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Culdcept Begins (Nintendo Switch 2) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
17 juillet 2026
dans Tests Nintendo Switch 2
Temps de lecture: 14 mins
0
Culdcept Begins
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Qui aurait cru qu’associer le Monopoly à un jeu de cartes à collectionner pourrait donner naissance à une expérience aussi fascinante ? Culdcept, c’est exactement cela : un mélange audacieux qui fonctionne depuis 1997, année de naissance de la série sur Sega Saturn. Avec Culdcept BEGINS, OmiyaSoft signe le retour d’une licence qui n’a jamais vraiment réussi à s’imposer en Occident, malgré des tentatives sur Dreamcast, Xbox 360 et même Nintendo 3DS. Ce nouvel opus, disponible sur Nintendo Switch 2 et Steam, se veut à la fois un retour aux sources et un point d’entrée idéal pour les néophytes. Et force est de constater que la formule, vieille de près de trente ans, conserve toute sa saveur.

Monopoly rencontre Magic

Culdcept Begins

Avant de plonger dans le vif du sujet, il convient de saluer le travail d’OmiyaSoft, ce studio japonais discret qui cultive depuis des décennies une identité bien particulière. Spécialiste des jeux de société numériques, la société a su créer avec Culdcept une licence unique en son genre, qui n’a jamais vraiment trouvé son public en dehors du Japon. Avec Culdcept BEGINS, le studio entend bien changer la donne en proposant une expérience plus accessible que jamais, sans pour autant renier la profondeur stratégique qui fait la réputation de la série. Un pari ambitieux, que nous avons pu tester longuement sur la nouvelle console de Nintendo.

Le scénario de Culdcept BEGINS nous transporte sur le continent de Bavrashka, où se dresse l’Académie royale des Cepts. Cette prestigieuse institution forme les Cepters, des individus capables de manipuler le pouvoir des Culds, ces mystérieuses tablettes renfermant les fragments du Culdcept originel. Nous incarnons Kamur, un nouvel étudiant dont le potentiel ne tarde pas à attirer l’attention. Rapidement intégré au Régiment de la Garde royale des Cepters, il se retrouve plongé dans un conflit ancestral qui menace l’équilibre du continent.

Le récit emprunte les codes classiques de la fantasy : un héros au destin exceptionnel, une menace venue des profondeurs (l’Abysse), des royaumes élémentaires unis sous une même bannière, et un père disparu dont il faut percer le mystère. Les personnages, sans être inoubliables, remplissent correctement leur rôle. On notera tout de même quelques figures attachantes, comme Tarhunt, le rival mystérieux, ou Tindalos, le chef de la tribu de l’Air qui voue un culte aux combats.

La narration souffre cependant d’une localisation un peu terne, qui peine à insuffler de la personnalité aux dialogues. Les descriptions des cartes et des mécaniques sont en revanche d’une clarté exemplaire, ce qui est bien plus important pour un jeu de ce type. La campagne principale se termine relativement rapidement, mais des missions annexes permettent d’approfondir l’histoire et d’en apprendre davantage sur l’univers.

Monopoly version cartes à collectionner

Sur le papier, Culdcept BEGINS semble d’une simplicité déconcertante. On lance un dé, on se déplace sur un plateau, et lorsque l’on s’arrête sur une case, on peut l’acheter en y déployant une créature issue de notre deck. Lorsqu’un adversaire atterrit sur notre territoire, il doit soit payer un péage, soit engager un combat contre notre monstre. S’il remporte la bataille, il s’empare de la case et y place sa propre créature. L’objectif final est d’atteindre un certain montant de richesses (exprimé en G) et de rejoindre le château pour remporter la partie.

En pratique, les choses sont bien plus complexes. Chaque déplacement a son importance, chaque décision peut faire basculer une partie. On peut investir dans ses territoires pour augmenter leur valeur, renforcer ses créatures avec des objets, ou conserver ses ressources pour un tour ultérieur. La composition du Book (notre deck) joue également un rôle crucial : trouver une bonne synergie entre les créatures, les objets et les sorts devient rapidement indispensable.

Avant chaque partie, on doit constituer son Book, qui regroupe exactement 40 cartes. On y trouve des créatures (pour conquérir et défendre les territoires), des objets (pour renforcer nos unités ou affaiblir celles de l’adversaire) et des sorts (pour influencer le déroulement de la partie). Avec plus de 400 cartes à débloquer, les possibilités de personnalisation sont immenses et encouragent l’expérimentation.

Les combats reposent sur plusieurs paramètres : chaque créature possède ses propres statistiques, un élément (Feu, Eau, Terre ou Air) ainsi que des capacités spéciales. Les bonus élémentaires, les objets équipés et les effets des cartes rendent chaque affrontement particulièrement tactique. Posséder plusieurs territoires d’un même élément permet de créer des chaînes qui multiplient les péages, ajoutant une couche stratégique supplémentaire.

Contrairement au plateau carré du Monopoly, Culdcept BEGINS propose des configurations variées qui modifient considérablement le déroulement des parties. Des ponts relient différentes voies, des cases de téléportation vous envoient à l’autre bout de la carte, et des structures uniques comme les boutiques ou les sanctuaires introduisent des mécaniques inédites.

Les sanctuaires sont particulièrement intéressants : ils permettent d’acheter et de vendre des jetons élémentaires dont la valeur fluctue en fonction du niveau de développement des territoires de chaque élément. Un joueur maîtrisant bien ce système peut réaliser des bénéfices considérables en achetant bas et revendant haut, ajoutant une dimension économique à la stratégie globale.

Une maniabilité pensée pour la Switch 2

Culdcept Begins

L’interface de Culdcept BEGINS est sans doute la meilleure que la série ait jamais connue. Toutes les informations sont affichées à l’écran de manière claire et lisible, ce qui est essentiel pour un jeu aussi riche en données. Les menus sont intuitifs, la gestion des cartes est fluide, et on ne se sent jamais submergé par la masse d’informations disponibles.

Le jeu tire parfaitement parti des fonctionnalités de la Nintendo Switch 2. La fonction GameShare, qui permet à plusieurs joueurs de s’affronter en local sans que chacun possède sa propre copie du jeu, fonctionne à merveille. C’est un atout majeur pour ce type d’expérience, qui se prête particulièrement bien aux soirées entre amis. On peut également jouer en ligne, même si nous n’avons pas pu tester cette fonctionnalité avant la sortie du jeu.

La durée des parties est également plus adaptée à une console portable : comptez environ trente minutes, ce qui permet d’enchaîner les matchs sans avoir à y consacrer des heures entières.

Une direction artistique qui peut diviser

Le changement de direction artistique de Culdcept BEGINS risque de diviser les fans de la première heure. Les précédents épisodes de la série s’orientaient vers un style fantasy-anime mature, avec des illustrations de cartes détaillées et variées, à l’image d’un véritable jeu de cartes à collectionner physique. Culdcept BEGINS opte pour une approche différente, plus cartoon et colorée, avec des personnages aux proportions super-déformées et des créatures représentées dans un style rappelant les peintures rupestres.

Cette nouvelle direction peut surprendre, voire décevoir les puristes. Personnellement, on trouve que ce choix apporte une fraîcheur bienvenue et permet au jeu de trouver sa propre identité visuelle. Les monstres sont désormais représentés sous forme de tablettes de pierre plutôt que de cartes traditionnelles, ce qui renforce le côté mystique et ancien de l’univers. Les illustrations des sorts et des objets conservent un style plus réaliste et détaillé, créant un contraste intéressant.

L’un des principaux avantages de cette nouvelle direction artistique est la cohérence qu’elle apporte. Dans les épisodes précédents, le contraste entre les illustrations détaillées des cartes et les sprites simples des monstres sur le plateau était parfois déconcertant. Dans Culdcept BEGINS, la représentation du monstre sur la carte et le sprite qui apparaît lorsqu’il occupe un territoire sont pratiquement identiques, ce qui offre une expérience visuelle plus immersive.

Les performances techniques sont à la hauteur de ce qu’on attend d’une Switch 2 : le jeu tourne parfaitement, avec des temps de chargement réduits et une fluidité irréprochable. La version Switch 1 devrait également bien fonctionner, à moins d’une optimisation catastrophique.

Une bande-son efficace mais sans éclat

Culdcept Begins

La partie musicale a été confiée au studio NoisyCroak, qui succède à Kenji Ito, le compositeur historique de la série depuis Culdcept Second. Si les nouvelles compositions ne rivalisent pas avec le travail d’Ito, elles remplissent parfaitement leur fonction. Les morceaux sont suffisamment atmosphériques en début de partie, puis deviennent plus dynamiques lorsque l’action s’intensifie. Chaque plateau élémentaire possède son propre thème, ce qui contribue à l’immersion.

On regrette toutefois que les musiques manquent de ce petit supplément d’âme qui aurait permis de les rendre mémorables sur le long terme. Les effets sonores sont quant à eux efficaces, avec des bruitages satisfaisants lors des combats et des interactions.

La campagne principale de Culdcept BEGINS devrait vous occuper une vingtaine d’heures, en comptant les missions annexes qui permettent d’approfondir l’histoire des personnages. Mais le véritable cœur du jeu se trouve ailleurs : dans la collection de cartes et les affrontements multijoueur.

Le système de progression est particulièrement bien pensé. On gagne de l’argent en jouant, qui peut être dépensé pour acheter des paquets de cartes aléatoires ou certaines cartes spécifiques en boutique. Les doublons peuvent être revendus, ce qui permet de financer l’acquisition de nouvelles cartes. Le processus de construction d’un deck de 40 cartes est addictif et encourage à expérimenter différentes stratégies.

Le mode histoire, bien qu’un peu trop didactique par moments, fait office de long tutoriel et introduit progressivement les mécaniques les plus complexes. On apprécie particulièrement le fait que même en cas de défaite, on gagne des points de croissance, ce qui rend la progression moins frustrante.

Si la campagne solo offre une expérience solide, c’est bien en multijoueur que Culdcept BEGINS révèle toute sa richesse. Affronter d’autres joueurs, humains, ajoute une dimension stratégique supplémentaire : les décisions sont moins prévisibles, les tactiques plus variées, et la gestion du bluff devient un élément à part entière.

Le jeu supporte jusqu’à quatre joueurs en local ou en ligne. La fonction GameShare de la Switch 2 est particulièrement appréciable : elle permet à vos amis de vous rejoindre sans posséder leur propre copie du jeu, ce qui est idéal pour initier de nouveaux joueurs. Les parties à quatre peuvent être longues (comptez une heure ou plus), mais elles offrent une expérience sociale unique, comparable à une soirée jeu de société.

L’avenir du jeu en ligne dépendra évidemment de la communauté, mais on espère que les joueurs seront au rendez-vous. C’est face à d’autres humains que Culdcept BEGINS révélera toute sa profondeur et sa rejouabilité.

Les points qui fâchent

Malgré des efforts évidents pour rendre le jeu plus accessible, Culdcept BEGINS reste un titre exigeant. Les premières heures sont frustrantes : on perd, on ne comprend pas toujours pourquoi, et on a l’impression que le hasard des dés décide de tout. Il faut accepter de prendre le temps d’assimiler les nombreuses mécaniques avant de vraiment apprécier l’expérience.

Parlons-en, de ce hasard des dés. Culdcept BEGINS peut être cruel, terriblement cruel. Une série de mauvais lancers peut anéantir les meilleures stratégies, et rien n’est plus frustrant que de voir un plan parfaitement élaboré réduit à néant par un vulgaire dé. C’est une caractéristique inhérente au genre du jeu de société, mais elle risque d’en rebuter certains.

L’absence de traduction française est un obstacle pour de nombreux joueurs francophones. Le jeu étant riche en texte, notamment pour les descriptions des cartes et les dialogues, une barrière linguistique se dresse. Les puristes regretteront également le manque de personnalité dans la localisation anglaise, qui dessert la caractérisation des personnages.

La campagne solo, bien qu’utile pour apprendre les mécaniques, peut donner l’impression de s’éterniser. Certains joueurs expérimentés trouveront le rythme un peu lent et les explications trop répétitives. Heureusement, on peut toujours passer les dialogues et se concentrer sur l’essentiel : les affrontements stratégiques.

Conclusion

6.4 /10

Culdcept BEGINS est un jeu que l'on a autant apprécié qu'il nous a frustré. Son gameplay exigeant demande un véritable investissement, et il faut accepter de prendre le temps d'en comprendre les nombreuses règles. À l'image d'un gros jeu de société, la courbe d'apprentissage peut sembler abrupte. Mais une fois les mécaniques assimilées, le plaisir de jeu prend rapidement le dessus et chaque victoire devient particulièrement gratifiante.On a particulièrement apprécié l'aspect collection et deck-building, qui rappelle les plaisirs des jeux de cartes à collectionner physiques. La liberté offerte dans la construction de son Book, les synergies à découvrir, les stratégies à affiner... tout concourt à créer une expérience riche et durable.La direction artistique, bien que surprenante pour les habitués de la série, apporte un vent de fraîcheur et une cohérence visuelle bienvenue. Les performances sur Switch 2 sont impeccables, et la fonction GameShare est un atout majeur pour les soirées entre amis.Au final, Culdcept BEGINS ne conviendra pas à tout le monde. Son absence de traduction française, sa courbe d'apprentissage et son gameplay exigeant risquent d'en rebuter plus d'un. Il restera sans doute un jeu de niche. En revanche, les joueurs prêts à lui consacrer du temps découvriront une expérience unique, capable de procurer cette satisfaction que seuls les jeux les plus exigeants savent offrir. Un retour réussi pour une série qui mérite amplement sa place dans le paysage vidéoludique actuel.

LES PLUS

  • Gameplay stratégique d'une richesse exceptionnelle
  • Excellente prise en main progressive
  • Collection de cartes addictive et généreuse
  • Multijoueur local et GameShare parfaitement intégrés
  • Interface claire et intuitive

LES MOINS

  • Courbe d'apprentissage abrupte
  • Dépendance au hasard des dés parfois frustrante
  • Absence de traduction française
  • Direction artistique qui peut diviser les puristes
  • Mode histoire un peu trop long pour les joueurs expérimentés

Détail de la note

  • Accessibilité 0
  • Durée de vie 0
  • Contrôles 0
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Graphismes 0
  • Gameplay 0

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6.4
Culdcept Begins
Date de sortie : 16/07/2026
Amazon eShop

Note finale

6.4
  • Accessibilité 0
  • Durée de vie 0
  • Contrôles 0
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Graphismes 0
  • Gameplay 0

LES PLUS

  • Gameplay stratégique d'une richesse exceptionnelle
  • Excellente prise en main progressive
  • Collection de cartes addictive et généreuse
  • Multijoueur local et GameShare parfaitement intégrés
  • Interface claire et intuitive

LES MOINS

  • Courbe d'apprentissage abrupte
  • Dépendance au hasard des dés parfois frustrante
  • Absence de traduction française
  • Direction artistique qui peut diviser les puristes
  • Mode histoire un peu trop long pour les joueurs expérimentés

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