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The Necromancer’s Tale (Nintendo Switch 2) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
15 juillet 2026
dans Tests Nintendo Switch 2
Temps de lecture: 10 mins
0
The Necromancer’s Tale (Nintendo Switch 2) – Le test
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Premier représentant sur Switch 2 du C-RPG, The Necromancer’s Tale, avec sa promesse de nécromancie, d’enquête gothique et de créatures osseuses à la pelle, semblait cocher toutes les cases. Pourtant, après trente heures passées dans les brumes du manoir Van Elstrik, le constat est amer : le jeu a une plume magnifique et une atmosphère envoûtante, mais il se saborde presque entièrement sur Switch 2 par une maniabilité frustrante et une construction à la lenteur éprouvante. Et avant même d’entrer dans le vif du sujet, il faut prévenir le public francophone : le titre n’est disponible qu’en anglais. Pour un C-RPG aussi riche en textes et en nuances, c’est une barrière rédhibitoire, un défaut majeur qu’on ne peut passer sous silence.

Une enquête gothique au cœur des ténèbres

he Necromancer’s Tale

Développé par Arcen Games, un studio indépendant surtout connu pour ses jeux de stratégie exigeants comme AI War, The Necromancer’s Tale opère un virage radical vers le RPG narratif. Ici, l’ambition est claire : proposer une aventure où l’enquête, la manipulation sociale et la puissance de l’écriture priment sur les affrontements. On est loin des batailles spatiales du studio, et l’on sent une volonté sincère d’explorer la profondeur psychologique et la noirceur d’un récit interactif.

Le joueur incarne le fils ou la fille d’un général de Rulsthen, qui a jadis utilisé un livre de magie noire pour lever une armée de morts et écraser Venise. Au décès suspect du père, on revient au manoir familial pour régler la succession et on se heurte immédiatement à une vérité qui cloche : le patriarche est mort d’une overdose d’alcool, alors qu’il ne buvait jamais de whisky. Ce détail intrigue, puis obsède. Très vite, l’enquête bascule dans l’occulte : on se met à traduire un grimoire interdit, à chercher des ingrédients pour des rituels et, finalement, à embrasser la voie du nécromancien.

L’introduction interactive, qui tient lieu de création de personnage, est un modèle du genre. À travers une série de choix narratifs entièrement doublés, on définit son passé, son lien au père et ses traits de caractère. Diplomate, militaire ou érudit, chaque orientation colore les dialogues et la manière dont les autres protagonistes nous perçoivent. Cette profondeur posée dès le prologue donne le ton : The Necromancer’s Tale est avant tout un roman interactif exigeant, où chaque mot compte.

Un gameplay déséquilibré mais captivant

On ne peut pas évoquer le gameplay sans insister sur son rythme. Les premières heures sont d’une lenteur pachydermique. Pendant les trois premiers chapitres, on explore, on lit, on interroge, mais on ne dégaine pas l’épée. Aucun ennemi à l’horizon, aucun sort à lancer : le jeu se vit comme un point & click gothique ponctué de tests de compétences. Il faut attendre la fin du chapitre 3 pour croiser un premier adversaire, et dépasser la dizaine d’heures pour débloquer les pouvoirs de nécromancie. Cette patience forcée pourra en rebuter plus d’un, même si, une fois la magie noire acquise, le gameplay bascule vers un mélange de furtivité en temps réel et de combats au tour par tour.

Dans sa phase occulte, The Necromancer’s Tale propose une boucle originale : chaque chapitre demande de traduire une recette ou un sort du grimoire, puis d’en réunir les ingrédients. Pour cela, on peut user de diplomatie, de chantage, de cambriolage ou de marchandage. La liberté d’approche est grisante, et la résolution des quêtes ressemble à un puzzle aux multiples solutions.

Lorsque les hostilités éclatent, on passe sur une grille hexagonale classique. Les combats sont simples : on gère des points d’action et de mana, on tire, on recharge, on active des serviteurs squelettiques. L’ennemi n’est pas idiot et fonce sur le nécromancien pour briser le lien qui maintient ses morts-vivants. Mais cet affrontement manque cruellement de récompense : tuer des goules ou des zombies ne rapporte ni expérience ni butin, ce qui les rend vite accessoires. Les fusillades au mousquet sont alourdies par des temps de rechargement interminables ; on finit par transporter plusieurs armes et jongler avec l’inventaire, une manipulation pénible sur console.

La mécanique de Confiance est, en revanche, un vrai tour de force. Chaque faction et chaque habitant réagit à ce qu’on dit, à ce qu’on tait, à qui l’on fréquente. Parler trop ouvertement de sorcellerie à un inconnu peut ruiner une réputation. Lors de ma première partie, j’ai voulu jouer le franc-tireur bavard et me suis retrouvé persona non grata partout, contraint de tout recommencer. Cette sévérité oblige à penser chaque interaction, à se souvenir des désirs et des secrets de chacun, et offre une immersion rare. Dommage que certaines baisses de Confiance semblent disproportionnées par rapport à la maladresse commise.

La maniabilité, talon d’Achille de la version Switch 2

he Necromancer’s Tale

Si le cœur du jeu bat fort, son corps sur Switch 2 est un supplice. La vue isométrique en 3D est constamment obstruée par des murs ou des meubles qui refusent de devenir transparents, forçant à jongler avec les sticks pour retrouver un angle décent. Naviguer dans les intérieurs étroits du manoir ou les ruelles tortueuses devient une épreuve : le pathfinding est capricieux, et le personnage confond allègrement rez-de-chaussée et étage lorsqu’on clique sur un point d’intérêt. On se retrouve à monter un escalier pour rien, à contourner une pièce sans raison, ou pire, à rester bloqué dans un décor.

La Switch 2 propose l’usage des Joy-Con comme souris, une fonction qui aurait dû sauver l’ergonomie. Hélas, la précision reste médiocre, et l’on souffre tout autant qu’au stick. Les contrôles de base ne sont même pas expliqués : on tâtonne pour comprendre comment se déplacer, comment interagir avec un objet. Dans un jeu où la lecture et la fouille occupent 80 % du temps, cette absence de fluidité transforme l’exploration en corvée.

Un rendu indigne de la Switch 2

Sur le plan visuel, The Necromancer’s Tale accuse un retard technique assez consternant. La direction artistique tente bien d’instaurer une ambiance gothique à coups de tentures sombres, de bougies vacillantes et d’autels inquiétants, mais le résultat final est tout simplement laid. Les textures sont non seulement floues, mais aussi pauvres en détails, au point de donner l’impression d’un portage paresseux d’un titre pensé pour du matériel d’une autre époque. Sur Switch 2, le rendu visuel n’a rien à envier aux jeux les plus techniques de la précédente Switch dans ses premiers mois : c’est terne, grossier, et très loin de ce que l’on est en droit d’attendre d’une console nouvelle génération. Les intérieurs étriqués ne font qu’accentuer la pauvreté des textures, et les bugs de collision – personnage traversant le sol, crashs intempestifs – achèvent de briser la fragile immersion. On se retrouve avec un titre qui, graphiquement, ne rend pas justice à la machine et qui frôle l’indigence technique.

La bande-son est sobre mais efficace. Le prologue bénéficie d’une narration de grande qualité, la voix grave du comédien installant immédiatement une tension sourde. Pendant le jeu, les bruitages – chuchotements, craquements de parquet, vents mauvais – suffisent à maintenir l’immersion. Les musiques, en revanche, restent très discrètes, presque effacées ; on les oublie aussitôt.

Il faut compter une bonne trentaine d’heures pour venir à bout de l’enquête, à condition de s’investir dans les quêtes annexes. La rejouabilité est théoriquement élevée, car les origines, les compétences et les relations évoluent différemment à chaque partie. Mais la longueur du prologue, la lenteur des premiers chapitres et l’absence de confort de jeu sur Switch 2 décourageront probablement les secondes tentatives. Le titre demande le même investissement qu’un roman dense, et la barrière de la langue anglaise exclut d’office une large partie du public francophone.

Conclusion

3.8 /10

The Necromancer’s Tale est un RPG à l’écriture remarquable, porté par une enquête tortueuse et un système social d’une richesse rare. Dommage qu'il soit en anglais, et surtout très moche. C’est aussi un jeu que l’on recommandera sur PC plutôt que sur Switch 2, car sa version console cumule les handicaps : contrôles patauds, caméra rétive, pathfinding erratique. On salue la plume, l’audace narrative, l’atmosphère gothique, mais on déplore que le support étouffe autant le plaisir de jeu. Si l’on accepte de souffrir pour goûter à cette histoire, on peut s’y risquer ; pour tous les autres, mieux vaut se tourner vers une autre plateforme.

LES PLUS

  • Une écriture remarquable
  • Un système de Confiance profond
  • Une grande liberté d’approche
  • Une atmosphère gothique réussie

LES MOINS

  • Une maniabilité catastrophique
  • Des graphismes indignes de la Switch 2
  • Un rythme pachydermique
  • Des combats peu gratifiants
  • Des bugs techniques
  • Absence totale de traduction française

Détail de la note

  • Graphismes 0
  • Optimisation 0
  • Contrôles 0
  • Gameplay 0
  • Durée de vie 0
  • Accessibilité 0
  • Performance 0
  • Bande-son 0
  • Histoire 0

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3.8
The Necromancer’s Tale
Date de sortie : 24/06/2026
eShop

Note finale

3.8
  • Graphismes 0
  • Optimisation 0
  • Contrôles 0
  • Gameplay 0
  • Durée de vie 0
  • Accessibilité 0
  • Performance 0
  • Bande-son 0
  • Histoire 0

LES PLUS

  • Une écriture remarquable
  • Un système de Confiance profond
  • Une grande liberté d’approche
  • Une atmosphère gothique réussie

LES MOINS

  • Une maniabilité catastrophique
  • Des graphismes indignes de la Switch 2
  • Un rythme pachydermique
  • Des combats peu gratifiants
  • Des bugs techniques
  • Absence totale de traduction française

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