Sword of the Necromancer (Nintendo Switch) – Le test

Nous connaissons tous un grincheux je sais tout, prêt à partager sa science du jeu vidéo en déclarant « Ouais, les rogue-lite, c’est trop nul, tu fais toujours la même chose, t’es obligé de maîtriser le jeu si tu veux progresser, et puis y a jamais d’histoire !». Soyons heureux, car Sword of the Necromancer du studio barcelonais Grimorio of Games va nous permettre de les remettre à leur place en démontant chacune de leurs plaintes. Mais cela suffira-t-il à en faire un grand jeu ? La réponse viendra après ces quelques lignes générées aléatoirement à partir de tests d’autres rogues-lite…

C’est un beau roman, c’est une belle histoire

Tout commence avec une banale mission de garde du corps. Nous incarnons Tama, une ancienne voleuse qui s’est fait attraper en tentant de voler une relique dans un temple. Non avare de bons sentiments, la prêtresse Koko lui propose alors de s’occuper de sa sécurité, le temps d’un pèlerinage lui permettant de découvrir le quotidien des pauvres gens de son monde. Entre ça et l’échafaud, notre choix est vite fait. Le problème avec les prêtresses au grand cœur, ben, c’est comme avec les p’tits chats, c’est plutôt mignon et on finit toujours par s’y attacher. Alors, par conséquent, quand ça meurt, on ferait tout pour y remédier, quitte à descendre dans la crypte du nécromancien, dans laquelle la légende affirme que réside un pouvoir qui peut vaincre la mort (que ceux qui n’ont jamais sacrifié une vierge pour ressusciter leur matou miteux me jettent la première pierre…).

Rien de transcendant sur le papier jusqu’ici, sauf que pour une fois la forme fait beaucoup. L’introduction, réalisée sous la forme d’un animé, offre une entrée en matière rythmée et attirante. Et surtout, la partie scénaristique ne s’arrête pas là. Si la majorité des rogues-lite se limite à une intro et une fin, Sword of the Necromancer va bien plus loin en nous offrant un morceau de son histoire à chaque fois qu’un boss est vaincu. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais ça garantit une réelle accroche au titre de nos amis espagnols. Soyons honnêtes, les rogue-lite sont des jeux de niche qui peinent à attirer un public large. La donne pourrait bien changer avec Sword of the Necromancer.

Avec ses personnages qui sont séparés dès la cinématique d’introduction, les développeurs de Grimorio of Games nous donnent envie d’en savoir plus sur la relation qui les lie, et c’est ce qu’ils proposent via des flashbacks qui se déclenchent après avoir vaincu un boss pour la première fois. Ces phases sont une vraie réussite. Sous la forme de Visual Novel, nous en apprenons plus sur les liens qui unissent Tama et Koko, nous donnant toujours plus envie d’en savoir davantage. Si la plupart des rogue-lite tiennent les joueurs sur la recherche de la performance, Sword of the Necromancer y ajoute une dimension narrative et émotionnelle vraiment rafraîchissante et addictive. Nous voulons savoir comment nos héroïnes sont devenues si proches et comment l’une d’elles a pu succomber. Et surtout, l’empathie qui se dégage de cette histoire nous motive encore plus pour atteindre les plus sombres soubassements de la crypte.

La réalisation de ces intermèdes tient aussi pour beaucoup dans l’émotion qui s’en dégage. Entièrement doublée en anglais et en japonais, et sous-titrée en français, chaque histoire dure un temps non négligeable. Les dessins se renouvellent assez souvent, les textes sont bien écrits et évitent les clichés larmoyants. Les doubleuses ont pris leur travail au sérieux, ce qui augmente chez le joueur le besoin d’en apprendre toujours plus et de débloquer ces cinématiques.

Un rogue-lite sachant rogue-liter

Si Sword of the Necromancien propose une narration plus développée que la moyenne des rogues-lite, ses mécaniques sont-elles aussi plutôt intéressantes. Sous la forme d’un action-RPG classique, il nous propose d’abord le quartet attaque, combo, charge et dash. Mais le titre de Grimorio of Games va plus loin avec la possibilité de jouer avec 4 objets, soit un par bouton. Ces derniers peuvent être des armes, des protections, mais aussi, et surtout, des créatures défaites que nous avons ramenées à la vie.

Ces trois possibilités permettent de varier très agréablement le gameplay et l’approche des boss. Il existe cinq catégories d’armes ayant chacune des capacités différentes. À nous de choisir entre les épées, les lances, les arcs, les haches ou les grimoires. Et parmi ces catégories, plusieurs types s’offrent à nous, permettant de varier la distance d’attaque, la vitesse ou les attributs. C’est assez complet et ça permet de se créer son équipement.

La création d’un équipement puissant devra se faire avec prudence. Foncer comme une brute à travers les niveaux est certes plaisant, mais notre mort nous fera perdre l’entièreté de nos glanages ainsi qu’une part importante de notre expérience. Heureusement il existe deux moyens de se sortir d’un niveau : avoir vaincu un boss ou avoir sur soi une corde. Une fois sortis, nous nous verrons offrir la possibilité de stocker nos armes, mais aussi de les améliorer. La notion de loot n’est plus totalement aléatoire et nous avons la possibilité de ne pas repartir de zéro à chaque run. Il est tout à fait possible d’accumuler de l’expérience et des matériaux sur les trois premiers niveaux, puis une fois prêts et bien équipés, nous aurons une puissance ainsi obtenue qui nous permettra de réussir à défaire le nécromancien.

Grimorio of Games propose aussi la possibilité, dès le prologue passé, de récupérer des objets via un système de carte à scanner. Ces cartes seront disponibles via leur Discord. C’est une idée intéressante qui permettra aux plus réfractaires au genre de se lancer avec un petit boost.

Les monstres à ressusciter ont aussi la possibilité de progresser et d’apprendre de nouvelles attaques pour devenir plus puissants. À nous encore de savoir les gérer intelligemment. De les sortir face à des monstres sur lesquels ils auront facilement le dessus sans perdre de vie et d’ainsi pouvoir augmenter leur expérience. Il faudra donc apprendre à connaître les monstres qui hantent les couloirs de la crypte.

Ces couloirs sont générés aléatoirement et si on retrouve les mêmes dispositions de salles assez vite, le sentiment de déjà vu ne vient pas gâcher le plaisir. Les niveaux sont plutôt courts, moins de dix salles à chaque fois. Ils sont toutefois remplis convenablement. Si la difficulté des premiers niveaux vient surtout des boss, à partir du niveau 4, les monstres sont bien plus coriaces et demanderont une utilisation plus accrue des objets et des monstres.

Après le premier run, tout le jeu est faisable en coopération. Votre alter ego pourra stocker lui aussi quatre objets, mais il ne pourra pas contrôler de monstres. Il se comporte d’ailleurs comme l’un d’eux, mais à la différence de ces derniers, il peut être ressuscité plus d’une fois. Le jeu devient donc bien plus facile avec un acolyte. Il est effectivement naturel de se répartir les rôles entre le corps à corps dangereux pour l’un et la distance et la gestion des monstres pour l’autre.

Pour en finir, les graphismes sont agréables même s’ils peinent à se renouveler. Les monstres sont eux aussi classiques tout comme les boss. Les musiques sont assez variées et accompagnent agréablement chaque run.

Summary
Sword of the Necromancer est un excellent rogue-lite pour débuter. En proposant un gameplay varié et fondé à la fois sur la technique, mais aussi sur la gestion de nos monstres, il se rend accessible à un grand nombre de joueurs qui y trouveront forcément leur compte. Mais c’est surtout via son scénario qui se découvre par petite touche en fonction de nos succès face au boss qu’il réussit à maintenir l’envie d’aller toujours plus loin intact. Entièrement jouable à deux en coop, le titre de Grimorio of Games intéressera les joueurs qui ont besoin d’une histoire pour s’immerger dans un titre et y passer plusieurs heures, et ce, pour un prix raisonnable.
Good
  • Les musiques accompagnent bien l’action et sont variées
  • La variété des gameplays possibles permet d’accueillir une grande variété de joueurs
  • Le scénario n’est pas anecdotique et accroche le joueur
  • La réalisation des intermèdes est accrocheuse
  • Le système d’amélioration et de stockage permet de bien planifier ses runs
  • Entièrement jouable à deux
  • Une difficulté réglable
  • La gestion des monstres offre une profondeur de jeu intéressante
Bad
  • Une direction artistique trop classique (mais c’est pour pinailler)
8.3
Génial
Graphismes - 7
Musiques - 8
Gameplay - 9
Coop - 9
Scénario - 9
Fun - 8
Written by
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

3 Comments

  1. ça va pas du tout du tout ! Tu me donnes trop envie de le prendre XD

    Je vais l’ajouter dans ma liste de souhait du coup…

    Merci pour le test !

    Reply
    • Pareil ! ^^
      Hop ! Ajouté dans ma liste !

      Reply
  2. mais de rien, ce fut un plaisir, et c’en est encore un d’ailleurs, je le relance avec mes enfants….

    Reply

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