Les fêtes de fin d’année sont souvent prétextes à découvrir ou redécouvrir en famille, certains titres parfois passés sous notre radar en temps normal. Sorti en fin d’année 2021, Ubisoft nous propose avec Monopoly Madness une réinterprétation audacieuse du monument des jeux de société. Oubliez les parties interminables de trois heures autour d’un plateau en carton, car ici, le titre de propriétaire se gagne à la force du poignet et dans un chaos visuel total. Mais cette transformation en party game frénétique est-elle une réussite sur la console hybride de Nintendo ?
Un vent de folie sur l’immobilier
Nous n’attendions pas Ubisoft sur un titre Monopoly et nous n’attendions pas le Monopoly dans un jeu comme celui-ci. Habituellement, les adaptations de Monopoly sur consoles se contentent de reproduire fidèlement les règles originales.
Avec cet opus, Ubisoft rompt avec la tradition. Monopoly Madness n’est pas une simulation de plateau, mais un jeu d’arène en temps réel. Le concept de base est d’acheter des propriétés et ruiner ses adversaires, ou leurs demeures, mais la méthode pour y parvenir subit un ravalement de façade complet. Exit les dés, place à l’action immédiate.
Le mode histoire nous plonge dans une sorte de tournoi organisé par le célèbre M. Monopoly lui-même. Le joueur incarne l’un des nombreux avatars (certains classiques comme le chien écossais ou le haut-de-forme sont de la partie dans des versions modernisées) qui s’affrontent pour devenir le nouveau magnat de la ville.
Bien que le scénario reste anecdotique, il sert de fil rouge pour faire découvrir au joueur les environnements thématiques du jeu. C’est un prétexte léger, mais suffisant pour justifier l’enchaînement des défis.
Le jeu propose une campagne solo répartie en quatre zones (Ville, Vie Nocturne, Plage et Automne). Si le solo permet de débloquer une vingtaine de personnages et de nombreux cosmétiques, il montre vite ses limites à cause d’une certaine répétitivité.
Une inspiration qui a du souffle
Le cœur du gameplay repose sur une mécanique centrale pour le moins originale, puisque votre personnage est équipé d’un aspirateur pour défier ses concurrents. Vous devez parcourir librement la ville pour aspirer des ressources (argent, eau, électricité) qui apparaissent sur la carte.
Les ressources ont différentes fonctions : l’argent permet de remporter des enchères qui se déclenchent en temps réel sur les bâtiments, tandis que l’eau et l’électricité servent à améliorer vos propriétés pour augmenter votre score. Le jeu devient vite frénétique car tout le monde se bat pour les mêmes ressources.
Dans Monopoly Madness, c’est chacun pour sa pomme, on peut bousculer ses adversaires, ou utiliser des bonus récupérés dans les « Caisses de Communauté ». Ces pouvoirs (bulldozers, marteaux-piqueurs, ou café pour sprinter) permettent de saboter les bâtiments adverses ou de voler des titres de propriété.
Un feu d’artifice visuel
Visuellement, le jeu adopte une esthétique cartoon moderne, c’est joli sans être transcendant, mais c’est coloré, vivant et très détaillé. Cependant, cette richesse visuelle est à double tranchant. Sur l’écran de la Switch en mode portable, l’action peut devenir illisible.
Entre les effets météorologiques, les avions qui passent, les bonus qui explosent et la caméra qui dézoome pour garder tous les joueurs à l’écran, il n’est pas rare de perdre de vue son propre personnage. L’expérience peut même s’avérer fatigante pour les yeux lors de sessions prolongées.
C’est un joyeux bazar où la stratégie laisse parfois place à la chance pure, notamment à cause d’une IA qui peut s’avérer impitoyable, voire injuste, en ciblant systématiquement le joueur humain.
Une folie plus modérée concernant la bande-son du jeu qui nous laisse un sentiment d’impassibilité par sa composition aussi neutre qu’un yaourt nature. Elle est discrète, ne gêne pas, mais nous aurions apprécié justement un petit plus de ce côté-là pour accompagner les parties. Peut-être qu’Ubisoft savait déjà que les cris surpasseraient le volume du jeu dans les chaumières, pour y apporter une plus grande attention.
Le véritable intérêt réside dans le multijoueur local. C’est là que le titre brille : hurler sur ses amis sur un canapé alors qu’on vient de leur voler leur dernier hôtel est l’essence même de l’expérience. Le mode en ligne est présent, mais souffre malheureusement d’une fréquentation assez faible, rendant les salons souvent déserts.
En l’état, le jeu est une très bonne proposition pour des parties en multijoueur local lors d’une soirée pizza entre amis ou en famille, avec des enfants. Le prix, quant à lui, est probablement ce qui est le moins attractif, sur un segment assez haut pour ce qu’est le titre ; nous vous recommandons de vous laisser séduire lors d’une promotion.
Monopoly Madness est sorti le 9 décembre 2021 sur l’eShop de la Nintendo Switch au prix de 29,99 euros, en français.
Conclusion
Monopoly Madness est une expérience rafraîchissante qui réussit le pari de moderniser une licence centenaire. C'est un party game solide, facile d'accès pour les enfants mais assez technique pour les joueurs plus expérimentés souhaitant optimiser leurs trajectoires. S'il manque parfois de clarté autant à l’écran par ses multiples effets visuels, que dans ses explications, il compense toutefois par une énergie communicative, notamment en local avec des amis. Un peu plus de profondeur dans sa personnalisation aurait été un bonus non négligeable, tout comme quelques décors supplémentaires. Mais pour cela il vous faudra passer à la caisse et investir dans les DLCs.
LES PLUS
- Gameplay original et dynamique
- Très amusant en multijoueur local
- Direction artistique simple mais qui fonctionne
- Facile à prendre en main
- Des fous rires garantis à plusieurs
LES MOINS
- Action parfois illisible (trop de chaos à l’écran)
- Nous déconseillons le mode portable visuellement
- Manque d'explications sur certains bonus
- IA parfois trop injuste et agressive
- Mode en ligne déserté
- Une bande-son sans folie





