Northgard (Nintendo Switch) – Le test

L’actualité de la Nintendo Switch est décidément toujours aussi fournie en sorties diverses et variées : aujourd’hui il va s’agir du portage d’un jeu sorti en pré-alpha courant 2017 puis l’année suivante en parution officielle, tout droit d’un studio Français ! Le cocorico est de rigueur, d’autant qu’il ne s’agit pas d’un Ubisoft ou Gameloft pour une fois, mais, d’un plus petit acteur du secteur vidéo ludique : Shiro Games, studio indépendant qui avait fait grand bruit lors d’une GameJam, la Ludum Dare 48, d’Avril 2012. Le studio avait vu s’imposer avec le célébrissime Evoland, qui soit-dit en passant, est sorti tout récemment en boite sur la console hybride chez Super Rare Games. Pourtant, il s’agit de son petit frère, non pas Evoland II, mais bien NorthGuard, dernier né et déjà âgé au moment de ce test de deux ans et faisant ses premiers pas sur la machine japonaise.

Un petit tour d’horizon s’impose sur ce titre atypique : Si NorthGuard avait su s’imposer dans son genre, celui de la stratégie en temps réel, c’est déjà qu’il tablait sur un renouveau du genre, espéré par beaucoup depuis plus de dix ans et le clivant Age of Empires III. Il aura donc fallut une belle attente pour qu’enfin la stratégie en temps réel (STR ou RTS en anglais) renaisse de ses cendres en y apportant un mélange des genres fort bienvenu. À vrai dire, si vous connaissez un peu l’histoire du STR, ce fût déjà tenté par de gros studios dans le passé : Warcraft III avait apporté du RPG, non sans rencontrer un certain succès ayant conduit à World of Warcraft par la suite. Les petits gars de chez Ensemble Studio, suite à Age of Empires III, avaient tenté le cross improbable du MMOSTR dans la période antique, essayant probablement dans un style cartoon, de se rapprocher de l’immense succès que fut Age of Mythology !

Dans le jeu de nos petits bordelais, de nombreuses notions vont être de la partie : bien que ce fut l’aspect jeu de survie cross Stratégie temps réel qui frappa le plus les joueurs et qui en fit beaucoup parler. On est dans ce titre, dans un cross presque improbable de bien trop de classiques du genre pour s’arrêter à « STR » et « survie » quand on l’évoque. Comme on ne le sait que trop bien, longtemps les joueurs de STR étaient sur PC, il y a eut, depuis longtemps déjà, de nombreuses tentatives de porter des jeux de ce genre sur console. La maniabilité étant au final souvent au rendez-vous, mais régulièrement trop différente et moins optimale que le clavier souris : nécessairement, les professionnels ne s’y retrouvent que rarement. Des coups dans l’eau pour autant ? Pas nécessairement. Est-ce le cas pour NorthGuard ? C’est aussi ce que nous allons juger ici, puisque les deux versions du titre ont été testées pour vous !

Le jeu débute donc sur son menu d’accueil, assez sobre et pourvu d’un joli artwork, d’une qualité semblable à ceux que vous retrouverez dans le mode histoire et c’est probablement ici que vous irez si tant est que vous vouliez apprendre à jouer. Les premiers niveaux étant des parties du tutoriel et profitant de poser l’histoire avec cohérence pour justifier ce même Tuto’. La narration ici est en anglais, mais est, à l’instant d’autres jeux (comme Skyfish dont vous pouvez retrouver le test sur Nintendo Town) assez cohérente et expressive dans son sujet. La traduction écrite en français est, elle, implacable : encore heureux pour un jeu produit en France. On pourrait même se dire qu’on aurait pu avoir un audio à la fois en français et en anglais… Mais le marché étant ce qu’il est et le studio étant encore à ses balbutiements ; on ne va pas trop râler là-dessus.

Enfin, le jeu commence et vous vous retrouvez à devoir faire votre économie, pour ne rien spoiler de l’histoire, on se contentera de cette information. On vous demande donc de faire certains bâtiments en vous lâchant un peu dans la nature. Vous remarquez que la carte est très petite, mais on vous indique qu’il faudra des explorateurs pour découvrir des terres à conquérir : la première notion se pause donc là, assez similaire à une célèbre licence : Civilization. Cependant ici le contexte « temps réel » vous demandera d’explorer et repérer les meilleures terres avoisinantes de sorte à intelligemment investir vos ressources, mais aussi votre temps. Ressources dont on vous indique que votre terre de base ne produit que de la nourriture et du bois. Si tant est que vous constituiez un camp de bûcherons, car oui, la nourriture se récolte sans autre bâtiment que celui de base ou une maison et avec des citoyens classiques. Il est cependant à noter que vous pourrez trouver des terres arables permettant de récolter plus vite la nourriture avec une ferme, un camp de pêche ou de chasse.

Vous vous lancez donc dans l’entreprise de récolter vos premières denrées, avec un objectif bien différent d’un STR classique. S’il vous est demandé ici de récolter de manière plutôt conventionnelle, les denrées ne seront pas investies massivement dans le militaire, voir pas du tout pour ce premier niveau d’histoire… Ni dans certaines parties contre d’autres joueurs. D’une part parce qu’il n’y a pas que la conquête comme moyen de victoire – cela dépendant du type de partie, mais aussi, car votre premier ennemi, qui est aussi celui de vos opposant, c’est le climat. Rapidement, lors de votre partie, l’hiver va tomber et les ressources seront plus ou moins drastiquement moins récoltées. Vous pourrez alors, avec effroi ou désarroi, vous apercevoir que vos ressources ne sont pas à zéro ; mais en négatif ! Car oui, il vous faudra du stock de ressources (nourriture et bois) pour que vos gens survivent à l’hiver et survivent en général. Un ajout sympathique donnant à l’immersion la teneur de survie au titre, mais surtout un aspect plus réaliste. Si vous n’êtes pas très rapide à coloniser, balbutiant dans vos premiers choix, peut-être subirez vous avec stupeur l’attaque d’un loup, ou de créatures plus dangereuses encore. Pour vous débarrasser des nuisibles, il vous faudra attaquer les territoires infestés, et pour certains, les conquérir, permettant ainsi de détruite le terrier ou autre repaire produisant des unités. Si cet aspect peut faire penser par exemple aux excellents Bataille pour la terre du milieu, le jeu ne s’arrête pas à si simple : car vous pourrez lors de parties plus avancées, rencontrer des peuples non-joueurs qui pourront vous apporter de l’aide (notamment via le commerce) ! Et là, la notion est clairement plus inspirée RPG et se rapproche plus ou moins d’un mode Campagne scénarisé (on pense nécessairement à Warcraft III).

Vos parties avancent, donc, vous colonisez, et commencez à tâter les fondements du jeu : les villageois se produisent seuls et constamment. Chacun d’eux consommera de la nourriture et du bois, ainsi qu’une ‘ unité ‘ de population. Impliquant que vous construisiez plus de maisons, hors les territoires ont une limite de bâtiments qu’on ne pourra améliorer que d’une unité en payant assez cher. Il sera aussi possible d’améliorer les maisons comme les autres bâtiments. Pour se faire, il faudra rapidement prendre conscience d’une autre ressource : la roche, comme toute autre ressource minable, elle sera en quantité limitée. Cette limite pouvant être améliorée via un arbre technologique qui se déverrouillera grâce à la ressource de savoir. Les inspirations ici restant toujours aussi évidentes, mais s’entremêlant avec cohérence et aisance dans leur compréhension. Il ne vous posera aucun souci de comprendre comment celles-ci fonctionnent ; les premiers niveaux vous y conduisant très naturellement. Les mines de fer pour les outils et les unités militaires seront aussi très simples à comprendre et j’ose l’espérer d’ici là, que vous aurez compris une autre particularité du jeu : vos gens sont des êtres vivants, certes, ils mangent et peuvent avoir froid mais ont besoin d’assez de bonheur, et peuvent d’ailleurs changer de métier. Un bûcheron pourra aisément devenir fermier ou soldat ou juste redevenir simple citoyen.

Pour ce faire, il vous faudra placer le curseur sur le bâtiment ou vous voulez retirer une unité dans la zone et cliquer sur le bouton B, pour ajouter un villageois de n’importe qu’elle zone dans le bâtiment que vous ciblez, il faudra cliquer sur X. Ici, c’est le jeu qui choisi pour vous, à l’inverse de la version PC où il vous faudra sélectionner l’unité puis cliquer sur le bâtiment ou elle devra aller prendre son nouveau poste. Les choses sont ici simplifiées dans la sélection d’unité et ne tarderas pas à poser un premier problème si vous avez joué à la version d’origine : les éclaireurs vont au ralenti. Pour dire de courir sur pc, il faut sélectionner l’éclaireur puis double-cliquer sur la zone à découvrir. Ici, le jeu sélectionnera l’éclaireur pour vous, pas toujours celui que vous voulez, et un double-clique emmènera tous les éclaireurs explorer la zone. Un réflexe à perdre puisque le choix de cette version Switch reste tout à fait jouable et n’apporte aucune faiblesse comparé à l’ancien système.

Non, là où il y aura un vrai souci de moins-value, c’est au niveau de la micro-gestion des unités, bien trop précieuses pour se permettre d’en laisser mourir. La comparaison Nintendo-Switch et PC est clairement en l’avantage du second des deux sur ce point. Puisque vous ne pourrez que sélectionner l’intégralité de vos unités ou bien l’intégralité d’un groupe, celles-ci étant divisibles en trois groupes maximum. Des contingents qu’il faudra prédéfinir avant vos attaques pour rester assez réactif durant les escarmouches, vous empêchant ainsi de battre en retraite stratégique une unité qui aurait subit trop de dommages. Certes, cet inconvénient est commun à tous les joueurs, IA y compris, mais c’est dommage de faire disparaître une bonne partie de la micro-gestion des batailles. Même si le choix se comprend et reste cohérent avec l’ensemble.

L’autre point qui viendra vite vous ennuyer, c’est le Framerate ! Malheureusement, NorthGard n’est pas exempt de ce défaut malheureusement trop fréquents sur la dernière de Nintendo. Celui-ci ne dure jamais plus d’une micro seconde et de fait, est clairement moins gênant que sur Zelda Link’s Awakening ou Dragon Quest builders 2 pour ne citer qu’eux. D’autant qu’ici, le souci disparaît en zoomant, de sorte à afficher moins de choses à l’écran. Mais c’est quand même dommage, une réduction graphique aurait probablement mieux fait l’affaire. Enfin bref… Vous continuez de jouer, et comprenez vite qu’ici, il ne sera jouable qu’un seul peuple sous divers clans, avec chacun leurs avantages et inconvénients, variant parfois de manière drastique la façon de jouer. Par exemple le clan du loup / Fenrir, vous imposera un jeu bien plus guerrier que les autres. L’autre différence sera le héros que vous contrôlerez durant le mode histoire et pourrez créer durant les parties classiques. Unité plus puissante que les trois types d’unité classiques, mais aussi permettant d’augmenter le bonheur de votre peuple si toutefois vous faites l’amélioration en rapport et que vous avez le clan adéquat.

Ainsi, au fur et à mesure que l’histoire avance, vous testez les différents clans et apprenez à faire avec les subtilités qui en changent le gameplay. Le jeu reste agréable et quasiment fluide.

S’il était un autre point à noter en différence avec le PC, c’est la souris. Le Joystick ici sert à aller sur la carte de bataille tandis qu’un curseur central très discret vous permet de cibler les différents bâtiments, différents choix aussi en dehors des raccourcis d’un arbre de construction au centre-bas de l’écran constamment affiché. Quant aux informations sur les différents territoires, vous pourrez soit utiliser un click A pour les obtenir ou bien choisir de les avoir d’afficher via le bouton faisant office de « haut de croix directionnelle » ; mais toutes ses subtilités ne sont pas à apprendre par cœur, un résumé est accessible à tout moment de la partie sur le bouton + du Joycon de droite ! En fait, la plupart des contrôles sembleront prévus comme si le jeu sortait de base sur cette plate-forme et n’était pas une simple adaptation. Rendant le tout certes cohérent, mais aussi tout à fait jouable et agréable, de sorte à ce que si vous avez aimé l’opus PC, et que vous n’êtes pas contre un ré-apprentissage total, vous prendrez probablement autant de plaisir à parcourir cette version NorthGard pour Nintendo Switch !

Vous finissez finalement le jeu, il vous aura fallu, huit ou peut-être dix heures de jeu… Guère plus et c’est un peu dommage ! Fort heureusement, les options classiques du genre s’offrent à vous pour faire durer le plaisir (mais pas beaucoup plus) : les parties solo contre l’IA, le multi en ligne et le multi de console à console (P2P), si le multijoueur demandera quelques minutes de patience pour trouver des joueurs (tests effectués dans la soirée et la nuit du jour officiel de sortie), aucune tentative n’a pu être faite en P2P.

Conclusion
En Conclusion : NorthGard sur Nintendo Switch semble plus simpliste dans ses fonctions de jeu, notamment par la disparition quasi-totale de micro gestion des batailles, mais tous les autres aspects restent impeccables et les commandes sont d'une simplicité et d'une efficacité quasi-équivalente comparé à la mouture PC. Graphiquement, le jeu ne souffre pas de rabaissement, juste de très légères pertes de FPS qui ne dégraderont pas tant la qualité de jeu, mais restent regrettables. En somme : le jeu était fun et reste une petite pépite dans son (ou plutôt ses) genre. Il n'y aurait pas à rougir de jouer à cette version portable plutôt qu'à la version PC, et profiter d'une portabilité totale. Le portage étant de qualité, pourquoi devrait-on bouder notre plaisir d'y jouer partout et tout le temps ?!
Points positifs
  • Graphiquement réussi
  • Ambiance musicale au top
  • Le doublage (anglais) de qualité
  • En Français
  • Jouabilité intuitive
  • Certains DLCs Gratuits sont inclus
Points négatifs
  • RIP Micro-Gestion de batailles
  • FPS parfois aux fraises (très rarement)
  • Durée de vie
  • Les clans payants ne sont pas inclus (même pas en payant)
7.1
Bon
Audio - 9
Graphismes - 8
Gameplay - 9
Fun - 7
Contenu - 6
Durée de vie - 5
Qualité du portage - 5
Valeur - 7
Accessibilité - 8
Portage - 7
PikaKhan
Ecrit par
Mon barème; 5: Correcte, 6: Cool, 7: Génial, 8: Parfait, 9: Mythique, 10: Fantasme :) A partir de 6, le jeu n'est pas un mauvais achat ! ^^ Twitter: @OignonKnight @NintendoTown

6 commentaires

  1. Orchidia01

    Du coup à prendre ailleurs 🙁

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  2. Juliuxx Potter

    Sympa, mais je préfère dans une autre plateforme que la switch xD

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    • PikaKhan

      L’idéal reste d’y jouer sur PC c’est sur, mais l’alternative nomade aux prix de peu de concession (pour du str console) n’est pas négligeable ! Dans tous les cas je reste dispo’ pour jouer sur pc ou switch fufufu !

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  3. Man Uto

    il faut absolument que je me le fasse celui là

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    • PikaKhan

      Je te le souhaite si tu aimes les str c’est un très bon jeu, qui sors des sentiers traditionnels du genre, sans faire de dérapages incontrôlés.

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  4. Parconico

    Je te trouve un peu dur car pour moi c’est vraiment un EXCELLENT jeu

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