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Realm of Ink (Nintendo Switch) – Le test

Ash par Ash
21 juin 2026
dans Tests Nintendo Switch
Temps de lecture: 15 mins
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Realm of Ink (Nintendo Switch) – Le test
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Pour un studio indépendant, s’aventurer sur les traces d’un titan comme Hades relève du pari audacieux, voire de l’inconscience. C’est pourtant le défi qu’ont choisi de relever Leap Studio et Maple Leaf Studio avec Realm of Ink. Initialement lancé en accès anticipé sur Steam en 2024 pour éprouver ses mécaniques, le titre a patiemment peaufiné sa formule jusqu’à s’inviter sur consoles, et notamment sur la Nintendo Switch. Transposer un jeu d’action aussi effréné et visuellement dense sur la machine hybride de Nintendo représentait un second défi de taille. Le résultat est une œuvre d’une étonnante maturité qui, loin de se contenter d’imiter ses pairs, parvient à imposer sa propre identité artistique, mais sera-t-il suffisamment solide pour s’imposer comme une alternative de premier choix ?

Le mythe insaisissable du livre-prison

Realm of Ink L’intrigue de Realm of Ink s’articule autour de concepts philosophiques et mythologiques universels, comme la mémoire, le libre arbitre et la réincarnation, teintés d’une esthétique issue des légendes orientales.

Le joueur est plongé aux côtés de “Rouge” – oui la version française du nom est littérale, mais aussi très nulle, nous allons utiliser son nom en anglais pour ce test : Red -, une jeune escrimeuse aussi gracieuse que redoutable.

Red n’est pas une héroïne de fantasy classique guidée par une quête de gloire ou destinée à sauver le monde. C’est un personnage austère, dénué d’humour, profondément habité par un but unique, celui de reprendre le contrôle de son existence.

L’univers dans lequel elle évolue est en réalité une illusion, un monde factice entièrement régi par une entité mystérieuse connue sous le nom de “l’Esprit du Livre” (The Book Spirit – oui tout passe mieux en anglais dans ce jeu). Ce marionnettiste invisible tire les ficelles de la réalité, orchestrant les allers, les venues, ainsi que les morts et renaissances de notre protagoniste. Au fil de ses tentatives, Red découvrira d’autres compagnons d’infortune qui se joindront à sa cause, chacun cherchant à briser les chaînes de ce script éternel.

La narration fait le choix de la subtilité et du mystère. L’histoire globale reste volontairement nébuleuse et obscure concernant les motivations profondes de l’antagoniste principal, c’est un peu dommage et pourra dérouter les adeptes de récits linéaires. Ne vous attendez pas non plus à avoir un véritable final, spectaculaire et pleinement satisfaisant, car malgré ses nombreuses fins, le titre a l’air de vouloir en garder de côté pour un éventuel DLC.

Le jeu distille son lore par petites touches, des dialogues entièrement doublés lors des retours au hub, des indices environnementaux au sein de temples en ruine et de paysages spectraux, ainsi qu’un compendium d’une richesse monumentale. Chaque arme, chaque boss, chaque relique possède sa propre notice historique.

Si cette approche fragmentée et hautement verbeuse renforce l’immersion des joueurs les plus curieux, elle peut parfois s’avérer un peu lourde à assimiler, d’autant que le rythme narratif subit les aléas inhérents à la structure procédurale du jeu. Néanmoins, l’épaisseur psychologique de Red — une héroïne qui semble porter le poids d’un traumatisme non résolu face à la violence de son destin — donne au scénario une tonalité intime et hantée particulièrement réussie, même si à notre sens, le récit reste incomplet.

L’art de la guerre, c’est avant tout de l’encre

C’est manette en mains que Realm of Ink révèle sa véritable force. Le jeu adopte une vue de dessus et propose des combats d’une vivacité et d’une précision chirurgicale ; pour celles et ceux qui auront déjà arpenté les deux Hades, vous allez très rapidement vous y retrouver.

Sur Nintendo Switch, la configuration des touches est immédiate et naturelle à l’exception d’un point : presser le stick analogique en continu pour avoir le détail complet du descriptif des encres, est peu ergonomique. Du reste, l’action est immédiate, le jeu fait l’impasse sur les tutoriels fastidieux, plongeant le joueur directement dans le bain où l’apprentissage se fait par l’action et le réflexe.

La boucle de gameplay repose sur le nettoyage de salles interconnectées. Une fois le dernier ennemi terrassé, le jeu applique un effet de ralentissement temporel de deux secondes, afin de marquer visuellement la complétion et la sécurisation de la salle.

C’est à ce moment que la dimension stratégique intervient, puisque vous devrez choisir la prochaine destination en fonction des récompenses affichées. Allez-vous opter pour de l’argent, des élixirs augmentant les statistiques de façon permanente pour la partie, ou encore des artefacts passifs améliorant vos compétences et vos effets ?

Le système de combat de Realm of Ink repose sur la combinaison des “Reliques d’encre” et des “Compagnons d’encre”, assignés aux gâchettes de la manette. Dès le départ, Red est accompagnée par Momo, une petite créature qui n’est au début qu’une simple boule d’encre noire.

En trouvant et en équipant différentes reliques, le joueur modifie non seulement ses compétences actives, mais fait également évoluer Momo. Ce compagnon peut se transformer en une bête de combat féroce et évoluer, devenant parfois plus destructeur que l’héroïne elle-même.

Les styles de combat sont intimement liés aux armes choisies, forçant le joueur à adapter son positionnement, et certains builds privilégient les enchaînements frénétiques au corps-à-corps, tandis que d’autres s’appuient sur le contrôle de zone et les altérations d’état (dégâts sur la durée, explosions élémentaires).

L’apprentissage des patterns des boss constitue un pilier dans le jeu pour vous assurer une victoire. Ces affrontements dantesques exigent une utilisation parfaite de l’esquive. Les fenêtres d’invincibilité de cette dernière sont idéalement calibrées, permettant aux joueurs les plus techniques de traverser des écrans saturés de projectiles pour frapper les boss dans le dos.

Avant chaque boss, vous arrivez dans un petit village où vous pourrez effectuer quelques achats auprès de plusieurs marchands. Vous pouvez dépenser l’argent récolté pour acheter des plats restaurant la santé et octroyant quelques améliorations ponctuelles ou faire évoluer la rareté de vos gemmes avec des encres, et ainsi transformer vos pouvoirs en véritables armes dévastatrices.

Malheureusement, Realm of Ink souffre d’un léger problème d’équilibrage à haut niveau. Si la découverte des synergies se montre addictive, certaines combinaisons d’objets légendaires s’avèrent si disproportionnées qu’elles annihilent toute tension dans le jeu, transformant les arènes en un déluge d’effets visuels où la stratégie s’efface au profit d’une puissance brute un peu trop permissive.

De plus, le titre ne dévoile sa difficulté que tardivement… Sur les 5 chapitres que contient le jeu, vous n’aurez aucune peine à parcourir les niveaux et arriver jusqu’à l’avant-dernier boss. Par contre, une fois devant le “Cerf des Vœux”, un pic de difficulté pointe le bout de son nez et vous fait rapidement comprendre que le repos est terminé.

Nous nous devons de vous partager notre premier essai sur Realm of Ink. Dès la première partie, quelques jours avant la sortie officielle du titre, quelques soucis surviennent : en termes de performances déjà, mais surtout nous n’avons pas pu dépasser la fin du chapitre 4 à cause d’un crash et d’une mise à jour qui ne permettait plus de relancer notre sauvegarde ni une nouvelle partie.

Puis, après une désinstallation / réinstallation du jeu, et la suppression de notre sauvegarde, nous avons enfin pu parcourir l’aventure normalement. Enfin…normalement…

Un portage qui manque d’optimisation sur Switch

Realm of Ink Visuellement, Realm of Ink est très joli et nous plonge dans un univers avec une véritable force artistique. Le jeu fusionne les techniques d’art classique à l’encre de Chine et à l’aquarelle avec des animations modernes.

Le résultat est saisissant, chaque tableau donne l’impression d’évoluer au cœur d’un parchemin ou d’une estampe vivante. Les décors, qui oscillent entre des sanctuaires baignés par la lueur des lanternes et des paysages montagneux d’inspiration orientale, affichent une finesse et une harmonie de couleurs remarquables, avec suffisamment de diversité pour ne pas se lasser sur les cinq chapitres.

Les animations de Red et des différents boss sont d’une fluidité exemplaire, et les effets visuels liés aux compétences d’encre flattent constamment la rétine. Tout est simple et clair à l’écran pour vous permettre d’appréhender chaque salle de la meilleure des manières.

Il y a tout de même quelques petits désagréments sur le plan technique : l’adaptation sur Nintendo Switch s’en sort avec les honneurs, mais il reste quelques taches d’encre au tableau. En mode portable comme en mode salon, le jeu maintient un niveau de performance globalement très solide, indispensable pour préserver la précision des esquives.

Cependant, au démarrage de chaque salle, un temps de latence et de blocage de votre héroïne pendant 2 à 3 secondes vient surprendre, d’autant plus que les ennemis, eux, ne sont pas du tout dans le même cas et commencent à vous approcher et à déclencher leurs attaques. Vous pouvez bien heureusement vous en tirer sans bobo avec une esquive, mais c’est très étrange.

Lors des affrontements de fin de partie, lorsque l’écran est submergé par des dizaines d’ennemis et que les synergies déclenchent des cascades d’explosions et de particules, de légères chutes de framerate peuvent survenir. Rien qui ne vienne gâcher l’expérience de jeu, mais le titre montre alors ses limites.

Toujours sur la partie visuelle, le portage de Realm of Ink sur Nintendo Switch manque d’optimisation dans les scènes animées, au cours de l’aventure. Dès l’introduction, vous allez pouvoir constater que chacune de ces scénettes est une bouillie de pixels infâme où vous ne verrez strictement rien, pas même le sous-titrage. Une hérésie pure et simple d’avoir laissé cela en l’état, et vivement une mise à jour.  Heureusement, la narration n’est pas le point central de l’expérience.

Aussi, nous faisions référence en début de test au fait que l’anglais était plus adapté aux noms des personnages. C’est plus important que ça, car encore une fois en termes d’optimisation et d’adaptation, les cadres et bulles de dialogues ne semblent pas convenir à la langue française. Les textes sortent régulièrement du cadre, ou ne sont tout simplement pas lisibles car coupés. C’est regrettable, et nous avons préféré basculer le titre en anglais, plus convenable. Encore une fois, une mise à jour serait la bienvenue.

Un autre bémol technique concerne l’environnement sonore : si l’orchestration musicale à base d’instruments traditionnels orientaux est un modèle de délicatesse et d’ambiance, le tout manque globalement de dynamisme pour accompagner les phases d’action ; de plus, le doublage de Guanyu (la vendeuse de plats cuisinés), est horripilant ! À un moment de l’aventure, elle se met à entonner une petite chansonnette, mais ce moment donne littéralement envie de lui faire subir 1000 courroux tellement elle nous vrille les tympans.

Une durée de vie qui fait couler de l’encre

Fidèle aux préceptes du roguelite, la mort dans Realm of Ink n’est jamais une fin en soi ni une punition, mais une renaissance vers une meilleure partie. Lorsque vous succombez sous les assauts du bestiaire, une cinématique poétique montre un renard avaler votre âme pour la ramener à l’auberge, le hub central du jeu géré par la mystérieuse Miss Ching.

Ce lieu de repos sert de transition narrative et mécanique. C’est ici que l’on peut converser avec les différents rescapés de l’histoire pour en apprendre plus sur l’univers, mais c’est surtout le lieu dédié à la progression globale et à l’amélioration de votre personnage.

En échange du sang de renard récolté durant les runs, vous pouvez interagir avec la “Stèle du Talent”. Cet arbre de compétences permanent propose trois axes d’évolution majeurs (survie et résistance, puissance brute et amélioration des gains). Le sentiment de montée en puissance est constant, chaque retour au combat se faisant avec des statistiques rehaussées et un éventail de compétences élargi.

Pour les complétistes, la durée de vie s’étend rapidement. Remplir le compendium à 100 % demande des dizaines d’heures de jeu, d’autant que le déblocage de nouveaux personnages jouables après plusieurs victoires renouvelle drastiquement l’approche des combats.

La rejouabilité est assurée par la variété des builds et la profondeur des mécaniques, même si l’on peut regretter une certaine redondance du bestiaire à long terme. Les arènes de combat finissent également par se ressembler sur le plan purement structurel, le jeu choisissant délibérément de se concentrer sur l’élan des affrontements plutôt que sur des interactions environnementales ou des énigmes qui auraient pu briser la routine des runs.

Vous pouvez également augmenter la difficulté de vos runs pour tenter d’obtenir de meilleures récompenses et rallonger la durée de vie du titre. Pour une tentative, une partie vous prendra entre 15 et 20 minutes en moyenne. Mais pour débloquer toutes les fins et développer la “Stèle du Talent”, il vous faudra vous investir au minimum sur une bonne vingtaine d’heures.

Realm of Ink est disponible depuis le 26 mai 2026 sur l’eShop au prix de 24,99 euros, en français.

Conclusion

7 /10

Realm of Ink réussit son examen de passage sur Nintendo Switch de fort belle manière. En dépit d'une concurrence féroce, le titre de Leap Studio parvient à s'imposer comme un titre à la fois intéressant et prometteur si des mises à jour viennent perfectionner la formule. Porté par une direction artistique qui transforme chaque affrontement en une estampe dynamique, et soutenu par un système de combat d'une souplesse réjouissante, le jeu captive dès les premières minutes. Il n'est certes pas exempt de défauts — notamment un équilibrage perfectible des synergies en fin de partie, une narration finalement très absente, une optimisation très moyenne pour quelques éléments (heureusement dispensables) et une bande-son qui manque de punch — mais la générosité de sa progression et le plaisir viscéral procuré par son gameplay balayent rapidement ces quelques réserves. En résumé, un très bon titre avec des soucis qui pourraient être rapidement corrigés, en espérant que cela fasse partie des projets des développeurs.

LES PLUS

  • Une direction artistique somptueuse à l'encre de Chine
  • Un système de combat ultra-dynamique et précis
  • Le système d'évolution du familier Momo
  • Une progression permanente via la Stèle du Talent
  • Un compendium d'une immense richesse
  • Plusieurs fins
  • Plusieurs personnages jouables
  • Une run c’est rapide, mais finir le jeu à 100 % beaucoup moins
  • Idéal pour se lancer dans du Hades-Like
  • En français…
  • L’ergonomie manette est quasi parfaite…
  • Globalement bien optimisé sur Switch pour les phases d’action…

LES MOINS

  • Des problèmes d'équilibrage
  • Un pic de difficulté en fin de partie
  • Une narration globale qui reste un peu trop obscure et absente
  • Quelques légères chutes de framerate
  • Le personnage est bloqué pendant 3 secondes au début de chaque salle
  • Guanyu est insupportable !
  • La bande-son manque de dynamisme pour les phases d’action
  • Une certaine monotonie dans la variété du bestiaire et des niveaux à la longue
  • … Mais avec des soucis d’optimisation pour les textes
  • … Mais pas pour le détail des encres (maintien du stick appuyé)
  • … Mais pas pour les scènes animées ultra pixélisées

Détail de la note

  • Histoire 0
  • Direction Artistique 0
  • Graphismes 0
  • Gameplay 0
  • Contrôles 0
  • Bande-son 0
  • Durée de vie 0
  • Rejouabilité 0
  • Optimisation 0
  • Contenu / Prix 0

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7
Realm of Ink
Date de sortie : 26/05/2026

Note finale

7
  • Histoire 0
  • Direction Artistique 0
  • Graphismes 0
  • Gameplay 0
  • Contrôles 0
  • Bande-son 0
  • Durée de vie 0
  • Rejouabilité 0
  • Optimisation 0
  • Contenu / Prix 0

LES PLUS

  • Une direction artistique somptueuse à l'encre de Chine
  • Un système de combat ultra-dynamique et précis
  • Le système d'évolution du familier Momo
  • Une progression permanente via la Stèle du Talent
  • Un compendium d'une immense richesse
  • Plusieurs fins
  • Plusieurs personnages jouables
  • Une run c’est rapide, mais finir le jeu à 100 % beaucoup moins
  • Idéal pour se lancer dans du Hades-Like
  • En français…
  • L’ergonomie manette est quasi parfaite…
  • Globalement bien optimisé sur Switch pour les phases d’action…

LES MOINS

  • Des problèmes d'équilibrage
  • Un pic de difficulté en fin de partie
  • Une narration globale qui reste un peu trop obscure et absente
  • Quelques légères chutes de framerate
  • Le personnage est bloqué pendant 3 secondes au début de chaque salle
  • Guanyu est insupportable !
  • La bande-son manque de dynamisme pour les phases d’action
  • Une certaine monotonie dans la variété du bestiaire et des niveaux à la longue
  • … Mais avec des soucis d’optimisation pour les textes
  • … Mais pas pour le détail des encres (maintien du stick appuyé)
  • … Mais pas pour les scènes animées ultra pixélisées

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