La période actuelle est définitivement propice aux amateurs de survival-horror… Alors que certain(e)s vivent un Requiem, voilà que Koei Tecmo nous propose de ressortir les appareils photo pour partir à la chasse aux spectres… Prenez votre « pola », on va partir exorciser quelques esprits…
Clic Clac Kodak !
Qui ? Qui a déjà utilisé un appareil photo argentique ici ? Sans doute pas grand monde… Néanmoins, vous avez peut-être déjà mis la main sur la Camera Obscura, « l’arme » de prédilection utilisée dans la saga PROJECT ZERO (qui reprend pour ce second opus le nom américain de FATAL FRAME). Après les épisodes 5 (LA PRÊTRESSE DES EAUX NOIRES) et 4 (Le Masque de l’Éclipse Lunaire), c’est donc à l’épisode 2 de connaître les joies d’un remake ! On peut trouver étonnant de ne pas avoir enchaîné (enfin reculé) avec le 3, mais cela peut s’expliquer par certains points. Tout d’abord, le second opus a déjà eu droit à un remaster, sorti à l’époque sur Nintendo Wii. La particularité de celui-ci était de proposer une vue à la troisième personne en lieu et place des caméras fixes de l’épisode 2 original sorti sur PlayStation 2. Cela faisait de lui un bon candidat au remaster (à l’image des épisodes 4 et 5). Mais on verra plus loin qu’il serait réducteur de considérer cet épisode comme un « simple » remaster. Il est également intéressant de souligner que ce FATAL FRAME II est l’un des épisodes les plus appréciés de la saga, notamment pour son histoire mettant en scène deux sœurs jumelles. Comme à l’accoutumée pour les épisodes de la série, il n’est pas nécessaire d’avoir fait les précédents pour comprendre ce qu’il se passe. Ce FATAL FRAME II n’échappe pas à la règle et propose une histoire complètement indépendante !
Ce jeu d’aventure et d’horreur japonais raconte l’histoire de deux sœurs jumelles, Mio et Mayu Amakura. Tout commence quand Mayu se met à suivre un mystérieux papillon écarlate qui perd les deux sœurs dans le village abandonné de Minakami et hanté par des esprits vengeurs où la nuit semble éternelle. En explorant une maison abandonnée, main dans la main, elles dénichent un mystérieux objet, la Camera Obscura, un appareil photographique conçu par le Dr Kunihiko qui permet de capturer et d’enfermer l’intangible, mais aussi d’exorciser les fantômes qui vont croiser leur chemin au fur et à mesure que l’histoire progresse… Celle-ci s’avère plutôt bien écrite et propose quelques quêtes secondaires tout aussi intéressantes. La nuit sera longue et riche en rebondissements, sans oublier de grosses sueurs froides…
Le remake du remaster !
FATAM FRAME II: Crimson Butterfly est un survival-horror qui se joue avec une vue à la troisième personne. L’objectif sera de retrouver votre sœur jumelle, Mayu, et surtout d’arriver à sortir de ce village maudit… en vie ! Mio, notre héroïne sera donc capable de se déplacer en marchant et en courant, mais elle pourra également se mettre en position accroupie afin de se déplacer plus discrètement ou de se faufiler dans des petits passages. Mais bien évidemment, entités spectrales et mortelles obligent, elle devra compter sur la Camera Obscura pour se défendre… Point de fusil à pompe ou de lance-roquettes ici ; il faut exorciser les fantômes et seul l’appareil photo du Dr Kunihiko en est capable. La Camera Obscura sera votre alliée numéro 1 pour progresser dans le village et les temples flippants de Minakami. Bien qu’elle soit « l’unique » véritable « arme » du jeu, elle n’en demeure pas moins redoutable. Par défaut, vous la trouverez avec une pellicule de type 07 ; celle-ci a la particularité d’être illimitée en quantité mais ne dispose en contrepartie que d’une puissance d’exorcisme assez limitée et d’un temps de rechargement long (Imaginez charger un fusil à pompe avec la puissance des balles de 9 mm.) Chemin faisant, vous trouverez d’autres pellicules (14, 61, 90 et la toute-puissante 00) qui proposeront des capacités différentes. Ainsi, certaines seront plus puissantes et d’autres allieront puissance et vitesse de rechargement. Il faudra tout de même être prudent et faire attention à sa consommation de pellicules, car Mio ne peut en transporter qu’une quantité limitée de chaque type.
Fort heureusement, elle pourra compter sur des perles de prière (cachées dans les différents recoins du jeu), qui lui permettront d’améliorer les capacités de la Camera Obscura. Vous pourrez ainsi (moyennant quelques perles), augmenter la capacité des pellicules ou encore la puissance d’attaque et la vitesse de rechargement des péloches! Le système d’amélioration a ainsi été repensé et il ne faudra plus dépenser les points pour améliorer l’appareil photo. Il est toutefois possible de modifier les affectations faites avec les perles en notre possession (moyennant l’utilisation d’une perle de réinitialisation que vous pourrez acquérir contre les points durement gagnés.)
Le système des points est toujours présent, vous en gagnez lors de vos affrontements contre les fantômes et meilleurs sont vos clichés (de préférence avec le visage du spectre), plus importants seront les points gagnés. Vous pourrez alors échanger ces derniers contre des objets comme des herbes médicinales pour recouvrer un peu de vie ou encore les fameuses perles de réinitialisation. Mais ça ne s’arrête pas là, vous pourrez également vous offrir des talismans visant à améliorer les capacités de la Camera Obscura (augmentation des dégâts avec un certain type de filtre), réduction des dégâts infligés, etc… Attention cependant, car il n’est pas possible d’utiliser tous les talismans en même temps. Cela couplé avec la gestion des perles de prière, apporte une petite dimension RPG un peu plus prononcée que dans les autres opus, donnant ainsi aux joueurs la possibilité de se créer la combinaison la plus optimale pour progresser au mieux dans le jeu. Néanmoins ce n’est pas tout ! La Camera Obscura regorge de fonctionnalités cachées, qui se débloqueront au fil de votre avancée. Ainsi, ce seront de nouveaux filtres qui feront leur apparition, permettant par exemple de voir les esprits à travers les murs, de révéler des choses du passé ou encore d’ouvrir des portes ensanglantées !
Le rituel du sacrifice écarlate
Vous l’aurez compris, la petite Camera Obscura n’a (presque) rien à envier aux derniers smartphones à la mode, les différentes capacités vous permettant de résoudre les énigmes (pas forcément compliquées) auxquelles vous serez confrontés dans le jeu. La progression est relativement linéaire, malgré quelques allers-retours. Cela dit, ils auront toujours vocation à faire avancer l’histoire. Une fois un certain filtre débloqué, il faudra retourner à un endroit vu en photo pour faire revenir dans le présent un élément du passé, comme par exemple une clé qui permet de déverrouiller une porte à l’étage.
Chaque clé récoltée est généralement synonyme d’un affrontement inévitable contre un spectre un peu plus récalcitrant et, pour le coup, il faudra avoir un bon petit stock d’herbes médicinales pour espérer gagner l’exorcisme avec un talent à même de faire rougir le pire des paparazzi de chez Voici. Les affrontements ne sont vraiment pas faciles, alors si vous êtes un novice avec la série, n’ayez pas honte de basculer en mode de difficulté histoire plutôt qu’en normal. Ne vous en faites pas, les affrontements resteront toujours assez difficiles ! Malgré de bonnes idées de gameplay (notamment en portable), les combats ne sont pas évidents. Pour passer en mode « attaque », on presse sur ZL, et on passe en vue subjective (via l’objectif de notre Camera Obscura), puis on presse ZR pour faire la photo ! Attention, « argentique » oblige, il y a une légère latence lorsque l’on appuie sur le bouton pour faire sortir le petit oiseau. Un élément déterminant lorsque certains spectres se jettent sur nous et que la fenêtre de tir se réduit rapidement. Le petit plus immersif, c’est le fait de pouvoir orienter la Nintendo Switch 2 dans toutes les directions, comme un véritable appareil photo grâce aux gyroscopes. Loin du simple gadget, ils permettent d’améliorer la visée et rajoutent à l’immersion. Il reste possible, pour celles et ceux qui utilisent la manette, d’appuyer sur le stick droit pour que le viseur de l’appareil cible directement le visage d’une entité ectoplasmique. On regrette quand même la longueur de certains affrontements, surtout quand on se retrouve à court de pellicules puissantes… On se consolera en donnant la main à notre sœur jumelle (si elle est à nos côtés), pour augmenter de façon plus rapide notre barre de vie et notre barre de pouvoir spirituel. Cette dernière, de couleur bleue, est un peu comme un compteur de peur : quand il est à sec, c’est notre barre de vie qui commence à décliner et notre personnage qui rencontre quelques difficultés pour se déplacer. Mais quand il est à fond, Mio est alors capable de puiser dans ce pouvoir pour lancer des attaques psychiques à même de faire reculer un adversaire, laissant alors un peu plus de temps à l’appareil de se recharger sans risquer d’être attaqué.
Parfois, certains esprits resteront insensibles à la puissance de la Camera Obscura et il faudra alors les fuir et trouver une planque pour qu’ils ne vous chopent pas. Ces phases, bien que stressantes et flippantes, s’avèrent au final assez lourdes et pas toujours très intuitives. Il suffira souvent d’aller tout droit et de se planquer directement dans la première (et généralement seule) cachette placée devant.
Le retour du papillon écarlate
À la lecture de ces lignes, vous conviendrez que nous avons bien affaire à un véritable remake et pas un simple remaster ! Si cela se ressent dans le gameplay, comme nous vous l’avons détaillé (sans trop vous spoiler) plus haut, on le retrouve également dans les différentes cinématiques qui ont entièrement été refaites ! Modifiant légèrement certaines phases de l’histoire. Dans le même ordre d’idée, des quêtes annexes ont été ajoutées et contribuent à étendre le lore du village de Minakami, en apprenant à comprendre un peu mieux les différentes personnes qui y sont mortes…
Visuellement, c’est également une très belle surprise : les textures sont très réussies, tout comme les effets d’ombres et de lumières qui contribuent aussi à l’ambiance angoissante du titre. Nous devons quand même signaler qu’en portable, certaines ombres marquaient parfois un petit délai avant de s’afficher ; rien de bien méchant, mais c’est légèrement troublant, d’autant plus qu’en docké le jeu ne souffre d’aucun heurt.
D’un point de vue sonore, c’est également du très bon boulot : préparez des affaires de rechange si vous jouez avec un casque. Les râles des fantômes n’auront jamais l’air aussi réalistes et on pourrait presque sentir leur souffle glacial dans notre dos… Encore une fois, la Nintendo Switch 2 prouve qu’elle en a sous le capot et que les gros jeux peuvent être beaux, sans avoir à faire des concessions, aussi bien en portable qu’en docké.
Le jeu use (et abuse légèrement) des jumpscares ; ainsi le fait de ramasser certaines pellicules ou objets par terre entraîne un plan où l’on voit la main de Mio ramasser l’objet et parfois… se faire saisir par une entité maléfique ! (Entraînant de fait un combat). On pourra également flipper devant certaines apparitions et images apparaissant de façon succincte mais terrifiante, à l’image d’une des images finales du film Ring… On peut se réjouir du traitement offert à FATAL FRAME II, qui reste très clairement l’un des opus les plus solides de la saga, malgré son rythme très lent mais propre aux histoires de fantômes japonais (on retrouve la même chose dans les films de genre nippons). Jeu avec un appareil photo oblige, un mode photo est également de la partie et vous permet de mettre en scène le personnage avec différents filtres et faux autocollants spectraux. Qui plus est, les éléments rajoutés et les quêtes annexes vous occuperont bien plus d’une bonne douzaine d’heures (plus si vous comptez débloquer du contenu supplémentaire et découvrir les différentes fins). On n’a pas fini de se faire peur, en serrant fébrilement la Camera Obscura entre nos mains moites de terreur…
FATAL FRAME II: Crimson Butterfly REMAKE est disponible au prix de 49,99 euros sur l’eShop.
Conclusion
Ce remake du remaster de FATAL FRAME II: Crimson Butterfly est une vraie bonne surprise ! Les joueurs de la version Wii ne seront pas surpris par la vue de dos (l’original était en caméra fixe), ceux de la version Nintendo Switch non plus d’ailleurs (les épisodes 4 et 5 adoptaient déjà ce changement). L’ensemble des cinématiques a été refait, ainsi que les décors. Il en va de même pour la gestion des améliorations de la Camera Obscura qui nécessitera désormais des perles de prière pour profiter des améliorations. Ce FATAL FRAME II REMAKE est un peu comme le Resident Evil 2 Remake. Attention cependant à ne pas confondre les deux licences ! Même s’il s’agit dans les deux cas d’un survival-horror, le rythme, l’ambiance et l’histoire sont totalement différents. Ici le rythme est plus lent, l’ambiance plus pesante et l’histoire, ancrée dans le folklore sombre japonais, est plus malaisante. Néanmoins, on prend du plaisir à se faire peur avec ce remake de qualité !
LES PLUS
- Une histoire solide
- Une ambiance dérangeante
- Graphiquement réussi
- La Camera Obscura et ses fonctions
- Le mode gyroscope
- Une ambiance sonore et visuelle bien flippante
- Bonne durée de vie
- Les quêtes annexes
LES MOINS
- Un rythme assez lent
- Des combats un peu longs
- Très difficile en mode normal !
- Quelques retards d’affichage des ombres en portable





