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L.A. NOIRE (Nintendo Switch) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
6 septembre 2026
dans Tests Nintendo Switch
Temps de lecture: 12 mins
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L.A. Noire, sorti initialement en 2011 sur PlayStation 3 et Xbox 360, débarque sur Switch en 2017 avec la promesse de nous replonger dans un Los Angeles des années 1940 aussi crédible que fascinant. À l’époque, le jeu avait marqué les esprits grâce à une technologie de capture faciale révolutionnaire, un univers d’une fidélité historique remarquable et une approche du jeu d’enquête bien plus mature que ce que l’on pouvait trouver ailleurs. Sept ans plus tard, le titre de Team Bondi revient dans une version complète, enrichie de tous ses contenus additionnels et adaptée aux spécificités de la Switch. On a (ré)enfilé le costume de Cole Phelps, inspecteur au LAPD, pour déterminer si cette enquête vaut toujours le détour.

Un enquêteur d’époque

L.A. NOIRE

L.A. Noire a été développé par le studio australien Team Bondi, fondé par Brendan McNamara, qui avait auparavant travaillé sur The Getaway chez Sony. Malgré le nom de Rockstar Games sur la jaquette en tant qu’éditeur, c’est bien Team Bondi qui a porté ce projet pendant près de sept ans. Le studio a malheureusement fermé ses portes peu après la sortie du jeu, victime de difficultés financières et de témoignages sur des conditions de travail éprouvantes. Il n’en demeure pas moins que Team Bondi a laissé derrière lui une œuvre singulière, à la croisée du film noir, du jeu d’aventure et du monde ouvert.

Le portage sur Switch, sorti en novembre 2017, reprend l’intégralité du jeu d’origine ainsi que tous les DLC publiés à l’époque (affaires supplémentaires, tenues, armes). On note aussi l’apparition de quelques objets à collectionner inédits et de costumes bonus pour Cole Phelps. Le tout a été adapté aux contrôles de la console, avec des fonctions tactiles et gyroscopiques.

On incarne Cole Phelps, ancien marine décoré de la Seconde Guerre Mondiale, qui rejoint les rangs de la police de Los Angeles en 1947. Le jeu suit son ascension progressive à travers les différents services du LAPD : la circulation, les homicides, les mœurs et enfin les crimes d’incendie criminel. Chaque affectation correspond à un chapitre du récit, et chacune apporte son lot d’affaires plus ou moins sordides, toutes inspirées de faits réels ou de thèmes récurrents des polars noirs de l’époque.

L’objectif est simple sur le papier : résoudre une série d’enquêtes en collectant des indices, en interrogeant des témoins et des suspects, puis en procédant à des arrestations. Mais derrière cette mécanique de jeu d’aventure classique se cache une ambition narrative bien plus grande. Au fil des affaires, on découvre un Los Angeles gangrené par la corruption, le trafic de morphine, les combines immobilières et les secrets de famille. Le personnage de Phelps, d’abord perçu comme un héros droit et intègre, révèle peu à peu des zones d’ombre liées à son passé militaire. Les dialogues, très soignés, ainsi que les thèmes abordés (racisme, sexisme, traumatismes de guerre, adultère) donnent au jeu une épaisseur rarement atteinte dans le médium.

Un gameplay toujours inédit

Le cœur de L.A. Noire repose sur trois piliers : l’investigation, l’interrogatoire et l’action, cette dernière étant plus anecdotique.

La recherche d’indices s’effectue sur des scènes de crime délimitées. On inspecte les corps, on fouille les pièces, on examine les objets au sol ou sur les meubles. La manette vibre lorsqu’on s’approche d’un élément interactif, et une petite mélodie se fait entendre pour signaler qu’un indice est là. Tous les objets ne sont pas pertinents ; certains ne servent qu’à meubler l’environnement et il faut savoir faire le tri. Le carnet de notes de Phelps se remplit automatiquement au fur et à mesure des découvertes et devient vite l’outil indispensable pour suivre les pistes, les adresses, les noms et les preuves à charge.

Les interrogatoires constituent le point fort du jeu. Grâce à la technologie MotionScan utilisée par Team Bondi, les visages des personnages sont animés de façon extrêmement réaliste : un tic, un regard fuyant, une lèvre qui tremble, un sourire en coin. On doit analyser ces micro-expressions pour déterminer si l’interlocuteur dit la vérité, s’il doute ou s’il ment. La version Switch a modifié les trois options d’origine : « Vérité » devient Bon flic, « Doute » devient Mauvais flic et « Mensonge » devient Accuser. Cette nouvelle terminologie clarifie un peu les choix, même si le système reste parfois flou. On peut également présenter un indice pour confondre un suspect qui ment, à condition d’avoir trouvé la bonne preuve. En cas d’erreur, on ne perd pas immédiatement la partie, mais on récolte une moins bonne évaluation en fin d’affaire, et on risque de passer à côté d’informations utiles.

Les phases d’action se résument à des courses-poursuites à pied ou en voiture, ainsi qu’à quelques fusillades. Elles apportent un peu de rythme mais sont très assistées et souvent trop prévisibles. On maintient une touche pour courir, Phelps franchit les obstacles tout seul et on a parfois l’impression de n’être qu’un simple spectateur. Les combats armés sont corrects mais peu excitants, avec une intelligence artificielle assez passive. Heureusement, ces séquences ne représentent qu’une petite partie de l’aventure.

Le jeu propose aussi des points d’intuition gagnés en montant de niveau, qui permettent de révéler l’emplacement d’un indice manqué ou de supprimer une mauvaise réponse lors d’un interrogatoire. C’est un coup de pouce bienvenu pour les joueurs moins patients.

Enfin, on peut explorer Los Angeles librement entre deux missions, mais l’intérêt est limité. La ville est immense et superbement reconstituée mais les interactions avec l’environnement sont quasi inexistantes : pas de magasins à visiter, pas d’événements aléatoires, pas de véritable vie de quartier. On roule, on admire, puis on retourne vite à l’enquête en cours.

Immersion Joy-Con en main

L.A. Noire (2)

La version Switch tire parti des particularités de la console. L’écran tactile sert à naviguer dans le carnet de notes, à zoomer sur les scènes de crime ou à manipuler certains objets. C’est agréable et intuitif, surtout en mode portable. On peut aussi jouer avec les deux Joy-Con détachés : le gyroscope permet d’orienter la caméra en bougeant la manette, ce qui rappelle les contrôles de Splatoon ou Zelda. Cette fonction est optionnelle et, honnêtement, pas indispensable ; le stick droit reste plus précis.

Les vibrations HD sont utilisées pour signaler la présence d’indices, ce qui est discret mais efficace. On note toutefois que la conduite des véhicules reste délicate, comme dans le jeu original : les voitures sont lourdes, la direction est floue, et il faut souvent freiner bien avant un virage. Ce n’est pas rédhibitoire mais cela peut agacer lors des filatures.

En mode portable, le jeu se joue parfaitement et c’est sans doute là qu’il prend tout son intérêt. Pouvoir mener une enquête dans les transports ou allongé sur son canapé, avec un casque audio pour profiter de l’ambiance, donne une nouvelle dimension à l’expérience.

La bande-son de L.A. Noire est une réussite totale. Composée par Andrew Hale et Simon Hale, elle s’inspire directement des partitions des films noirs des années 1940 et 1950 : jazz, big band, blues, motifs de contrebasse lancinants, trompettes bouchées… Chaque moment du jeu est accompagné avec justesse. Pendant les phases d’exploration d’une scène de crime, une musique discrète et tendue monte progressivement, puis s’arrête net lorsque tous les indices ont été trouvés – un signal sonore aussi utile qu’élégant. Lors des poursuites, les percussions s’accélèrent pour créer une tension immédiate.

Les bruitages et l’ambiance urbaine (klaxons, conversations lointaines, bruits de moteur) renforcent l’immersion. Les doublages, en anglais uniquement, sont d’excellente qualité, avec des acteurs convaincants. On retrouve notamment Aaron Staton (Mad Men) dans le rôle de Cole Phelps, ainsi que de nombreux visages connus de la télévision américaine. La version Switch ne propose pas de doublage français, seulement des sous-titres, ce qui est dommage pour ceux qui ne maîtrisent pas l’anglais, mais cela préserve le cachet d’origine.

L.A. Noire accuse son âge

L.A. Noire (undefined)

Les textures sont parfois grossières, l’aliasing est visible, et les modèles des personnages hors visages sont raides. En mode docké, en 1080p, ces défauts ressortent davantage sur un grand écran. En revanche, en mode portable, sur l’écran de la Switch (720p), le jeu paraît plus flatteur. La réduction de la taille d’image masque une partie des imperfections et donne un rendu plus net qu’en docké.

Le point fort reste évidemment l’animation faciale issue du MotionScan. Même après toutes ces années, elle impressionne toujours. Les expressions sont si précises, si vivantes, qu’on a l’impression de regarder de vrais acteurs filmés. C’est d’autant plus frappant que le reste du corps est animé de manière traditionnelle, ce qui crée un contraste étrange mais fascinant. Les décors, eux, sont fidèles à la période : enseignes au néon, voitures d’époque, costumes, mobilier, tout est cohérent et documenté.

On note quelques chutes de framerate occasionnelles, notamment lors des phases de conduite rapide ou dans les rues très denses. Rien de catastrophique, mais cela peut surprendre pendant une course-poursuite. La version Switch n’atteint pas la fluidité des versions PS4 ou Xbox One, mais reste parfaitement jouable.

Comptez une vingtaine d’heures pour boucler l’histoire principale en ligne droite, et 25 à 30 heures si l’on prend le temps de fouiller chaque scène, d’explorer un peu la ville et de recommencer certaines affaires à partir du menu principal pour améliorer son score. Le jeu propose en effet un système de notation avec des étoiles attribuées selon la qualité de chaque enquête effectuée (indices trouvés, bonnes réponses lors des interrogatoires, dégâts causés, etc.). La rejouabilité est donc augmentée.

La version Switch inclut tous les DLC sortis sur les versions précédentes : quatre affaires supplémentaires (certaines étant assez longues et bien scénarisées), des tenues inédites pour Phelps, et des armes bonus. S’ajoutent à cela quelques objets de collection inédits disséminés dans la ville. De quoi prolonger le plaisir pour les complétistes.

Conclusion

7.4 /10

L.A. Noire sur Switch n’est pas un remaster spectaculaire mais un portage honnête et intelligent. Il ne corrige pas les défauts du jeu original – la conduite approximative, les phases d’action assistées, la linéarité malgré un monde ouvert – mais il en préserve toutes les qualités : une ambiance de film noir d’une authenticité rare, une histoire adulte et prenante, des personnages magnifiquement interprétés, et un système d’interrogatoire qui n’a toujours pas d’équivalent dans le jeu vidéo.Le fait de pouvoir jouer en mode portable, avec l’écran tactile pour gérer son carnet et ses indices, est un vrai plus. On se surprend à mener ses enquêtes dans le train ou au fond du lit, plongé dans ce Los Angeles crépusculaire. Quelques ralentissements et une technique vieillissante ne gâchent en rien le plaisir de résoudre des affaires avec Cole Phelps.Si l’on n’a jamais touché à L.A. Noire, cette version Switch est une excellente porte d’entrée. Si l’on y a déjà joué, l’intérêt est moindre, sauf à vouloir absolument le découvrir en nomade. Quoi qu’il en soit, le jeu reste une œuvre à part, imparfaite mais profondément marquante, et l’on comprend pourquoi il continue de fasciner près d’une décennie après sa première sortie.https://www.youtube.com/watch?v=x7W7so36u4E

LES PLUS

  • L’ambiance années 1940 incroyablement immersive
  • Les interrogatoires et la technologie MotionScan toujours impressionnante
  • La bande-son jazz parfaitement adaptée
  • Le mode portable bien exploité (écran tactile, gyroscope)
  • Contenu complet avec tous les DLC

LES MOINS

  • La conduite et les phases d’action datées
  • Le monde ouvert vide et sans interactions
  • Quelques chutes de framerate
  • La linéarité assumée qui peut frustrer les amateurs de liberté
  • La première Game-Key Card de l'histoire

Détail de la note

  • Graphismes 0
  • Gameplay 0
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Durée de vie 0

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7.4
L.A. Noire
Date de sortie : 14/11/2017
Amazon eShop

Note finale

7.4
  • Graphismes 0
  • Gameplay 0
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Durée de vie 0

LES PLUS

  • L’ambiance années 1940 incroyablement immersive
  • Les interrogatoires et la technologie MotionScan toujours impressionnante
  • La bande-son jazz parfaitement adaptée
  • Le mode portable bien exploité (écran tactile, gyroscope)
  • Contenu complet avec tous les DLC

LES MOINS

  • La conduite et les phases d’action datées
  • Le monde ouvert vide et sans interactions
  • Quelques chutes de framerate
  • La linéarité assumée qui peut frustrer les amateurs de liberté
  • La première Game-Key Card de l'histoire

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