Encodya (Nintendo Switch) – Le test

Basé sur le court-métrage d’animation Robot Will Protect You de Nicola Pievosan, Encodya, des développeurs italiens de Chaosmonger Studio, arrive discrètement sur nos Nintendo Switch. Sorti depuis janvier sur PC, il tente aujourd’hui de se faire une place parmi les autres points’n click de notre console préférée. Malheureusement pour lui, nous verrons que malgré ses grandes qualités de départ, il a trop perdu en route lors de son passage sur console pour faire de lui un must-have des jeux d’aventures.

Neo Berlin, Neo Berlin, cinq minutes d’arrêt

Comme dans tout bon jeu qui se respecte, tout commence par une introduction. Dans celle d’Encodya, très bien réalisée sous la forme d’une bande dessinée, nous apprenons que c’est la ville de Neo Berlin qui va accueillir nos pérégrinations. Nous sommes en 2062, nous nous appelons Tina et nous sommes une orpheline sans abris de 9 ans tentant de survivre au beau milieu de ce monde dans lequel la réalité virtuelle est devenue une drogue.

Heureusement, pour nous protéger des dangers, notre fidèle compagnon, un robot du nom de SAM-53 sera toujours à nos côtés. Nous pourrons ainsi, sans craindre pour notre vie, déambuler dans les rues de Neo Berlin, pour progresser, dans ce qui commence par une quête pour notre survie au jour le jour et qui se transformera vite en la mise à nu d’un complot remontant jusqu’aux plus hautes sphères de l’état.

Si cette introduction regroupe tous les poncifs du genre, elle a le mérite de se montrer efficace. Car malgré les faiblesses techniques que nous détaillerons par la suite, il faut bien avouer que notre héroïne sait se montrer attachante. C’est d’ailleurs uniquement pour dénouer les fils de son passé et faire la lumière sur le complot qui a ruiné sa vie que nous continuons à chercher les éléments nécessaires à la résolution des énigmes proposées. Et malheureusement, il en faut du courage pour venir à bout de cette histoire.

Et c’est bien dommage, car ce monde dystopique vit sous nos yeux. Tantôt sombre ou lumineux, tantôt empli de joies ou de désespoirs, il est rempli de clins d’œil. Que ce soit pour se moquer de la culture geek ou rétro, ou pour évoquer le totalitarisme ou le mandat de Trump, tout est bon pour nous mettre le sourire aux lèvres.

La mécanique de la discorde

Encodya est un point’n click à l’univers angoissant et à l’histoire attachante. Que demander de plus ? He bien, juste un portage digne de ce nom ! Les jeux du genre ont, si nous simplifions, deux façons de fonctionner. Soit, nous déplaçons un curseur, soit nous déplaçons notre avatar. Dans le titre de Chaosmonger Studio, c’est un système hybride qui a été choisi. Sauf que celui-ci est complètement contre-intuitif.

Nous devons déplacer Tina pour parler ou observer, mais dès qu’il faut utiliser un objet, c’est le curseur qui prend le pas. Du coup, les premières fois, n’ayant aucune information sur le fonctionnement, nous nous retrouvons à déplacer Tina en pestant sur le fait de ne rien pouvoir faire avec tel ou tel objet, jusqu’au moment où, par inadvertance, nous déplaçons l’objet en effleurant le stick droit, jusque-là complètement inutile.

Ce qui était sûrement très pratique avec un combo clavier/souris devient pénible en mode console. Pour rattraper le coup, un mode tactile est disponible. Sauf qu’une fois en tactile, les joy-cons ne répondent plus. Et ce sont alors les déplacements de Tina et Sam-53 qui deviennent vraiment pénibles. Et tout cela sans mentionner le système de sac. Ce truc très simple qui permet de choisir un objet pour l’utiliser ou le combiner à d’autres depuis l’aube des temps de Lucasarts. Et bien même ça, c’est raté.

Pour sélectionner un objet, il faut d’abord faire apparaître un menu, pour cela, direction la touche ZR, puis il faut choisir l’objet via un menu dont les éléments sont rangés sur une ligne. Une ligne ! Que de temps perdu à la manette. Encore une fois, ce qui se faisait parfaitement à la souris n’a pas été modifié pour le passage sur console et devient pénible. Sans parler du fait qu’une fois l’objet sélectionné, le menu se ferme, pour le combiner avec un autre, il faut rouvrir le sac et se promener à nouveau dans le menu dont les éléments sont toujours alignés. Toujours sans tactile…

Un mauvais point puis tu cliques

Les mauvais points ne sont malheureusement toujours pas finis. Cette version Switch d’Encodya pèse 4,2 Go. La version GOG annonce 2,9 Go et la version Steam demande 4 Go d’espace stockage. Notre version semble donc avoir le même contenu que celle des versions PC. Pourquoi, dans ce cas, les doublages en sont absents ! Nos personnages à l’écran parlent, les dialogues apparaissent, sous-titrés en anglais, mais à aucun moment nous n’entendons leur voix, ce qui n’est pas le cas de la version PC qui possède des doublages. Pourtant, après vérification, la Switch est capable de sortir des voix, nous espérons que ce n’est qu’un bug de cette version de test, mais à l’heure actuelle, il est frustrant et incompréhensible.

Pire, certaines lignes de dialogues semblent ne pas apparaître et nous nous retrouvons avec une absence de texte, mais une nécessité d’appuyer sur la touche pour faire avancer la narration. Cela ne nous a jamais bloqués pour avancer dans l’histoire, mais nous comprenons vite qu’il y a un problème devant ces avatars remuant des lèvres sans que rien ne s’affiche.

Les énigmes que nous avons à résoudre sont d’ailleurs trop inégales. Si certaines sont évidentes, d’autres nous demandent d’essayer, au hasard des interactions avec le décor. Spéciale dédicace à la nécessité d’essayer l’interphone des 4 étages d’un immeuble avant de tomber sur le bon sans aucune raison particulière. Pour le reste, il nous suffira de ramasser tout ce que nous trouvons, de la coulure de sauce soja en passant par la bombe de peinture vide, avant de leur trouver une utilité. C’est classique et efficace.

Il est juste dommageable que les déplacements induits par ce système ne soient pas mieux optimisés. Trop souvent, nous déambulons en cherchant aux hasards quoi ramasser. Or les temps de chargement sont relativement longs et l’absence de surlignage efficace des objets et des lieux nous fait trop souvent louper des items, voir même des sorties de niveaux, surtout en début de partie. Une fois cette absence comprise, nous nous forçons à trouver toutes les issues possibles avant de chercher à avancer dans l’histoire.

Tous ces problèmes viennent gâcher une expérience qui méritait bien mieux. Les interactions entre Tina et Sam-53 sont intelligentes et la bande-son rappelle fortement l’ambiance d’un Blade Runner. L’histoire monte en puissance au fur et à mesure jusqu’à un climax que trop de joueurs n’auront pas la patience de voir, d’autant plus que le temps nécessaire pour y arriver est proche des huit heures de jeu.

Conclusion
S’il y a des jeux que nous adorons détester, il y en a aussi que nous aimerions aimer. Malheureusement pour lui, Encodya le jeu de Chaosmonger Studio fait partie de la seconde catégorie. Avec son univers dystopique et son ambiance à la Blade Runner, il aurait dû proposer un point’n click de grande qualité. Malheureusement, son portage sur console est complètement raté. Ses contrôles sont inadaptés, ces temps de chargement inhérents aux trop nombreux allers et retours sont pénibles et la perte des doublages et de certaines lignes de texte est inexplicable. Il reste à espérer que des patchs viendront améliorer notre expérience de jeu, mais à l’heure actuelle, il existe bien d’autres alternatives en termes de point’n click sur Switch surtout au prix affiché de 30 €.
Points positifs
  • L’univers dystopique est sombre et rappelle Blade Runner
  • L’héroïne est vraiment très attachante
  • La narration, bien que clichée, est intéressante
  • Beaucoup de clins d’œil se cachent dans cette aventure
Points négatifs
  • Les temps de chargement sont trop présents
  • Certaines énigmes ont peu de sens
  • L’absence de doublage est inexplicable
  • Des bugs de textes trop présents
  • La navigation, entre héroïne et curseur, est peu intuitive
  • L’ergonomie des menus est catastrophique
5
Moyen
Graphismes - 6
Bande-son - 8
Narration - 8
Enigmes - 5
Prise en main - 2
Portage/bugs - 1
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

1 commentaire

  1. quel dommage traduit en toute les langues sauf francais

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