King of Seas (Nintendo Switch) – Le test

Sans dieu ni maître, n’écoutant que son cœur et le vent dans ses voiles pour choisir sa prochaine destination, voilà à quoi aspire le pirate fantasmé des contes et légendes de notre siècle. Et cela, le studio italien de 3DClouds l’a bien compris. Alors oublions nos ennuis et notre vie monotone, car l’aventure nous attend dans King of Seas. Cet action-RPG édité par Team17, dans lequel nous devrons parcourir les océans pour devenir un pirate légendaire, nous fera connaître la vie de seigneur des mers et pourquoi pas, parallèlement, assouvir notre vengeance.

Le vent nous portera :

La grandeur est à une encablure. Notre père, le roi des mers, a fini par nous confier notre première mission : diriger un navire pour livrer une simple cargaison. Quelle fierté ! Comment ça c’est à la portée de tout le monde ? Ce n’est pas parce que l’île est voisine à la nôtre, sur un parcours sans risque, et que nous sommes accompagnés de ce qui se fait de mieux en termes de marine de guerre que c’est à la portée de tout le monde.

Quoi qu’il en soit, cette mission est un franc succès. Quel dommage que pendant ce temps notre père se soit fait assassiner et qu’un complot tente de nous faire porter le chapeau. C’est d’autant plus rageant que l’armée se tourne alors vers notre pauvre esquif pour l’envoyer, et nous avec, voir si l’eau est plus pure tout au fond de l’océan. Enfin bon, dans notre malheur, nous sommes sauvés par deux pirates à la petite semaine, les derniers de leur espèce tant le royaume de mon père est prospère.

Il est alors temps pour nous de faire la lumière sur ces sombres agissements, de comprendre pourquoi le trône de notre père est tant convoité et surtout de compromettre les odieux conspirationnistes qui en veulent à la lignée royale dont nous sommes, avec notre sœur, les derniers représentants. Et si, pour cela, nous devons rendre sa grandeur au monde des pirates, ce n’est qu’un faible prix à payer comparé à ce que coûtera notre vengeance aux auteurs de ces méfaits.

Voilà où nous en sommes après les quelques premières minutes de jeu de King of Seas. Le bateau offert par notre père gise au fond des eaux, notre convalescence est en bonne voie et nous naviguons sur un petit rafiot craquant de la coque au pont pour tenter de mettre la main de manière violente et illégale sur des marchandises à haute valeur marchande… Il n’y pas de petits métiers et notre conscience n’est pas vraiment un problème.

Sur la grande mare des canards

Derrière ce scénario assez classique se cache une narration agréable sous forme de saynètes jouées par des personnages plutôt drôles, tous différents les uns les autres. Entre un mécène lunatique et un charpentier bourru, nous croiserons une petite dizaine de PNJs originaux dont les mimiques accentuent agréablement leur propos. Malgré une histoire dont l’introduction est assez dure, la légèreté et la concision des propos permet à tout un chacun de profiter de cette aventure. Les dialogues sont loin de prendre toute la place dans cet action-RPG et laissent beaucoup de place à la navigation.

En arborant un style très cartoon aussi bien dans son chara-design que dans ses graphismes, le titre de 3DClouds est un savant mélange de bande dessiné et de Warcraft 3 au beau milieu des océans. Les environnements se composent d’îles et de ruines dispersées dans le vaste océan. Générée aléatoirement à chaque début de partie, la carte est composée de 49 cases parmi lesquelles, une unique île ne variera jamais : celle qui abrite le château de notre famille. Notre périple, lui, commencera sur l’un des rebords de la carte.

Nous croiserons durant nos aventures des lieux qui, s’ils présentent des similitudes, îles tropicales obligent, sont toutefois suffisamment variés pour ne jamais donner d’impression de déjà-vu. Chacun des morceaux de cartes s’obtient en payant un cartographe. Si les cartes du bord sont bon marché, il faudra débourser bien davantage au fur et à mesure de notre progression vers le centre de notre royaume.

Les navires que nous croiserons ont cinq types différents : des lourds galions jusqu’aux rapides bricks, nous affronterons et affréterons différents navires qui auront tous leurs spécificités. Il faudra dans un premier temps nous contenter de peu de canons et de peu de cargaison. Notre réputation et notre expérience allant croissantes, nous pourrons améliorer ensuite ces statistiques en changeant d’esquif. Une fois sorti de ses cales, notre navire est améliorable de plusieurs façons : son équipage, sa voile, sa proue, sa poupe, ses canons ou encore ses boulets ont tous des caractéristiques différentes d’attaque, de défense et de magie qu’il nous faudra choisir avec soin.

L’art du commerce … :

Ces upgrades s’obtiennent de trois façons : via le loot en pleine mer et sur les plages, via les charpentiers du monde entier ou via les débris encore fumant de ces pauvres fous qui ont eu l’audace de se dresser contre nous (ou qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment aussi). Et c’est là que King of Seas prend tout son sens. Car si le commerce d’une île à l’autre permet de se construire un bas de laine pour démarrer, ce sont bien les combats navals qui nous apporteront l’essentiel de nos revenus.

La plupart des éléments lootés après un combat rapportent au minimum dix fois, plus que, n’importe quel élément vendu de manière légale. Avec chaque item obtenu (allant parfois jusqu’à cinq après un combat) nous avons le choix entre améliorer notre navire ou le vendre. Les victimes potentielles sont nombreuses, entre les navires du trésor ou les simples marchands sans escorte en passant par les galions militaires, et il est beaucoup plus rapide de les couler plutôt que de passer un temps conséquent en aller-retour entre des îles pour commercer.

Le commerce repose lui sur un principe d’offres et de demandes assez simple. Chaque île produira un objet en particulier, mais sera en manque d’un autre. A nous de nous débrouiller pour optimiser nos chemins. Il ne faudra toutefois pas être trop gourmand ou prendre les habitants pour des pigeons. Acheter beaucoup augmentera les prix tandis que vendre beaucoup les fera baisser. Le commerce est un plus, certes, mais il ne permettra jamais des gains aussi rapides que ceux permis par la piraterie. De ce côté, les développeurs italiens de 3DClouds se sont montrés très intelligent pour ajouter une feature qui ne viendra jamais tuer ce qu’ils ont voulu mettre en place.

Sur chaque morceau de ce monde nous aurons donc un gameplay équilibré qui se répartit sur ces trois temps : un peu d’exploration pour trouver le cartographe et obtenir la carte, puis des actes de piraterie pour obtenir du loot à vendre dans la ville relative à cette partie et enfin un peu de commerce, de réparation et de recrutement d’équipage. Ces trois étapes sont assez bien réparties et apportent des plaisirs différents, il est juste dommage qu’aucune base de données ne vienne nous aider lors des phases de commerces, c’est à nous de noter île par île, les offres et les demandes. Cela affaiblit un peu plus encore le commerce.

Et l’art de la guerre :

Ce recrutement est loin d’être anecdotique. De lui dépendra notre capacité à naviguer efficacement. Notre bateau aura trois jauges qu’il nous faudra surveiller durant les affrontements. Celle des voiles dont dépendra notre vitesse, celle reportant le nombre de matelots encore vivant pour manœuvrer notre navire et enfin celle de la coque, qui correspond à la vie du navire. Nous avons aussi trois types de boulets disponibles pour en venir à bout. Si dans un premier temps, il paraît plus facile de se concentrer uniquement sur la coque, très vite la force de frappe qui nous sera opposée sera plus létale. Il nous faudra alors attirer nos adversaires à nos trousses pour les affaiblir puis nous attaquer à leur coque sera bien plus facile et nous occasionnera bien moins de dégâts. C’est ça aussi être un pirate responsable … et surtout près de ses sous.

Les combats, sans être ultra dynamique, sont plaisants. Nous gérons notre voilure sur trois niveaux pour adapter notre vitesse et nous dirigeons la barre pour déplacer notre navire de bâbord à tribord. Aucun temps d’adaptation n’est nécessaire pour profiter des joies de la navigation. Ce système est vraiment très intuitif et permet de se déplacer librement à travers ces vastes étendus. Nos canons ont un petit temps de rechargement, tout comme ceux des ennemis, à nous de profiter de celui-ci pour attaquer au bon moment et dans la bonne position. Cerise sur le boulet, des capacités spéciales, au nombre de quatre, viennent nous épauler durant notre aventure.

Il sera ainsi possible d’équiper nos navires de requin tueur d’équipage, de tonneaux explosifs s’attaquant à la coque des imprudents suivant notre sillage ou encore d’envoyer un sortilège empêchant le bateau adverse de faire feu. Autant dire que beaucoup de tactique sont disponibles. Fatiguer un ennemi bien plus puissant avant de lui porter le coup fatal est hautement recommandé. Le sentiment de puissance s’obtient avec plaisir via notre maîtrise et l’utilisation judicieuse de ces capacités.

Le vent nous portera :

Chaque action que nous ferons nous apportera de l’expérience qui nous permettra de pouvoir équiper des équipements plus performants et d’investir des points dans un arbre de compétence. Celui-ci est, on ne peut plus classique, mais il fait parfaitement le taf. À nous de choisir parmi la navigation, le combat ou la magie vaudou ce que nous voulons upgrader et quelle nouvelle compétence nous souhaitons obtenir. Tout est fait pour que le joueur s’investisse dans sa quête de vengeance et en soit récompensé.

Notre niveau d’expérience influera directement sur les ennemis que nous rencontrerons. Ils seront toujours d’un niveau proche du notre, que ce soit au-dessus ou en dessous. Pour les pirates confirmés, 3DClouds proposent cinq niveaux de difficultés qui influeront sur les récompenses obtenues et sur la réactivité de nos ennemis. Si le premier cran permet de suivre l’histoire de manière détendue, en punissant toutefois les aventuriers imprudents, le dernier offre un challenge bien plus élevé et des combats plus tactiques qui nécessiteront de la patience pour nous éviter de finir accrochés à un bout de bois flottant.

La mort n’est toutefois pas punitive, elle nous renvoie à notre port de départ sans perte de cargaison ou de point d’expérience. De ce point de vue King of Seas ne se montre jamais frustrant en jouant avec notre avancée. Seule la batterie de notre Switch est venue, à plusieurs reprises mettre un terme à nos sessions de jeu après plusieurs heures. Le contenu hors quête principale est plus contrasté. Les quêtes annexes obtenues dans les tavernes des villes sont assez redondantes et nous demandent toujours de ramener tel ou tel item à tel ou tel port et tout simplement, détruire un quelconque navire.

Il est aussi possible de s’amuser à pêcher des poissons pour obtenir différents items et surtout compléter les succès du titre. Nous aurons aussi la possibilité de combattre des pirates légendaires tel Guybrush Tripewood, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé et purement fortuite. Le plus plaisant reste toutefois, après avoir avancé dans nos aventures, de pouvoir conquérir une à une les différentes îles qui peuplent les mers pour pouvoir nous bâtir un empire et augmenter notre flotte pour ainsi avoir suffisamment de ressources pour assouvir notre vengeance. Les combats consistent alors à affronter une forteresse puissamment armée et plusieurs navires qui apparaîtront.

Durant toute notre aventure, la fluidité aura été au rendez-vous durant les combats et les phases d’exploration. Seuls des micro-freezes en sortie de port étaient présents sur cette version de test. Ils ne sont toutefois jamais gênants, car ils apparaissent au début de nos déambulations marines. Une fois lancé sur le grand océan, plus rien de gênant n’est venu gâcher notre périple.

Conclusion
King of Seas n’est pas l’action-RPG le plus frénétique de la Switch, mais il offre une aventure qui tient la route et qui offre de bons moments de narration ainsi que des combats qui misent beaucoup sur la tactique et les capacités spéciales. Son monde maritime est vaste et son système de commerce est cohérent sans pour autant venir prendre la place de la piraterie. Les systèmes de progressions basés sur l’expérience et sur la customisation de nos navires sont bien pensés et accrochent rapidement le joueur. Naviguant dans des graphismes cartoons colorés et chatoyants, nos navires sont très agréables à voir et à piloter. Une très bonne pioche pour tous ceux qui cherchent une aventure intéressante sans un gameplay frénétique.
Points positifs
  • Des graphismes cartoons réussis et variés
  • Des musiques qui collent à l’ambiance
  • Un gameplay bien dosé qui repose sur les capacités spéciales et la tactique
  • Un système de commerce intelligent
  • Des contrôles bien adaptés
  • Une narration légère et peu invasive
  • Le système de conquête est un plus dans l’aventure
  • Les systèmes d’améliorations sont accrocheurs
  • Des références à la culture pirate, c’est toujours rigolo
  • Le cycle jour/nuit et ses vaisseau fantômes
Points négatifs
  • Des micro-freezes en sortie de port
  • Les quêtes annexes sont redondantes
  • La caméra est fixe
8.3
Génial
Graphismes - 8
Musiques - 9
Gameplay - 9
Contrôles - 9
Prix/Durée de vie - 8
Contenu - 7
Narration - 8
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

6 commentaires

  1. Jeu en Français?

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  2. @Lestef : Oui le jeu est aussi en français 😉

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    • Je confirme

      Répondre
      • Bonjour faut il avoir un abonnement swicth pour jouer à ce jeu

        Répondre
  3. Bonjour faut il avoir un abonnement swicth pour jouer à ce jeu

    Répondre
    • non pas du tout

      Répondre

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