Grizzy et les Lemmings est une série d’animation française qui raconte la cohabitation chaotique entre un grizzly qui rêve de tranquillité et des lemmings qui adorent la fête ! Avec ces courts épisodes à l’humour à la fois absurde et cartoon, le programme s’est imposé dans un paysage télévisuel chargé, et il faut l’avouer, cette série est aussi un de nos pêchés mignons. C’est donc avec curiosité mais aussi un scepticisme lié à notre expérience des jeux à licence que nous avons reçu en test Grizzy et les Lemmings – Crazy Party, un party game dérivé de la série disponible sur l’eShop de la Nintendo Switch depuis le 7 août 2026 au prix de quarante euros. Avons-nous enfin un jeu à licence qui sort de l’ordinaire, ou allons-nous être encore une fois déçus ?
Une série très drôle… mais un jeu ennuyeux
Grizzy et les Lemmings – Crazy Party est Mario Party, en moins bien. Nous sommes dans un party game très classique avec des plateaux et des mini-jeux dans lesquels les Lemmings se battent pour récupérer le plus de Yummy, cette fameuse pâte à tartiner adorée des Lemmings et motif récurrent de conflits avec Grizzy.
La prise en main est immédiate si vous avez déjà joué à un Mario Party dans votre vie. Une fois le Lemming choisi, nous débarquons sur un plateau avec des cases vertes (qui rapportent de l’argent), des cases rouges (qui nous font perdre notre argent) et des cases évènements.
Les cases évènements peuvent être aussi positives que négatives : certaines permettent d’avancer plus vite, d’autres nous offrent l’opportunité d’acheter des objets surpuissants (pour gêner l’adversaire ou pour récupérer un Yummy !), alors que certaines vont nous faire reculer.
La partie se déroule par tour, et chaque fin de tour se termine par un mini-jeu. Les mini-jeux sont très « classiques » : nous allons faire du Simon, esquiver des météorites pour être le dernier survivant ou encore apporter de la nourriture aux élans sans se faire frapper par Grizzy. Les mini-jeux sont aussi très simples, ne nécessitant que quelques boutons et se prenant en main quasi immédiatement.
Gagner un mini-jeu nous rapporte un Yummy alors que les autres joueurs remportent des pièces. Si, un Yummy nous rapproche de la victoire, nous apprenons à nos dépends que gagner les mini-jeux n’est pas si « intéressant » : on peut acheter des Yummy dans la boutique pour huit pièces (soit la récompense pour la deuxième place), et surtout, un Lemming qui atteint la fin du plateau gagne deux Yummy, or il faut des pièces pour profiter de la plupart des objets/cases évènements…
En plus de ce mode principal, avec plusieurs plateaux liés au décor du jeu, le jeu propose plusieurs autres modes moins « longs » (une partie sur plateau se fait en une trentaine de minutes minimum). Nous pouvons enchaîner les mini-jeux avec un roi de la colline où remporter plusieurs mini-jeux d’affilée nous permet de gagner plus de points ou encore tout simplement un mode libre pour s’amuser.
Jouer à Grizzy et les Lemmings – Crazy Party nous rapporte des pièces. Ces pièces alimentent une machine gacha pour débloquer des autocollants qui représentent des objets de l’univers de la série mais aussi de nouveaux skins de Lemmings.
Mario Party sans le fun…
Nous aurions voulu sincèrement aimer Grizzy et les Lemmings – Crazy Party tant la série est drôle, gentiment bête, avec des personnages aussi stupides les uns que les autres. Le concept du party game, pour un univers comme celui-ci, est intelligent, et oh, quel hasard, nous retrouvons au développement de ce titre Balio Studio, déjà derrière le très moyen Les Schtroumpfs – Village Party.
Cependant, comme pour nos petits êtres bleus, nous avons affaire à un party game bâclé, aux idées mal exploitées et au fun quasi absent. Disons-le d’emblée : voir les Lemmings nous fait plaisir, les petits « Tabadi » placés çà et là nous font sourire, certains mini-jeux ont de bonnes idées… Mais toutes les petites qualités, voire les bonnes idées, sont annihilées par une réalisation désastreuse.
Les mini-jeux, sur le papier, pourraient être amusants. Dans les faits, ils sont toujours trop longs : la copie du Simon dure plus de deux minutes avec une sensation de lenteur… très lente. D’autres mini-jeux manquent de vice : il manque de compétition et de coups bas entre participants pour pimenter ces derniers.
Nous comprenons que les Lemmings ne s’affrontent pas entre eux, car après tout, dans la série, ils s’allient contre Grizzy, mais d’un autre côté notre ours ronchon adoré est absent des débats. Il est certes présent dans quelques mini-jeux, mais les développeurs ont loupé le coche et n’ont pas réussi à capter l’essence de la série pour la retranscrire en jeu vidéo.
Crazy Party nous fait penser à quelque chose de fou, à des mini-jeux absurdes, un peu à l’image de la série où des objets loufoques viennent contrecarrer les plans de nos joyeux lurons, cependant, le party game nous présente des mini-jeux sans saveur. Au final, nous avons un jeu qui décevra les fans de la série et qui laissera les néophytes pantois face à cette absence notable de fun. Nous nous interrogeons aussi sur les intentions de HARI, le studio derrière la série, qui abîme sa licence avec ce party game.
Le contenu bonus est dans les faits intéressant, mais les développeurs ne comprennent toujours pas (ou ne veulent pas faire l’effort) que les joueurs n’ont pas envie de gagner des images d’objets de la série entreposées vulgairement dans un cahier. Un effort de présentation aurait été un minimum pour donner l’impression de débloquer des stickers Panini.
Vous l’avez certainement compris, nous ne recommandons pas cet ersatz de Mario Party, et ce, peu importe son prix. Quarante euros est excessivement excessif pour le contenu proposé. Mais même en promotion, nous ne voyons pas l’intérêt de dépenser de l’argent pour finalement le désinstaller après une soirée.
Quarante euros pour un jeu bâclé
Si vous êtes un parent qui recherche un party game pour vos enfants, nous ne pouvons que vous conseiller de payer vingt euros de plus pour vous procurer Super Mario Party Jamboree, ou un autre jeu de cette licence. Votre investissement sera bien plus rentabilisé et vos enfants bien plus heureux.
Nous ne l’avons pas encore abordé mais l’IA est mal calibrée. Sur certains mini-jeux, même sur la difficulté « moyen », elle se révèle très forte, écrasant toute concurrence. A contrario, sur d’autres séquences, l’IA est stupide, incapable de faire acte de présence. Ce décalage crée un sentiment où nous ne savons pas où placer la difficulté des bots.
Les graphismes sont moyens. Le jeu a parfois de gros pixels et des décors au rabais sur Nintendo Switch, ce qui crée un ensemble pas très beau. Même si nous reconnaissons (un peu) le décor de la série, nous ressentons aussi le côté bâclé dans ces plateaux pas beaux à observer qui provoquerait le dédain si nous les voyions pour « de vrai » en papier cartonné.
La bande-son nous laisse un sentiment mitigé : d’un côté, il y a les musiques emblématiques ainsi que le doublage reconnaissable de la série. De l’autre, ces mêmes musiques sont répétées en boucle ce qui finit par créer un sentiment de lassitude.
Nous vous joignons une vidéo de trente minutes enregistrée par nos soins lors de la découverte de l’expérience.
Conclusion
Grizzy et les Lemmings – Crazy Party est un énième jeu à licence sans grand intérêt pour le joueur. Les développeurs de Balio Studio recyclent leurs idées pour proposer un nouvel ersatz de Mario Party sans saveur, où les fans de la série comme les néophytes risquent de ne pas vraiment apprécier cette « Crazy Party ». Pour le producteur de la série, HARI, c’est un tout faux avec un jeu à licence bâclé qui risque à la fois de casser la confiance de leurs fans envers la licence tout en n’incitant pas les néophytes à découvrir cette série pourtant assez drôle. Dommage, car avec un plus gros travail et un plus gros investissement, il y avait un potentiel pour transformer cette série en véritable party-game amusant pour toute la famille.
LES PLUS
- Tabodi !
- Les musiques de la série
- Les quelques sons de la série
- Quelques animations amusantes
- Les mini-jeux auraient pu être sympathiques
- Quelques idées auraient pu être intéressantes
LES MOINS
- Un énième jeu à licence bâclé
- Des mini-jeux trop longs, pas originaux, et ennuyeux
- Des mini-jeux qui manquent de vice et de piment
- Il faut arrêter avec les autocollants comme « récompense » pour les joueurs
- Il faut aussi arrêter les copies de Simon dans le party-game (!)
- Des plateaux pas très jolis et des gros pixels
- Une IA déséquilibrée
- Gagner les mini-jeux n’est pas forcément « positif » pour le joueur
- Un ersatz de Mario Party sans le fun
- À éviter, peu importe le prix








