Les Gobliiins reviennent ! Comment ? Non pas les Gremlins, les Goblins ! Vous ne connaissez pas ? Il est temps de lustrer votre écran tactile et de faire un tour au royaume du bon roi Angoulafre !
Avoir le Niak !
Annonce un peu surprise du French Direct de fin mai, Gobliiins Collection est une compilation qui reprend les cinq premiers jeux mettant en vedette les « Gobliiins », sortis sur PC, Atari ST et Amiga (en tout cas pour les trois premiers) entre 1991 et 2023.
Les créateurs du jeu, Muriel Tramis et Pierre Gilhodes, sont français et ont initialement sorti le titre sous la bannière de l’éditeur français également, Cocktel Vision (qui a également édité Adibou…). Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les Gobliiins font leur retour, on avait eu droit à une version iOS des trois premiers en 2010… malheureusement retirée de la vente (et de l’App Store) suite à la fermeture de Bulkypix. Nous ne pouvions donc qu’être ravis d’apprendre le retour de la série, par le biais de cette compilation qui inclut l’intégrale des cinq épisodes sortis de ce classique des jeux de point & click. Cette compilation propose également différents bonus, comme la possibilité de lancer les versions spécifiques des trois premiers jeux. Ainsi, vous pourrez profiter des onomatopées parlées (et incompréhensibles) pour les versions disquettes, alors que les versions CD-ROM proposeront un doublage en français (quand il était disponible). Au menu des bonus, on trouvera également un lecteur de musique qui vous permettra de réécouter les pistes musicales des différents opus. Enfin, on trouvera également une mini-série vidéo, mettant en scène Pierre Gilhodes, le co-créateur de la série, ainsi que des illustrations ayant servi à la création du jeu. Pour ce test, nous allons essayer de revenir rapidement sur chacun des titres, sachant qu’ils partagent tous la même particularité… ce sont des point & click avec une bonne dose d’humour et souvent des enchaînements et des échanges biscornus pour arriver à nos fins… En effet, certaines résolutions d’énigmes font un peu penser au jeu de la patate (on commence avec une patate, qu’on échange contre autre chose et ainsi de suite, jusqu’à obtenir quelque chose de plus gros… dans le cas du jeu, c’est l’objet pour terminer le tableau… même si ça ne sera pas toujours le cas).
L’ensemble des jeux est en français, textes et voix (quand il y en a), petit plus bienvenu pour la Nintendo Switch, l’écran tactile est utilisé ! Ce qui facilite les interactions. On espère qu’un patch spécifique à la Switch 2 sortira pour profiter du mode souris, même si de base il s’agit d’un titre Nintendo Switch (mais sait-on jamais !).
Gobliiins – Le début des aventures de Oups, Ignatius et Asgard (1991)
Pour des raisons qui échappent à tout le monde, le bon roi Angoulafre est devenu fou à lier. Le jeu commence d’ailleurs assez fort, avec une cinématique en pixel art qui donne le ton ! La cour décide donc d’envoyer trois lutins, des Goblins (il y a trois i pour indiquer qu’il y a trois persos) chez le sorcier Niak afin qu’il les aide à remédier à tout ce bazar. Visuellement, le jeu a légèrement vieilli, même si c’est du pixel art de qualité ! Les persos sont bien animés et les décors sont jolis… On note cependant que les trois personnages ont le même corps (pour faciliter l’animation à l’époque). Au-delà de ça, ils ont également des capacités différentes. Oups peut ramasser des objets et les utiliser sur quelque chose d’autre, ou tout seul ; par contre, il ne peut porter qu’un seul objet à la fois. Ignatius, le magicien, peut jeter des sorts mais avec des effets souvent imprévisibles ; quant à Asgard, le guerrier, il peut donner des coups de poing ou grimper à des cordes. Ce sont les « muscles » de la bande. Le premier jeu a une particularité (qui ne sera fort heureusement pas reprise dans les suites). En effet, les héros peuvent mourir : une barre d’énergie collective est affichée au bas de l’écran. En cas d’erreur comme l’utilisation du mauvais objet au mauvais endroit ou un mauvais coup donné par un ennemi suite à une erreur, la barre se vide. Lorsque celle-ci est entièrement vide, la partie est perdue et on doit tout reprendre au début du tableau (ce premier épisode nous fait jouer sur un seul tableau à la fois).
Gobliins 2 – Fingus et Winkle à la recherche du Prince Bouffon (1992)
Second volet de la série, il se déroule dans le même univers, sauf que cette fois, c’est le fils du roi Angoulafre qui a disparu sans laisser de trace ! Le mage de la cour, Modemus, qui conte l’histoire (et a quelques problèmes avec des insectes volants, comme on peut le voir dans une introduction toujours aussi hilarante), envoie deux goblins secourir le jeune prince. D’un coup de magie, il les téléporte dans une contrée lointaine où son collègue, le magicien Tazaar, pourra leur prêter main-forte. C’est là que notre duo découvre l’horrible vérité : derrière toute cette affaire se cache un démon surgi du néant… le terriblement terrifiant Amoniak ! Cette fois, ce ne sont plus trois, mais deux Goblins que l’on pourra diriger (d’où les deux i dans Gobliins). Vous pourrez ainsi incarner en simultané Fingus, un petit goblin rose poli, intelligent et un peu trouillard, ainsi que Winkle, violet avec une tête rappelant un ptérodactyle. Il est tout le contraire de Fingus… insolent, farceur et n’hésitant pas à se salir les mains ou à jouer du poing. Plus tard dans le jeu, il est possible de contrôler le prince, mais il ne peut pas ramasser d’objet.
Ce deuxième volet est un vrai tournant dans la saga, les graphismes sont encore plus détaillés, les décors sont vraiment beaux et pleins de détails et, cette fois, chaque Goblin a son propre corps et des aptitudes vraiment différentes. Finie la barre de vie, ici les échecs sont tolérés et les réactions des personnages font très « cartoons », avec des coups de saucisson sur la tête ou des piranhas qui bouffent les doigts pendant que l’autre Goblin épargné se fendra la poire… accompagné des autres PNJ. L’autre nouveauté est la possibilité de parcourir plusieurs tableaux en même temps (généralement trois ou moins), pour trouver les bons objets afin de progresser. Il faudra parfois jouer du timing et trouver quel personnage utiliser pour réussir tel objectif et surtout lancer telle action au bon moment ! On trouve également ici l’arrivée des jokers, qui vous donneront des indications pour finir certains tableaux (mais pas tous !).
Goblins 3 – La quête de Blount & Cie (1993)
Troisième épisode de la série, il est encore plus réussi que le précédent. On incarne ici un reporter nommé Blount. Il est envoyé en mission dans le royaume de Foliandre, juste à temps pour assister à la guerre que se livrent la reine Xina et le roi Bodd pour le contrôle du labyrinthe. Les choses tournent rapidement au vinaigre lorsque son vaisseau volant est attaqué, le forçant à effectuer un atterrissage totalement imprévu. C’est alors qu’entre en scène la mystérieuse Wynonna, dont Blount tombe immédiatement et éperdument amoureux. Mais la situation se complique quand débarque un loup-garou qui s’en prend à notre héros et le laisse sans vie… enfin pas totalement !
Comme on l’écrivait plus haut, c’est certainement l’un des plus beaux épisodes pour la période des années 90, les personnages et les décors sont encore plus travaillés, tout comme les animations. Même si cette fois Blount est seul, il pourra quand même compter sur la compagnie de quelques compagnons de route ; même si certains ne seront pas capables de porter des objets, ils pourront néanmoins avoir une autre utilité (qu’il faudra deviner, ou lire via les jokers qui font leur retour, mais cette fois en quantité limitée pour l’ensemble du jeu !). Cependant, l’utilisation d’un joker décrit entièrement ce qu’il faut faire pour progresser au tableau suivant… à vous de voir comment vous souhaitez avancer. Même si certains passages mettront votre patience à l’épreuve ! Mais ça, c’est jusqu’à ce que vous atteigniez le niveau de réflexion d’un Goblin !
Gobliiins 4 – L’incursion en trois dimensions (2009)
Il s’agit ici du premier (et seul !) épisode en 3D. Gobliiins 4 nous propose cette fois d’incarner trois nouveaux goblins : Tchoup, Stucco et Perluis. Encore une fois, c’est le roi Angoulafre qui leur confie une mission de la plus haute importance : retrouver son animal de compagnie disparu… Pour cet épisode, on retrouve les capacités distinctes ; ainsi, Tchoup peut prendre et manipuler les objets, Stucco, c’est la force brute et Perluis est le magicien aux tours improbables. L’autre particularité est de revenir au système du tableau unique pour progresser (en plus de l’affichage en 3D). Il n’en demeure pas moins un épisode sympathique, on y retrouve l’humour de la série… Et même si le rendu 3D reste acceptable, il accuse plus facilement le poids des années et il faut avouer que l’on a une certaine affection pour les Goblins en deux dimensions et leur aspect plus « cartoon ».
Gobliiins 5 – Le retour de Oups, Ignatius et Asgard (2023)
Une nouvelle catastrophe totalement ubuesque s’abat sur le royaume : une étrange maladie transforme peu à peu tout le monde en pommes de terre. Bien évidemment, la rumeur raconte que même le bon roi Angoulafre aurait été touché… il n’en manque pas une, celui-là ! Charge donc à nos amis Oups, Ignatius et Asgard de sauver le royaume ! Même si ces derniers commencent l’aventure avec une belle gueule de bois…
Retour aux sources pour ce dernier épisode, avec le fonctionnement 1 personnage = 1 capacité. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, Oups reste celui qui manipule les objets, Ignatius est toujours aussi doué avec la magie… « hum hum » et Asgard est toujours aussi costaud ! Ce dernier épisode signe le retour réussi de la série ! Il conserve toutes les qualités des précédents épisodes et profite des évolutions pour le dessin en deux dimensions. Certaines actions sont toujours aussi invraisemblables, mais l’ensemble est franchement très joli et toujours aussi prenant… Les personnages gagnent en maturité dans leurs réflexions (tout en restant au niveau des Goblins) et on prend vraiment du plaisir à suivre ces nouvelles aventures qui filent la patate… !
Bienvenue dans le royaume d’Angoulafre
Techniquement, le portage est réussi (encore heureux, nous direz-vous !), et on apprécie la quantité de bonus ajoutés, que ce soit les jaquettes originales des jeux, le menu avec les boîtes en trois dimensions, le fait que ce soit une disquette ou un CD-ROM qui vient se lancer dans un ordinateur (ou dans un ordinateur portable pour les jeux les plus récents). Cette compilation transpire vraiment l’amour pour la série ! Les vidéos de « La légende derrière Gobliiins » qui mettent en scène Pierre Gilhodes dans des (trop) courtes vidéos, permettent d’en apprendre un peu plus sur la genèse des personnages et des épisodes. Le co-créateur de la série n’hésite pas à faire part de certaines anecdotes intéressantes sur l’évolution de la « saga » et de ce qui l’a poussé à faire certains choix (notamment le passage à la 3D pour le quatrième épisode). En toute honnêteté, si vous connaissez la série, vous reprendrez énormément de plaisir à redécouvrir l’ensemble des épisodes (il y a d’ailleurs fort à parier que vous n’aviez pas encore pu poser la souris sur le cinquième épisode). Tout cela nous fait d’ailleurs espérer une sortie prochaine du sixième épisode, qui remet en avant Fingus et Winkle, les héros du second opus, et qu’on aurait bien aimé voir dans cette compilation…
Conclusion
La série des Gobliiins est clairement ce qui se fait de mieux au niveau des point & click humoristiques. Plutôt barré, une ambiance cartoon et des histoires abracadabrantes, mais marrantes. Il est vrai que certaines actions à mener ne sont pas toujours évidentes et qu’il faudra s’y reprendre à plusieurs fois pour arriver à comprendre le bon enchaînement et ce qu’il faut faire pour parvenir à nos fins… Mais à force de fréquenter les Goblins, on finit par développer la « bonne » logique… Si vous ne vous y êtes jamais essayé, nous vous recommandons cette compilation !
LES PLUS
- Les épisodes en 2D n’ont pas trop vieilli graphiquement
- Un humour efficace
- Des tableaux où il faut réfléchir
- Un univers plaisant
- Beaucoup de bonus intéressants
- L’écran tactile est pris en charge
LES MOINS
- On aurait aimé avoir l’épisode 6
- L’épisode en 3D a un peu mal vieilli
- Certaines énigmes abracadabrantes (mais dans l’esprit du jeu)














