La série des Mega Man a été une des licences phares de Capcom dans les années 90. Créée à l’origine comme un jeu de plateforme et d’action, elle a eu le droit à de nombreux spin-off avec des styles différents. On pensera notamment à la série des « Legends » ressemblant fort aux Zelda 3D, ou aux « Battle Network » qui lorgnait plus du côté du RPG. Après le succès de ces derniers, Capcom décide de lancer une énième vague de spin-off avec les « Star Force », reprenant en partie ce qui avait fait le succès de « Battle Network » tout en modifiant certains éléments pour donner une identité nouvelle à cette saga. Sortie initialement en 2006 sur Nintendo DS, la série a vu 3 titres divisés en 7 opus différents et s’est terminé en 2008. Pour la promouvoir, un animé reprenait les événements du premier jeu. Le 27 mars 2026, Capcom décide de ressortir la série avec Mega Man Star Force Legacy Collection sur Nintendo Switch pour faire découvrir le titre aux plus jeunes et entamer son devoir de mémoire auprès des plus anciens. Mais cela vaut-il toujours le coup en 2026 ? Nous allons voir ça ensemble.
Des ondes partout
Notre histoire se passe dans les années 220X. Le monde et la technologie ont évolué. La civilisation repose sur le système d’ondes électromagnétiques (EM) ayant remplacé les divers réseaux informatiques. L’humanité a lancé 3 satellites (Pegasus, Léo et Dragon) afin de permettre une diffusion massive des EM. Pour pouvoir utiliser cette technologie, chaque personne est dotée d’un Transfer, l’équivalent des smartphones, lui permettant d’accomplir les tâches du quotidien. Il se peut que des bugs du système existent dus à des virus EM, mais la police de Satella se charge de régler ces problèmes. Le monde vit en paix, ce qui permet à l’humanité de pouvoir se concentrer sur le futur et l’exploration de l’espace. C’est ainsi qu’une colonie spatiale nommé « Peace » est lancée pour découvrir de nouvelles formes de vie et étudier l’espace. Cependant, celle-ci explose mystérieusement et les chercheurs à bord sont portés disparus.
Nous commençons l’aventure 3 ans plus tard avec notre protagoniste, Geo Stelar. Ce dernier n’arrive pas à faire le deuil de son père, qui était à bord de la colonie au moment de l’incident. Il ne sort de chez lui que pour aller contempler les étoiles de la plus haute colline de la ville dans l’espoir de capter un signal de son père disparu. Un jour, le meilleur ami et ancien collègue de ce dernier, Aaron Boreal, débarque chez lui et lui offre le Visualiser, un gadget mis au point par son père, capable de voir les ondes EM. Un soir, alors qu’il contemplait les étoiles, il entend une voix étrange. C’est en utilisant son Visualizer qu’il découvre avec stupéfaction un extraterrestre composé à 100% d’ondes EM. Celui-ci se nomme Omega-Xis et s’est échappé de la planète FM après avoir trahi son roi. Cet étrange visiteur lui propose alors un marché : faire équipe avec lui pour repousser les guerriers qui viendront de la planète FM pour le tuer et récupérer un objet qu’il a dérobé. En échange, l’alien lui dira où se trouve son père qui, en réalité, n’est pas mort. Il faut savoir que les habitants de la planète FM ont une particularité : ils peuvent fusionner avec des humains dont le cœur est faible pour leur donner des super-pouvoirs et traverser le monde des ondes EM. C’est ainsi que Geo et Omega-Xis peuvent ne former qu’un pour devenir un guerrier des ondes EM : Mega Man. Ensemble ils vont lutter contre les menaces de la planète FM.
Nouvelle série, système à moitié renouvelé
Sur beaucoup d’aspects, le système de jeu ressemble à celui de la série « Battle Network ». Il existe deux plans : le monde réel et le monde des ondes EM. Dans le monde réel, vous aurez la possibilité de discuter avec diverses personnes, voir leur profil Transer (un équivalent du mur Facebook) et voyager dans divers lieux. Le monde EM, lui, vous permettra de combattre différents virus et d’accéder à certains passages impraticables dans le vrai monde.
Le système de combat est aussi fort similaire à la série « Battle Network ». Vous aurez un système de deck où vous chargerez différentes puces permettant d’obtenir divers effets (attaquer, se soigner, changer la nature du terrain, poser des pièges, se renforcer…). La phase de combat se déroule cette fois-ci sur un terrain de 3*5 cases avec la caméra dos à Mega Man. Les combats se composent de 2 phases : sélection et action. Durant la première, vous aurez les choix entre 6 puces. Vous pourrez en sélectionner plusieurs en fonction de plusieurs facteurs : si elles sont identiques, si elles sont placées l’une en dessous de l’autre ou si elles ont un fond incolore. Une fois vos puces sélectionnées, vous passerez en phase d’action. Contrairement à la série des « Battle Network », vous ne pourrez vous déplacer que sur les côtés. Vous aurez cependant un bouton pour vous mettre en garde afin de parer certaines attaques. Si vous souhaitez attaquer un ennemi au corps à corps, il faudra appuyer avant sur la flèche du haut pour passer en mode visée et faire apparaitre un réticule. Une fois que celui-ci aura verrouillé un ennemi, Mega Man se téléportera devant lui pour l’attaquer. Pas de panique si vous n’avez plus de puces ! Il faudra attendre un certain temps afin que la jauge d’action se recharge pour pouvoir repasser en phase de sélection. En attendant, vous aurez toujours la possibilité d’infliger quelques petits dégâts avec votre tir classique. Durant les combats et en ayant assez avancé dans l’histoire, vous débloquerez des transformations qui modifieront vos statistiques, votre tir classique ainsi que la phase de sélection des puces.
Vous aurez accès à pas mal de quêtes annexes, plus que souvent très pauvres niveau gameplay (tuer un ennemi en particulier ou parler avec une personne spécifique…). Le gros point noir est que vous ne pouvez en accepter qu’une à la fois, ce qui peut parfois être frustrant en terme d’aller-retour inutiles.
Pour cette Legacy Collection, des options de confort ont été ajoutées pour faciliter la progression, comme la possibilité de gagner plus d’argent au terme d’un combat, se soigner après chacun d’eux, afficher les fantômes des boss pour pouvoir les défier à nouveau et essayer d’obtenir de meilleures puces…
Plusieurs d’entre elles, d’ailleurs, ne seront disponibles que dans certaines versions des jeux, un peu à la manière des Pokémon exclusifs. Il existe 3 versions différentes pour le premier jeu, et 2 autres versions pour les second et troisième opus. Un système de mot de passe pour obtenir des objets ou des puces spécifiques est aussi disponible. A l’époque, ils étaient distribués dans des magazines ou sur internet. Pour cette Legacy Collection, vous pourrez toujours taper ces mots de passe à la main, mais aussi en les sélectionnant directement dans une liste où ils sont tous répertoriés, ce qui vous fera gagner du temps et éviter des arrachages de cheveux suite à une faute de frappe. Vous aurez aussi la possibilité de vous battre en ligne contre d’autres personnes.
Les titres étant sortis sur Nintendo DS, certains mini-jeux et actions se réalisaient avec le stylet. Capcom a du donc retravailler ces parties afin qu’elles soient jouables sur Switch avec les touches et le stick directionnel.
Des jeux restés dans leur jus malgré un peu de modernité
Nous sommes sur des portages de Nintendo DS, console avec une très faible résolution, en plus d’un petit écran. L’image a été réajustée pour respecter les ratios des écrans afin que ça ne tâche pas trop visuellement. Les passages en vue isométrique sont plus que respectables mais les phases de combat entièrement en 3D bavent un peu avec des polygones parfois trop visibles selon les modèles.
Quant à la bande-son, vous aurez la possibilité d’avoir les musiques originales, qui s’ancrent mieux dans le monde du jeu, ou retravaillées avec une sonorité plus moderne et agréable à l’oreille. Les personnages parlent avec des bips réguliers et il y a un peu de voice acting, notamment lorsque Geo et Omega-Xis fusionnent pour devenir Mega Man.
Niveau fluidité, rien à redire, c’est propre et ça ne rame quasiment jamais.
Comptez environ une vingtaine d’heures par jeu pour les terminer sans modifier les paramètres de confort, et à peu près le double si vous souhaitez les finir à 100%.
La grande déception est l’absence de traduction française, alors que Capcom a pris le temps de modifier certaines fonctionnalités liées au stylet, le système de mot de passe et d’autres petits détails… Un effort supplémentaire sur le choix des langues aurait été le bienvenu.
L’héritage Star Force
Cette collection nous permet de jouer aux 7 jeux de la licence. Un menu dédié aux différents titres est disponible et vous avez la possibilité de continuer votre partie sur le jeu sur lequel vous êtes afin de pouvoir gagner du temps dans les menus.
Pour pouvoir échanger les puces et vous battre contre vos amis, un menu est dédié au mode en ligne. Un système de ranking est aussi disponible pour vous classer pour devenir le meilleur combattant EM. Nous n’avons pas pu tester ces modes car personne n’était présent pendant le test. Cependant, pas de crossplay ni de cross save.
Dans le mode galerie, vous pourrez avoir accès à de nombreux artworks, aux musiques du jeu ainsi qu’aux images des différentes puces. Vous aurez aussi un système de succès pour les complétionnistes.
Le contenu proposé est assez classique dans ce style de collection et le travail minimal.
Conclusion
Si vous aviez aimé les jeux de l'époque, vous serez ravis de vous y replonger. Un travail a été effectué par Capcom afin que les jeux soient agréables et accessibles sur des système plus modernes et que des néophytes puissent profiter des titres sans se prendre la tête. On regrettera cependant un manque de finitions sur le choix de la langue et des bonus liés à la série, comme des extraits de l'animé par exemple.
LES PLUS
- Un gameplay toujours aussi solide
- Un mode en ligne pour échanger et combattre
- Des options de confort pour éviter de grinder
- La bande-son toujours efficace
- Le jeu est très fluide
LES MOINS
- Quelques textures 3D baveuses
- Pas de langue française
- Pas de crossplay
- Une galerie un peu avare








