Rainbow Billy: The Curse of the Leviathan (Nintendo Switch) – Le test

L’empathie, notion particulièrement complexe à appréhender, désigne le fait de ressentir les émotions de l’autre dans certaines circonstances. Nous vous épargnerons les dissertations à son sujet, mais voici un petit jeu qui traite certains de ses aspects comme la confiance et l’acceptation de soi, l’amitié… sans prise de tête, bien évidemment. Rainbow Billy : The Curse of the Leviathan, développé par le studio indépendant montréalais ManaVoid, est un tout nouveau jeu d’aventure RPG édité par Skybound Games, sorti sur toutes les plateformes le 5 octobre 2021 et disponible dans le cas qui nous intéresse, au prix de 24,99 euros sur l’eShop. Un jeu traduit en français, pour notre plus grand bonheur !

Le Monde de l’Imagination

Nous incarnons le petit Billy au sein du Monde de l’Imagination, chatoyant de vie et de couleurs. Le début de notre aventure fait office de tutoriel, dans le but de nous familiariser avec les principales fonctionnalités du titre (sauter, rouler, etc.), par l’intermédiaire d’une première quête visant à dénicher des feux d’artifices tout autour du Port étoilé, cachés sur les toits, à remporter lors du mini-jeu de pêche ou acquérir dans la boutique du vendeur. Ce dernier dispose d’une île dédiée au sein de chacune des régions que nous explorons, commercialisant divers objets et « bonbons poissons ».

Justement, un plus gros poisson menace cependant : le machiavélique Léviathan qui, une fois la quête initiale accomplie, attaque le monde dont il aspire toutes les couleurs, générant un univers sombre et monochrome. La catastrophe, rejaillissant sur l’ensemble des habitants, les plonge dans une profonde déprime qui réveille leurs peurs, dilemmes et problèmes. Seuls Billy et son fidèle bateau, Friend-Ship, en réchappent de justesse avec pour objectif désormais, de restaurer ces terres grisâtres en recouvrant 3 orbes de couleurs, en aidant les autochtones à surmonter leurs propres insécurités ainsi qu’en colorant leur cœur à l’occasion de « confrontations » sur lesquelles nous reviendrons.

Nous sommes amenés à explorer 3 mondes distincts : Dinoland, le Mont Effroi et le Sanctuaire de Soi, chacun divisé en une kyrielle d’îlots où se terrent créatures en détresse et Pensées, des esprits torturés par la malédiction que nous ne pouvons pour leur part recolorer, mais convertibles en améliorations dans la cale de notre embarcation : points d’action supplémentaires, emplacements pour la pêche au « bonbon poisson », etc. Il ne faut donc pas négliger leur recherche en fouillant tous les recoins.

Chaque île consiste en une énigme à résoudre, souvent accompagnée d’un insulaire à secourir pour lui rendre ses teintes d’origine, puis embarquer direction notre prochaine destination. La propulsion de notre cher Friend-Ship dépendant d’une jauge de boost à recharger dans les zones colorées, nous revenons sur nos pas jusqu’au précédent secteur de couleur lorsqu’elle vient à tomber à plat. À noter toutefois que nous débarquons par la suite 3 niveaux de boost additionnels.

Accessible à tout moment, la cale du navire répartie en trois nurseries correspondant aux trois mondes que nous visiterons, héberge les rescapés que nous régalons de ces fameux « bonbons poissons », approfondissant ainsi les liens amicaux que nous avons tissés à l’issue des affrontements. Sitôt atteint le troisième et dernier palier d’amitié, le cœur de la créature représenté sous la forme d’un jeton divisé en trois symboles d’attaque spécifiques, révèle une technique spéciale très utile en combat, par exemple pour dévoiler une couleur de l’ennemi ou remonter le moral des troupes. Chacun de vos compagnons exigera par ailleurs que vous récupériez auprès du vendeur, au détour d’une île ou d’une partie de pêche, deux items à lui remettre.

Les « confrontations »

Rainbow Billy ne se réduit pas à un simple jeu de plateforme-puzzle, déployant lorsque nous croisons la route d’un îlien à barbouiller, des mécaniques de RPG au cours de combats au tour par tour, aussi appelés « confrontations ». Une boîte en carton s’ouvre alors : c’est parti pour la baston, ou plutôt le concours d’éloquence !

Car l’affrontement vire dans les faits au dialogue stratégique : tout en gardant un œil attentif sur notre jauge de « moral » en haut à gauche de l’écran, l’équivalent de la traditionnelle barre de vie, nous décidons initialement d’ « écouter » notre adversaire s’épancher ou de lui « parler », dans l’objectif de l’amener à révéler les couleurs de son cœur, au départ masquées par des points d’interrogation. Il nous faut donc choisir soigneusement nos mots en fonction de trois options de réponses, un mauvais choix affectant instantanément notre indicateur de moral.

Quand notre interlocuteur mis en confiance, commence à libérer petit à petit les symboles qui composent son cœur, il nous suffit selon le nombre de coups à notre disposition, de sélectionner parmi notre équipage piaillant dans la soute du navire, les amis les plus adaptés à la situation, c’est-à-dire dotés de symboles identiques.

Enfin nous faut-il avant l’assaut, triompher d’un mini-jeu dépendant du symbole requis, sans quoi nous ne pouvons lancer la totalité de nos attaques. Le combat s’achève dès que l’ennemi et son cœur ont repris des couleurs. Le moral regonflé à bloc, ce dernier rejoint ensuite votre bande de joyeux lurons, vous offrant ainsi de profiter de ses capacités et symboles lors des prochaines confrontations, qui toujours nécessitent une bonne dose d’habileté.

L’aspect technique

Amusant et rempli d’humour, le gameplay peu punitif – une chute en pleine mer n’occasionne qu’un retour sur la rive, sans pénalité de santé – s’appuie donc sur un style de combat diablement intéressant et inédit, tout en parvenant à parfaitement imbriquer différents types de jeu, qu’il s’agisse d’exploration, de plateforme, de puzzle ou de RPG. Consultable à tout moment, un journal répertorie en outre les indices relatifs à notre objectif principal, ainsi qu’en fonction du monde, les amis conquis et les améliorations déjà déverrouillées.

Accessible à tout âge, jeune et moins jeune, grâce à sa difficulté ajustable de manière globale ou mini-jeu par mini-jeu, Rainbow Billy se fait fort d’inclure à l’intention des joueurs dyslexiques, des paramètres facilitant la lecture, en cela fidèle aux idéaux de tolérance et solidarité dont se targue son scénario.

Les graphismes pour leur part, un brin cartoonesques et très similaires à Paper Mario, contribuent à nous immerger rapidement dans cet environnement coloré, accompagnés par une bande-son relaxante et rythmée à la fois, en exploration ou combat.

Quelques couacs

Quelques inconvénients gâtent toutefois la maniabilité, d’abord une caméra capricieuse sur le bateau qui a tendance à achopper sur le paysage. Il en va de même pour contrôler Billy, dont on peine à visualiser le point d’atterrissage lorsqu’il saute d’une plateforme à l’autre. Signalons également que la musique bogue régulièrement à l’ouverture d’un coffre aquatique.

Au démarrage du jeu, si nous attendons montre en main 1 minute et 20 secondes, il s’agit heureusement du seul temps de chargement de la partie. Les sauvegardes s’exécutent automatiquement, bien que l’arrêt du jeu nous conduise à reprendre la partie au début de l’île en cours, près du bateau. Mieux vaut donc la terminer avant de quitter.

Nous avons enfin remarqué un bug de sauvegarde qui, se manifestant après le endgame, nous empêche d’atteindre le 100% : impossible une fois l’intrigue bouclée de se téléporter d’île en île, ni même de quitter notre point de départ, le Port étoilé, pour continuer à parcourir les mondes à la recherche de nos derniers amis à revigorer ! Espérons qu’une mise à jour saura rattraper cette désillusion, la seule et l’unique !

Conclusion
Rainbow Billy : The Curse of the Leviathan, petite pépite de jeu indépendant, combine astucieusement plateforme, réflexion et RPG. Bien dans l'air du temps à travers son héros non-binaire, il aborde avec subtilité les délicats sujets de la santé mentale et de l'inclusivité, qu'un jour ou l'autre chacun expérimentera au cours de sa vie. Le jeu, divertissant et profitant d'excellents graphismes ainsi que de thèmes musicaux entraînants, accuse malheureusement quelques bugs et dysfonctionnements qui entachent sa note finale. Au moins pouvons-nous compter sur une durée de vie d'un peu plus de dix heures. Alors tous à nos pompons marins pour explorer en compagnie de Billy, les innombrables îles à la rescousse de nos futures amies les créatures, et rendre sa splendeur au Monde de l'Imagination !
Points positifs
  • Graphismes colorés et attrayants
  • Bande-son géniale et adaptée à chaque situation
  • Gameplay et système de combat uniques
  • Beaucoup d'heures de jeu
Points négatifs
  • Un temps de chargement long au lancement du jeu
  • Une caméra quelques fois capricieuse
  • Maniabilité parfois approximative de Billy
  • Un léger bug au niveau du son lors de l'ouverture des coffres dans l'eau
  • Problème de sauvegarde
7.2
Bon
Graphismes - 8
Gameplay - 8
Prise en main - 7
Bande-son - 8
Durée de vie - 8
Absence de bug - 4

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