie tronquée de Youshanding. Le système est proche de celui d’un beat them all, une touche pour les coups faibles, une pour les coups forts, une pour l’esquive et une pour les attaques spéciales.

Avec un système d’augmentation de statistiques un peu « futil », on peut apprendre de nouveaux combos qui restent assez simples (par exemple un simple ajout d’un coup fort pour augmenter le combo). Le reste de l’augmentation de ces stats est aussi très léger (PV, PM, Dégâts,…), l’augmentation de l’attaque au maximum n’est pas vraiment significative par exemple. Concernant les coups spéciaux, ils sont plutôt simples : appuyer sur une touche fait attaquer votre allié de soutien (au nombre de 3 à débloquer au fur et à mesure du jeu, chacun avec sa spécialité) au prix de 1 PM, une autre touche utilisera l’attaque spéciale au prix de 3 PM. Les personnages de soutiens ont au départ 1 attaque classique, 1 spéciale et d’autre coup classique pourront être appris par la suite.

Les coups sur les ennemis sont plutôt bien retranscrits, on n’a pas l’impression de taper dans le vide, c’est nerveux. Par contre, il y aura trop peu d’ennemis différents avec une coloration allant du rouge pour les adversaires de base au vert pour les plus forts, en passant par le vert. Les zones étant assez petites et exiguës, la caméra pose souvent problème et il est assez difficile de la gérer tout en attaquant. Heureusement (?), l’IA ennemie étant fortement à la ramasse, ce n’est pas trop un souci. Les ennemis lambdas attaquent peu alors que les gros, sacs à PV, attaquent presque trop. Il suffira souvent de détruire leurs armures pour les mettre à terre puis de les enchaîner.

Une durée de vie beaucoup trop faible

Le jeu propose beaucoup de texte, comme tout bon RPG qui se respecte, mais sans doute un peu trop par rapport à l’action disponible. De plus le jeu est souvent rallongé artificiellement. L’histoire principale compte une douzaine de chapitres, chacun consistant à terminer une faille, à battre des hordes de monstres, des boss, à remplir différents objectifs avec même un peu de plateforme. Un rang vous sera attribuer et vous gagnerez des récompenses en fonction de celui-ci : objets, points de skills, argent ou encore des cubes Dragon Vein. Ces cubes sont au centre du jeu. Pour avancer dans l’histoire, vous en aurez besoin d’un certain nombre afin de débloquer la faille. Obtenables en vous baladant, il faudra avoir l’œil (le boss vous envoie un message pour vous prévenir) mais vous pourrez aussi en récupérer en achetant des emplacements à un homme, en mangeant 5x dans le même restaurant ou bien en terminant des histoires principales et secondaires.

Chaque chapitre de l’histoire principal contient 3 cubes à trouver dans le niveau, puis en fonction de votre rang vous pourrez en avoir 1 ou 2 en plus selon les niveaux, faisables à l’infini et surtout disponibles après en « Hard » avec de nouvelle récompense. Les personnages de soutien se lient d’amitié avec vous (en les utilisant ou en mangeant avec eux), ce qui débloqueras des missions (normal et hard) qui vous permettront de débloquer une nouvelle attaque mais aussi des cubes en fonction de votre rang de réussite.

Pour les complétistes, il y a 128 cubes dans tout le jeu (la moitié pour le terminer). La durée de vie est en fait rallongée par des quêtes secondaires en ville, fedex et très mal indiquées sur la map. Pour les trouver, il faut se balader partout pour espérer avoir un « ? » sur la carte. Effectivement, une carte est disponible dans le menu mais seulement pour les restaurants. On peut avoir une carte « par mission secondaire » aussi, mais ce n’est pas pratique (ouvrir le menu, aller dans link, trouver la bonne mission et finalement se souvenir du lieu). Ces quêtes se résumeront à parler à des gens à l’autre bout de la carte, affronter une faille extrêmement facile ou encore donner certains objets. Ces quêtes secondaires sont au nombre de 30 dans le jeu.

Autre élément qui peut se révéler chronophage inutilement, le système de gashapon, distributeurs qui vous donnent un objet aux hasard en échange d’une pièce, très prisé en Asie. Ils peuvent contenir des objets utiles aux combats, des vêtements ou des images pour la galerie. Mais pas vraiment de hasard, tous les objets ne peuvent tomber qu’une fois, il faut donc juste appuyer sur A pour tout acheter, c’est long et sans intérêt. Ce n’est même pas cher et l’argent n’est pas une rareté dans le jeu puisque les ennemis laissent beaucoup d’objets que vous pourrez revendre.

Vous l’aurez compris, on est sur du bouche trou et vous verrez la fin de l’histoire en un peu moins de 10h (avec tous les gashapons et les quêtes secondaires effectuées).

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Conclusion
Oui, Dusk Diver est décevant et après un teasing aussi long, on en attendait bien plus mais avec moins de bug et plus de fluidité. Cependant, le jeu a un petit quelque chose d’assez indéfinissable, il donne envie de le finir, il a un cachet avec ses graphismes, l’histoire n’est pas folichonne mais elle attire, il y a beaucoup de texte, on se plonge pas mal dans l’histoire. Les personnages ne sont pas très développés mais ce n’est pas grave il y a un Feeling. Cela rappelle l’époque où, sur DS/PSP, on tombait sur des petits jeux indépendants. Cependant, il est vendu bien trop cher pour ce qu'il est finalement.
Points positifs
  • Doublage japonnais/coréen de qualité
  • Direction Artistiques très agréable
  • Une histoire agréable
  • Un système de combat efficace…
Points négatifs
  • Pas de français (Anglais, Japonais, Coréen et Chinois)
  • Trop de flou et d’aliasing
  • Durée de vie trop faible
  • ...mais bien trop simple
4.8
Décevant
Gameplay - 5
Graphisme - 4
Durée de vie - 4
Bande-Son - 6
Lordo
Ecrit par
Fan de comics et de jeux vidéos, j'aime partager mon avis et débattre autours de mes deux passions.

5 commentaires

  1. J’ai longtemps hésité à le prendre… mais plus maintenant. Merci de m’avoir fait économiser des brouzoufs !

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    • Lordo

      La version switch avec les bonus commence déjà à baisser de prix (dispo à environs 30€ quand j’écris ce message). Donc on va rapidement pouvoir l’avoir pour 20€ ce qui a mes yeux est le juste prix (même 25€)

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  2. Manuto

    un patch pour corriger la technique, et ca pourrai le faire

    Répondre
    • Lordo

      Ce serais étonnant. Et surtout beaucoup trop lourd il faudrais patcher l’intégralité du moteur graphique du jeu. C’est vraiment là le soucis et surtout changer la qualité de la résolution des textures. Bref beaucoup trop de boulot malheureusement 🙁

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  3. JulieSailing

    Très bof, on dirait ‘-‘

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