Unspottable (Nintendo Switch) – Le test

Jouer en famille ou avec des amis, n’est-ce pas l’essence du jeu vidéo : le partage autour d’une passion commune ? Les trois Français du studio Groscheveaux l’ont parfaitement compris. Ils nous proposent ainsi leur vision du jeu multijoueur avec Unspottable, un titre jouable de deux à quatre uniquement sur canapé.

Where is Bryan ?

Les jeux multijoueurs peuvent se résumer en deux groupes : ceux qui multiplient les mini jeux, tels les Mario Party et ceux qui misent tout sur un concept simple, mais efficace tels les Overcooked. Unspottable fait partie de la seconde équipe. Et son principe est juste excellent. Voilà, vous pouvez me croire sur parole, arrêter la lecture de ce test et foncer sur l’e-shop. Quoi, des détails ? Vous ne me faites pas confiance sur parole ? Mais je n’ai même pas encore cherché à vous vendre une assurance contre les chutes d’ovins lors de tornades tropicales…

Bon, revenons à nos moutons : le principe d’Unspottable consiste à nous installer dans une arène avec nos adversaires ainsi qu’avec une flopée de personnages gérés par l’IA. Tous ces personnages ont la bonne idée d’avoir exactement le même avatar. Il n’y a aucun moyen de distinguer si vous êtes face à un robot ou à un adversaire humain (cette partie reste valable si vous jouez avec votre belle-mère qui n’a rien d’humain). Le but sera alors d’étudier le comportement de tous ces bonshommes pour finir par démasquer nos invités à grands coups de poing.

Un concept simple qui est en plus amélioré par des ajouts propres à chaque aire de jeu. Comment cela ? Et bien les développeurs de Groscheveaux ont eu la bonne idée de rajouter des buts à atteindre variant d’un tableau à l’autre. Il n’y a donc pas qu’une façon de gagner. Que ce soit réunir une liste de produits dans un supermarché ou survivre à une attaque aérienne dévastatrice, chaque niveau est différent. Mais tenter de gagner trop vite risque de faire sauter notre anonymat. Et c’est là que réside le génie du jeu, une fois la partie lancée et une fois notre avatar détecté parmi cette foule, il nous faudra tenter de mimer le comportement erratique d’une IA tout en nous rapprochant innocemment de l’objectif ou du personnage qui semble un peu trop intelligent.

Petite douceur supplémentaire, dans le cas où notre anonymat semble vacillant, il nous sera possible, dans certains niveaux, de déclencher une diversion. À ce moment et pour un court instant, la caméra se rapprochera du plateau de jeu, n’en montrant plus qu’un infime morceau. À nous de profiter de cet instant pour nous replonger dans la foule.

Les parties sont très vite animées dans le salon et les conversations vont bon train. C’est aussi la force d’Unspottable. Réussir à faire tourner la discussion autour de lui. Comment tel déplacement nous a mis la puce à l’oreille ou comment nous avons réussi à tromper leur vigilance. C’est très drôle à jouer ainsi qu’à regarder. Même éliminé prématurément, un joueur peut s’amuser à découvrir où se cachent les autres joueurs.

Plus le nombre de joueurs est important et plus les parties deviennent tactiques. Si éliminer un joueur permet de gagner un point, il révèle surtout notre emplacement aux autres joueurs qui lorgneraient de notre côté de l’écran. Il nous faudra gérer notre empressement à se débarrasser d’un concurrent direct. Le garder à l’œil et tenter d’en découvrir d’autres n’est-il pas un choix plus judicieux ? Serons-nous capables de le garder suffisamment sous surveillance sans nous faire repérer ?

Une fois le choix fait, le passage à l’acte doit être réussi, car attaquer signifie subir une pause de notre avatar de 2 secondes. Et il peut s’en passer des choses en deux secondes. Si notre coup réussit, mais qu’un autre adversaire se trouve proche de nous, il y a de grandes chances que nous perdions la partie rapidement. Et si notre attaque rate, bien évidemment, notre adversaire pourra gentiment crier vengeance et nous enfoncer virtuellement son poing dans l’estomac tout en faisant entendre un rire machiavélique.

« Variété, c’est ma devise » Voltaire

Avec son concept limpide et accrocheur, Unspottable démarre fort. Mais il peine à tenir sur la longueur. Certes les 12 cartes disponibles proposent des objectifs différents, mais les parties étant courtes, 12 cartes c’est finalement très peu et nous avons vite l’impression de tourner en rond et de faire les mêmes choses. C’est très drôle lors des cinq premières parties, mais l’amusement passe malheureusement trop vite.

Le seul mode de jeu disponible empêche aussi tout renouvellement et annihile surtout toute volonté de persévérer sur un titre qui n’offre que du multi en mode libre. Là où des titres comme Overcooked ou Heave Ho proposent plusieurs mondes, une progression et un but à atteindre, Unspottable se montre donc bien trop limité pour tenir le joueur assidu dans le temps et c’est bien dommage. Seule la difficulté expert viendra pimenter nos sessions en cachant le HUD, laissant les joueurs ignorants de l’avancée de leurs adversaires. Les parties deviennent encore plus tactiques, mais c’est trop faible pour tenir sur le long terme.

Les Français de Groscheveaux nous offrent un design épuré dans un style cartoon plutôt réussi. Nos avatars sont amusants tout comme leur mimique. Des costumes se débloqueront au fur et à mesure de réussites, c’est toujours sympathique. Les musiques et surtout les effets sonores sont dans le thème et agrémentent joliment nos parties.

Conclusion
Avec son concept accrocheur qui entraîne toute l’assistance dans des parties pleines de fun, Unspottable avait tout pour réussir une entrée fracassante dans le monde des party-games. Mais son unique mode de jeu en fait une expérience bien trop limitée qui peine à tenir dans le temps. Si les premières parties en famille ou entre amis sont un pur délire, refaire toujours les mêmes niveaux lasse trop vite. Espérons qu’un jour les développeurs de Groscheveaux reviennent sur leur concept pour en fournir un jeu proposant davantage de contenu tout en gardant le même ADN, car avec son petit prix, Unspottable peut être le héros d’une soirée, mais pas plus.
Points positifs
  • Les graphismes cartoonesque sont sympathiques
  • Le concept est super accrocheur
  • Plus le nombre de joueurs est élevé et plus les parties sont enlevées, interessantes et réussies
  • L’apparition de la difficulté expert ajoute beaucoup de fun
Points négatifs
  • Le mode libre est le seul mode de jeu
  • L’absence de parties en ligne
6.8
Correct
Graphismes - 7
Musiques - 6
Gameplay - 8
Fun - 9
Répétitivité - 4
znicoboc NT
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW fut une révélation , le plaisir est encore plus fort qu'avant

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