Depuis quelques années déjà, la déferlante roguelite continue de bouleverser l’industrie vidéoludique. Cependant, les joueurs commencent à ressentir un essoufflement, avec des recettes qui se ressemblent et des titres qui peinent à se renouveler. Nous avons reçu en test ArcRunner, un FPS roguelite développé par les Anglais de Trickjump Games. Que nous donne ce titre, disponible depuis le 18 avril 2024 sur l’eShop au prix de vingt euros ?
Un concept intéressant
ArcRunner est un FPS roguelite. Nous sommes dans l’espace où un robot nous a appelés à l’aide. Visiblement, le vaisseau est bloqué et nous devons atteindre l’autre bout du véhicule afin de le réinitialiser. Problème, les autres IAs sont devenues folles et pour atteindre notre objectif, nous devrons toutes les tuer.
Le gameplay d’ArcRunner est très classique et assez simple à prendre en main pour les habitués du FPS. Nous contrôlons un personnage qui, arme à la main, doit tuer tous les ennemis de chaque zone afin de progresser.
Nous avons deux armes (de mêlée et à feu), une esquive, une compétence ainsi qu’une capacité secondaire (qui se ramasse sur les cadavres) qui vont nous permettre de progresser dans l’aventure. Nous débloquons aussi un « ultime » après plusieurs parties.
Par exemple, le soldat (il y a trois classes disponibles) possède un pistolet, un énorme marteau, un bouclier qui se déploie face à lui, et son ultime est un bouclier se déploie tout autour de lui.
Les ennemis arrivent par vagues et la plupart, en mourant, lâchent des armes et des capacités secondaires. Nous devons donc en permanence vérifier par terre pour trouver le combo parfait qui réussira à nous satisfaire.
Niveau arme, nous avons un ensemble prévisible mais complet : outre le pistolet de base, nous pouvons débloquer le fusil à pompe, le fusil d’assaut, le fusil à charge, l’arc et bien d’autres armes. Chaque arme possède ses propres caractéristiques, son propre niveau de rareté ainsi que son propre type.
Par exemple, un fusil à pompe de niveau 1 peut être plus ou moins puissant, avec un chargeur plus ou moins grand ou un taux de coups critiques plus ou moins intéressant. Les armes de type « acide » auront l’avantage d’empoisonner les adversaires dans le temps. Changer d’arme est important, car si nous tuons cinquante ennemis avec une arme, nous la débloquerons en tant qu’arme de base. Niveau compétence secondaire, notre héros peut récupérer une tourelle qui tire automatiquement sur les ennemis ou un hologramme qui attire les ennemis (et d’autres).
Chaque zone se ressemble plus ou moins : nous avons quelques vagues d’ennemis à tuer, dans plusieurs arènes, avec une zone de défi facultative. Les défis sont peu variés et nous demandent par exemple de tuer cinq ennemis en étant dans les airs (en sautant) ou encore de survivre trente secondes sans prendre de dégâts. En récompense, nous pourrons choisir entre plusieurs améliorations, comme de la vie, de l’armure, ou une arme un peu plus puissante que les autres.
Un contenu, en théorie, conséquent
À la fin de chaque « décor », notre personnage reçoit une puce à intégrer dans son circuit (un peu à la Cyberpunk 2077). Ces puces sont des bonus valables qu’une seule partie qui permettent de renforcer nos personnages. Nous pouvons par exemple gagner de la vie, faire en sorte que notre bouclier renvoie les dommages (pour le soldat) ou encore renforcer notre taux de critiques.
Nous recevons aussi une (ou plusieurs) nanites, la monnaie du jeu, qui nous offre la possibilité à la fin de chaque partie de renforcer nos compétences. À nous de voir ce qui nous intéresse : allons-nous augmenter notre vie, nos dégâts, ou bien choisirons-nous d’abord de récupérer plus rapidement notre compétence ?
Au bout d’un certain nombre de zones dans un décor, nous affrontons des sous-boss puis un boss qui n’est… pas forcément plus compliqué que les autres ennemis. Nous avons par exemple affronté des droïdes peu futés qui nous balançaient des grenades sans vraiment réfléchir à nos mouvements.
ArcRunner est un jeu au potentiel certain… mais à la réalisation approximative. Sur le papier, le jeu propose une expérience complète avec de nombreuses armes à débloquer. Dans les faits, nous avons un FPS au gameplay mou, sans saveur, qui, en plus d’être très classique, est loin d’être stimulant. Le jeu souffre d’un manque de contenu criant et nous sentons la répétitivité venir dès la première partie, ce qui est loin d’être un gage de qualité.
Malheureusement, ce sentiment s’accentue au fil des parties et même les petites nouveautés qui s’ajoutent à chaque zone n’arrivent pas à renouveler l’expérience. Globalement, nous démarrons avec deux ennemis. Un nouvel ennemi s’ajoute à chaque zone, ce qui fait qu’en théorie, nous devrions terminer avec une quantité astronomique d’adversaires à tuer et d’obstacles à surmonter.
Mais l’ennui arrive très vite
En réalité, nous avons un drone et un robot, et chaque nouvel ennemi n’est qu’une variation de ces deux derniers. Après le drone qui lance une décharge électrique, nous avons… le drone qui tire des balles. Après le robot qui tire rapidement, nous avons le robot qui tire de loin ou encore le robot qui tire puissamment.
Au fur et à mesure, ces variations minimes aux mécaniques peu variées nous ennuient et nous amènent à la même stratégie : se cacher dans un coin pour attendre les ennemis un à un. Notons malgré tout le robot qui protège ses coéquipiers qui nous oblige à sortir un peu de notre trou.
Le rythme est lent, la précision semble parfois totalement aléatoire (nous tirons sur un ennemi juste devant nous mais nos balles ne le touchent pas !), et le nombre d’arènes et de zones à réaliser pour quitter une région est absurdement grand.
Les compétences (secondaires comme à équiper en tant que puce) ainsi que les défis sont peu variés, les armes peu équilibrées, et nous avons un résultat peu satisfaisant manette en main. Finalement, ArcRunner est décevant pour les amoureux du roguelite par son manque de contenu alors que pour les fans de FPS, le jeu manque de rythme et d’action.
ArcRunner semble être un titre orienté multijoueur, mais nous n’avons pas pu tester le jeu en ligne ! En effet, nous n’avons trouvé aucun salon disponible… Un an après la sortie du titre, nous savons ce que ça veut dire…
Pas assez d’action pour un FPS, trop répétitif pour un roguelite
Même sans l’avoir testé en ligne, nous nous doutons que le jeu, déjà ennuyeux seul, n’est pas très captivant avec ses amis. Oui, nous tuons des ennemis, nous débloquons des armes, mais là encore le manque de rythme risque de décevoir nos camarades d’infortune.
Nous le comparons un peu à Rogue Company ou au feu Realm Royale (toute proportion gardée), sans le contenu : le gameplay est lent, les sensations pas très bonnes et nous passons un temps fou à errer en attendant l’action.
C’est dommage, car nous sentons le potentiel d’un tel titre qui mélangerait à la fois FPS et roguelite tout en apportant une expérience multijoueur, mais nous sentons que ce titre a la marque de plusieurs jeux indépendants, sortis trop tôt sans un développement complet.
Le portage sur Nintendo Switch est décevant : par rapport à la version PC, même si nous n’avons pas connu de problèmes de latence notables, la version est graphiquement au rabais, pas très jolie à voir et assez terne. Ces décors visuellement peu qualitatifs démotivent aussi au fil de l’aventure.
Dans ces conditions, il nous paraît compliqué de recommander ArcRunner, même si son prix de vingt euros est alléchant pour sa durée de vie. Le contenu est bien trop faible, et puis, pourquoi acheter un jeu ennuyeux, répétitif, qui en plus de proposer rien de nouveau, possède un matériel de base vacillant ?
La bande-son est à l’image du jeu : les pistes sont énergiques, sympathiques sur le papier, mais nous n’avons qu’une seule musique par zone ! Sachant que nous pouvons rester presque une heure dans chaque zone, nos oreilles finissent par nous en vouloir du manque de variété.
Nous vous joignons une vidéo d’une quarantaine de minutes, réalisée par nos soins, sans commentaire, pour que vous puissiez vous faire votre propre avis !
Conclusion
ArcRunner porte la marque de nombreux de jeux indépendants : si le concept est intéressant, que le jeu a quelques bases bien pensées (mélange de FPS et roguelite), le résultat final est décevant, avec un contenu et un plaisir limités. Le jeu aurait mérité un temps de développement plus long pour devenir un must have du genre. Dommage pour les joueurs, ArcRunner se place dans la longue liste des jeux alléchants sur le papier mais pas totalement terminés.
LES PLUS
- Un gameplay intéressant
- Beaucoup d’armes
- Plusieurs classes
- Jouable à plusieurs
- Un mélange des genres intéressant
LES MOINS
- Très répétitif dès la première partie
- Ennuyeux manette en main
- Pas assez d’action pour un FPS
- Pas assez de contenu pour un roguelite
- Un bestiaire plus que limité
- Une précision parfois aléatoire
- Une bande-son répétitive
- Un portage graphiquement au rabais





